| mercredi 28 février 2007, a 03:49 |
| Michel de Montaigne, penseur et humaniste français. |
28 Février 1533 : Naissance de Michel de Montaigne, penseur et humaniste français.
Michel de Montaigne
Michel Eyquem de Montaigne ou plus simplement Michel de Montaigne, (né le 28 février 1533,château de Montaigne, dans le Périgord- mort le 13 septembre 1592 au château de Montaigne, dans le petit village de Saint-Michel-de-Montaigne, en Dordogne) était un penseur, un moraliste et un homme politique français de la Renaissance. Il est l'auteur des Essais, premier ouvrage de ce genre.
Biographie : Origine et études
Michel de Montaigne est issu d'une famille de négociants bordelais anoblie deux générations auparavant. Son arrière-grand-père, Ramon Eyquem, avait fait l'acquisition en 1477 d'une maison forte du XIVe siècle, à Saint-Michel-de-Montaigne, dans le Périgord, et accéda ainsi au noble statut de « Seigneur de Montaigne » qu'il transmit à ses enfants et petits-enfants.
Parmi ceux-ci, Pierre Eyquem est le premier à venir s'installer de manière permanente dans la demeure périgourdine qu'il fait aménager et fortifier. Il s'affirme malgré tout régulièrement dans son oeuvre comme gascon, identité attachée alors aux Bordelais. Il avait fait la guerre en Italie, et épousé en 1528 Antoinette de Louppes, fille d'un marchand toulousain et d'origine marrane. Les deux premiers enfants du couple meurent en bas âge ; Michel, né le 28 février 1533, est le premier qui survit. Il sera l'aîné de sept frères et sœurs.
Pierre Eyquem, qui est nommé maire de Bordeaux en 1544, donne à son fils aîné une éducation dans les principes humanistes. Selon Montaigne, il est envoyé en nourrice « à un pauvre village des siens » pour s'y accoutumer « à la plus basse et commune façon de vivre » (Essais, III, 13). À l'âge de trois ans, il peut retourner au château. On lui donne alors comme précepteur un médecin allemand nommé Hortanus, qui a pour ordre de ne parler à Michel qu'en latin, règle à laquelle doit se plier également le reste de la famille. À treize ans, Michel de Montaigne, ne sachant que le latin, est scolarisé au collège de Guyenne à Bordeaux, haut lieu de l'humanisme bordelais, où il apprend le français, le grec, la rhétorique et le théâtre. Il y brille rapidement par son éloquence, par son aisance à pratiquer la joute rhétorique et par son goût pour le théâtre.
On ne sait si c'est à Toulouse ou à Paris qu'il poursuit, probablement entre 1546 et 1554, les études de droit indispensables à ses activités futures. En 1557, on retrouve le jeune Montaigne conseiller à la cour des Aides de Périgueux qui est ensuite réunie au Parlement de Bordeaux. Il y exerce treize ans ses fonctions qui lui valent plusieurs missions à la cour de France.
Biographie : Jeunesse et premières œuvres
Le 23 septembre 1565, il épouse Françoise de La Chassaigne, fille de l'un de ses collègues au Parlement de Bordeaux, Joseph de La Chassaigne (1515-1572), écuyer, chevalier, soudan de Pressac, seigneur de Javerlhac, conseiller du Roi au Parlement en 1538 et 1543, président au Parlement de Bordeaux en 1569. De douze ans sa cadette, Françoise lui donne six filles, dont une seule — Léonor de Montaigne — survécut. Il semblerait que le mariage n'ait pas eu une grande importance dans la vie affective de Montaigne. Les époux faisaient chambre à part, ce qui était courant à l'époque, et Montaigne, préoccupé par d'autres activités, laissait volontiers la gestion de ses propriétés à sa femme. Par contre, très au fait des humanités grecques et par conséquent du Banquet de Platon, il était fidèle ami d'Etienne de La Boétie : à l'origine, il avait écrit les Essais comme écrin pour le Discours de la servitude volontaire de son meilleur ami, qui y faisait l'éloge de l'amitié contre la corruption du pouvoir et des courtisans.
Admirateur de Virgile et de Cicéron, il est un humaniste qui prit l'homme, et en particulier lui-même, comme objet d'étude dans son principal travail, Les Essais, entrepris à partir de 1571 à l'âge de 37 ans. Il y annonce « Je veux qu'on m'y voie en ma façon simple, naturelle et ordinaire, sans contention et artifice : car c'est moi que je peins » (« Avertissement au lecteur »). Le projet de Montaigne était de lever les masques, de dépasser les artifices pour se découvrir lui-même.
Travail sans précédent dans sa sincérité et sa saveur personnelle, c'est celui d'un sceptique pour qui sont à bannir les doctrines trop figées et les certitudes aveugles. Son influence a été colossale sur la philosophie française, occidentale et même mondiale.
Durant le temps des guerres de Religion, Montaigne, lui-même catholique, a agi comme un modérateur, respecté par le catholique Henri III et le protestant Henri de Navarre, à qui le liait une solide amitié. En 1577, ce dernier, alors seulement roi de Navarre, nomme — par lettres patentes — Montaigne gentilhomme de sa Chambre.
À partir de 1578, il souffre de la « maladie de la pierre » (calcul rénal).
De 1580 à 1581, il a voyagé en France, en Allemagne, en Autriche, en Suisse et en Italie, tenant un journal détaillé qui décrivait les différences d'une région traversée à l'autre et qui ne fut publié qu'en 1774 sous le titre de "Journal de voyage".
Biographie : Montaigne à la Mairie de Bordeaux
Tandis qu'il était à Rome, en 1581, il apprit qu'il avait été élu maire de Bordeaux. Son père Pierre Eyquem avait déjà rempli cette fonction dans cette ville que Michel de Montaigne servit jusqu'en 1585 : il tenta d'y modérer les relations entre catholiques et protestants. Vers la fin de son mandat, la peste sévit dans sa ville.
Lorsque le nouveau roi Henri IV, avec qui Montaigne avait toujours entretenu un lien d'amitié, invite ce dernier à venir à sa cour comme conseiller, le philosophe décline cette généreuse proposition, refusant par là même de jouer le rôle qu'avait tenu Platon pour conseiller le tyran Denys de Syracuse :
« Je n'ai jamais reçu bien quelconque de la libéralité des rois, non plus que demandé ni mérité, et n'ai reçu nul paiement des pas que j'ai employé à leur service (...) Je suis, Sire, aussi riche que je me souhaite. »
Il continua d'étendre et de réviser les Essais jusqu'à sa mort, en 1592, au château de Montaigne.
Son œuvre
Le style de Montaigne est allègre et affranchi : il virevolte d'une pensée à l'autre, « à sauts et à gambades ». Ses considérations sont en permanence étayées de citations de classiques grecs et romains. Il s'en explique par l'inutilité de « redire plus mal ce qu'un autre a réussi à dire mieux avant lui ». Soucieux d'éviter le pédantisme, il évite néanmoins de rappeler à chaque fois l'auteur ou l'œuvre citée, de toute façon connus à son époque. Les annotateurs futurs de son œuvre s'en chargeront.
Il déclare que son but est de « décrire l'homme, et plus particulièrement lui-même (...) et l'on trouve autant de différence de nous à nous-même que de nous à autrui ». Il estime que la variabilité et l'inconstance sont deux de ses caractéristiques premières. « Je n'ai vu, dit-il, un plus grand monstre ou miracle que moi-même ». Il décrit sa pauvre mémoire, sa capacité à arranger des conflits sans s'y impliquer émotionnellement, son dégoût pour les hommes poursuivant la célébrité et ses tentatives pour se détacher des choses du monde pour se préparer à la mort. Sa célèbre devise « Que sais-je ? » apparaît comme le point de départ de tout son étonnement philosophique.
En 1569, il publie à Paris, chez Michel Sonnius, la « Théologie naturelle de Raymond Sebon » dans laquelle il tente de « démontrer la vérité de la foi chrétienne et catholique », en utilisant un procédé littéraire laissant croire qu'il s'agissait d'une traduction du latin en français.
Il montre son aversion pour la violence et pour les conflits fratricides entre catholiques et protestants (mais aussi entre Guelfes et Gibelins) qui avaient commencé à se massacrer conjointement à l'apparition de la Renaissance, décevant l'espoir que les humanistes avaient fondé sur elle. Pour Montaigne, il faut éviter la réduction de la complexité à l'opposition binaire, à l'obligation de choisir son camp, privilégier le retrait sceptique comme réponse au fanatisme. Dans l’un des plus beaux textes qui aient été écrits à son sujet — un passage du dernier livre qu'il ait écrit peu de temps avant de se donner la mort au Brésil, en 1942 — Stefan Zweig disait de lui :
« Que malgré sa lucidité infaillible, malgré la pitié qui le bouleversait jusqu'au fond de son âme, il ait dû assister à cette effroyable rechute de l'humanisme dans la bestialité, à un de ces accès sporadiques de folie qui saisissent parfois l'humanité (...) c'est là ce qui fait la vraie tragédie de la vie de Montaigne. »
Les humanistes avaient cru retrouver dans le Nouveau Monde le Jardin d'Éden, alors que Montaigne déplore que la conquête de celui-ci apporte des souffrances à ceux qu'on tente de réduire en esclavage. « Viles victoires. » Il était plus horrifié par la torture que ses semblables infligeaient à des êtres vivants que par le cannibalisme de ces Indiens qu'on appelait sauvages, et il les admirait pour le privilège qu'ils donnaient à leur chef de marcher le premier à la guerre.
Comme beaucoup d'hommes de son temps (Érasme, Thomas More, Guillaume Budé...), Montaigne constatait un relativisme culturel, reconnaissant que les lois, les morales et les religions des différentes cultures, quoique souvent fort diverses et éloignées, ont toutes quelque fondement. « De ne changer aisément une loi reçue » constitue l'un des chapitres les plus incisifs des Essais. Par-dessus tout, Montaigne est un grand partisan de l'humanisme. S'il croit en Dieu, il se refuse à toute spéculation sur sa nature et, parce que le moi se manifeste dans ses contradictions et ses variations, il pense qu'il doit être dépouillé des croyances et des préjugés qui l'entravent.
Ses écrits sont marqués d'un pessimisme et d'un scepticisme rares du temps de la Renaissance. Citant le cas de Martin Guerre, il pense que l'humanité ne peut atteindre la certitude et il rejette les propositions absolues et générales. Son scepticisme est le mieux exposé dans le long essai Apologie de Raymond Sebond (Chapitre 12, livre 2) fréquemment publié séparément des Essais. Pour lui nous ne pouvons pas croire nos raisonnements car les pensées nous apparaissent sans acte de volition : nous ne les contrôlons pas. Nous n'avons pas de raison de nous sentir supérieurs aux animaux. Nos yeux ne perçoivent qu'à travers nos connaissances :
« Si vous demandez à la philosophie de quelle matière est le ciel et le Soleil, que vous respondra-t-elle, sinon de fer ou, avec Anaxagoras, de pierre, et telle étoffe de notre usage ? (Essais, Livre II, chapitre 12) »
« Que ne plaît-il un jour à la nature de nous ouvrir son sein et de nous faire voir au propre les moyens et la conduite de ses mouvements, et y préparer nos yeux ! O Dieu ! Quels abus, quels mécomptes nous trouverions en notre pauvre science. »
Il considère le mariage comme une nécessité pour permettre l'éducation des enfants, mais pense que l'amour romantique est une atteinte à la liberté de l'individu :
« Le mariage est une cage ; les oiseaux en dehors désespèrent d'y entrer, ceux dedans désespèrent d'en sortir. »
Enfin, en éducation, il prônait l'entrée dans le savoir par les exemples concrets et l'expérience, plutôt que les connaissances abstraites acceptées sans aucune critique. Mais il se refuse lui-même en guide spirituel, en maître à penser ; il n'a pas de philosophie à faire prévaloir, se considérant seulement en compagnon de celui qui entame une quête d'identité.
La liberté de penser ne se pose pas en modèle, ni en mètre étalon, elle offre seulement aux hommes la possibilité de faire émerger en lui cette liberté, le pouvoir de penser et de s'assumer jusqu'à la liberté ultime :
« Qui apprendrait aux hommes à mourir leur apprendrait à vivre ! (Essais, Livre I, chapitre 20) »
Quelques citations célèbres
Toutes les citations qui suivent sont extraites des Essais de Michel de Montaigne :
« La vraie liberté, c'est de pouvoir faire toute chose sur soi ». (Livre III, chapitre 12)
« J'aime mieux forger mon âme que la meubler ».
« Qui se connaît, connaît aussi les autres, car chaque homme porte la forme entière de l'humaine condition ». (Livre III, chapitre 2)
« Les plus belles âmes sont celles qui ont plus de variété et de souplesse ». (Livre III, chapitre 3)
« Il ne se voit point d'âmes, ou fort rares, qui en vieillissant ne sentent l'aigre et le moisi ». (Livre III, chapitre 2)
« La vieillesse nous attache plus de rides en l'esprit qu'au visage ». (Livre III, chapitre 2)
« La plus subtile folie se fait de la plus subtile sagesse ». (Livre II, chapitre 12)
« J'ai vu en mon temps cent artisans, cent laboureurs, plus sages et plus heureux que des recteurs de l'université ».
« Penser, c'est être à la recherche d'un promontoire ».
« Il n'est aucune si douce consolation en la perte de nos amis que celle que nous apporte la science de n'avoir rien oublié à leur dire, et d'avoir eu avec eux une parfaite et entière communication ». (Livre II, chapitre 8)
« Qui veut guérir de l'ignorance, il faut la confesser. Iris est fille de Thaumantis. L'admiration est fondement de toute philosophie, l'inquisition le progrès, l'ignorance le bout ». (Livre III, chapitre 11)
« La perfidie peut être en quelque cas excusable : lors seulement elle l'est, qu'elle s'emploie à punir et trahir la perfidie. Il se trouve assez de trahisons non seulement refusées, mais punies par ceux en faveur desquels elles avaient été entreprises ». (Livre III, chapitre 1)
« Nos raisons et nos discours humains, c'est comme la matière lourde et stérile : la grâce de Dieu en est la forme ; c'est elle qui y donne la façon et le prix ». (Livre II, chapitre 12)
« Les lois se maintiennent en crédit non parce qu'elles sont justes, mais parce qu'elles sont lois ». (Livre III, chapitre 13)
« Je me fais plus d'injure en mentant que je n'en fais à celui à qui je mens ». (Livre II, chapitre 17)
« Personne n'est exempt de dire des fadaises. Le malheur est de les dire curieusement » (Livre III, chapitre 1)
« L'accoutumance est une seconde nature, et non moins puissante ».
« Je ne peint pas l'estre. Je peint le passage : non un passage d'age en autre, ou, comme dit le peuple, de sept en sept ans, mais de jour en jour, de minute en minute […] » (Livre III, chapitre 2)
« J'accuse toute violence en l'éducation d'une âme tendre, qu'on dresse pour l'honneur, et la liberté. Il y a je ne sais quoi de servile en la rigueur, et en la contrainte : et tiens que ce qui ne se peut faire par la raison, et par prudence, et adresse, ne se fait jamais par la force ». (Livre II, chapitre 8)
« Les plaisirs de l'amour sont, selon moy, les seuls vrais plaisirs de la vie corporelle ». (Livre II, chapitre 2)
« La plus utile et honorable science et occupation à une femme, c'est la science du ménage ». (Livre III, chapitre 9)
« Le monde n'est qu'une branloire pérenne ».
« Il est peu d'hommes qui osassent mettre en évidence les requêtes secrètes qu'ils font à Dieu ». (Livre I, chapitre 26)
« La préméditation de la mort est préméditation de la liberté. Le savoir mourir nous affranchit de toute subjection et contrainte ».
« Tous les jours vont à la mort, le dernier y arrive ». (Livre I, chapitre 20)
« Si on me presse de dire pourquoi je l'aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu'en répondant : "Parce que c'était lui, parce que c'était moi." » (Evoquant son amitié avec Etienne de La Boétie - Livre Ier, chapitre 28)
« Penser par soi-même c’est surtout le chemin le plus sûr pour penser à la fois tout seul et comme tout le monde, que de penser par autrui. »
« Toute science est dommageable à celui qui n'a la science de la bonté. » (Livre I, chapitre 25)
« Le vrai miroir de nos pensées est le cours de nos vies. » (Livre I, chapitre 26)
« Qui craint de souffrir, il souffre déjà de ce qu'il craint. » (Livre III, chapitre 13)
« L'ambition n'est pas un vice de petits compagnons, et de tels efforts que les nostres » (Livre III, chapitre 10)
« Puis que ce n'est par conscience, au moins par ambition refusons l'ambition ; Desdaignons ceste faim de renommée et d'honneur, basse et belistresse, qui nous le fait coquiner de toute sorte de gens » (Livre III, chapitre 10)
Publications
Les Essais de Michel Seigneur de Montaigne. À Paris chez Abel Langelier, au premier pilier de la grande salle du Palais. 1595. Édition nouvelle, trouvée après le décès de l’Auteur, revue & augmentée par l’un d’un tiers plus qu’aux précédentes Impressions. L’édition fut partagée entre les éditeurs Abel l’Angelier (éditeur principal) et Michel Sonnius, Paris, Abel l'Angelier, 1598. Cette édition de 1598 est très rare et importante car elle comporte une préface dans laquelle Mademoiselle de Gournay rétracte celle de 1595 et une préface de Montaigne "corrigée de la dernière main de l'auteur". Elle présente le texte des "Essais" considéré comme définitif par Marie de Gournay, car corrigé en 1596 lors de son séjour au château de Montaigne, sur l'exemplaire autographe différent de l'exemplaire de Bordeaux.
1723, Nouvelle édition par Pierre Coste, qui donne cinq éditions des Essais entre 1724 et 1745. Après sa mort en 1747, ils sont réimprimés huit fois jusqu'en 1801. Coste s'est efforcé de rendre le texte de Montaigne plus exact et plus accessible. Il a suivi l'édition l'Angelier de 1595 non sans en corriger les fautes ; il y a joint des notes et des pièces annexes, notamment des lettres de Montaigne, dont le nombre augmente au fil des éditions. La seconde édition donnée par Pierre Coste, est meilleure que la première de Londres 1724, car elle contient en plus L'Epître dedicatoire adressée à Richelieu par Mademoiselle de Gournay, la préface de Melle de Gournay, et la vie de Montaigne, deux épitaphes qui n'avaient jamais paru ; et les 29 sonnets d'Etienne de La Boétie qui ne se trouvaient que dans l'édition L'Angelier de 1588. Au XVIIIe siècle et jusqu'en 1781, les éditions Coste restent les seules éditions des Essais.
Bibliographie Montaigne : Les Essais, mis en Français moderne par Claude Pinganaud - éd. Arléa 2002, (édition aisée à lire mais pas dénaturée)
Œuvres complètes :Montaigne : Les Essais - 1824 pages, éd. La Pléiade, Gallimard, 1962, (édition bréviaire comportant Les Essais, la correspondance et le journal de voyage, ainsi qu'un appareil critique) — Réédition, 2001, ISBN 2-0701-0363-3
Montaigne : Essais, préface d’André Gide, édition établie par Pierre Michel - éd. Folio Classique
Montaigne à cheval, Jean Lacouture - éd. Seuil (Collection Points) (Sympathique initiation à Montaigne)
Les Commerces de Montaigne par Philippe Desan, Paris, Nizet, 1992
Montaigne, une vie, une œuvre, par D. Frame, tr. p. J.-C. Arnould, N. Dauvois et P. Eichel, Paris, Champion, 1994.
Montaigne, notre nouveau philosophe par Joseph Macé-Scaron - éd. Plon
Montaigne en mouvement par Jean Starobinski - éd. Folio Essais
Montaigne par Stefan Zweig - éd. PUF collection « Quadrige »
Montaigne ou la conscience heureuse par Marcel Conche, éd. PUF, 2002
Michel de Montaigne, biographie, par Madeleine Lazard, Editions Fayard, 2002, ISBN 2-2136-1398-2
Descartes et Pascal, lecteurs de Montaigne, par Léon Brunschvicg, éd. de la Baconnière, 1945.
Dictionnaire de Michel de Montaigne dirigé par Philippe Desan, Paris,
Champion, 2004, — ISBN 2-7453-1142-5. éd. augmentée, 2007.
Liens externes
(fr) Le site de la Société Internationale des Amis de Montaigne
(fr) Le site officiel du Château de Montaigne
(en) Revue « Montaigne Studies », publiée par l'Université de Chicago
(fr) Archive complète, avec un moteur de recherche, de l'édition Villey-Saulnier appartenant a l'université de Chicago
(fr) Texte intégral du Journal du voyage de Michel de Montaigne en Italie, sur le site de l'Université de Chicago
Jugement de Malebranche sur les Essais de Montaigne : critique de sa pédanterie, et de sa méconnaissance de l'esprit humain
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| mardi 27 février 2007, a 07:07 |
| Incendie du Reichstag |
27 Février 1933 : Incendie du Reichstag, prétexte permettant à Hitler de commencer sa dictature.
Le palais du Reichstag est un bâtiment de Berlin en Allemagne, qui accueillit l'assemblée du Reichstag de 1894 jusqu'à l'incendie du 27 février 1933, puis le Bundestag de la République fédérale d'Allemagne à partir de 1999 au retour de l'institution à Berlin.
Sa construction d'après un projet de Paul Wallot s'est achevée en décembre 1894. Le bâtiment de style de la Haute Renaissance italienne est surmonté d'une coupole culminant à 75 mètres au-dessus du sol. La dédicace « Dem Deutschen Volke » (Au peuple allemand) a été apposée pendant la Première Guerre mondiale.
Le 9 novembre 1918, depuis une fenêtre du palais, le politicien social-démocrate Philipp Scheidemann annonce la fin de la monarchie des Hohenzollern et proclame la République.
Dans la nuit du 27 au 28 février 1933, le Reichstag est incendié. La culpabilité du jeune conseilliste hollandais du nom de Marinus Van der Lubbe n'a jamais été prouvée. Les nazis présentent l'évènement comme un complot communiste et lancent une campagne de terreur et de répression des partis politiques qui leur sont opposés, à commencer par les membres du Parti communiste allemand. Le parlement allemand se réunit désormais dans le Kroll Oper (Opéra Kroll).
C'est sur le faîte du palais que l'Armée rouge soviétique hisse un drapeau rouge le 30 avril 1945 lors de la prise de Berlin à la fin de la Seconde Guerre mondiale. La célèbre photographie de l'événement fut retouchée pour frapper le drapeau d'une faucille et d'un marteau pour bien reconnaître le drapeau de l'URSS, mais également pour effacer les montres surnuméraires que portait un des soldats.
Le bâtiment est rénové entre 1961 et 1973 par la République fédérale d'Allemagne sans la coupole.
Après la réunification allemande du 3 octobre 1990, le parlement allemand (Bundestag) décide le 20 juin 1991 le déménagement du parlement et du gouvernement fédéral de Bonn à Berlin, et sa réintégration dans le palais du Reichstag.
C'est l'architecte Sir Norman Foster qui emporte le concours pour la rénovation du bâtiment. Pendant les travaux, les artistes Christo et Jeanne-Claude « emballent » le palais. Symbole du Reichstag, la coupole est reconstruite en verre.
Lors de l'inauguration, un débat surgit autour d'une œuvre végétale. Les députés allemands furent invités à apporter de la terre de leur circonscription ainsi qu'une graine pour fournir une végétation autour d'un mot « Der Bevölkerung » (À la population). Ce mot, placée dans la cour intérieure nord, est un pendant à la phrase qui orne le fronton du Reichstag (« Dem Deutschen Volke ») (Au peuple allemand) jugé nationaliste. Il faut comprendre cette initiative comme la volonté des députés de travailler pour l'ensemble de la société, composée de nationaux et d'étrangers. Une députée issue du parti des verts fit scandale en profitant de l'occasion pour y planter une graine de cannabis. Aujourd'hui, la végétation recouvre partiellement le mot; on peut pourtant encore nettement le voir de nuit, lorsqu'il s'illumine.
Reichstag (institution)
Le Reichstag (« Diète impériale ») était le nom du parlement de l'Allemagne de 1867 à 1942 (notamment sous l'Empire allemand et la République de Weimar). La Diète d'Empire du Saint-Empire romain germanique est également appelée Reichstag en allemand. Le Reichstag était une assemblée élue et démocratique, ayant un pouvoir réel, à part dans sa dernière période (à partir de 1930 et surtout de 1933), qui vit l'émergence du totalitarisme nazi. Il a été remplacé par le Bundestag.
Reichstag (nom) Le terme Reichstag (en français : Diète impériale) est une composition de l'allemand Reich (Empire) et Tag (qui ne signifie pas ici « jour » mais est dérivé du verbe tagen qui signifie « s'assembler pour débattre »). C'est la traduction littérale du terme latin curia imperialis. Aujourd'hui, Les parlements aux divers niveaux fédéraux sont appelés Bundestag, Landtag, etc.
Reichstag (histoire)
Le Reichstag de 1849 La constitution élaborée par le Parlement de Francfort entre octobre 1848 et avril 1849 prévoyait un Reichstag bicaméral, composé du Staatenhaus (« Chambre des états », représentation des différents états allemands, comparable au Bundesrat allemand actuel) et du Volkshaus (« Chambre du peuple », représentation directe du peuple). Comme la constitution n'entra pas en vigueur, ce parlement n'a jamais vu le jour.
Le Reichstag pendant la Confédération de l'Allemagne du Nord (1867–1871)
La Confédération de l'Allemagne du Nord (Norddeutscher Bund) disposait d'un Reichstag élu en suffrage direct (masculin). Les premières et uniques élections ont eu lieu le 12 février 1867. Son premier président était Eduard Simson qui avait déjà présidé au Parlement de Francfort.
Le Reichstag pendant l'Empire allemand (1871–1918)
La constitution de l'Empire allemand du 16 avril 1871 ressemblait beaucoup à celle de la Confédération de l'Allemagne du nord. Le Reichstag est élu au suffrage direct (scrutin majoritaire) par tous les hommes allemands majeurs (plus de 25 ans à l'époque). Les 397 députés (382 avant 1874) sont d'abord élus pour trois ans, à partir de 1890 pour cinq ans.
Cette période voit aussi la construction du palais du Reichstag, inauguré en 1894, qui accueille depuis 1999 (après une reconstruction avec l'ajout d'une grande verrière) le parlement allemand actuel, le Bundestag.
Le Reichstag pendant la République de Weimar (1919–1933)
Les premières élections ont lieu le 19 janvier 1919. Pour la première fois en Allemagne, les femmes ont le droit de vote. Les députés sont élus en suffrage universel direct (représentation proportionnelle) pour une période de quatre ans. Dans la république de Weimar de 1919 le chancelier d'Allemagne Reichskanzler était responsable devant le Reichstag qui était élu démocratiquement.
À partir de 1930, le système politique est déstabilisé et le Reichstag perd des pouvoirs au profit du Reichspräsident. Avec la nomination d'Adolf Hitler au poste de Reichskanzler le 30 janvier 1933 commence la période national-socialiste. Au mois de février, le Reichstag est incendié par un militant conseilliste néerlandais de vingt-trois ans, Marinus Van der Lubbe (qui sera condamné et exécuté, le 10 janvier 1934). Alors commença le processus de Gleichschaltung avec le décret de l'incendie du Reichstag et surtout la Loi des pleins pouvoirs (Ermächtigungsgesetz, le 23 mars 1933), qui met définitivement fin à la fonction législative du Reichstag. À partir de ce moment, il ne fonctionna plus que comme un corps d'acclamation pour les actions du dictateur. Même dans ce rôle, sa dernière session eut lieu en 1942.
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| lundi 26 février 2007, a 05:32 |
| Record de vitesse sur rail |
26 Février 1981 : Le TGV atteint les 380km/h, pulvérisant ainsi le record de vitesse sur rail, datant de 1955.
Le TGV ou Train à Grande Vitesse est une rame automotrice électrique apte à circuler à grande vitesse mise au point par la SNCF et construite par la société Alsthom (devenue Alstom en 1998). Le terme « TGV » désigne au sens large le système ferroviaire constitué par ce matériel et la ligne dédiée (LGV ou Ligne à Grande Vitesse) lui permettant d’atteindre ses performances optimales.
« TGV » est également une marque déposée de la SNCF. Le logo de la marque TGV, à l’aspect métallisé, est censé évoquer la fluidité, la vitesse et la puissance du train (bien qu'interprété différemment, il évoque curieusement un escargot). Le slogan du TGV est « TGV, prenez le temps d’aller vite ».
C'est en 1981 que fut lancé le premier service TGV entre Paris et Lyon, utilisant une partie de la « LGV Sud-Est » dite « Ligne Nouvelle 1 » (LN1) encore partiellement en construction (achèvement 1983, avec un temps de parcours entre les deux villes porté de 2h40 à 2h00).
Dès l'origine le service TGV continuait par voie classique vers quelques autres villes du sud-est : Marseille, Montpellier et gares intermédiaires. Depuis, le réseau TGV centré sur Paris s’est étendu jusqu’à relier désormais de nombreuses villes françaises, en partie grâce à la construction de lignes nouvelles à grande vitesse vers le sud, l’ouest, le nord et bientôt l'est de la France (juin 2007). Aujourd'hui encore le TGV n'atteint de nombreuses villes qu'en poursuivant son parcours sur ligne ferroviaire classique ou aménagée, à des vitesses allant de 160 à 220 km/h (cas de Rennes, Bordeaux, Toulouse, etc.).
Désireux de partager le succès du réseau français, des pays voisins comme la Belgique, l’Allemagne ou la Suisse ont raccordé leur réseau avec celui-ci. Le TGV dessert également l’Allemagne et les Pays-Bas sous la marque Thalys, et le Royaume-Uni sous la marque Eurostar.
Hormis trois TGV utilisés par La Poste entre Paris et Lyon, le TGV est exclusivement un service de transports de voyageurs. Il a fêté son premier milliard de voyageurs transportés depuis l’inauguration du premier service en septembre 1981, le 28 novembre 2003. Le deuxième milliard est attendu pour 2010.
La conquête de la vitesse
Le TGV ne fut pas le premier train à grande vitesse à entrer en service commercial dans le monde. Le Shinkansen japonais relia Tōkyō à Ōsaka dès le 1er octobre 1964, près de dix-sept ans avant les premiers TGV.
Le 26 février 1981, la rame 16 du TGV obtint un premier record de vitesse sur la LGV Sud-Est à 380 km/h. Ce record de vitesse, pour lequel des dizaines de journalistes avaient été conviés, n’avait pas pour but d’ajouter un nouveau record au palmarès de la SNCF, mais plutôt de rassurer les futurs voyageurs, en leur montrant que les 260 km/h auxquels ils seraient bientôt transportés pouvaient être atteints en toute sécurité. Après qu'une rame d'essais allemande InterCityExpress (ICE-V) de la Deutsche Bahn (DB) ait roulé à 406,9 km/h sur la ligne à grande vitesse Hanovre–Würzburg le 1er mai 1988, la SNCF améliora officieusement ce record le 12 décembre 1988 en faisant rouler la rame TGV PSE 88 à 408,4 km/h sur la LGV Sud-Est au cours d’essais de la chaîne de traction synchrone des futurs TGV Atlantique.
Le 18 mai 1990, le TGV a obtenu le record du monde de vitesse, à 515,3 km/h sur la LGV Atlantique, avec une rame d’essai Atlantique numérotée 325 raccourcie à trois caisses intermédiaires au lieu de dix.
C'est le dernier record homologué du TGV, toujours inégalé. Le 13 Février 2007 sur la LGV Est-Européenne, la SNCF est parvenue durant des marches d'essais à faire rouler un TGV Duplex spécialement préparé à la vitesse de 554,3 Km/h (non homologué). Ces essais s'inscrivent dans un programme visant à établir un nouveau record de vitesse, officiel celui-là, durant le second trimestre de l'année 2007.
Quant au Japon, il détient le record de vitesse pour les trains à sustentation magnétique (Maglev).
Le TGV a également établi un record d’endurance, parcourant le 26 mai 2001 le parcours Calais - Marseille (1067,2 km) en 3 h 29, à l’occasion de l’inauguration de la LGV Méditerranée.
Le TGV reste, en 2007, le train le plus rapide au monde en service commercial. Récemment, un parcours type moyen s’établissait à 263,3 km/h de vitesse moyenne de gare à gare.
Aux origines du TGV
L’idée de créer un train à grande vitesse pour relier les principales villes françaises a émergé au cours des années 1960, après que le Japon eut commencé la construction du Shinkansen en 1959. À l’époque, la SNCF cherchait un moyen de redresser la fréquentation de ses trains, qui baissait inexorablement. Une augmentation substantielle de la vitesse apparût comme la solution qui lui permettrait de concurrencer efficacement l’automobile et l’avion. Elle était stimulée par les expérimentations du projet d’aérotrain qui faisait appel à la technologie du coussin d’air radicalement différente du contact roue/rail du chemin de fer classique. Elle expérimentait également la voie des turbotrains légers testant dès 1967 le prototype TGS.
Dans sa première version, le TGV devait être mû par des turbines à gaz. Ce choix était motivé par la taille relativement petite des turbines, leur puissance massique élevée et leur capacité à délivrer une puissance élevée pendant un temps important. Le premier prototype, TGV 001, fut la seule rame de ce type jamais construite.
Les essais du TGV 001 apportèrent cependant beaucoup d’enseignements utiles à la suite du projet, notamment dans le domaine du freinage à haute vitesse, qui nécessitait de dissiper une importante quantité d’énergie cinétique, de l’aérodynamique et de la signalisation. La rame était articulée, deux caisses adjacentes s’appuyant sur un bogie commun tout en conservant une possibilité de mouvement relatif. Ce prototype atteignit la vitesse de 318 km/h, qui reste à ce jour le record du monde de vitesse ferroviaire en traction thermique. Le style du TGV, tant intérieur qu’extérieur avec le nez caractéristique des motrices, est dû au designer d’origine britannique Jacques Cooper et a marqué les générations suivantes de matériel.
La naissance du TGV actuel
A la suite de la crise pétrolière de 1973, le choix fut fait de revenir à la traction électrique, avec acheminement du courant par caténaires et captage par pantographe. Les raisons de ce choix furent autant politiques que techniques ou économiques : en effet, le coût de l’énergie ne représentait alors que 5 % environ du coût de traction, soit 20 francs de l’époque par rame/km (16 €uros équiv. 2007), et le coût d’une rame électrique était d’environ 10 % plus élevé que celui d’une rame à turbines, pour une capacité inférieure, sans compter le coût des installations fixes.
Le passage à la traction électrique imposa de reprendre le programme de recherches et d’essais dans nombre de domaines. La SNCF transforma en 1974 une automotrice Z 7100 pour construire le prototype Z 7001 (surnommé Zébulon) qui permit de tester plusieurs innovations : pantographes à deux étages, moteurs de traction suspendus à la caisse pour alléger (2,95 t en moins) les masses non suspendues des bogies et réduire ainsi les efforts sur la voie, nouvelles dispositions en matière de suspension et de freinage. Zébulon parcourut environ un million de kilomètres en marches d’essais.
En mars 1974, le président Pompidou décida du lancement du projet, et le gouvernement approuva la construction d’une première ligne entre Paris et Lyon, la LGV Sud-Est (LN1). Le projet fut entièrement financé par la SNCF, essentiellement sur emprunts. Cela entraîna une explosion de l’endettement de la société nationale. Cet endettement conduira avec d’autres motifs (directives votées par le Parlement européen notamment) à la réforme de 1997 qui verra la création de RFF.
Suivant une campagne d’essais menée avec deux rames de présérie, la première commande fut livrée à partir du 25 avril 1980. Le service TGV ouvrit au public entre Paris et Lyon le 27 septembre 1981. La cible initiale était les voyages d’affaires entre ces deux villes, mais dès l’origine, la grande majorité des rames étaient ouvertes à la deuxième classe. Le temps de parcours considérablement réduit par rapport à la situation antérieure (grâce aussi au tracé plus direct de la ligne) permit d’acquérir une nouvelle part de marché au détriment de l’automobile et de l’aviation. L’innovation était non seulement technique, mais aussi commerciale avec la simplicité tarifaire (suppression des suppléments), l’obligation de réservation et plus tard l’introduction du cadencement.
L’extension du service
Après l’ouverture en 1981 de la LGV sud-est permettant des liaisons entre Paris et le Sud-Est de la France, le réseau de lignes nouvelles ne cessa de s’étendre, tandis que les dessertes grâce à la compatibilité avec le réseau classique allaient bien au delà. Les premiers TGV « province-province » furent lancés en 1984 (Lille-Lyon via la Ligne de Grande Ceinture) et en 1986 (Rouen-Lyon).
En 1989 et 1990, la LGV Atlantique permit au TGV de desservir une cinquantaine de nouvelles villes. En 1993, c’est au tour de la LGV Nord d’ouvrir plus largement le TGV au trafic international, avec l’Eurostar vers Londres et le Thalys vers le Benelux, sans compter les nouvelles gares desservies en France. La LGV Interconnexion Est permit en 1994 de raccourcir les trajets « province-province », et de desservir d’autres gares franciliennes que les seules gares parisiennes.
Enfin, la LGV Méditerranée permit en 2001 de rapprocher la Méditerranée de Paris, et d’étendre une nouvelle fois le réseau TGV. Des TGV vont également en Suisse et en Italie. La prochaine étape est l’ouverture en 2007 de la LGV Est européenne, qui permettra d’étendre encore le réseau vers l’Est de la France, l’Allemagne, le Luxembourg et même la Suisse. Dès 2009 le TGV relira Perpignan à Barcelone.
Les LGV représentent, en 2006, une longueur totale de 1547 km, soit 5 % environ du réseau en exploitation en France.
Le matériel : Conception
La particularité des rames automotrices TGV est qu’elles sont constituées de deux motrices à deux bogies encadrant un tronçon articulé, composé de remorques dont les bogies intermédiaires sont communs à deux caisses adjacentes. L’articulation entre deux caisses fait appel à un dispositif original qui permet de solidariser avec amortissement les deux caisses. Cette disposition présente plusieurs avantages :
Pour la consommation énergétique, cette disposition ayant permis de diminuer le nombre d’essieux, d’abaisser le centre de gravité de la rame et le maître-couple ;
Pour le confort, aucun voyageur ne se retrouvant assis au niveau des essieux, et l’amortissement des caisses entre elles limitant la transmission de vibrations depuis les bogies ;
Pour la sécurité, la rame articulée mais rigide en torsion résiste mieux en cas de déraillement qu’un train classique qui a tendance à se désarticuler. Cela ne garantit naturellement pas du risque de collision avec un autre train sur une voie adjacente.
Deux rames peuvent être couplées en unité multiple ce qui permet de doubler la capacité offerte par un train. L’impossibilité de séparer facilement les remorques du tronçon central nécessite des installations de levage capables de soulever une rame entière dans les ateliers d’entretien. Roulant sur des voies ferrées classiques, le TGV est parfaitement compatible avec les installations existantes, dès lors qu’elles sont électrifiées. Cependant, les ondes générées par le frottement du pantographe se déplacent, sur une caténaire classique, à une vitesse proche de 350 km/h Lorsque le train roule à une vitesse proche de ces ondes (ou supérieure), il peut les rattraper. Le pantographe n’est alors plus en contact que par moments avec la caténaire, ce qui provoque une alimentation électrique par intermittence, empêchant une circulation normale de la rame. Il est donc nécessaire de tendre davantage la caténaire pour faire face à des circulations à des vitesses supérieures à 350 km/h, ce qui accélère son usure.
Le matériel : Motorisation
Les premiers TGV fonctionnaient à l’aide de moteurs à courant continu alimentés par des redresseurs réversibles.
À la fin des années 1980, le développement de l’électronique de puissance a permis de substituer le moteur synchrone au moteur à courant continu. Ces moteurs sont d’abord alimentés à l’aide d’onduleurs de courant à thyristor (1988). À cette époque l’électronique de puissance nécessaire à leur alimentation est beaucoup plus simple que celle requise par les moteurs asynchrones.
L’utilisation de moteurs synchrones présentait plusieurs avantages :
Moteur plus simple et plus léger à puissance égale :
TGV-SE : 12 moteurs à courant continu de 535 kW et 1560 kg.
TGV-A : 8 moteurs de 1100 kW et 1450 kg.
Couple au démarrage élevé
Absence de collecteurs donc pas de problèmes de commutation.
Amélioration du facteur de puissance (toujours inférieur à 0,8 pour une rame TGV-SE, toujours supérieur à 0,95 pour une rame TGV-A).
Néanmoins, le moteur synchrone est plus coûteux et nécessite plus d’entretien que le moteur asynchrone. Avec les progrès de l’électronique de puissance (onduleur de tension à IGBT), ce dernier va supplanter le moteur synchrone dès le milieu des années 1990 dans quasiment tous les domaines de la traction. Ce type de motorisation est installé sur les motrices de l’Eurostar, mais avec des thyristors GTO.
Le matériel : Circuits électriques de commande
Le TGV-A a inauguré la gestion de la rame par ordinateurs reliés en réseau ; baptisé TORNAD (TOken Ring Network Alsthom Device), le système est composé de 18 équipements (ordinateurs).
Pour les générations suivantes de TGV (TGV-R TGV-DUPLEX TGV-POS), les ordinateurs sont reliés entre eux par le réseau TORNAD*. Il s’agit d’un réseau de type token bus (802.4).
Prix
La valeur d’une rame TGV classique est aux environs de 15 millions d’euros, celle d’une rame de type Duplex à l’achat est estimée entre 24 et 28 millions d’euros (valeur 2005) tandis qu’un Eurostar pouvait lui coûter jusqu’à 32 millions d’euros.
L’infrastructure : Les lignes à grande vitesse (LGV)
Ce train emprunte des voies spécialement construites à son intention (les LGV ou Lignes à grande vitesse) à des vitesses de l’ordre de 300 km/h. Les rayons de courbure des lignes sont adaptés (supérieurs ou égaux à 4000 m, 6000m sur la LGV Est européenne), de même que la signalisation (il s’agit d’une signalisation embarquée ou CAB-Signal) qui autorisera prochainement 320 km/h sur les lignes les plus modernes (LGV Est Européen). Ces lignes dites nouvelles sont clôturées par des grillages, pour éviter des heurts avec les animaux, et ne comportent aucun passage à niveau.
Le record mondial de vitesse sur rail du 18 mai 1990 (515,3 km/h) puis celui de 2007, non officiel (554 km/h) ont montré que la LGV était mécaniquement capable de supporter des vitesses beaucoup plus élevées, la géométrie de la voie n’ayant pas souffert des marches d’essai à plus de 500 km/h. Les principaux obstacles à la progression des vitesses commerciales sont aujourd’hui :
Le freinage, qui devient problématique dès 350 km/h du fait de l’énergie à dissiper ;
La résistance aérodynamique, proportionnelle au carré de la vitesse, qui a une incidence sur la consommation énergétique ;
Le coût de maintenance des voies, qui devient prohibitif au-delà d’une certaine vitesse ;
Le bruit qui augmente avec la vitesse et qui fait l’objet d’une réglementation de plus en plus stricte ;
Le captage de courant via le pantographe, qui nécessite une tension mécanique élevée des caténaires et conduit à leur usure accélérée ;
Et dans une moindre mesure le contact rail-roue.
Le TGV peut aussi emprunter les autres voies (réseau classique), à la vitesse maximale autorisée par ces lignes, jusqu’à 220 km/h selon le tracé et le type de signalisation.
L’infrastructure : Les gares
L’un des avantages du système TGV sur d’autres systèmes comparables tels que les trains à sustentation magnétique est sa compatibilité avec le réseau classique. Cela permet de desservir les gares situées au centre des villes (comme la gare de Lyon à Paris ou Perrache à Lyon) sans qu’il soit nécessaire d’investir dans de coûteuses infrastructures nouvelles en zone urbaine. Sa consommation énergétique par passager est moindre, à vitesse égale. L'élimination des frottements mécaniques que permet la sustentation est en effet assez vite dépassée par la traînée aérodynamique et la sustentation en elle-même est consommatrice d'énergie.
Pour la desserte des villes moyennes, le choix a été fait de construire des gares de passage sur les lignes à grande vitesse à l’écart des villes desservies, et souvent accessibles seulement par des moyens routiers. C’est le cas par exemple de la gare desservant Montceau-les-Mines et Le Creusot située à mi-distance de ces deux villes (à Montchanin, des navettes la reliant à des villes aussi éloignées que Roanne située 70 km au sud ou Autun, 30km au nord). Ce choix a permis d’optimiser le temps de parcours entre Paris et Lyon. Un cas plus controversé est celui de la gare de TGV Haute-Picardie qui a été surnommée la « gare des betteraves » par ses détracteurs stigmatisant sa situation isolée loin d’Amiens et de Saint-Quentin, et sans correspondance avec le réseau ferroviaire local (TER).
Alors que les premières de ces gares n’exprimaient aucune ambition sur le plan architectural, il n’en est plus de même pour les plus récentes. On peut citer notamment parmi les plus spectaculaires celle de Lyon-Saint-Exupéry, œuvre de l’architecte espagnol Santiago Calatrava, celle de Roissy-Charles-de-Gaulle et la gare d’Avignon TGV. Ouverte en 2001, cette dernière est considérée comme l’une des plus remarquables du réseau, avec son toit vitré spectaculaire de 340 mètres de long qui a été comparé à celui d’une cathédrale.
Les services
Les dessertes en TGV empruntent les lignes nouvelles sur une partie de leurs parcours et continuent sur le réseau classique sur des distances parfois assez longues, y compris dans les pays voisins de la France. La plupart sont des dessertes radiales partant de Paris ou y arrivant, certaines suivent des relations transversales évitant Paris intra-muros en empruntant la ligne d’interconnexion à l’est de la capitale ou la Grande Ceinture au sud. Les TGV desservent plus de 150 gares en France, dont huit en Île-de-France et plus d’une trentaine dans les pays limitrophes.
Nouveauté en France hors des liaisons suburbaines, les axes Paris-Bruxelles, Paris-Lille et Paris-Lyon ont des horaires cadencés (départs et arrivées aux mêmes minutes de chaque heure pendant toute la journée).
Les régions oubliées
On voit que le TGV laisse pour l’instant à l’écart la Basse-Normandie, et le Massif Central (Auvergne, Limousin, et du Midi-Pyrénées) . C’est un des grands reproches fait au TGV. Le TGV n’y circule pas ce qui provoque la colère des régions concernées; en effet elles considèrent que le TGV doit être un moteur de développement économique, or, on ne le fait circuler que dans des régions déjà économiquement développées au lieu de desservir des régions en retard comme le Limousin. Les projets actuellement les plus avancés ne concernent pas non plus ces régions, même si quelques collectivités locales et associations défendent des projets comme la LGV Massif Central, la Transversale Alpes Auvergne Atlantique, la LGV des Estuaires et la LGV Normandie. Ne pas être relié au TGV constitue un frein au développement économique d’une région. Il y a un véritable effet TGV sur l’attractivité d’une ville. De plus, même lorsque des LGV existent, les gares des villes moyennes situées sur les lignes classiques qu’elles doublent perdent souvent leurs liaisons "Grandes Lignes". C’est par exemple le cas de Sens et Villefranche-sur-Saône suite à l’ouverture de la LGV Sud-Est, ou encore de Miramas après l’ouverture de la LGV Méditerranée.
Cet "oubli" des régions proches de Paris (Normandie) ou à faible densité de population (Massif Central) tient aux conditions de rentabilité économique de la grande vitesse ferroviaire : La construction des infrastructures dédiées aux trains à grande vitesse étant très coûteuse, il est nécessaire de disposer de flux massifs de voyageurs sur les parcours pour pouvoir rentabiliser les lignes par leur usage intensif (plus de 10 trains par heure en moyenne dans chaque sens entre 6 h et 22h). De plus, il est nécessaire de disposer d’un parcours sans arrêt suffisamment long pour bénéficier pleinement des effets positifs de la grande vitesse ferroviaire, faute de quoi le bilan coût avantage de la grande vitesse devient contestable.
Il ne faut pas non plus oublier que la construction d’une ligne à grande vitesse ferroviaire traversant une région peu peuplée ne constitue pas en elle-même nécessairement une bonne nouvelle dans la mesure ou le TGV peut constituer autant un évitement ou un appauvrissement des dessertes afin de protéger le gain en vitesse de la nouvelle ligne qu’une solution pour le désenclavement. Le TGV a pour vocation première de rapprocher les pôles structurant du territoire français (Paris, Lille, Nantes, Bordeaux, Lyon, Marseille… ) ou européens (Londres, Bruxelles, Genève, Amsterdam, Francfort… ) et non de changer les caractéristiques propres de chaque territoire souvent héritées du passé. En poussant le paradoxe jusqu’au bout on pourrait presque affirmer qu’il est un outil de repolarisation de l’espace national et européen autour de ses pôles de force.
Les accidents les plus graves
En 25 ans, le TGV a connu plusieurs accidents dont trois déraillements à grande vitesse, ne causant toutefois que quelques blessés légers. Des morts ont cependant été déplorés lors de collisions sur ligne classique avec des véhicules routiers à des vitesses plus modestes. Les rames, mêmes partiellement déraillées, sont toujours restées dans leur position normale, dans un seul cas, en octobre 2001 dans les Landes, une motrice s’est couchée sur le côté à la suite de la cassure d’un rail. Cette stabilité est attribuée en partie à la rigidité que sa structure articulée donne à la rame.
Sur ligne à grande vitesse
Décembre 1992, le TGV 920 Annecy-Paris, assuré par la rame 56, déraille à 270 km/h au passage dans la gare de Mâcon-Loché TGV (Saône-et-Loire) ; Cause matériel : blocage des roues d’un bogie par suite de la défaillance d’un composant électronique ; le bogie défaillant dérailla en franchissant les aiguillages à l’entrée de la gare ; aucun blessé dans le train, 25 personnes qui attendaient un autre TGV sur le quai sont légèrement blessées par des projections de ballast.
21 décembre 1993, le TGV 7150 Valenciennes-Paris, assuré par la rame 511, déraille à 300 km/h à hauteur d’Ablaincourt-Pressoir (Somme) ; la motrice de tête et les quatre premières voitures déraillent mais restent dans l’axe de la voie ; cause voie : affaissement de la plate-forme au droit d’une ancienne galerie datant de la Première Guerre mondiale, non détectée ; sur les 200 passagers, un seul fut légèrement blessé.
5 juin 2000, l’Eurostar 9047 Paris-Londres, assuré par la rame 3101/2 appartenant à la SNCB, déraille à 250 km/h près de la bifurcation de Croisilles (Pas-de-Calais), à proximité d’Arras ; quatre bogies (sur 24) sont sortis des rails ; Sur les 501 passagers, une dizaine furent légèrement commotionnés ; Cause matériel : Une bielle de réaction du bogie moteur arrière de la motrice de tête retrouvée détachée serait à l’origine de l’accident.
Sur ligne classique
Décembre 1983, une bombe explose dans le TGV Marseille-Paris à hauteur de Tain-l’Hermitage ; deux morts (attentat attribué à Carlos).
28 septembre 1988, le TGV 736 Grenoble-Paris heurte à 105 km/h un transport exceptionnel routier, transportant un transformateur électrique de 100 tonnes, bloqué sur un passage à niveau à Voiron (Isère) ; la DDE (Direction départementale de l’équipement) n’avait pas autorisé le convoi exceptionnel à passer sur ce passage à niveau ; le choc fut très violent à cause de la masse du poids-lourd ; deux morts (le conducteur du TGV et un voyageur), 25 blessés légers parmi les voyageurs. Le TGV transportait 300 personnes. La rame 70, baptisée « Melun » fut détruite, à l’exception de la motrice 23 140, qui sert actuellement de motrice de réserve pour les rames PSE bicourant.
4 janvier 1991, suite à une défaillance des freins, la rame 360, vide, se mit en marche au dépôt de Châtillon. La rame fut dirigée sur une voie inoccupée et vint s’encastrer à 60 km/h dans une rampe de chargement de voitures de la gare de Paris-Vaugirard. La motrice 24 119 fut détruite et les voitures 1 et 2 gravement endommagées. Il n’y eut aucune victime et la rame fut reconstruite.
25 septembre 1997, le TGV 7119 Paris-Dunkerque, assuré par la rame 502, percuta à 130 km/h une goudronneuse de 70 tonnes immobilisée sur un passage à niveau à Bergues (Nord). Il y eut 7 blessés. La motrice 28 004 fut radiée.
31 octobre 2001, le TGV 8515 Paris-Irùn, assuré par la rame 363, déraille à Saubusse (Landes) entre Dax et Bayonne à 130 km/h ; les 10 voitures ont déraillé et la motrice arrière 24 125 s’est couchée sur la voie ; cause voie : rail cassé ; sur les 422 passagers, six furent blessés légèrement.
30 janvier 2003, le TGV Dunkerque-Paris heurte à 106 km/h un poids lourd bloqué sur le passage à niveau d’Esquelbecq ; gros dégâts sur la motrice mais seul un essieu a déraillé ; aucun blessé parmi les voyageurs, le conducteur du TGV est légèrement blessé. Pourtant, des efforts avaient été faits depuis le premier accident de ce type pour essayer de supprimer tous les passages à niveau des voies empruntées par le TGV. C’est notamment le cas pour le TGV Atlantique circulant sur ligne classique entre Tours et Bordeaux via Poitiers et Angoulême.
23 décembre 2006, deux personnes sont mortes et une gravement blessée dans une collision sur un passage à niveau aux abords de Langon (Gironde).
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| dimanche 25 février 2007, a 08:31 |
| La Bataille d'Hernani (Victor Hugo) |
25 Février 1830 : « Hernani » pièce de théâtre de Victor Hugo est présenté au public è la Comédie-Française et déclenche Bataille d'Hernani.
Bataille d'Hernani
La Bataille d'Hernani, combat purement esthétique mais féroce, a pour cadre la première représentation, le 25 février 1830 de la pièce de Victor Hugo, Hernani, à la Comédie-Française de Paris.
Cette pièce, œuvre d'un jeune auteur déjà connu, brise les règles classiques des trois unités et emploie un vocabulaire inhabituel au théâtre, mêlant lyrisme et trivialité. Elle met en scène les amours malheureuses d'un proscrit, Hernani, pour la jeune infante doña Sol.
La représentation elle-même a été précédée de plusieurs lectures entre les membres du Cénacle romantique, chez l'auteur, si bien que les partisans d'Hugo, comme ses adversaires, se préparent à en découdre. Dans le public, parmi les « modernes », l'excentrique Théophile Gautier et son gilet vermillon provocateur ainsi que Gérard de Nerval apportent leur soutien à Hugo face aux « anciens ». Sur scène, Mademoiselle Mars, qui avait quelques réticences sur les libertés qu'Hugo prenait avec le classicisme, et ses partenaires tentent de continuer la représentation, malgré la bataille qui fait rage dans la salle.
On s'insulte copieusement, quelques échauffourées éclatent, l'œuvre emblématique du romantisme français est née.
Hernani
L'action principale se situe en Espagne en 1519 (de février à août)où Hernani et Juan Carlos se battent pour l'amour de Doña Sol. Le roi renonce à sa bien-aimée au profit de son rival, que l'on apprend être en fait Jean d'Aragon. Mais ce dernier avait offert sa vie à l'oncle de Doña Sol, Don Ruy Gomez, qui décide de la lui prendre le soir des noces du jeune couple. Doña Sol décide de suivre son amant dans la mort.
Victor Hugo
Victor-Marie Hugo, né le 26 février 1802 à Besançon, mort le 22 mai 1885 à Paris, est un écrivain, homme politique et intellectuel engagé français du XIXè siècle. Il est considéré comme le plus important des écrivains romantiques de langue française.
Son œuvre est très diverse : romans, poésie lyrique, drames en vers et en prose, discours politiques à la Chambre des Pairs, correspondance abondante.
Biographie
Enfance et jeunesse
Il est né à Besançon le 26 février 1802, mais passe son enfance à Paris. Il est le dernier des trois fils de Sophie Trébuchet (1772–1821) et de Joseph Léopold Sigisbert Hugo (1773–1828). Ses grands frères étaient Abel Joseph Hugo (1798–1855) et Eugène Hugo (1800–1837). De fréquents séjours à Naples et en Espagne, à la suite de son père, général de Napoléon, marqueront ses premières années. Vers 1813, il s’installe à Paris avec sa mère qui s’est séparée de son mari, car elle entretient une liaison avec le général d'empire Victor Fanneau de la Horie. Elle dispense à son fils une éducation assez libre avec l'aide de Fanneau de la Horie, son parrain et précepteur, qui accorde une grande place à toutes les formes de lecture. Âgé de quatorze ans à peine, Victor, en juillet 1816, note sur un journal : « Je veux être Chateaubriand ou rien »
Sa vocation est précoce et ses ambitions sont immenses.
Avec ses frères Abel et Eugène, il fonde en 1819 une revue, le Conservateur littéraire, qui attire déjà l'attention sur son talent. La même année, il remporte le concours de l'Académie des Jeux floraux (voir Clémence Isaure). Deux fois lauréat (1819 et 1820), également primé par l’académie, Victor Hugo délaisse les mathématiques, pour lesquelles il a un goût marqué (il suit les cours des classes préparatoires), et embrasse la carrière littéraire. Son premier recueil de poèmes, Odes, paraît en 1821 : il a alors dix-neuf ans et ses études au lycée Louis-le-Grand lui permettent de faire connaître rapidement cet ouvrage. Il participe aux réunions du Cénacle de Charles Nodier à la Bibliothèque de l'Arsenal, berceau du Romantisme, qui auront une grande influence sur son développement. Dès cette époque, Hugo est tout à la fois poète, romancier, dramaturge et même journaliste : Hugo entreprend tout et réussit beaucoup.
Le jeune écrivain
C’est avec Cromwell, publié en 1827, qu’il fera éclat. Dans la préface de ce drame, il s’oppose aux conventions classiques, en particulier à l’unité de temps et à l’unité de lieu. Il met véritablement en pratique ses théories dans la pièce Hernani. Cette œuvre est la cause d’un affrontement littéraire fondateur entre anciens et modernes, ces derniers, au premier rang desquels Théophile Gautier, s’enthousiasmant pour cette œuvre romantique — combat qui restera dans l’histoire de la littérature sous le nom de « bataille d’Hernani. » Dès lors, la production d’Hugo ne connaît plus de limites : romans (Notre-Dame de Paris, 1831) ; poésie (Les Chants du crépuscule, 1835) ; Théâtre (Ruy Blas, 1838).
De 1826 à 1837, il séjourne fréquemment au Château des Roches à Bièvres, propriété de Bertin l'Aîné, directeur du Journal des débats. Au cours de ces séjours, il y rencontre Berlioz, Chateaubriand, Liszt, Giacomo Meyerbeer et rédige des recueils de poésie dont le célèbre ouvrage des Feuilles d'automne.
Il épouse, le 12 octobre 1822, Adèle Foucher qui lui donne plusieurs enfants :
Léopold (16 juillet 1823–10 octobre 1823)
Léopoldine (28 août 1824–4 septembre 1843)
Charles (4 novembre 1826–13 mars 1871)
François–Victor (28 octobre 1828–26 décembre 1873)
Adèle Hugo (24 août 1830–21 avril 1915), la seule qui survivra à son illustre père mais dont l'état mental, très tôt défaillant, lui vaudra de longues années en maison de santé.
Il aura, jusqu’à un âge avancé, de nombreuses maîtresses. La plus célèbre sera Juliette Drouet, actrice rencontrée en 1833, qui lui consacrera sa vie et le sauvera de l’emprisonnement lors du coup d’état de Napoléon III. Il écrira pour elle de nombreux poèmes. Tous deux passent ensemble l'anniversaire de leur rencontre et remplissent, à cette occasion, année après année, un cahier commun qu'ils nomment tendrement le « Livre de l’anniversaire »
Hugo accède à l’Académie française en 1841.
En 1843, Léopoldine meurt tragiquement à Villequier, noyée avec son mari Charles Vacquerie dans le naufrage de leur barque. Hugo sera terriblement affecté par cette mort qui lui inspirera plusieurs poèmes des Contemplations — notamment, son célèbre « Demain, dès l'aube... »
L’Exil
Élevé par sa mère vendéenne dans l’esprit du royalisme, il se laisse peu à peu convaincre de l’intérêt de la démocratie (« J’ai grandi », écrit-il dans un poème où il s’en justifie). Son idée est que « là où la connaissance n’est que chez un homme, la monarchie s’impose. Là où elle est dans un groupe d’hommes, elle doit faire place à l’aristocratie. Et quand tous ont accès aux lumières du savoir, alors le temps est venu de la démocratie ». Devenu partisan d’une démocratie libérale et humanitaire, il est élu député de la deuxième République en 1848, et soutient la candidature de Louis-Napoléon Bonaparte élu Président de la République en décembre, avec qui il rompt en 1849, le Président n'ayant pas répondu favorablement aux ambitions ministérielles de l'écrivain. Hugo s’exile après le coup d'État du 2 décembre 1851 qu’il condamne vigoureusement pour des raisons morales (Histoire d'un crime). Sous le Second Empire, opposé à Napoléon III, il vit en exil à Bruxelles, puis à Jersey et enfin à Guernesey. Il fait partie des quelques proscrits qui refusent l’amnistie décidée quelque temps après (« Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là »). Pendant ces années difficiles, il publiera notamment Les Châtiments (1853), œuvre en vers qui prend pour cible le Second Empire ; Les Contemplations, poésies (1856) ; La Légende des Siècles (1859), ainsi que Les Misérables, roman (1862). Le souvenir douloureux de Léopoldine — ainsi que sa curiosité — le pousse à tenter à Jersey, d’étranges expériences de spiritisme consignées dans Les Tables tournantes de Jersey.
Pendant les années 1860, il traverse plusieurs fois le Grand-Duché de Luxembourg comme touriste, alors qu'il se rend sur le Rhin allemand (1862, 1863, 1864, 1865). En 1871, après la Commune de Paris, tandis qu'il est expulsé de Belgique pour y avoir offert asile aux communards poursuivis dans la capitale française, il trouve refuge pendant trois mois et demi dans le Grand-Duché (1er juin–23 septembre). Il séjourne successivement à Luxembourg, à Vianden (deux mois et demi), à Diekirch et à Mondorf, où il suit une cure thermale.
Le retour en France
Après la chute du Second Empire consécutive à la guerre franco-prussienne de 1870, c’est l’avènement de la Troisième République : Hugo peut enfin rentrer après vingt années d’exil. Jusqu'à sa mort, en 1885, il restera une des figures tutélaires de la république retrouvée — en même temps qu'une référence littéraire incontestée. Il décède le 22 mai 1885. Conformément à ses dernières volontés, c'est dans le « corbillard des pauvres » qu'eut lieu la cérémonie. Il est d'abord question du Père Lachaise mais le premier juin il sera finalement conduit au Panthéon, la jeune Troisième République profitant de cet événement pour retransformer l'église Sainte-Geneviève en Panthéon. On considère que trois millions de personnes se sont déplacées alors pour lui rendre un dernier hommage. Il est à noter que la nuit suivant son décès, les prostituées de Paris travaillèrent gratuitement.
Une œuvre monumentale
L'ensemble de ce qui a survécu des écrits de Victor Hugo (plusieurs lettres personnelles ont été volontairement détruites par ses exécuteurs testamentaires Paul Meurice et Auguste Vacquerie) a été publié chez Jean-Jacques Pauvert et représente presque quarante millions de caractères !
« L’ensemble de mon œuvre fera un jour un tout indivisible. [...] Un livre multiple résumant un siècle, voilà ce que je laisserai derrière moi [...]. » (Lettre du 9 décembre 1859)
À travers ces mots, on devine une volonté farouche de pratiquer tous les genres : roman, poésie, théâtre, essai, etc. — autant qu’une passion du Verbe, à condition toutefois que ce dernier soit ancré dans l’Histoire. Par conséquent, distinguer la fiction proprement dite de l’engagement politique est, chez Hugo plus que chez tout autre écrivain, une gageure.
Un romancier inclassable
Hugo a laissé neuf romans. Le premier, Bug-Jargal a été écrit à seize ans ; le dernier, Quatre-vingt-treize, à soixante-douze. L’œuvre romanesque a traversé tous les âges de l’écrivain, toutes les modes et tous les courants littéraires de son temps sans jamais se confondre totalement avec aucun. En effet, on trouve toujours chez Hugo une volonté de parodie et de décalage : Han d'Islande en 1823, Bug-Jargal publié en 1826, Notre-Dame de Paris en 1831 ressemblent aux romans historiques en vogue au début du XIXe siècle mais n’en sont pas vraiment ; c'est que Hugo n’est certainement pas Walter Scott ; chez lui en effet, les temps modernes pointent toujours derrière l’Histoire.
Le Dernier Jour d'un condamné en 1829 et Claude Gueux en 1834 ne sont pas plus aisés à définir. Ce sont des romans à la fois historiques et sociaux qui sont, surtout, engagés dans un combat — l’abolition de la peine de mort — qui dépasse de loin le cadre de la fiction. On pourrait en dire autant des Misérables qui paraît en 1862, en pleine période réaliste, mais qui lui emprunte peu de caractéristiques. Ce succès populaire phénoménal embarrassera d'ailleurs la critique car il louvoie constamment entre mélodrame populaire, tableau réaliste et essai didactique…
De la même façon, dans Les Travailleurs de la mer (1866) et dans L'Homme qui rit (1869), Hugo se rapproche davantage de l’esthétique romantique du début du siècle, avec ses personnages difformes, ses monstres et sa Nature effrayante.
Enfin, en 1874, Quatre-vingt-treize — l'ultime roman — signe la concrétisation romanesque d’un vieux thème hugolien : le rôle fondateur de la Révolution française dans la conscience littéraire, politique, sociale et morale du dix-neuvième siècle.
Une œuvre de combat
Le roman hugolien n’est pas un « divertissement » : il est — presque toujours — au service du débat d’idées. On l’a vu avec les romans abolitionnistes de sa jeunesse, on le voit encore dans sa maturité, à travers de nombreuses, et parfois envahissantes, digressions sur la misère matérielle et morale, dans Les Misérables. Ses héros sont, comme les héros de tragédie (le dramaturge n’est pas loin), aux prises avec les contraintes extérieures et une implacable fatalité tantôt imputable à la société (Jean Valjean ; Claude Gueux ; le héros du Dernier jour d’un condamné), tantôt à l’Histoire (Quatre-vingt-treize) ou bien à leur naissance (Quasimodo). C’est que le goût de l’épopée, des hommes aux prises avec les forces de la Nature, de la Société, de la fatalité, n’a jamais quitté Hugo ; l’écrivain a toujours trouvé son public sans jamais céder aux caprices de la mode : qui s’étonnera qu’il ait pu devenir un classique de son vivant ?
Le dramaturge
À vingt-six ans, dans la célèbre préface de Cromwell, Victor Hugo jette les bases d’un genre nouveau : le drame romantique. Dans ce texte, le jeune homme ambitieux remet en cause les règles bien établies du théâtre classique, et introduit les thèmes romantiques sur la scène : multiplication des personnages, des lieux, mélange des registres — le vulgaire et le recherché, le sublime et le grotesque – et met ainsi davantage de vie dans un théâtre trop compassé. Revers de la médaille : Cromwell, pièce aux 6000 vers et aux innombrables personnages n’est pas jouée — « injouable » disent certains…
C’est grâce à Hernani que le dramaturge accède véritablement, en 1830, à la célébrité et prend une place déterminante parmi les modernes. Les années suivantes, Hugo se heurtera aux difficultés matérielles (scène à l’italienne, peu propice aux spectacles d’envergure) et humaines (réticences des Comédiens Français devant les audaces de ses drames). Il alternera triomphes (Lucrèce Borgia) et échecs (Le Roi s’amuse), avant de décider, avec Alexandre Dumas, de créer une salle dédiée au drame romantique : ce sera le Théâtre de la Renaissance où il fera donner, en 1838, Ruy Blas.
En 1843, l’échec des Burgraves l’affecte durement. Hugo désespère de parvenir à un théâtre à la fois exigeant et populaire. Le dramaturge, frappé en outre par le deuil (Léopoldine meurt cette même année), délaisse la scène.
Victor Hugo marquera son retour au théâtre avec l'écriture, à partir de 1866, de plusieurs pièces, dont la série du Théâtre en liberté.
Le poète
À vingt ans, Hugo publie les Odes, recueil qui laisse déjà entrevoir, chez le jeune écrivain, les thèmes hugoliens récurrents : le monde contemporain, l’Histoire, la religion et le rôle du poète, notamment. Par la suite, il se fait de moins en moins classique, de plus en plus romantique, et Hugo séduit le jeune lecteur de son temps au fil des éditions successives des Odes (quatre éditions entre 1822 et 1828).
En 1828, Hugo réunit sous le titre Odes et Ballades toute sa production poétique antérieure. Fresques historiques, évocation de l’enfance ; la forme est encore convenue, sans doute, mais le jeune romantique prend déjà des libertés avec le mètre et la tradition poétique. Cet ensemble permet en outre de percevoir les prémisses d’une évolution qui durera toute sa vie : le catholique fervent s’y montre peu à peu plus tolérant, son monarchisme qui se fait moins rigide et accorde une place importante à la toute récente épopée napoléonienne ; de plus, loin d’esquiver son double héritage paternel (napoléonien) et maternel (royaliste), le poète s’y confronte, et s’applique à mettre en scène les contraires (la fameuse antithèse hugolienne !) pour mieux les dépasser :
« Les siècles, tour à tour, ces gigantesques frères, Différents par leur sort, semblables en leurs vœux, Trouvent un but pareil par des routes contraires. »
Puis Hugo s’éloigne dans son œuvre des préoccupations politiques immédiates auxquelles il préfère — un temps — l’art pour l’art. Il se lance dans les Orientales (l’Orient est un thème en vogue) en 1829, (l’année du Dernier jour d’un condamné).
Le succès est important, sa renommée de poète romantique assurée et surtout, son style s’affirme nettement tandis qu’il met en scène la guerre d'indépendance de la Grèce (l’exemplarité de ces peuples qui se débarrassent de leurs rois n’est pas innocente du contexte politique français) qui inspirera également Lord Byron ou Delacroix.
La première maturité
Dès les Feuilles d’automne (1832), les Chants du crépuscule (1835) Les Voix intérieures (1837), jusqu’au recueil les Rayons et les ombres (1840), se dessinent les thèmes majeurs d’une poésie encore lyrique — le poète est une « âme aux mille voix » qui s’adresse à la femme, à Dieu, aux amis, à la Nature et enfin (avec les Chants du crépuscule) aux puissants qui sont comptables des injustices de ce monde.
Ces poésies touchent le public parce qu’elles abordent avec une apparente simplicité des thèmes familiers ; pourtant, Hugo ne peut résister à son goût pour l’épique et le grand si bien que, dès le premier vers des Feuilles d'automne, on peut lire le fameux :
« Ce siècle avait deux ans ! Rome remplaçait Sparte Déjà Napoléon perçait sous Bonaparte »
On le voit, Hugo s’applique d’emblée à ancrer le poète dans l’Histoire. Il ne l’en fera jamais sortir, tout au long de son œuvre.
Le romancier (l’exil)
À partir de l'exil commence une période de création littéraire qui se caractérise par sa richesse, son originalité et par sa puissance. C'est alors que naîtront certains des plus fameux poèmes de la langue française (l'Expiation dans les Châtiments, Booz endormi dans la Légende des siècles, pour ne citer que ces deux exemples).
Les Châtiments sont des vers de combat qui ont pour mission, en 1853, de rendre public le "crime" du « misérable » Napoléon III : le coup d'État du 2 décembre. Prophète des malheurs qui attendent Napoléon III, exécuteur du neveu honni, Hugo s’y fait cruel, satirique, voire grossier pour châtier "le criminel". Mais Hugo se fait aussi poète de temps meilleurs comme par exemple dans Stella ; le poète prend alors des tons quasiment religieux. Quant à la "forme" des Châtiments, elle est d'une extrême richesse puisque Hugo recourt aussi bien à la fable, qu'à l'épopée, à la chanson ou à l'élégie, etc.
Quelques années plus tard, Hugo déclare, à propos des Contemplations qui paraissent en 1856 : « Qu’est-ce que les Contemplations ? — Les mémoires d’une âme » Apothéose lyrique, marquée par l’exil à Guernesey et la mort (cf. Pauca Meae) de la fille adorée : exil affectif, exil politique : Hugo part à la découverte solitaire du moi et de l’univers. Le poète, tout comme dans les Châtiments, se fait même prophète, voix de l’au-delà, voyant des secrets de la vie après la mort et qui tente de percer les secrets des desseins divins. Mais, dans le même temps, les Contemplations, au lyrisme amoureux et sensuel, contient certains des plus célèbres poèmes inspirés par Juliette Drouet. Les Contemplations : œuvre multiforme donc comme il convient aux « mémoires d’une âme ».
Enfin, la Légende des siècles, son chef-d’œuvre, synthétise rien moins que l’histoire du monde en une immense épopée parue en 1859 ; « L’homme montant des ténèbres à l’Idéal », c'est-à-dire la lente et douloureuse ascension d’humanité vers le Progrès et la Lumière.
En juin 1878, Hugo fut victime d'une congestion cérébrale qui mit pratiquement fin à son activité d'écriture. Toutefois de très nombreux recueils, réunissant en fait des poèmes datant de ses années d'inspiration exceptionnelle (1850-1870) continuaient de paraître régulièrement (La Pitié suprême en 1879, L'Âne, Les Quatre Vents de l'esprit en 1881, la dernière série de la Légende des siècles en 1883...), contribuant à la légende du vieil homme intarissable jusqu'à la mort.
Une place à part dans son siècle
Tantôt lyrique, tantôt épique ; combattant infatigable et père vaincu ; tour à tour classique et audacieux, Hugo est tout cela à la fois et davantage : celui qui a profondément ému ses contemporains (qui ne connaît le célébrissime Demain, dès l’aube ?), exaspéré les puissants et inspiré les plus grands poètes de son temps et des temps à venir.
Sa pensée politique
A partir de 1849, Victor Hugo consacre un tiers de son œuvre à la politique, un tiers à la religion et le dernier à la philosophie humaine et sociale. La pensée de Victor Hugo, complexe et parfois déroutante, refuse toute condamnation des personnes et tout manichéisme, mais n'en est pas moins sévère pour la société de son temps.
Politique intérieure
Réformiste, il souhaite changer la société. S'il justifie l'enrichissement, il dénonce violemment le système d'inégalité sociale. Il est contre les riches qui capitalisent leurs gains sans les réinjecter dans la production. L'élite bourgeoise ne le lui pardonnera pas. De même, il s'oppose à la violence si celle-ci s'exerce contre un pouvoir démocratique mais il la justifie (conformément d'ailleurs à la déclaration des droits de l'homme) contre un pouvoir illégitime. C'est ainsi qu'en 1851, il lance un appel aux armes — « Charger son fusil et se tenir prêt » — qui n'est pas entendu. Il maintient cette position jusqu'en 1870. Quand éclate la guerre franco-allemande, Hugo la condamne : guerre de « caprice » et non de liberté. Puis, l'Empire est renversé et la guerre continue, contre la République ; le plaidoyer de Hugo en faveur de la fraternisation reste sans réponse. Alors, le 17 septembre, le patriote prend le pas sur le pacifiste : il publie cette fois un appel à la levée en masse et à la résistance. Les républicains modérés sont horrifiés : pour ceux-ci en effet, mieux vaut Bismarck que les « partageux » ! Le peuple de Paris, quant à lui, se mobilise et l'on s'arrache les Châtiments.
La peine de mort
Hugo est un farouche abolitionniste. Dans son enfance, il a assisté à des exécutions capitales et toute sa vie, il luttera contre. Le dernier jour d’un condamné (1829) et Claude Gueux (1834), deux romans de jeunesse, soulignent à la fois la cruauté, l’injustice et l’inefficacité du châtiment suprême. Mais la littérature ne suffit pas, Hugo le sait. Chambre des Pairs, Assemblée, Sénat : Victor Hugo saisira toutes les tribunes pour défendre l’abolition :
« La peine de mort est le signe spécial et éternel de la barbarie. » (Voir la transcription du Discours de Victor Hugo effectué le 15 septembre 1848 devant l'assemblée Constituante.)
La Commune
En accord avec lui-même, Hugo ne pouvait être communard :
« Ce que représente la Commune est immense, elle pourrait faire de grandes choses, elle n'en fait que des petites. Et des petites choses qui sont des choses odieuses, c'est lamentable. Entendons-nous, je suis un homme de révolution. J'accepte donc les grandes nécessités, à une seule condition : c'est qu'elles soient la confirmation des principes et non leur ébranlement. Toute ma pensée oscille entre ces deux pôles : « civilisation-révolution ». La construction d'une société égalitaire ne saurait découler que d'une recomposition de la société libérale elle-même. »
Pourtant, Victor Hugo défend la grâce du jeune officier protestant devenu Ministre de la guerre de la Commune Louis-Nathaniel Rossel face à Adolphe Thiers. Un jeune homme qu'il estime et juge différent des autres communards. Devant la répression qui s'abat sur les communards, le poète dit son dégoût :
« Des bandits ont tué 64 otages. On réplique en tuant 6 000 prisonniers ! »
La question sociale
Dénonçant jusqu'à la fin la ségrégation sociale, Hugo déclare lors de la dernière réunion publique qu'il préside : « La question sociale reste. Elle est terrible, mais elle est simple, c'est la question de ceux qui ont et de ceux qui n'ont pas ! ». Il s'agissait précisément de récolter des fonds pour permettre à 126 délégués ouvriers de se rendre au premier Congrès socialiste de France, à Marseille.
Discours
Victor Hugo a prononcé pendant sa carrière politique plusieurs grands discours ; la plupart d'entre eux sont regroupés dans Actes et paroles :
Contre la misère (Discours sur la misère, 9 juillet 1849) ;
Sur la condition féminine (aux obsèques de George Sand, 10 juin 1876) ;
Contre l'enseignement religieux et pour l'école laïque et gratuite (Discours à propos du projet de loi sur l’enseignement, 15 janvier 1850
Plusieurs plaidoyers contre la peine de mort (Que dit la société ? « Tu ne tueras pas ». Comment le dit-elle ? En tuant !);
Plusieurs discours en faveur de la paix (Discours d’ouverture du Congrès de la paix, 21 août 1849);
Pour le droit de vote universel ;
Sur la défense du littoral.
Contre l'invalidation de l'élection de Garibaldi à l'assemblée nationale en 1871, qui fut à l'origine de sa propre démission (Contre l'invalidation de Garibaldi, Discours à l'assemblée nationale, 8 mars 1871, Grands moments d'éloquence parlementaire)
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| vendredi 23 février 2007, a 03:40 |
| Paul Claudel |
23 Février 1955 : Décès de Paul Claudel, dramaturge et poète français (° 6 août 1868).
Paul Claudel
Né le 6 août 1868 à Villeneuve-sur-Fère (Aisne) — mort le 23 février 1955 à Paris) était un diplomate, poète, dramaturge et essayiste français, qui fut membre de l'Académie française. Biographie Paul Claudel reçut en 1886 la révélation d'Arthur Rimbaud par Les Illuminations. Il qualifia Rimbaud de « mystique à l'état sauvage », (il laissera une trace éclatante de ce passage dans Tête d'or).
Paul Claudel connut une révélation lors d'une messe de Noël à Notre-Dame de Paris en 1886. Sa foi catholique est visible dans son œuvre, notamment dans la pièce Le Soulier de satin. Cette communion de Claudel avec Dieu a donné aussi naissance à près de quatre mille pages de textes. Il y professe un véritable amour de Dieu et de la Création, dans son mystère et dans sa dramaturgie.
Diplomate, il exerce partout dans le monde.
Il est consul à Prague, Francfort , Hambourg.
Ministre plénipotentiaire à Rio de Janeiro, à Copenhague.
Ambassadeur de France à Tōkyō de 1921 à 1927, Washington de 1927 à 1933, et finit sa carrière à Bruxelles en 1935.
Paul Claudel fut élu à l'Académie française en 1946, au fauteuil 13, succédant à Louis Gillet. Après sa disparition, il y fut remplacé, en 1956, par Wladimir d'Ormesson.
Il était le frère cadet de la sculptrice Camille Claudel. D'origine bourgeoise provinciale, Paul Claudel est né à Villeneuve-sur-Fère, en 1868, sur les confins de la Champagne et des Ardennes. De famille catholique, l'enseignement laïque lui fait perdre la foi qu'il retrouvera, à l'âge dix-huit ans, le jour de Noël, le 25 décembre 1886, dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, lors d'une illumination subite. Sa vie de diplomate, de 1893 à 1936, le conduit à séjourner presque constamment à l'étranger dans divers pays, consul de France à Prague, Francfort, Hambourg, ministre plénipotentiaire à Rio de Janeiro, à Copenhague, ambassadeur de France à Tōkyō, à Washington, enfin à Bruxelles, de 1933 à 1955, où se terminera sa brillante carrière.
Sa vie littéraire conduite parallèlement s'épanouira glorieusement, au terme de son rôle de diplomate, dans sa propriété de Brangues, aux confins de la Savoie et du Dauphiné. Ses conceptions, en étroit rapport avec les idées religieuses, l'incitent à préciser le rôle du poète dont le langage doit traduire l'unité fondamentale du monde des choses et de l'esprit, correspondant à une véritable co-naissance abolissant la contradiction objet-sujet. C'est dire l'indéniable dimension philosophique de son œuvre, qui reste à redécouvrir sous cet aspect.
Il est enterré dans le parc du château de Brangues; sa tombe porte cette curieuse épitaphe: "Ici repose les restes et la semence de Paul Claudel".
Ses œuvres
Théâtre
1890 : Tête d'or (première version)
1892 : La Jeune Fille Violaine (première version)
1893 : La Ville (première version)
1894 : L'Échange et Tête d'Or (deuxième version)
1901 : La Jeune Fille Violaine (deuxième version)
1901 : Le Repos du septième jour
1911 : L'Otage, drame en trois actes
1912 : L'Annonce faite à Marie
1917 : L'Ours et la Lune
1918 : Le Pain dur, drame en trois actes
1919 : Les Choéphores d'Eschyle
1920 : Le Père humilié, drame en quatre actes
1920 : Les Euménides d'Eschyle
1920 : Protée, drame satirique en deux actes (première version)
1929 : le Soulier de satin ou Le pire n'est pas toujours sûr, action espagnole en quatre journées
1933 : Le Livre de Christophe Colomb, drame lyrique en deux parties
1939 : Jeanne d'Arc au bûcher
1939 : La Sagesse ou la Parabole du destin
1942 : L'Histoire de Tobie et de Sara, moralité en trois actes
1949 : Protée, drame satirique en deux actes (deuxième version)
1948 : Le Partage de midi, drame (deuxième version)
Poésie
1896 : Connaissance de l'Est
1905 : Poèmes de la Sexagésime
1907 : Processionnal pour saluer le siècle nouveau
1915 : Corona benignitatis anni dei
1919 : La Messe là-bas
1922 : Poèmes de guerre (1914-1916)]]
1925 : Feuilles de saints
1942 : Cent phrases pour éventails
1945 : Visages radieux
1949 : Accompagnements
Essais
1928 : Posirions et propositions, tome I
1929 : L'Oiseau noir dans le soleil levant
1934 : Posirions et propositions, tome II
1935 : Conversations dans le Loir-et-Cher
1936 : Figures et paraboles
1940 : Contacts et circonstances
1942 : Seigneur, apprenez-nous à prier
1946 : L'Œoeil écoute
1949 : Emmaüs
1950 : Une voix sur Israël
1951 : L'Évangile d'Isaïe
1952 : Paul Claudel interroge l'Apocalypse
1954 : Paul Claudel interroge le Cantique des Cantiques
1956 : Conversation sur Jean Racine
1957 : Sous le signe du dragon
1958 : Qui ne souffre pas... Réflexions sur le problème social
1958 : Présence et prophétie
1959 : La Rose et le rosaire
1959 : Trois figures saintes pour le temps actuel
Le Poète et la Bible, volume 1, 1910-1946, et volume 2, 1945-1955 - éd. Gallimard - 1947 pages
Mémoires, journal
1954 : Mémoires improvisés. Quarante et un entretiens avec Jean Amrouche
1968 : Journal. Tome I : 1904-1932
1969 : Journal. Tome II : 1933-1955
Correspondance
1949 : Correspondance de Paul Claudel et André Gide (1899-1926)
1951 : Correspondance de Paul Claudel et André Suarès (1904-1938)
1952 : Correspondance de Paul Claudel avec Gabriel Frizeau et Francis Jammes (1897-1938), accompagnée de lettres de Jacques Rivière
1961 : Correspondance Paul Claudel et Darius Milhaud (1912-1953)
1964 : Correspondance de Paul Claudel et Lugné-Poe (1910-1928). Claudel homme de théâtre
1966 : Correspondances avec Copeau, Dullin, Jouvet. Claudel homme de théâtre
1974 : Correspondance de Jean-Louis Barrault et Paul Claudel
1984 : Correspondance de Paul Claudel et Jacques Rivière (1907-1924)
1990 : Lettres de Paul Claudel à Élisabeth Sainte-Marie Perrin et à Audrey Parr
1995 : Correspondance diplomatique. Tokyo (1921-1927)
1995 : Correspondance de Paul Claudel et Gaston Gallimard (1911-1954)
2005 : Correspondance de Paul Claudel avec les ecclésiastiques de son temps. Volume I, Le sacrement du monde et l'intention de gloire (éditée par Dominique Millet-Gérard). Paris : Champion, coll. « Bibliothèque des correspondances, mémoires et journaux » n° 19, 2005. 655 p., 23 cm. ISBN 2-7453-1214-6.
2005 : Une amitié perdue et retrouvée : correspondance de Paul Claudel et Romain Rolland (édition établie, annotée et présentée par Gérard Antoine et Bernard Duchatelet). Paris : Gallimard, coll. « Les cahiers de la NRF », 2005. 479 pp., 21 cm. ISBN 2-07-077557-7.
Décoration Grand-croix de la Légion d'honneur
Citations
La tolérance, il y a des maisons pour cela » dit-il un jour à Jules Renard, mais cette phrase est aussi attribuée à Georges Clemenceau.
« L'Écriture n'est pas la propriété des spécialistes, c'est un jardin public où tous les chrétiens ont le droit de se promener »
« ... pourquoi est-ce que j'ai fait tout cela, que Dieu m'a commandé, tout cela que personne ne lit, à quoi personne ne s'intéresse, encore moins les chrétiens et les prêtres que les autres ? »
Sur un livre de Claudel : « Cette chose me fait prier. »
« Si l'ordre est le plaisir de la raison, le désordre est le délice de l'imagination. »
Anecdote
En 1942, Paul Claudel protestera auprès de l'archevêque de Paris contre la solennité des obsèques d'Alfred Baudrillart, données à Notre-Dame à « l'émule de Cauchon ».
A découvrir
Camille et Paul : La passion Claudel, Dominique Bona, Grasset, 2006 (ISBN 2246706610)
Liens externes
http://www.paul-claudel.net/
Site d'un établissement scolaire parisien qui porte le nom de Paul Claudel : http://www.paulclaudel.fr/
Émissions de Radio France : http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/dossiers/2005/claudel/emissions.php
Claudel, Rolland : « Une amitié perdue et retrouvée » Regards croisés sur l’amitié épistolaire de deux auteurs majeurs de la littérature française du XXe siècle : Paul Claudel et Romain Rolland. Une émission de Canal Académie.
http://www.canalacademie.com/article699.html
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| jeudi 22 février 2007, a 05:36 |
| Robert Baden-Powell |
22 Février 1857 :Naissance de Lord Robert Baden-Powell, britannique, fondateur du scoutisme († 8 janvier 1941)
Robert Baden-Powell
Le Britannique Lord Robert Stephenson Smyth Baden-Powell of Gilwell (22 février 1857, Londres – 8 janvier 1941, Kenya), 1er baron Baden-Powell, fut le fondateur du scoutisme.
Biographie
Enfance
Robert Stephenson Smyth Baden-Powell, dit « BP » (prononcer Bipi), est né le 22 février 1857 dans le quartier de Paddington à Londres. Il est le huitième des 10 enfants (dont 3 morts en bas âge) du Révérend Baden Powell, professeur de mathématiques à l'université d'Oxford, et d'Henriette Grâce Powell. Il est prénommé Robert Stephenson Smyth, du nom de son parrain Robert Stephenson (fils de George Stephenson), et des ses grands-parents maternels (dont l'amiral William Henri Smyth, qui est aussi géographe et astronome). Son père décède alors qu'il a 3 ans.
Baden-Powell fait ses études à Chartehouse, collège réputé pour sa discipline. Baden-Powell est un adepte de l’école buissonnière et se cache régulièrement dans le bois derrière l’établissement scolaire. Il y développe son sens de l’observation. Ses frères l’emmènent régulièrement explorer la campagne, camper et naviguer.
Il n'a jamais été un très bon élève et rate ses examens d’entrée à l'université. Il se présente alors à l’école militaire et obtient la seconde place au concours d’entrée, à 19 ans (1876).
Carrière militaire
Il intègre le 13e Hussards, un régiment de cavalerie, et est dispensé de suivre les stages de l'école d'officiers. En 1877, il est envoyé comme sous-lieutenant en Inde (alors colonie britannique). C'est pendant ses loisirs qu'il s'intéresse plus particulièrement au travail des éclaireurs, et qu'il se rend compte de leur importance dans les opérations militaires.
À l'âge de 26 ans, il est promu capitaine. Son régiment est déplacé en Afrique du Sud, où il a l'occasion d'entrer en contact avec des « éclaireurs » indigènes pour lesquels il a beaucoup d'admiration. Il se perfectionne ainsi dans l'art de l'approche et de l'exploration. C'est en Afrique qu'il a pour la première fois la possibilité de former des éclaireurs militaires selon ses méthodes : il les forme en petites unités ou patrouilles, chacune sous les ordres d'un chef, et attribue aux plus méritants un insigne dont le dessin s'inspire du point Nord de la boussole, très similaire à ce qui deviendra le badge du scoutisme mondial.
Il a une brillante carrière militaire, respecté et obéi parce qu’il est un chef qui donne l'exemple. Il passe par les Indes où il devient, entre-autres, instructeur, l’Afghanistan, les Balkans, Malte, la Russie (comme agent de renseignement) et surtout en Afrique du sud.
L'événement qui le rend célèbre dans tout l'empire britannique est le sauvetage de la petite ville de Mafeking en 1899, durant la guerre des Boers (contre les Hollandais). Avec beaucoup d'astuce et de courage communicatif, il réussit à sauver la ville qui est assiégée depuis 217 jours par des troupes ennemies quatre fois plus nombreuses. Il utilise les jeunes de la ville comme estafettes (pour transmettre des messages à pied et à vélo), comme observateurs, sentinelles ou éclaireurs. (cf. siège de Mafeking).
À la libération de la ville, le 16 mai 1900, il est acclamé comme un héros et nommé major-général. Il prouva que des jeunes étaient tout à fait capables de réussir une mission, pourvu qu'on leur fasse confiance. Il publie ses observations sous le nom de Scouting (L’art des éclaireurs) dans un petit fascicule destiné aux militaires appelé : Aids to scouting
Création du scoutisme
À son retour au Royaume-Uni, il est accueilli triomphalement. Il constate que Aids to scouting a un immense succès auprès des garçons britanniques et est utilisé par des éducateurs. Il reçoit même beaucoup de courriers de garçons lui demandant des conseils. Marqué par la jeunesse britannique des quartiers désœuvrés, souvent en mauvaise santé et délinquante, il décide de mettre en pratique tous les principes qu’il a observés à la guerre au service de jeunes garçons et dans une optique de paix.
« À la fin de ma carrière militaire, dit Baden-Powell, je me mis à l'œuvre pour transformer ce qui était un art d'apprendre aux hommes à faire la guerre, en un art d'apprendre aux jeunes à faire la paix ; le scoutisme n'a rien de commun avec les principes militaires. »
En 1907, alors âgé de 50 ans, il organise un camp de quinze jours avec une vingtaine de garçon de différentes classes sociales sur l'île de Brownsea. Il y teste ses idées d'éducation par le jeu, d'indépendance et de confiance.
À la suite de ce camp, Sir William Smith (fondateur des boy’s brigade) lui demande d’écrire un ouvrage sur la manière dont le scouting pouvait être adapté à la jeunesse qu’il appelle : Scouting for boys (Éclaireurs).
Avec ce livre, il tente de lancer un nouveau mouvement autonome. Il crée la base du scoutisme avec les cinq buts :
Santé, Sens du concret, Personnalité, Service, Sens de Dieu. Ainsi que les dix articles de la loi scoute et la promesse scoute qui n'imposent aucune interdiction mais proposent une hygiène de vie que chaque adhérent promet d’essayer de mettre en pratique (faire de son mieux).
C’est en 1909, que les premières compagnies de guides apparaissent organisées par Agnès Baden-Powell.
En 1910, il différencie trois classes d’âge :
Les Louveteaux (8-11 ans)
Les Éclaireurs (12-17ans)
Les Routiers (17 ans et +)
En 1918, il publie une revue intitulée Girl guiding edition. Il appelle le mouvement féminin les Guides plutôt que scoutes ou éclaireuses car il estime que leur rôle n’est pas d’éclairer mais de guider. « Une femme qui est capable de se tirer d’affaire toute seule est respectée aussi bien par les hommes que par les femmes. Ils sont toujours prêts à suivre ses conseils et son exemple, elle est leur guide. »
En 1910, sur les conseils du roi du Royaume-Uni Édouard VII, il démissionne de l’armée pour prendre la direction du mouvement qu’il vient de lancer.
En 1912, il se marie avec Olave Saint Claire Soames, qui devient Chef-guide mondiale.
Le mouvement prend vite beaucoup d'importance, et se développe dans de nombreux pays du monde. Le Jamboree de 1920 réunit pour la première fois des scouts de 21 pays. Baden-Powell y fut nommé World Chief (chef scout mondial).
En 1927, il est anobli par le roi Georges V. Il prend le nom de Lord Baden-Powell of Gilwell, du nom d'une propriété qu'il a reçue de la famille McLaren pour en faire un centre de formation des chefs.
Aujourd'hui, il y a plus de 28 000 000 de scouts dans plus de 216 pays du monde entier.
Dernier mot
Baden-Powell et son épouse passent beaucoup de leur temps à parcourir le monde pour soutenir le scoutisme dans son développement, et participent aux cérémonies de création du mouvement dans de nouveaux pays. À la fin de sa vie, il se retire au Kenya et fait parvenir aux scouts du monde entier son dernier message :
« Ceci est juste un petit mot d'adieu, pour vous rappeler, quand j'aurai disparu, que vous devez tâcher dans la vie d'être heureux et de rendre les autres heureux. Que cela paraît facile et agréable, n'est-ce pas ? C'est tout d'abord par la bonne action quotidienne que vous apprendrez à apporter le bonheur aux autres. La meilleure manière d'atteindre le bonheur est de le répandre autour de vous.
J'ai eu une vie très heureuse, et j'aimerais qu'on puisse en dire autant de chacun de vous. Je crois que Dieu vous a placé dans ce monde pour y être heureux et jouir de la vie. Ce n'est ni la richesse, ni le succès, ni l'indulgence envers soi-même qui créent le bonheur.
L'étude de la nature vous apprendra que Dieu a créé des choses belles et merveilleuses afin que vous en jouissiez. Contentez-vous de ce que vous avez et faites-en le meilleur usage possible. Regardez le beau côté des choses et non le plus sombre.
Essayez de laisser ce monde un peu meilleur qu'il ne l'était quand vous y êtes venus et quand l'heure de la mort approchera, vous pourrez mourir heureux en pensant que vous n'avez pas perdu votre temps et que vous avez fait « de votre mieux ».
Soyez prêts à vivre heureux et à mourir heureux. Soyez toujours fidèles à votre promesse même quand vous serez adultes.
Que Dieu vous aide.
Votre ami
Baden-Powell »
Il meurt le 8 janvier 1941 au Kenya où il est enterré. Sur sa tombe est gravé un symbole, le signe « fin de piste ».
Lady Baden-Powell continua son rôle de lien entre les éclaireuses du monde entier. Elle est décédée le 25 juin 1978 en Angleterre.
Éclaireurs
Éclaireurs (Scouting for Boys en anglais) est un ouvrage écrit par Robert Baden-Powell sur le fondement du scoutisme.
Dans ce livre qui se veut didactique, Baden-Powell s'adresse aux chefs scouts, ou potentiels chefs afin de leur fournir une aide et un soutien dans leur tâche. À chaque chapitre, appelés bivouac, il explique certains éléments de la méthode scoute : de la loi et la promesse, aux activités de jeu en passant par les techniques de constructions, de secourisme ou d'approche.
Baden-Powell a écrit la première version du livre en 1908. Il l'a fait à la suite de son expérience sur Brownsea Island, où a eu lieu le premier camp scout. Par ce livre, il donnait aux chefs scouts quelques recettes pour bien animer sa troupe ou sa patrouille.
Il existe plusieurs éditions du livre. En effet, suite au succès du scoutisme et sa rapide expansion, il a fallu rajouter certaines choses, en supprimer, et en modifier.
Promesse (scoutisme)
Dans le scoutisme, la promesse est l'engagement que prend le jeune devant ses pairs pour marquer son adhésion à la loi et aux valeurs du mouvement. Elle fait partie des constantes de toutes les branches du scoutisme. Seule la forme change d'un mouvement à l'autre. Elle fait déjà partie, avec la loi, la vie en patrouille et les activités de grand air des principes édictés par Robert Baden-Powell dans son livre "Éclaireurs" édité dès 1908.
« Sur mon honneur, je promets de faire tous mes efforts pour :Remplir mes devoirs envers Dieu et envers le Roi, aider mon prochain en toutes circonstances et observer la Loi Scoute. »
Le texte rédigé par BP (article 2 de la constitution de l’OMMS) est issu d'un contexte et d'une époque particulière. Aujourd'hui, chaque mouvement a adapté ce texte en fonction de sa situation nationale et religieuse.
« Soyez toujours fidèles à votre Promesse scoute même quand vous aurez cessé d'être un enfant - et que Dieu vous aide à y parvenir ! » sont les derniers mots de la lettre d'adieu que Baden-Powell adresse à l'ensemble des éclaireurs.
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| mercredi 21 février 2007, a 05:48 |
| Richard Trevithick |
21 Février 1804 : Grande-Bretagne : première circulation sur des rails près de Merthyr Tydfil au pays de Galles d'une locomotive à vapeur construite par Richard Trevithick.
Richard Trevithick
Richard Trevithick, (13 avril 1771 - 22 avril 1833) est né à Camborne dans la région minière des Cornouailles d’un père ingénieur. Il a pour voisin William Murdoch, le pionnier des wagons à vapeur. Ses expériences sur la vapeur comme moyen de propulsion d’un véhicule sur route sont source d’inspiration pour Trevithick. Il prend une part active dans les efforts locaux de briser le monopole instauré par James Watt et sa machine à vapeur par la conception d'une nouvelle machine.
En 1800, il construit une machine à haute pression plus puissante et plus économique que celle de Watt. Elle connaît un grand succès en Cornouailles et dans le sud du Pays de Galles.
Après une série d’expériences entre 1801 et 1803, Trevithick prend une patente pour trois véhicules à vapeur à haute pression qui circulent sur route à Londres, Camborne et Coalbrookdale. En 1801, sa première « voiture à vapeur » connue sous le nom de « Puffing Devil » est l’un des premiers véhicules à se mouvoir par sa propre puissante et à transporter des passagers. Cet ancêtre de la voiture automobile est présenté au public à la veille de Noël, conduite par le cousin de l’inventeur, Andrew Vivian. En 1803, il présente un nouveau véhicule qui enthousiasme le public londonien, mais ce mode de transport est rapidement abandonné car il se révèle bien trop onéreux par rapport à la traditionnelle calèche.
En 1804, il construit une locomotive à vapeur pour les mines de Pen-y-Darren, près de Merthyr Tydfil. Le 21 février 1804, elle remorque sans encombres 10 tonnes de fer et cinq wagons chargés de 70 hommes. sur une voie longue de 9 miles et demi, à la vitesse de 8km/h (le trajet se fait en quatre heures et cinq minutes), et ce, malgré quelques problèmes techniques (les rails qui se brisent au passage du convoi). Une seconde locomotive fut construite pour Christopher Blackett à Wylam, mais elle ne fut jamais utilisée.
Sa troisième locomotive, la « M’attrape-qui-peut » (Catch-me-who-can) est présentée à Londres, près d’Euston, sous la forme d’une attraction. Le public a la possibilité de voyager dans des wagons tirés par la locomotive sur un trajet circulaire. Ce coup de publicité avait pour but de convaincre les investisseurs du potentiel de l’invention, afin de créer un réseau ferroviaire qui dépassait le simple cadre de la mine. L’idée est abandonnée suite au refus d’investisseurs de financer la construction de ce type de locomotive pourtant plus moderne que celle de Pen-y-Darren. Elle comportait en effet un cylindre vertical qui rejoignait directement les roues sur l’un des côtés.
Sur sa terre natale des Cornouailles, Trevithick était « le Géant des Cornouailles », surnom acquis grâce à sa réputation de grand travailleur et d’innovateur. Trop moderne par rapport à son temps, Trevithick reste incompris par ses contemporains. D’autant qu’ailleurs, il est vu comme un inventeur incapable de se consacrer à un seul projet. Il papillonne d’une idée à l’autre, sans avoir la ténacité de surmonter les inévitables progrès techniques ou financiers.
La plupart de ses idées furent reprises par d’autres alors que lui-même abandonnait tout pour partir à l’aventure en Amérique du Sud. En 1816, il se rend au Pérou pour travailler comme ingénieur des mines. Son succès est de courte durée, et en 1826, la guerre civile l’oblige à rentrer en à Dartford, en Angleterre, ruiné. Au cours de son voyage, il rencontre Robert Stephenson à Colombia. Si les retrouvailles sont joyeuses, les deux hommes ont cependant peu à se dire.
Richard Trevithick meurt dans la pauvreté, ignoré de tous, alors qu’il peut être considéré comme le pionnier de la voiture et du chemin de fer.
Son fils, Francis Trevithick, devient le premier superintendant de la London & North Western Railway Company.
James Watt (19 janvier 1736 - 19 août 1819) était un mathématicien et ingénieur écossais dont les améliorations à la machine à vapeur furent une étape clé dans la révolution industrielle.
Il naquit à Greenock, en Écosse, devint fabricant d’instruments pour l’Université de Glasgow puis s’installa à Birmingham, en Angleterre, où il fut un membre clé de la Lunar Society. Beaucoup de ses publications se trouvent à la Birmingham Central Library (Bibliothèque Centrale de Birmingham).
Machine à vapeur
La machine à vapeur est une invention dont les évolutions les plus significatives datent du VXIIIe siècle. C'est un moteur thermique à combustion externe, il transforme l'énergie thermique que possède la vapeur d'eau fournie, par une ou des chaudières, en énergie mécanique. Comme première source d'énergie d'origine mécanique constructible et maîtrisable par l'Homme (contrairement à l'énergie de l'eau, des marées ou du vent, qui nécessite des sites spéciaux, que l'on ne peut actionner facilement à la demande), elle a eu une importance majeure, lors de la Révolution industrielle. Mais au XXe siècle, elle a été supplantée par la turbine, le moteur électrique et le moteur à explosion.
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| mardi 20 février 2007, a 06:38 |
| Enzo Ferrari |
20 Février 1898 : Naissance d’Enzo Ferrari, constructeur automobile. italien, († 14 août 1988).
Enzo Ferrari
Enzo Ferrari est le fondateur de la firme Ferrari qui construit depuis 1947 des voitures de sport prestigieuses.
Il est né le 18 février 1898 à Modène (Italie) et est décédé à Modène le 14 août 1988. Son père, Alfredo, était né à Capri et avait créé un atelier qui construisait du matériel destiné aux chemins de fer. Enzo détestait l’école, d’ailleurs il redouble deux fois, et préfère travailler comme journaliste pour la Gazzetta dello Sport pour laquelle, dès 16 ans, il écrit les premiers comptes-rendus depuis le stade de Modène.
La famille Ferrari est aisée, et c’est l’une des premières à posséder une voiture. Enzo Ferrari se rend pour la première fois sur un circuit, le 6 septembre 1908 pour assister à la Coppa Florio, où il est subjugué par le pilote Felice Nazzaro au volant d’une Fiat 130 HP.
La Grande Guerre apporte la désolation dans la famille Ferrari, avec la mort de son père et de son frère. Enzo lui-même, engagé en 1917, est affecté au ferrage des mulets, où il contracte une grave pleurésie.
Sa carrière de pilote de course
Après la guerre, en novembre 1918, Enzo Ferrari tente sans succès de se faire embaucher par Fiat à Turin, mais, avec la levée du décret interdisant la circulation des voitures privées, le 1er janvier 1919, l’industrie automobile repart, et Enzo est embauché par une entreprise mécanique qui transforme les camions des surplus militaires Lancia en voitures de tourisme. Il a la charge de livrer les châssis destinés à une carrosserie de Milan.
Lors de ses déplacements à Milan, il fait la connaissance de Ugo Sivocci, un jeune pilote, ancien cycliste, et grâce à lui, il est engagé comme pilote d’essai par la CMN un peu avant Pâques 1919. Il s’installe en plein centre de Milan, où il fréquente des pilotes et des constructeurs et attend la reprise des compétitions automobiles, ce qui aura lieu dès le 24 août 1919 au Danemark, course remportée par l’italien Fernandino Minoia.
Les courses redémarrent aussi en Italie. Pour participer à la course de Parme-Poggio di Berceto, le 5 octobre 1919, Enzo s’achète une CMN 15/20, convainc son ami Nino Beretta d’être son coéquipier, et arrive quatrième de sa catégorie et onzième de la course, derrière le grand pilote Antonio Ascari, vainqueur absolu au volant d’une Fiat Grand Prix 1914 à 83,275 km/h de moyenne.
Enzo n’a que 21 ans, possède une voiture performante et c’est l’un des nouveaux pionniers de la course automobile, et il vit sa passion. Dès le 23 novembre, après la course Parme-Poggio di Berceto, il participe à la Targa Florio, où il se placera neuvième.
L’année suivante, en 1920, il pilote une Isotta Fraschini 4500 Grand Prix 1914, avant d’entrer comme pilote de course chez Alfa Romeo. Sur une Alfa Romeo 20/40 bibloc, il se place deuxième à la Targa Florio.
En 1921, il se place à la troisième place de la course de Parme-Poggio di Berceto et gagne la Coppa delle Alpi à Ravenne. Il est de nouveau victorieux en 1923. Cette année-là, il est présenté aux Baracca, vieille famille de la noblesse italienne, dont le fils Francesco Baracca a été l’as des as dans l’aviation italienne. La comtesse Paolina lui offre le « cheval cabré » qui frappait autrefois le fuselage de l’avion de son fils, abattu au-dessus de Montello.
En 1924, Enzo obtient la plus belle victoire de sa carrière, en remportant la coupe Acerbo de Pescara, au volant d’une Alfa Romeo RL, en battant les puissantes Mercedes. Ce jour là, il reçut le titre de Cavaliere.
Après une interruption de 3 ans entre 1924 et 1927, Enzo Ferrari reprend la course automobile, mais avec des résultats moins prestigieux, car de nouveaux champions sont apparus. En 1931, il connaît un de ses plus beaux succès en terminant deuxième du circuit des trois provinces contre Tazio Nuvolari, le fou volant de Mantoue.
Peu après il décidera, de manière irrévocable, de mettre un terme à sa carrière de pilote de course automobile. Enzo Ferrari termina sa carrière de pilote de course au sein de la firme Alfa Romeo mais il continuera en tant que directeur sportif jusqu’en 1939.
Sa carrière de constructeur
Chez Alfa Romeo, il s’occupait aussi de nombreuses tâches, comme des rapports avec les fournisseurs. En 1923, la nouvelle Alfa Roméo P1 ayant déçu, il va convaincre Luigi Bazzi et Vittorio Jano, deux des meilleurs techniciens de Fiat de travailler pour Alfa Romeo.
Parallèlement, le 1er décembre 1929, avec deux associés Alfredo Caniato et Mario Tadini, et l’approbation d' Alfa Romeo, il fonde à Modène une société sportive, la Societa anonima Scuderia Ferrari, dont l’activité était de seconder les propriétaires privés et pilotes de haut niveau de voitures Alfa Romeo. Filiale, dans un premier temps, d’Alfa Romeo, elle en devient indépendante en 1940. En 1933, les ateliers déménagent de Modène vers Maranello en Émilie-Romagne.
Par son charisme et ses dons d’organisateur, il parvient à gagner la confiance de plusieurs grands pilotes qui accepteront plus tard de courir pour l’écurie officielle du Commendatore, comme Tazio Nuvolari, en 1930, qui gagne, dès le premier mois, 3 victoires avec une Alfa Romeo P2. La saison se solde pour l’écurie par 22 participations, 50 pilotes inscrits et 8 victoires.
Pour l’année 1931, qui voit l’apparition du cheval cabré sur la carrosserie des voitures, l’écurie engage 10 voitures aux Mille Miglia et remporte la deuxième place, puis plusieurs victoires sur des circuits de montagne, avec deux succès de Tazio Nuvolari, la coupe Acerbo remportée par Compagnoni et la coupe de la Consuma remportée par Tazio Nuvolari. Enzo Ferrari compte désormais dans la course automobile.
En 1932, le comte Carlo Felice Trossi, excellent pilote amateur, rachète les parts d’Alfredo Caniato et devient président de l’écurie Ferrari. La « Scuderia Ferrari » remporte la Targa Florio (Nuvolari-Borzacchini), la coupe Messina (Ghersi), les 24 heures de Spa (Brivio-Siena), la coupe Acerbo (Nuvolari) et la coupe Gallenga (Trossi).
1933 est l’année où le constructeur Alfa Romeo, qui vient d’être racheté par l’état italien, se retire de la compétition et refuse de fournir à Enzo les nouvelles Alfa Romeo P3. Enzo décide alors de faire modifier par ses techniciens les Alfa Romeo 8C Monza et Mille Miglia avec lesquelles il a triomphé l’année précédente. La cylindrée est portée à 2,6 L. En monoplace, il utilise une Duesenberg flambant neuve équipée d’un moteur 8 cylindres de 4 L. La « Scuderia Ferrari » gagne des courses avec les vieilles Alfa Romeo 8C : le Grand prix de Tunisie (Nuvolari), les Mille Miglia (Compagnoni), le circuit Bordino d’Alessandria, l’Eifel et le Grand prix de Nîmes.
Mais 1933 est aussi l’année où apparaît un nouveau sérieux concurrent le français Bugatti, et où la tension devient forte entre Enzo et Tazio Nuvolari qui finit par partir chez Ernesto Maserati le 2 juillet, suivi par un autre pilote Borzacchini. Cependant Enzo finit par obtenir les fameuses Alfa Romeo P3, et embauche de grands pilotes Luigi Fagioli et Giuseppe Campari, qui va trouver la mort dans un grave accident sur le circuit de Monza, mais Luigi Fagioli additionne les victoires et l’année se conclue sur un bilan positif.
En 1934, Luigi Fagioli quitte Enzo pour Mercedes, mais arrivent deux nouveaux coureurs Achille Varzi, qui venait de Bugatti, et Guy Moll. Les Alfa Romeo P3, améliorées par les techniciens dirigés par Luigi Biazzi, font toujours preuve de compétitivité. Achille Varzi, gagne le championnat d’Italie avec 9 victoires sur Alfa Romeo, dont le Mille Miglia. Il devient aussi célèbre que Tazio Nuvolari, et leur rivalité devient légendaire. Cependant les Mercedes deviennent de plus en plus performantes, mais le pilote Guy Moll trouve la mort.
En 1935, le pilote Tazio Nuvolari revient chez Enzo, il conduit une nouvelle voiture monoplace extrêmement puissante, la Bimotore équipée d’un moteur 16 cylindres. Entièrement conçue à Modène, elle peut être considérée comme la première voiture signée Enzo Ferrari. Cependant, son poids excessif et des problèmes de pneumatiques la rendent peu performante, et les vieilles Alfa Romeo P3 conduites par Tazio Nuvolari assurent les victoires.
L’année 1936 est, pour Enzo Ferrari, une année de consolidation. Grâce à ses pilotes Tazio Nuvolari et Nino Farina, il représente avec succès Alfa Romeo sur les circuits, il a construit une monoplace à laquelle il peut donner son nom, et peut tenir tête aux constructeurs allemands Mercedes et Auto Union. Il acquiert une réputation d’homme coriace, têtu, volontaire, qu’il ne démentira jamais par la suite…
L’époque fasciste et la guerre
En 1937, l’État Italien dirigé par Benito Mussolini tente d’instrumentaliser la « Scuderia Ferrari » pour la mettre au service de sa politique étrangère. Le constructeur Alfa Romeo monte à 80 % son contrôle et rapatrie de Portobello à Milan le département course. Enzo perd son autonomie et se recentre sur le développement de nouveaux moteurs de petite cylindrée pour la future Formule de Grand prix. L’équipe continue à gagner des courses comme les Mille Miglia (Pintacuda et Mabelli) mais connaît aussi de cinglantes défaites face aux constructeurs allemands. La pression des dirigeants fascistes devient très pesante, et la première victime est Vittorio Jano le concepteur des Alfa P2 et P3.
L’année 1938 commence par la création du département Alfa Corse qui absorbe la « Scuderia Ferrari » et tout est déménagé de Modène à Milan. Parmi les projets celui de quatre petites monoplaces avec moteur à huit cylindres d’une cylindrée de 1,5 L, futures 158 plus connues sous le nom d'Alfetta, projet élaboré par Enzo Ferrari, l’ingénieur Gioachino Colombo, futur concepteur du fameux moteur 12 cylindres en V, Alberto Massimino et Luigi Bazzi. Enzo Ferrari a tout vendu à Alfa Romeo et accepté une clause de non concurrence contre une importante somme d’argent.
En 1939, Enzo Ferrari quitte Alfa Romeo en déclarant : « je ne souhaite pas abdiquer mes convictions », le Commendatore ne supportait plus de se sentir entravé et souhaitait retrouver sa liberté. De retour à Modène, Enzo réoccupe ses locaux et fonde la société « Auto Avio Construzioni » spécialisée dans la fabrication de pièces mécaniques pour avions et automobiles. Un petit groupe de ses anciens mécaniciens le rejoint et le groupe commence parallèlement à travailler sur un nouveau projet de voiture de course, la 815...
L’après-guerre
Les affres de la Seconde Guerre mondiale pèsent lourdement sur le rêve d’Enzo, puisque ses ateliers devront fabriquer des machines-outils. Ils ne pourront renaître à l’automobile qu’en 1945 et verront naître leur première voiture véritablement Ferrari qu’en 1947, avec la Ferrari 125 S, première voiture portant le célèbre emblème du cheval noir cabré sur fond jaune, qui désormais s’affichera sur chaque véhicule sorti de ses ateliers.
Cet emblème était à l’origine peint sur la carlingue de l’avion de chasse de Francesco Baracca, pilote héroïque et as de l’aviation de la Première Guerre mondiale. Ce cheval noir sur fond jaune a été le porte-bonheur prédit par la comtesse Paolina Baracca. Le jaune est la couleur de la ville de Modène. C’est ainsi que naquit l’emblème mythique de Ferrari. La couleur rouge typique des carrosseries des voitures Ferrari vient quant à lui du fait que dès le début du siècle, le rouge était la couleur nationale attribuée aux véhicules italiens de Grand Prix.
La première victoire de Ferrari a eu lieu dès le 25 mai 1947, sur le circuit de Rome, avec comme vainqueur le pilote Cortese, au volant d’une Ferrari 125 S (une 815). C’est le début de la gloire pour Enzo Ferrari.
La première victoire en championnat du monde a eu lieu en 1951 au Grand Prix de Grande-Bretagne. Cette victoire marqua le début des nombreux succès des Ferrari sur tous les circuits du monde.
En 1955, son fils Dino meurt à l'âge de 24 ans, d’une leucémie. Effondré par ce deuil, « Il commendatore » faillit tout arrêter. Mais la mise en œuvre du V6 dessiné par son fils le remotivera. Mais il aura tendance à rester cloîtré dans son bureau ou chez lui tout en restant en étroit contact avec son écurie. Il a constitué, année après année, le palmarès le plus prestigieux du sport automobile.
En 1969, après plusieurs années d'insuccès, Fiat rentre à 50 % dans le capital de Ferrari, et apporte les solutions financières pour relancer le dynamisme du constructeur et retrouver le chemin de la victoire.
Malgré un itinéraire de courses jonchées de vies brisées et de pilotes morts sur les circuits, Enzo Ferrari avait le don de stimuler la concurrence entre ses pilotes. On le disait plus préoccupé par les mécaniques que par les hommes.
Avant sa mort, on apprend que Piero Lardi, directeur administratif de la Scuderia, est son fils caché ! Dino mort, ce dernier assure la relève.
Ferrari
Ferrari est un constructeur automobile italien. La marque est emblématique, mondialement célèbre et véhicule une image de l'Italie imprégnée par le luxe et le prestige.
L'entreprise, fondée en 1945 par Enzo Ferrari, est spécialisée dans la fabrication de voitures de sport haut de gamme et performantes. Son créateur, après avoir été le directeur de course d'Alfa Romeo en Formule 1, décida de créer sa propre marque, dont le siège est à Maranello.
La marque au cheval cabré a marqué l’histoire autant dans le domaine du sport automobile où son rouge vif déchaîne les foules de tifosi que dans le domaine du luxe où la qualité de sa production a conquis les plus riches. Cet emblème était à l'origine peint sur la carlingue de l'avion de chasse de Francesco Baracca, pilote héroïque et as de l'aviation de la Première Guerre mondiale. Le jaune est la couleur de la ville de Modène.
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| lundi 19 février 2007, a 04:53 |
| Nicolas Copernic, astronome polonais |
19 Février 1473 : Naissance de Nicolas Copernic, astronome polonais.
Nicolas Copernic (pol. Mikołaj Kopernik, de son nom latin Nicolaus Copernikus, né le 19 février 1473 à Toruń,( Toruń (en allemand :Thorn) est une ville en Pologne. Elle doit ses origines à l'ordre des chevaliers teutoniques qui y construisit un château pour l'État teutonique au milieu du XIIIe siècle, pour servir de base à la conquête et à l'évangélisation de la Prusse. Elle a rapidement eu un rôle commercial au sein de la ligue hanséatique et nombre des imposants édifices publics et privés des XIVe et XVe siècles qui subsistent dans la vieille ville comme dans la ville nouvelle témoignent de son importance. La ville est inscrite à la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO . Mort le 24 mai 1543 à Frombork (al. Frauenburg)) – chanoine, médecin et astronome ; l'auteur célèbre de la théorie selon laquelle le Soleil se trouve au centre de l'Univers (héliocentrisme), et la Terre, que l'on croyait auparavant centrale, tourne autour de lui.
Ses études
Né dans une famille de marchands et de fonctionnaires, il est adopté par son oncle maternel, l'évêque de Cracovie Lukas Watzelrode (ou Lucas Watzenrode) à la suite du décès de son père (vers 1483). La nationalité de Copernic est, depuis le XIXe siècle, sujet à controverses (cf. l'article en anglais Copernicus' nationality). Aujourd'hui, il est souvent qualifié comme Polonais, en partie sur la base de son lieu de naissance; toutefois, lors de son vivant, la nationalité jouait un rôle secondaire et en réalité, Copernic aurait pu se considérer comme étant Allemand et Polonais en même temps.
Celui-ci veille bien sur son neveu et s'assure qu'il fréquente les meilleures écoles et universités ; en 1491 il devient étudiant à l'Académie de Cracovie (actuellement l'Université Jagellonne) où il étudie les arts sans toutefois obtenir de diplôme.
Avant de quitter Toruń, son oncle le nomme chanoine de Frombork ; on lui attribue surtout les responsabilités financières mais aucune responsabilité religieuse. Par la suite il se rend en Italie où il étudie le droit canonique et la médecine à l'université de Bologne, puis l'astronomie dans les cours de Domenico Maria Novara : Novara est un des premiers scientifiques à remettre en cause le système géocentrique de Ptolémée.
L'intérêt de Copernic pour la géographie et l'astronomie est encouragé par son professeur. Les deux hommes observent ensemble de nombreuses occultations, éclipses de lune, ainsi que l'occultation de l'étoile Aldébaran le 9 mars 1497 à Bologne.
Le professeur
Il devient professeur de mathématiques et conférencier sur l'astronomie à Rome en 1500 avant de retourner l'année suivante à Frombork. Il retourne finalement en Italie pour finir ses études à la faculté de droit et de médecine de Padoue (l'université où Galilée enseignera cent ans plus tard).
Après ses études, il fait construire un observatoire à Frombork, où il entame ses recherches en astronomie pendant plusieurs années.
Ses activités diverses
À son retour en Pologne Copernic vit dans un palais chez son oncle à Lidzbark Warminski. Il s'occupe principalement des affaires du diocèse et à ce titre, prend part au conflit contre les chevaliers teutoniques.
Copernic possède une très bonne connaissance du latin, comme tous les érudits de son temps : il publie donc son premier livre, une traduction de lettres latines sur la morale, dont l'auteur original est un byzantin du VIIe siècle, Thophylacte de Simocatta. Il passe sept années de sa vie pour écrire De Hypothesibus Motuum Coelestium a se Contitutis Commentariolus (connu sous le titre de Commentariolus), un court traité d'astronomie qu'il termine vers 1515.
Ce traité ne sera toutefois pas publié avant le XIXe siècle. C'est dans cet ouvrage, qu'il énonce pour la première fois les principes de l'astronomie héliocentrique, ce qui bouleversera énormément la communauté scientifique de son temps.
C'est également vers le même temps que Copernic participe au Ve concile du Latran sur la réforme du calendrier; il écrit plus tard, vers 1517, un traité sur la monnaie et ensuite son œuvre principale De Revolutionibus Orbium Coelestium, Des révolutions des sphères célestes, achevé vers 1530. Cette œuvre magistrale ne sera publiée, par un imprimeur luthérien de Nuremberg, que le 24 mai 1543, peu de temps avant la mort de Copernic. Elle n'aurait sans doute jamais été publiée sans l'intervention enthousiaste d'un jeune professeur de mathématiques, Georg Joachim Rheticus.
La révolution « copernicienne »
Avant Copernic, la façon de voir le cosmos reposait sur la thèse aristotélicienne que la Terre est au centre de l'univers et que tout tourne autour d'elle : « l'univers géocentrique ». Cette thèse (le géocentrisme) demeura la doctrine établie jusqu'à la Renaissance.
On désigne sous l'expression révolution copernicienne la transformation des méthodes scientifiques et des idées philosophiques qui a accompagné le changement de représentation de l'univers du XVIe au XVIIIe siècle, faisant passer les représentations sociales accompagnant les représentations mentales de l'univers, d'un modèle géocentrique, selon Ptolémée (IIe siècle, déjà adopté au IVe siècle av. J.-C. par la plupart des Grecs), au modèle héliocentrique défendu par Nicolas Copernic, perfectionné par Johannes Kepler, Galilée, et Isaac Newton.
La révolution copernicienne, au sens propre, consistait à expliquer le monde, et les objets qui le composent, par la gravitation, appelée loi universelle de la gravitation en raison de son caractère considéré comme général à l'époque.
Le système et les théories de Copernic
Le système de Copernic repose sur l'observation que la Terre tourne sur elle-même et fait un tour sur son axe en une journée, ce qui explique dans un premier temps le mouvement diurne de la sphère céleste en un jour.
Il prétend également que la Terre fait le tour du Soleil (héliocentrisme) (et non l'inverse) en un an.
Il affirme de plus que les autres planètes, comme la Terre, tournent toutes autour du Soleil. Copernic avance également le fait que l'axe de la terre oscille comme celui d'une toupie, ce qui explique la précession.
La théorie de Copernic contredit la théorie de Ptolémée : Copernic conserve toutefois certains éléments de l'ancien système : ainsi l'idée des sphères solides, ou la sphère des fixes physique, est-elle conservée par Copernic.
Le nouveau système proposé par Copernic a certains avantages sur celui de son prédécesseur. Il explique, entre autres, le mouvement journalier du soleil et des étoiles par la rotation terrestre. Le mouvement du soleil au cours de l'année est aussi expliqué par le nouveau système.
Il a également l'avantage d'expliquer le mouvement rétrograde des planètes externes, (Mars, Jupiter, Saturne). Sa théorie prend également en compte les planètes internes, Vénus et Mercure, qui sont situées plus près du Soleil que la Terre.
Copernic avance aussi une théorie sur l'ordre des planètes, leurs distances et, par conséquent, la période de leur révolution. En effet, Copernic contredit Ptolémée en affirmant que plus l'orbite d'une planète est grande, plus il lui faudra de temps pour faire une révolution complète autour du Soleil. Cette théorie sera plus tard approfondie par Johannes Kepler et Isaac Newton.
Les réticences
Au XVIe siècle, on croit fermement que la Terre est immobile, et la théorie du géocentrisme est la règle universelle. Le psaume 93 (92) dans la Bible indique à cette époque : « Tu as fixé la terre, ferme et immobile », (cette formulation a aujourd'hui changé : « Oui, le monde reste ferme, inébranlable ») On accepte mal que la terre soit mobile. Les chercheurs et scientifiques du XVIe siècle acceptent certains éléments de la théorie, en revanche la base de l'héliocentrisme est rejetée.
Seulement une dizaine de chercheurs de son époque lui accorde un appui. Mais ces chercheurs travaillent souvent à l'extérieur des universités (subventionnées), dans des cours royales ou impériales, ou encore même tout près de l'Église. Les plus célèbres sont Galilée, Léonard de Vinci (ses correspondances privées en font état au travers de messages codés) et l'astronome allemand Johannes Kepler.
Toutefois en 1588, bien après la mort de Copernic, on arrive à un certain compromis. L'astronome danois Tycho Brahé soutient une théorie qui garde la terre immobile mais qui prévoit que toutes les autres planètes tournent autour du Soleil pendant que celui-ci tourne autour de la Terre. Le système de Copernic sera condamné en 1616, et Galilée qui reste un fervent défenseur de la théorie copernicienne sera condamné par un tribunal ecclésiastique en 1633. L'acceptation de la nouvelle théorie est lente.
Près de cent ans après la parution du livre Des révolutions des sphères célestes, réticences et hésitations existent toujours. Si certains philosophes jésuites sont profondément convaincus, certains sont même disciples de Copernic, d'autres acceptent plutôt le système de Tycho Brahé.
Il faut attendre la fin du XVIIe siècle pour voir se réconcilier la plupart des savants de l'Europe, grâce à la mise en place de la mécanique céleste d'Isaac Newton. Outre la Grande-Bretagne, la France, les Pays-Bas et le Danemark, le reste de l'Europe garde sa position anti-copernicienne pendant encore un siècle.
C'est en 1830 que l'Église accepte l'idée que la Terre tourne autour du Soleil.
L'influence de Copernic
Copernic a retardé de plusieurs années la parution de l'œuvre de sa vie. Ses croyances et la peur des foudres du Vatican et de Wittenberg en sont les principales raisons. Ce texte ne sera publié que le jour de sa mort.
Il n'oublie pas une dédicace au pape Paul III dans son œuvre rédigée en latin où il revendique le droit à la liberté d'expression. Copernic aura su libérer ses contemporains scientifiques et chercheurs de leurs préjugés théologiques, il amène aussi les théologiens à prendre une certaine distance vis-à-vis de l'interprétation trop stricte des textes sacrés.
À partir de Copernic la science et la religion vont prendre des routes différentes.
L'astéroïde 1322 Coppernicus a été nommé en son honneur (Coppernicus est une des épellations allemandes).
Bibliographie
Œuvres complètes, en cours d'édition à Berlin depuis 1974 : Nicolaus Copernicus-Gesamtausgabe.
Vol. 1, De Revolutionibus : Faksimile des Manuskriptes ; hrsg. von Heribert M. Nobis. Hildesheim : A. Gerstenberg, 1974. ISBN 3-8067-0331-0.
Vol. 2, De revolutionibus libri sex [kritischer Text] ; hrsg. von Heribert Maria Nobis und Bernhard Sticker. Hildesheim : Gerstenberg, 1984. ISBN 3-527-28326-9.
Vol. 3-1, Kommentar zu De revolutionibus ; hrsg. von Heribert Maria Nobis und Felix Schmeidel. Berlin : Akademie Verlag, 1998. ISBN 3-05-003123-9.
Vol. 5, Opera minora ; hrsg. von Stefan Kirschner und Andreas Kühne. Berlin : Akademie Verlag, 1994. ISBN 3-05-003498-X.
Vol. 6-1,Documenta copernicana. Briefe ; hrsg. Andreas Kühne, mit Friederike Boockmann und Stefan Kirschner. Berlin : Akademie Verlag, 1994. ISBN 3-05-002594-8.
Vol. 6-2,Documenta copernicana. Urkunden, Akten und Nachrichten ; hrsg. Andreas Kühne und Stefan Kirschner. Berlin : Akademie Verlag, 1996. ISBN 3-05-003009-7.
Vol. 8-1,Receptio copernicana ; hrsg. Heribert Maria Nobis und Anna Maria Pastori. Berlin : Akademie Verlag, 2002. ISBN 3-05-003433-5.
Vol. 9,Biographica copernicana ; hrsg. Andreas Kühne, Stefan Kirschner, mit einem Katalog der frühen Copernicus-Porträts von Gudula Metze. Berlin : Akademie Verlag, 2004. ISBN 3-05-003848-9.
Koyré (Alexandre), La révolution astronomique : Copernic, Kepler, Borelli. Paris, Hermann, 1961. (Histoire de la pensée ; 1).
Hallyn (Fernand), La structure poétique du monde. Copernic, Kepler.
Paris, Seuil, 1987. (Des travaux). ISBN 2-02-009802-4.
Kuhn (Thomas) : La Révolution copernicienne, trad. Avram Hayli. Paris, Livre de Poche, 1992. ISBN 2-253-05933-1.
Szczeciniarz (Jean-Jacques), Copernic et le mouvement de la terre. Paris, Flammarion, 1998. ISBN 2-08-211567-4.
Liens externes
Biographie de Copernic
Galilée Copernicien En 1616, l’astronome Galilée (1564-1642) affirme que la Terre tourne autour du soleil et non l’inverse. Il adhérait à la thèse copernicienne depuis vingt ans déjà mais il a attendu de pouvoir le prouver pour l’écrire...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Copernic
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| dimanche 18 février 2007, a 07:27 |
| Décès de Fra Angelico |
18 Février 1455 : Décès de Fra Angelico (Il Beato Fra Giovanni Angelico da Fiesole), artiste italien (° 1395)
Fra Angelico
Guido di Pietro, en religion Fra Giovanni, dit Fra Angelico (Le Frère des Anges) ou parfois le peintre des Anges (Vicchio di Mugello 1387 - Rome 18 février 1455) est un peintre toscan (Italie) du Quattrocento. Fra Angelico a été béatifié par Jean-Paul II en 1984.
Religieux dominicain, il a cherché à associer les principes picturaux de la Renaissance - constructions en perspective et représentation de la figure humaine - avec les vieilles valeurs médiévales de l'art : sa fonction didactique et la valeur mystique de la lumière.
Biographie
Guido di Pietro est né en 1387 dans la petite ville de Vicchio di Mugello de parents inconnus et fut baptisé Guido ou Guidolino.
Fra Angelico entre dans l'ordre des "Dominicains observants", une branche dominicaine minoritaire, dans laquelle s'observe la règle originelle de saint Dominique, qui requiert la pauvreté absolue et l'ascétisme. À partir de 1423 (année où il peint un crucifix pour l'hôpital de Santa Maria Nuova), il est nommé "frère Jean des frères de Saint Dominique de Fiesole", et c'est seulement après sa mort qu'il est appelé Beato Angelico (Bienheureux Angelico). C'est Giorgio Vasari, dans ses Vies qui ajoute à son nom l'adjectif Beato, utilisé auparavant par fra Domenico da Corella et par Cristoforo Landino (doute sur la traduction : usato in precedenza da fra Domenico da Corella e da Cristoforo Landino).
Premières œuvres Son éducation artistique se déroule à Florence à l'époque de Lorenzo Monaco et Gherardo Starnina. Du premier, il reprend l'usage de couleurs accentuées et peu naturelles, mais aussi une lumière très forte qui annule les ombres et participe au mysticisme des scènes sacrées, thèmes qu'on retrouve dans sa production de miniatures et dans ses premières compositions.
En 1417 il est nommé dans des documents "Guido di Pietro le peintre".
En 1418, peu avant de prononcer ses vœux dans le couvent de Saint Dominique à Fiesole, il réalise la décoration d'un autel pour la chapelle Gherardini de l'église Saint Stéphane à Florence.
Le Triptyque de Saint Pierre Martyre, commandé par les sœurs de Saint Pierre Martyre est daté d'environ 1425.
Entre 1428 et 1430 il peint la première des trois compositions pour les autels de l'église de Saint Dominique à Fiesole : la Pala di Fiesole. Cette œuvre a été remaniée par Lorenzo di Cedri. Sont de lui l'architecture, le baldaquin et l'agrandissement du sol.
Entre 1430 et 1433 il réalise Le Jugement Dernier, encore très influencé par le style de Lorenzo Monaco, mais le rythme des plans démontre un intérêt naissant pour l'organisation en perspective de l'espace. En 1430 il peint l'Annonciation (musée du Prado), avec cinq histoires de la Vierge dans la prédelle (seconde table pour l'église de Saint Dominique à Fiesole). Une œuvre où apparaissent des nouvelles techniques inspirées par Masaccio. Pour la première fois est utilisée une lumière diaphane qui enveloppe la composition, exaltant les couleurs et les masses plastiques des figures, et unifie l'image.
En juillet 1433, La guilde des drapiers de Florence confie à Angelico la réalisation d'un tabernacle.
Entre 1434 et 1435 il peint une tempera sur bois, L'imposition du nom à saint Jean-Baptiste, partie d'une prédelle non identifiée. La scène est placée dans une cour construite avec une perspective d'une extrême précision et à l'aide d'un portail utilisé comme entonnoir perspectif.
À partir de 1440, Cosme de Médicis lui confie la décoration du couvent San Marco, pièces et cellules individuelles des moines.
Rome
En 1445, après le retentissement de ses premiers travaux, il est invité à Rome par le pape Eugène IV qui régna de 1431 à 1447.
Il peint la Cappella del Sacramento qui fut plus tard détruite par Paul III. En juin 1447 il se rend à Orvieto pour peindre la nouvelle chapelle de la cathédrale en collaboration avec son élève Benozzo Gozzoli. Les fresques seront terminées par Luca Signorelli.
(En 1450 il est nommé archiprêtre de Florence). Il retourne alors à Rome pour peindre la chapelle de Nicolas V et meurt à Rome en 1455. Il est enterré à Rome dans l'église Sainte-Marie-sur-Minerve.
Fra Angelico a été béatifié par Jean-Paul II en 1984 et proclamé Saint patron des artistes.
Florence
En 1450 Fra Angelico est nommé prieur du couvent San Marco. La même année, il est nommé archiprêtre de Florence.
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| samedi 17 février 2007, a 06:41 |
| Jovien, empereur romain |
17 Février 364 : Décès de Jovien, empereur romain
Jovien, Flavius Claudius Jovianus (v. 332 - 17 février 364), fut empereur romain de 363-364.
À la mort de Julien, une grave opposition éclata dans l'armée, entre les officiers des Gaules et les officiers d'Orient. Jovien, officier illyrien, (Les Illyriens sont un peuple protohistorique des Balkans, d'origine indo-européenne, parents des Thraces et des Daces. Leur langue, l'illyrien ne nous est connue qu'à travers des traces laissée dans l'onomastique de la région, en particulier dans la toponymie.) fut choisi par les officiers de l'armée d'Orient.
Il conclut avec les Perses de Sapor II une paix « peu honorable », cédant cinq des neuf satrapies, acquises en 297. Il déclara en outre renoncer à ses anciens droits de protectorat sur le royaume d'Arménie.
Chrétien, il abrogea les mesures anti-chrétiennes de son prédécesseur, mais sans revenir pour autant aux lois anti-païennes de Constance II.
Il mourut brusquement sur la route d'Ancyre à Constantinople, à Drépane, en Bithynie, dans la nuit du 16 au 17 février 364, à 33 ans environ, soit asphyxié par les vapeurs d'un brasero, soit des suites d'un repas trop bien arrosé.
Voici ce qu'écrit à son égard l'historien romain Eutrope, son contemporain, dans son Abrégé de l'Histoire Romaine (traduction de Maurice Rat) :
« IX. - Après lui, Jovien, qui faisait alors partie de sa maison militaire, fut choisi, d'un commun accord de l'armée, pour détenir le pouvoir, mais plus à cause des mérites de son père que des siens propres; la situation troublée, la famine qui accablait l'armée, une première, puis une seconde défaite que lui infligèrent les Perses, le forcèrent à faire avec Sapor une paix, nécessaire sans doute, mais ignoble : il laissa entamer ses frontières et livra une partie de l'empire romain, ce qui, avant lui, n'était arrivé presque jamais dans les onze cent dix-huit années écoulées depuis la fondation de l'empire romain. Sans doute Pontius Télésinus avait fait passer nos légions sous le joug à Caudium, et depuis elles y passèrent encore en Espagne (à Numance) et dans la Numidie, mais sans qu'on abandonnât rien de nos territoires. Ces conditions de paix n'eussent point été profondément répréhensibles, si l'empereur eût voulu rompre les entraves du traité, quand il en eut le plein pouvoir, comme le firent les Romains dans toutes les guerres que je viens de rappeler car ils partirent immédiatement en guerre contre les Samnites, les Numantins et les Numides, et la paix ne fut pas ratifiée. Mais craignant un concurrent à l'empire, s'il restait en Orient, Jovien prit trop peu soin de sa gloire. Il se mit donc en marche et, tandis qu'il gagnait l'Illyrie, il périt d'une mort soudaine aux frontières de la Galatie. C'était un homme qui n'était d'ailleurs ni inactif ni imprudent ; beaucoup attribuent sa mort à une indigestion, car il avait coutume de faire des excès de table; d'autres, à l'odeur de sa chambre à coucher, où l'on venait de passer une couche de chaux qui y rendait le sommeil insalubre; certains, à l'excessive quantité de charbon qu'il y avait fait allumer par un froid terrible. Il mourut après un règne de sept mois, le quatorzième jour des calendes de mars, à l'âge de trente-trois ans à peu près; la bonté des princes qui lui succédèrent le fit placer parmi les dieux; il était d'ailleurs de penchants affables et, de sa nature, tout à fait libéral. »
Satrape (Perse)
Un satrape (du grec σατράπης satrápês, lui-même adapté de l'iranien xšaθrapā, du vieux perse xšaθrapāvan, signifiant « protecteur du pouvoir [royaume] ») est le gouverneur d'une satrapie, c'est-à-dire une division administrative de l'Empire perse.
Selon Hérodote (III, 89), Darius Ier « établit dans l'empire des Perses vingt gouvernements (nomoi) qu'ils appellent eux-mêmes satrapies ». Cette organisation demeure la base du gouvernement territorial ultérieur. Cependant, le principe des satrapies est déjà connu sous Cyrus le Grand et Cambyse II, comme le montre l'inscription de Behistun. Selon le livre biblique de Daniel 6:1, Darius nomma jusqu'à 120 satrapes.
Le satrape a pour rôle principal de faire régner l'ordre dans sa province, et d'agrandir le territoire de l'Empire. En effet, selon la titulature achéménide, le Grand Roi est « roi de l'univers » et « roi des quatre directions ». Demander à un peuple « la terre et l'eau », signe de soumission, revient donc simplement à réclamer son dû. À la fin du VIe siècle, le satrape Oroitès se voit ainsi reprocher de n'avoir pas « su ajouter l'île de Samos aux domaines du roi » (Hérodote, III, 126).
Le territoire confié à un satrape peut être très important. Ainsi, quand Hérodote mentionne qu'Oroitès a été nommé « gouverneur de Sardes (Sardiôn hyparkhos) » (III, 120), il veut dire en fait l'ensemble de la Lydie et de l'Ionie, Oroitès résidant tantôt effectivement à Sardes, tantôt à Magnésie du Méandre. En 535, un dénommé Gubāru reçoit une satrapie comprenant la Babylonie et le Transeuphratène, c'est-à-dire un immense territoire allant du Tigre au Nil.
Pour contrôler leur territoire, les satrapes ont à leur disposition une armée permanente, composée à la fois de soldats levés dans la satrapie et de troupes perses apportées par les aristocrates à qui l'on avait concédé une terre dans la satrapie.
Certains satrapes finissent par s'émanciper, faisant de leur satrapie un véritable royaume. Mausole agit ainsi pour la Carie.
Parmi les satrapes célèbres, on peut citer :
Artapherne.
Cyrus le Jeune .
Tissapherne.
Pharnabaze.
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| jeudi 15 février 2007, a 06:21 |
| La Sémillante |
15 Février 1855 : Naufrage de la Sémillante au large des Îles Lavezzi dans les bouches de Bonifacio
La Sémillante
La frégate La Sémillante quitta le port de Toulon le 14 février 1855, commandée par le Capitaine Jugan, à destination de la Crimée (mer noire) pour apporter aux forces françaises des vivres, des renforts en troupe et en matériel.
Son équipage était de 293 hommes outre son état-major. La Sémillante était un vaisseau de trois-mats, un des derniers construit en bois, et formant l’une des plus fortes unités de la Marine de Guerre française.
A son bord ont pris place un détachement de 393 militaires de l’armée de terre avec un matériel important (canons, mortiers, munitions, vivres...).
Elle fut prise dans une violente tempête au large de la Sardaigne et son commandant décida de passer par les bouches de Bonifacio, aux îles Lavezzi, dans une zone de brisants et d’écueils.
Poussée par une rafale du sud, selon des témoins sans pareil de mémoire d’homme, elle vint se heurter avec une vitesse de 12 nœuds sur un rocher sous-marin signalé par une simple bouée. Broyée par le choc, elle a coulé par le fond dans la nuit du 15 au 16 février 1855, corps et biens, tout a été instantanément englouti.
Le 18 février les premiers cadavres, certains complètement déchiquetés, sont ramenés sur les grèves par les courants. Ils seront tous inhumés sur l’île, faute de moyens de transport, par une corvée de 50 soldats détachés en renfort des marins. Le 20 le nombre de corps inhumés s’élève à 250.
Finalement des plus de 700 hommes embarqués à bord de la « Sémillante », seuls le capitaine Jugan et l’aumônier seront identifiés parmi les 560 qui reposent dans les deux cimetières de l’île. Les autres corps ne seront jamais retrouvés.
La plaque sur le bâtiment des cimetières sur les Îles Lavezzi indique:
"A la mémoire des officiers des armées de terre et de mer qui ont trouvés la mort dans le naufrage de la Sémillante le 15 Février 1855 vers midi. Leurs restes sont confondus ici avec ceux de leurs hommes unis dans le repos éternel comme ils l'étaient dans le devoir que leurs noms soient connus pour nous permettre d'honorer leur mémoire."
Cet inscripition en la mémoire des naufragés est suivi par une succincte liste de noms dont les restes sont enterrés ici. Les cimetières sont aussi composés d'autres plaques un peu partout nous exhortant à prier pour tel ou tel naufragé...
Littérature Alphonse Daudet, écrivain provençal, a porté à la postérité cet épisode tragique sous le nom de : L'agonie de la Sémillante
Îles Lavezzi
Les îles Lavezzi sont constituées d'une centaine d'îlots au large de la Méditerranée. D'une superficie de 5123ha et d'une altitude maximale de 50 m, Elles sont situées à 10 kilomètres au sud de Bonifacio et une partie de l'archipel est italien.
C'est un espace protégé, institué en réserve naturelle depuis 1982.
L'île principale possède d'ailleurs deux cimetières marins contenant les corps des naufragés et un autel.
Bonifacio
Bonifacio est une commune française, située dans le département de la Corse-du-Sud et la région Corse. Ses habitants sont les Bonifaciens. Bonifacio est la commune française la plus méridionale de la France métropolitaine.
Géographie
Bonifacio est située à l'extrême sud de la Corse, et par la même occasion de la France métropolitaine. Au sud les Bouches de Bonifacio séparent la Corse de la Sardaigne italienne. La ville est située sur une "veine" de calcaire qui forme ses falaises, assez rare en Corse dont le sol est plutôt granitique.
Histoire
Les fouilles archéologiques, conduites le long du littoral et dans l’arrière-pays, montrent que la baie fut occupée dès l’époque néolithique (5 000 à 2 500 ans av. J.-C.). Avec l’Empire romain, la paix favorise les échanges entre les cités maritimes. Abri pour les flottes marchandes, le port devient aussi une base commerciale entre la Sardaigne proche et la Corse, au sein de la province romaine de Sardaigne-Corse. L’urbanisation du port s’adapte au développement, nécessitant la nomination d’un praeses, autrement dit un préfet, pour son administration. L'origine de la ville moderne de Bonifacio n'est pas vraiment connue avec précision, mais des dates approximatives donnent sa création entre 828 et 833 par Boniface, marquis de Toscane, qui baptisa la ville. Comme tous les ports de commerce, son histoire a été relativement mouvementée notamment par un conflit guerrier entre Pise et Gênes, ces deux grandes villes se disputant avec acharnement cette citadelle qui était un maillon stratégique militaire et un complexe portuaire sans égal en Corse. Dans un premier temps, Pise fut maîtresse des lieux jusqu'à la fin du XIIe siècle. La fondation attestée de Bonifacio remonte en 1195 mais la ville fut colonisée par les Génois qui imposèrent à la ville des modifications militaires structurelles importantes (et qui créèrent la citadelle actuelle).
Dialecte
Le dialecte parlé par les anciens habitants de Bonifacio (qui est menacé de disparition) est un dialecte ligure et non toscan comme le corse, probablement à cause des liens étroits que ce port a entretenu avec la République de Gênes.
Économie
L'activité économique de la ville est très liée au dynamisme de son port qui reçoit de par son cadre et une politique tarifaire attractive les plus belles unités privées croisant dans la région. Le port de commerce est géré par la Chambre de commerce et d'industrie d'Ajaccio et de la Corse du Sud.
La ville abrite aussi un port de commerce dont l'activité principale est représentée par de nombreuses rotations de ferries entre Bonifacio et Santa Teresa di Gallura en Sardaigne. Deux compagnies se partagent le marché, Moby lines et Saremar. Par ailleurs, s'il n'y a pas d'activités marchandises, les quais reçoivent aussi à l'escale, des navires de croisières.
Lieux et monuments
Lieux et monuments] Falaises de calcaire
Escalier du Roi d'Aragon taillé par l'homme directement dans le calcaire et composé de 187 marches. Selon la légende cet escalier aurait été creusé en seulement une nuit par les troupes du roi d'Aragon lors du siège de Bonifacio de 1420. Plus probablement creusé sur une durée plus longue par les moines franciscains pour accéder à une source d'eau potable située en bas de l'escalier.
Monument aux morts
Bastion de l'Étendard
Cimetière marin
Églises : Saint-Dominique, Saint-Jean-Baptiste, Sainte-Marie Majeure, Saint-Roch, Saint-François(couvent)...
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| mercredi 14 février 2007, a 05:37 |
| Le Téléphone |
14 Février 1876 : Graham Bell dépose le brevet sur le téléphone, quelques heures avant Elisha Gray.
Alexandre Graham Bell Alexandre Graham Bell (3 mars 1847 à Edimbourg - 2 août 1922 à Baddeck au Canada) est un inventeur britannique (naturalisé américain en 1882) qui est surtout connu comme étant l'inventeur du téléphone.
Il a été lauréat de la Médaille Hughes en 1913.
Bell a consacré sa vie à apprendre à parler aux sourds. Il était un spécialiste de l'élocution, on dirait aujourd'hui phonologue ou phoniatre.
Elisha Gray
Elisha Gray (2 août 1835 à Barnesville, Ohio - 21 janvier 1901 à Newtonville, Massachusetts), est un inventeur américain.
Né dans une famille Quaker en Ohio, il est élevé dans une ferme. Il fait ses études à Oberlin Collège en Ohio et travaille en tant que forgeron, charpentier et constructeur de bateaux avant de fonder son entreprise en 1869, qui devient en 1872 la Western Electric (dont le département recherche et ingénierie deviendra les Laboratoires Bell), au sein de laquelle il fait des recherches notamment sur le télégraphe.
Gray est l'inventeur en 1876 du télégraphe musical, ancêtre du synthétiseur, basé sur l'oscillateur électrique. Le télégraphe musical est équipé d'un petit clavier et donne du son par le biais de haut-parleurs.
Elisha Gray fait déposer par son avocat le 14 février 1876 un avis de brevet (caveat) au US Patent Office (bureau de la propriété intellectuelle américain) concernant l'invention du téléphone. Le même jour cependant, quelques heures plus tôt, Graham Bell dépose le brevet final de la même invention. S'ensuivent plusieurs procès sur l'attribution du brevet, procès que Gray a tous perdus, l'invention du téléphone étant finalement attribuée à Bell, avant toutefois de lui être retirée en juin 2002, la Chambre des représentants des États-Unis ayant statué qu'Antonio Meucci, qui avait déposé une demande de brevet en 1871, était le véritable inventeur du téléphone : Bell lui en avait volé la paternité.
Gray continue à travailler sur le télégraphe et le téléphone, et déposera plusieurs brevets dans ces domaines. En 1880, il devient professeur d'électricité dynamique à l'Oberlin College où il avait fait ses études, il meurt en 1901 au Massachusetts.
Controverse de paternité
Une controverse existe autour de la paternité de l'invention du téléphone, qui a peut-être été inventé 16 ans plus tôt par Antonio Meucci. Le rôle de ce dernier dans l'histoire de cette invention a été reconnu officiellement par la chambre des représentants des Etats-Unis en 2002 : : « Expressing the sense of the House of Representatives to honor the life and achievements of 19th Century Italian-American inventor Antonio Meucci, and his work in the invention of the telephone. ».
Antonio Meucci
Antonio Meucci (né le 13 avril 1808 à San Frediano près de Florence en Italie, mort le 18 octobre 1896 aux États-Unis) est un inventeur italo-américain dont le rôle dans l'histoire du téléphone a été officiellement reconnu en 2001 par la Chambre des représentants des États-Unis .
Note
A la différences des deux inventeurs français et allemand cités ci-dessus, Meucci est parfois présenté comme le "véritable" inventeur du téléphone, spolié de ces droits par Bell. Cette version des faits, défendus par quelques auteurs italiens, n'a cependant guère d'audience au sein de la communauté des historiens des sciences et des techniques. Il faut toutefois noter que son rôle dans l'invention du téléphone fut reconnu par le Congrès américain dans la résolution 269 du 15 juin 2002. Cette résolution reste cependant sans valeur aux yeux des historiens, qui n'ont pas retiré à Bell son statut d'inventeur du téléphone.
Téléphone
Histoire
L'invention du téléphone est attribuée Alexandre Graham Bell. On lui connaît plusieurs précurseurs, dont :
En France, Charles Bourseul, agent du télégraphe pose le principe du téléphone. Un article de l'Illustration présente ses explications le 26 août 1854.
Philippe Reis, dans une déclaration à la Société de physique de Francfort-sur-le-Main, prononce le mot « téléphone » le 26 octobre 1861.
Au Etats-Unis, l'italo-américain Antonio Meucci aurait précédé Bell de 16 ans.
Le téléphone a été exploité commercialement aux États-Unis dès 1877 et, en France dès 1879. En 1912, on compte 12 millions de postes téléphoniques dans le monde dont 8 millions aux États-Unis. Il y avait un abonné pour 12 habitants aux États-Unis, 1 pour 71 en Grande-Bretagne et dans l'Empire Allemand et 1 pour 183 en France.
Le téléphone manuel
ses débuts, le réseau téléphonique est entièrement manuel. L'appel d'un correspondant est effectué de la façon suivante :
l'abonné décroche son téléphone ;
ce dernier provoque la chute d'un volet annonciateur dans le central, et parfois l'allumage d'un voyant ;
une opératrice répond à l'abonné, note le numéro du correspondant à appeler ;
si le correspondant dépend du même central, la connexion avec l'abonné se fait en "local" ;
sinon, l'opératrice appelle une autre opératrice chargée du central de rattachement de la personne appelée ;
lorsque l'appelé est joint, les opératrices mettent en relation les deux abonnés.
Le bouton d'appel a été progressivement remplacé par une magnéto. Son rôle est de produire une tension électrique destinée à faire chuter le volet annonciateur du central. L'avantage par rapport au bouton d'appel est la suppression d'une des piles présentes chez l'abonné dont l'entretien était particulièrement coûteux.
Le téléphone automatique
Le téléphone automatique a été inventé par Almon Strowger, aux États-Unis vers 1891. Celui-ci, entrepreneur de pompes funèbres, soupçonnant les opératrices de privilégier son concurrent, voulait éliminer les opérations manuelles lors de l'établissement d'une communication. Le commutateur automatique sera testé en France dès 1912 à Nice.
L'intérêt du téléphone automatique est d'appeler directement un correspondant sans passer par une opératrice. L'usager décroche son téléphone, et numérote à l'aide du cadran la série de chiffres identifiant son correspondant (son numéro de téléphone).
Lors du passage à l'automatique en région parisienne, un numéro à trois chiffres a été associé à chaque central téléphonique. Les abonnés devaient composer ces trois chiffres, puis le numéro de leur correspondant. Toutefois, on garda longtemps l'habitude, en donnant son numéro, de donner le nom du central et non le numéro correspondant.
Le téléphone mobile
La téléphonie mobile est née dans les années 1950 aux états unis. Les premiers réseaux nécessitaient l'allocation d'une fréquence par communication, et les secteurs géographiques étaient larges (peu d'abonnés par unité de surface). Par la suite, les réseaux cellulaires ont permis un usage plus rationnel des fréquences, augmentant ainsi de façon considérable les capacités des réseaux.
Outre la communication téléphonique classique, le téléphone mobile a développé d'autres fonctionnalités telles que l'envoi de textes courts (SMS), la photographie ou la vidéo numérique, l'accès au Web.
VoIP
Depuis le début du XXIe siècle, la téléphonie se sert d'Internet, s'appuyant sur des protocoles spécifiques pour transmettre la voix sur réseau IP. VoIP est une technique qui permet de communiquer par la voix via l'Internet ou tout autre réseau acceptant le protocole TCP/IP.
Le téléphone fixe
Le téléphone se compose historiquement de 2 blocs :
Un boîtier contenant les organes de transmission de la parole, très souvent un système de sonnerie pour signaler un appel et un cadran ou un clavier permettant un dialogue avec le central téléphonique. Ce dialogue est effectué en composant le numéro d'un autre abonné. Le commutateur du central y répond en envoyant des tonalités d'acceptation, de refus ou d'acheminement. En France, la tonalité d'acheminement à été supprimée le 18 octobre 1996 à 23:00, en même temps que la numérotation est passée à dix chiffres ;
Un combiné qui permet d'échanger les sons de la voix entre les deux interlocuteurs sur la ligne téléphonique. Le bloc combiné est composé de deux parties : une partie microphone qui se place devant la bouche et une partie haut-parleur qui se place à proximité de l'oreille. Le combiné est une invention relativement récente : dans les premiers temps, l'interlocuteur parlait devant une plaque de bois solidaire du boîtier ou, selon le cas, dans un petit entonnoir, en portant à son oreille l'écouteur relié au boîtier par un fil.
Avec l'évolution de l'électronique HF et des techniques numériques, les téléphones d'intérieurs sont désormais sans fil. Un ou (plusieurs) combiné de taille réduite communique en numérique codé sur une porteuse UHF ou VHF avec une base reliée à la ligne téléphonique.
Les téléphones peuvent être dotés d'écrans texte affichant diverses informations.
Ils n'utilisent plus forcément le Réseau téléphonique commuté (RTC), et peuvent se connecter sur les réseaux IPv4 et IPv6.
Le téléphone mobile
Le téléphone mobile est un objet qui a permis à la base de téléphoner, mais qui a vite su acquérir de nouvelles fonctionnalités comme l'envoi de SMS, la photographie, la vidéographie, 3G (3ieme génération) Appel visiophonie, la transmission de données, .
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| mardi 13 février 2007, a 07:39 |
| 13 Février 2005 |
13 février 2005 : Décès de Maurice Trintignant
Maurice Trintignant
Maurice Trintignant surnommé Pétoulet (30 octobre 1917 à Sainte Cécile les vignes - 13 février 2005 à Nîmes) est un pilote de course automobile français. Il est le seul pilote français à courir en Formule 1 entre 1959 et 1964. Il fut le premier pilote français de l'histoire de la Formule 1 à gagner un Grand Prix de Formule 1 avec le Grand Prix de Monaco le 22 mai 1955 au volant de sa Ferrari 625
Biographie
Il naît le 30 octobre 1917 à Sainte-Cécile-les-Vignes en Provence dans le Vaucluse. Il est le petit dernier des quatre fils d'un propriétaire de vignobles. Ces quatre frères sont des passionnés de courses automobiles et courent sur des Bugatti.
En 1933 alors qu'il n'a que 16 ans, son frère Louis meurt en course au Grand Prix de Picardie à Péronne. Maurice veut malgré tout devenir lui aussi pilote de course automobile professionnel .
Pilote de courses automobiles
En 1938, âgé de 21 ans, il débute sa carrière de pilote automobile le 10 avril en terminant 5e du Grand Prix de Pau sur une Bugatti Type 51 de 2,3 litres de cylindrée (le modèle même avec lequel son frère Louis s'est tué cinq ans plus tôt).
En 1939, il remporte sa seconde course, toujours sur Bugatti, le Grand Prix des Frontières le 28 mai à Chimay en Belgique.
De 1947 à 1948, après avoir arrêté les courses durant la Seconde Guerre mondiale, il court successivement avec Bugatti, Amilcar, Delage puis Simca-Gordini opposé aux pilotes de légende de l'époque Juan Manuel Fangio, Jim Clark, Jack Brabham, Alberto Ascari, José Froilán González, Luigi Musso, Peter Collins et Stirling Moss...
En 1948, Maurice Trintignant est victime d'un accident sur sa Gordini pendant les essais du Grand Prix de Reims. Amédée Gordini fait alors appel à un Argentin débutant qui vient d'arriver en Europe pour le remplacer, Juan Manuel Fangio, qui fait ses débuts sur sa voiture au Grand Prix automobile de France à Reims en 1948 et deviendra cinq fois champion du monde de Formule 1 entre 1951 et 1958.
Le 4 juillet 1948, Maurice Trintignant est victime d'un terrible accident au Grand Prix automobile de Suisse alors qu'il est 4e au 4e tour après un départ en tête. Il est déclaré cliniquement mort durant 1'15" puis revient à la vie après une semaine de coma. Trintignant est grièvement blessé à la rate et a perdu quatre dents.
En 1949, il reprend le volant sur Simca-Gordini et remporte le Circuit des Remparts à Angoulême en Poitou-Charentes.
Pilote de Formule 1
En 1950, il rejoint l'élite des pilotes en prenant part aux premières éditions du championnat du monde de Formule 1. Ses premières saisons sont décevantes en raison du manque de fiabilité de ses Simca-Gordini qui ne peuvent pas rivaliser avec les puissantes Alfa Roméo et Ferrari. Il remporte toutefois quelques épreuves hors-championnat du monde à Genève en 1950 et à Albi en 1950.
En 1954, Maurice Trintignant remporte les 24 heures du Mans sur une Bugatti (Le Mans 1954). Enzo Ferrari le recrute alors à la Scuderia Ferrari avec laquelle il remporte le Grand Prix de Buenos Aires 1954 (hors championnat du monde)
En 1955 Maurice Trintignant entre dans la légende de la course automobile française en devenant le premier pilote français à remporter un Grand Prix du championnat du monde de Formule 1 en s'imposant au Grand Prix de Monaco le 22 mai 1955 au volant de sa Ferrari(GP de Monaco 1955)
En 1956 il signe chez Vanwall pour qui il dispute le GP de France sur Bugatti qui n'est pas au point. Puis il revient chez Ferrari dès 1957. (Maurice Trintignant et sa Lancia Ferrari 801 au grand prix de Monaco 1957)
En 1958 Rob Walker l'engage dans son écurie Cooper-Climax aux côtés de Stirling Moss. Il réédite sa performance de 1955 en remportant le Grand Prix de Monaco au volant de sa Cooper, quelques semaines après la victoire de Stirling Moss au Grand Prix automobile d'Argentine. (Trintignant sur Cooper T43 à Silverstone 1958)
En 1962, il est profondément marqué par l'accident de son partenaire [Stirling Moss]] à Goodwood à Pâques. Il n'a plus le cœur à courir au sein de l'équipe de Rob Walker et court alors au volant de sa BRM V8 privée en 1958, 1963 et 1964 puis sur Aston Martin en 1960, Lotus en 1962 et Lola en 1963 toujours en Formule 1.
Bilan d'une longue et belle carrière
En 1964, âgé de 47 ans, il achève sa carrière sportive avec ses derniers points de championnat au Grand Prix d'Allemagne sur sa BRM puis sa dernière course de Formule 1 au Grand Prix de Monza.
Maurice Trintignant a pris part à 82 Grand Prix du championnat du monde de Formule 1 dont 50 en compagnie de Juan Manuel Fangio. Il décroche 2 victoires et 10 podiums. Ses meilleurs classements au championnat sont une 4e place en 1954 et 1955 (toujours accompagné de son petit ours en peluche fétiche) Il fut 5e en 1959. De fin 1959 à 1964, il fut même le seul représentant français dans cette discipline. En 27 ans de carrière, Trintignant a pris part à 324 départs, toutes disciplines confondues. Son bilan est plus qu' honorable avec 44 succès, dont 2 en Championnat du monde de Formule 1, pour seulement 124 abandons. Il a perdu 52 camarades pilotes durant sa carrière.
Retraite dans le Sud
Il se retire à Vergèze à 20 km de Nîmes dans le Gard, où il devient maire de la commune de 1958 à 1964 et viticulteur. (Enzo Ferrari le surnomme affectueusement le " Marchand de pinard " en référence à ses premiers pas en tant que viticulteur).
Il refait quelques apparitions dans les années 1970 et années 1980 au volant de Simca 1000 rallye avec le Star Racing Team et dans des courses historique pour le spectacle jusque dans les années 1990 pour faire revivre le lustre des courses des années 1950. Il parraine le jeune pilote de sa région d'Avignon Jean Alesi et son neveu l'acteur Jean-Louis Trintignant qui s'essaie un temps aux courses de voiture en tant que pilote professionnel.
En 2005, Maurice Trintignant décède dans la nuit du 13 février à l'hôpital de Nîmes près de Vergèze à l'age de 87 ans après avoir en grande partie perdu la vue.
Palmarès de Grand Prix de Formule 1
15 saisons de Grand Prix de Formule 1 - 81 Grands Prix
2 victoires en Grand Prix, 1 meilleur tour et 10 podiums, 78 tours et 261 km en tête
11 constructeurs / 8 motoristes / 17 modèles
Ecuries
1964 : BRM
1963 : BRM, Lola, Lotus
1962 : Lotus
1961 : Cooper
1960 : Cooper, Aston Martin
1959 : Cooper
1958 : BRM, Cooper, Maserati
1957 : Ferrari
1956 : Bugatti, Vanwall
1955 : Ferrari
1954 : Ferrari
1953 : Gordini
1952 : Gordini
1951 : Gordini
1950 : Gordini
Principales victoires
1939 : Grand Prix des Frontières
1947 : Grand Prix d'Avignon
1949 : Circuit des Remparts
1950 : Grand Prix de Genève
1951 : Grand Prix d'Albi
1952 : Grand Prix de Caen
1953 : Grand Prix d'Albi
1954 : 24 heures du Mans
1954 : Grand Prix de Caen
1954 : Grand Prix de Buenos Aires
1954 : Grand Prix de Rouen
1955 : Grand Prix de Monaco
1958 : Grand Prix de Monaco
1958 : Grand Prix de Pau
1959 : Grand Prix de Pau
1962 : Grand Prix de Pau
En savoir plus Famille Trintignant
Hommage du Journal L'équipe à Maurice Trintignant
Galerie Photo de Maurice Trintignant sur Google
Maurice Trintignant sur Mémoire des Stands
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| dimanche 11 février 2007, a 04:03 |
| 11 février 1858 |
11 Février 1858 : Première de 18 apparitions de la Vierge à Lourdes à la jeune Sainte Bernadette Soubirous, âgée de 14 ans.
Lourdes
(Hautes-Pyrénées) Lourdes (en occitan gascon Lorda) est une commune française, située dans le département des Hautes-Pyrénées et la région Midi-Pyrénées.
Centre de pèlerinage catholique, elle accueille chaque année plus de 5 millions de pèlerins ou visiteurs venus du monde entier.
Ses habitants sont appelés les Lourdais.
Lourdes se situe au pied des Pyrénées en Bigorre sur le Gave de Pau.
Histoire
Favorablement situé entre plusieurs vallées, le site de Lourdes est habité depuis la préhistoire.
Blason lourdais : écu de gueules à trois tours d'or, maçonnées de sable sur un roc d'argent; celle du milieu plus haute, surmontée d'un aigle de sable éployé, tenant au bec une truite d'argent, en pointe d'azur aux six montagnes d'argent baignées d'un Gave au naturel.
Selon la légende, Lourdes tire son nom et son blason (un aigle tenant une truite dans son bec) d'une histoire datant du règne de Charlemagne. Un Sarrasin du nom de Mirat avait pris la ville et s'y était retranché, assiégé par l'armée de l'empereur (en l'an 778). Un aigle avait par hasard apporté une truite aux maures et ceux-ci en firent présent à Charlemagne pour lui faire croire qu'ils avaient suffisamment de vivres pour supporter le siège. Convaincu de la difficulté de l'entreprise, Charlemagne proposa un marché à Mirat, sur une idée de Turpin, évêque du Puy-en-Velay : qu'il garde la ville, mais en acceptant de se « rendre à la vierge », c'est à dire de renier l'Islam et de se convertir au catholicisme. Mirat accepte, il dépose ses armes aux pieds de la vierge noire du Puy et prend pour nom de baptême Lorus, qui donnera plus tard « Lourdes ».
Lourdes n'était qu'un petit bourg le 11 février 1858, lorsque Bernadette Soubirous dit rencontrer au bord du Gave la "Dame" qui conféra à la ville sa qualité de cité mariale.
Lourdes devient, peu à peu, le plus grand centre de pèlerinage catholique français et l'un des plus importants au monde avec Fátima, Rome, Czestochowa et Guadalupe.
Bernadette Soubirous
Bernadette Soubirous, de son vrai nom Marie-Bernarde Soubiroux, née le 7 janvier 1844 à Lourdes, et décédée le 16 avril 1879 à Nevers, est une sainte catholique, célèbre pour avoir signalé des apparitions de la Vierge dans une grotte de sa ville natale.
Enfance
Ses parents, François Soubirous (1807-1871) et Louise Castérot (1825-1866), exploitent le moulin de Boly, où elle est née, jusqu'en 1854. Les Soubirous qui avaient, dit-on, fait un mariage d'amour, ont eu au total neuf enfants dont cinq sont morts en bas-âge. Bernadette est l'aînée. Á cette date, l'entreprise familiale est ruinée (trop artisanale pour cette époque d'industrialisation, et sans doute mal gérée). Bernadette connaît la faim et la maladie, elle sait à peine lire et écrire. De santé fragile (elle est notamment asthmatique), elle paraît moins que son âge. Elle est par ailleurs belle fille, selon les témoignages de l'époque et comme en attestent les photographies qui ont été prises d'elle. Son sentiment religieux est déjà très fort même si elle ignore à peu près tout du catéchisme (« [...] si la Sainte Vierge m’a choisie, c’est parce que j’étais la plus ignorante ! » dira-t-elle plus tard). Les parents de Bernadette l'envoient chez sa marraine et tante, Bernarde Castérot (1823-1907), qui l'emploie comme servante à la maison et au comptoir de son cabaret. Les Soubirous déménagent pour une cellule de l'ancienne prison de la rue Haute, surnommée Le cachot (que l'on peut visiter actuellement) et où ils logent à six dans 3,77 x 4,40 m. En 1857, François Soubirous est accusé (apparemment à tort) du vol de deux sacs de farine. Il est envoyé en prison. La famille Soubirous est dans une période de détresse noire.
Apparitions Bernadette témoigne d'apparitions de la Vierge à partir de 1858. Lors de sa neuvième apparition, elle suit les indications de la Vierge et découvre une source d'eau au pied de la grotte de Massabielle, à Lourdes. Entre le 11 février et le 16 juillet 1858, la Vierge lui apparaît dix-huit fois.
Jeudi 11 février 1858. Avec sa sœur Marie (1846-1892), dite Toinette, et Jeanne Abadie, une amie, Bernadette se rend le long du Gave pour ramasser des os et du bois mort. Du fait de sa santé précaire, elle hésite à traverser le Gave, gelée, comme sa sœur et son amie. Elle est alors surprise par un bruit et lève la tête vers la grotte de Massabielle : « J'aperçus une dame vêtue de blanc : elle portait une robe blanche, un voile blanc également, une ceinture bleue et une rose jaune sur chaque pied ». Bernadette récite une prière, la dame disparaît. Dimanche 14 février 1858. Ses parents interdisent à Bernadette de retourner à la grotte. Elle insiste, ils cèdent. Sur place, elle récite des chapelets et voit apparaître la dame. Elle lui jette de l'eau bénite. La dame sourit, incline la tête et disparaît. Jeudi 18 février 1858. Bernadette, sous la pression d'une bourgeoise lourdaise, demande à la dame de lui écrire son nom. Celle-ci lui répond : « Ce n'est pas nécessaire ». Puis elle ajoute « Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde mais dans l'autre. Voulez-vous avoir la grâce de venir ici pendant quinze jours ? »
Vendredi 19 février 1858. Bernadette vient à la Grotte avec un cierge béni et allumé (ce qui est devenu, depuis, une coutume). La dame apparaît brièvement.
Samedi 20 février 1858. La dame apprend une prière personnelle à Bernadette qui, à la fin de sa vision, est saisie d'une grande tristesse.
Dimanche 21 février 1858. Une centaine de personnes accompagnent Bernadette. La dame se présente (à Bernadette seule) et le commissaire de police Jacomet l'interroge sur ce qu'elle a vu. Bernadette se contente de répéter : « aquero » (cela)
Mardi 23 février 1858. Accompagnée de cent cinquante personnes, Bernadette se rend à la grotte où l'apparition lui révèle un secret « rien que pour elle ».
Mercredi 24 février 1858. La dame transmet un message à Bernadette : « Pénitence ! Pénitence ! Pénitence ! Priez Dieu pour les pécheurs ! Allez baiser la terre en pénitence pour les pécheurs ! »
Jeudi 25 février 1858. Trois cents personnes sont présentes. Bernadette explique que la dame lui demande de boire à la source : « Allez boire à la fontaine et vous y laver. Vous mangerez de cette herbe qui est là. ». Bernadette racontera plus tard : « Je ne trouvai qu'un peu d'eau vaseuse. Au quatrième essai je pus boire. ». La foule l'accuse d'être folle et elle répond : « C'est pour les pécheurs ».
Samedi 27 février 1858. Huit cents personnes accompagnent Bernadette. L'Apparition reste silencieuse, Bernadette boit l'eau. Dimanche 28 février 1858. Deux mille personnes assistent à l'extase de Bernadette qui prie, baise la terre, rampe sur les genoux. Le juge Ribes la menace de prison.
Lundi 1er mars 1858. Mille cinq cents personnes accompagnent Bernadette, dont, pour la première fois, un prêtre. La même nuit, Catherine Latapie, une amie de Bernadette, se rend à la Grotte et trempe son bras déboîté dans l'eau de la source : son bras et sa main retrouvent toute leur souplesse.
Mardi 2 mars 1858. La foule est très importante. La dame demande à Bernadette : « Allez dire aux prêtres qu'on vienne ici en procession et qu'on y bâtisse une chapelle ». L'abbé Peyramale, curé de Lourdes veut connaître le nom de la dame et exige en sus une preuve précise : il veut voir fleurir le rosier/églantier de la Grotte en plein hiver.
Mercredi 3 mars 1858. Trois mille personnes accompagnent Bernadette. La vision ne vient pas. Plus tard, Bernadette se sent appelée et retourne à la grotte où elle demande son nom à la Dame qui lui répond par un sourire. Le curé Peyramale insiste : « Si la Dame désire vraiment une chapelle, qu'elle dise son nom et qu'elle fasse fleurir le rosier de la Grotte »
Jeudi 4 mars 1858. Environ huit mille personnes attendent un miracle à la grotte. La vision est silencieuse. Pendant vingt jours, Bernadette ne ressent plus l'invitation à se rendre à la grotte.
Jeudi 25 mars 1858. L'apparition se montre à Bernadette et dit en en patois Bigourdan — la langue que parlait Bernadette —, levant les yeux au ciel et joignant ses mains : « Que soy era immaculada councepciou ». Bernadette retient ces mots, qu'elle ne comprend pas, et court les dire au curé, qui est troublé : quatre ans plus tôt, le pape Pie IX a fait de l'expression Immaculée conception un dogme et Bernadette dit ignorer qu'elle désigne la Vierge. Le rosier n'a toujours pas fleuri.
Mercredi 7 avril 1858. Le docteur Douzous constate que la flamme du cierge que tient Bernadette pendant l'apparition entoure sa main sans la brûler.
Jeudi 16 juillet 1858. C'est la dernière apparition. Une palissade interdit l'accès à la grotte. Bernadette franchit le Gave et voit la vierge exactement comme si elle se trouvait devant la grotte.
La validation des apparitions par l'Église Le 28 juillet 1858, soit douze jours seulement après la dernière apparition, Mgr Laurence, évêque de Tarbes, réunit une commission d'enquête destinée à établir le crédit que l'église doit apporter aux affirmations de Bernadette Soubirous. Cette commission est chargée de vérifier la validité des « miracles » annoncés, en recueillant des témoignages divers et les avis de scientifiques ou de gens d'Eglise. Elle est aussi chargée d'interroger Bernadette dont la sincérité semblera « incontestable » (dixit) à l'évêque : « Qui n'admire, en l'approchant, la simplicité, la candeur, la modestie de cette enfant ? Elle ne parle que quand on l'interroge ; alors elle raconte tout sans affectation, avec une ingénuité touchante, et, aux nombreuses questions qu'on lui adresse, elle fait, sans hésiter, des réponses nettes, précises, pleines d'à propos, empreintes d'une forte conviction ». Le fait que la jeune fille répète des mots dits par la Vierge qu'elle ne pouvait (pense-t-on alors) pas connaître eu égard à son manque d'instruction, sera un argument décisif.
Entre-temps, la foule des pèlerins venant voir la grotte et y demander de l'aide à Marie ne cesse de croître, il vient des gens de toute l'Europe et de nouveaux témoignages de miracles s'accumulent. « Si l'on doit juger l'arbre par ses fruits, nous pouvons dire que l'apparition racontée par la jeune fille est surnaturelle et divine ; car elle a produit des effets surnaturels et divins »
Quatre ans plus tard, le 18 janvier 1862, l'évêque rend son avis — favorable : « Nous jugeons que l'Immaculée Marie, Mère de Dieu, a réellement apparu à Bernadette Soubirous, le 11 février 1858 et les jours suivants, au nombre de dix-huit fois, dans la grotte de Massabielle, près de la ville de Lourdes ; que cette apparition revêt tous les caractères de la vérité, et que les fidèles sont fondés à la croire certaine. Nous soumettons humblement notre jugement au Jugement du Souverain Pontife, qui est chargé de gouverner l'Église universelle ».
C'est ainsi que Lourdes, modeste chef-lieu des Pyrénées, soigneusement évité par le tourisme thermal alors en pleine explosion — son eau n'avait pas les propriétés curatives attribuées à celles de Luchon, Cauterets ou Bagnères-de-Bigorre — est vite devenue la ville touristique la plus fréquentée de la région. Un fait souvent oublié : à Garaison (aujourd'hui, Monléon-Magnoac, à 70 km de Lourdes), une jeune fille nommée Anglèze de Sagasan avait affirmé avoir entendu la vierge lui demander de construire une chapelle près de la source. Cela se passait vers 1520. La chapelle a bien été construite et la ville a été un lieu de dévotion et de tourisme religieux aux siècles suivants.
Le départ pour Nevers
Pour soustraire Bernadette à la curiosité des pèlerins, on la place chez les sœurs, à l'hospice de Lourdes, en 1860. Là, elle s'instruit, apprend à lire et apprend le catéchisme. Les observateurs de l'époque notent que son recueillement en prière est impressionnant, mais qu'elle est aussi gaie, enjouée, espiègle et plutôt autoritaire avec ses compagnes — qui l'apprécient néanmoins beaucoup. Avec ses supérieurs, elle est d'une obéissance à toute épreuve, comme en témoigne une anecdote : on avait interdit à Bernadette de retourner à la grotte et on lui demanda : « Si la Vierge t’ordonnait d’y aller, que ferais-tu ? ». Bernadette répondit : « Je reviendrais demander la permission à Monsieur le Curé ».
Á l'extérieur, on commence à rendre un inquiétant culte à la jeune bigourdaine. Sa photo s'achète, les journaux parlent d'elle, on veut la voir. Le plus sage est de l'éloigner de Lourdes. Certaines personnes, comme l'essayiste britannique Ruth Harris (Lourdes. La grande histoire des apparitions, des pèlerinages et des guérisons, Jean-Claude Lattès, 2001), n'hésitent pas à affirmer que Bernadette devait, en quelque sorte "disparaître" de son vivant afin que l'église puisse maîtriser totalement la capitalisation des miracles lourdais.
Pour une jeune fille sans dot, la vie de sœur était difficilement envisageable, mais Bernadette est désormais célèbre et divers couvents sont prêts à l'accueillir.
Elle quitte donc les Pyrénées qu'elle ne reverra jamais. Elle rejoint le 7 juillet 1866, la congrégation des Sœurs de la Charité à Nevers. Elle y reste treize années pendant lesquelles elle sera traitée sans égards spéciaux. Elle occupe les postes d'aide infirmière, de responsable de l'infirmerie et de sacristine. Les quatre dernières années, elle est surtout malade. Elle meurt le 16 avril 1879 à Nevers à l'âge de trente-cinq ans.
Son corps fut à plusieurs reprises retrouvé (relativement) intact, condition traditionnelle à beaucoup de canonisations.
Elle repose depuis 1925 dans une châsse de verre et de bronze dans la chapelle du Couvent Saint-Gildard à Nevers. Il est à noter que la peau de Bernadette s'est parcheminée et a noirci, elle est en fait cachée sous un masque de cire.
Bernadette Soubirous a été béatifiée le 14 juin 1925 puis canonisée le 8 décembre 1933.
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| samedi 10 février 2007, a 06:47 |
| 10 Février 1898 |
10 Février 1898 : Naissance de Joseph Kessel, écrivain français († 1979).
Biographie
Fils d'un médecin lituanien d'origine juive formé en France, Joseph Kessel est né à Clara en Argentine par le hasard des tribulations professionnelles de son père. Les premières années de sa vie se passent à Orenbourg, sur l’Oural, puis la famille Kessel s’installe en France.
Joseph Kessel fait ses études secondaires au lycée Masséna à Nice, puis au Lycée Louis-le-Grand à Paris. Infirmier brancardier durant quelques mois en 1914, il obtient en 1915 une licence de lettres et commence à travailler dès dix-sept ans au Journal des débats dans le service de politique étrangère.
Le suicide de son jeune frère, Lazare, qui s'appellera Daniel dans Le Tour du Malheur, sera dans la vie de Kessel une déchirure que le temps ne réparera jamais. Son alter ego disparu, Kessel cherchera toute sa vie, et trouvera parfois, dans l'amitié virile, la compensation à cette perte irrémédiable. Mermoz, Saint Exupery, Henry de Monfreid… sont les compagnons d'une vie si puissante qu'elle ne cesse de frôler la mort. D'autres acolytes des Nuits de Montmartre l'accompagneront dans ses fêtes orgiaques où la vodka coule à flot. Mais ils n'auront pas tous la force du « lion », comme Courrière appelle celui dont il a écrit la biographie (Sur la piste du lion), et dans son puissant sillage, Kessel, sans même s'en rendre compte, provoquera la perte de plusieurs êtres aimés.
Ainsi en fut-il de Michèle, une des nombreuses femmes que Kessel aima. Sandy est l'amour absolu de la vie de Kessel. Elle est la jeune épousée dont la mort précoce hantera Kessel et dont il nourrira une lourde culpabilité. Qu'une jeune personne aussi ravissante, juste et douce comme Sandy puisse se faire emporter par la tuberculose, et lui, jouant avec la vie comme avec un dé, reste vivant ! Voila qui ébranle la foi de celui qui se vit profondément juif.
Le lion Joseph Kessel, l'aventurier, l'aviateur, le mille fois ressuscité, le brutal, le joueur et le buveur... emmènera toujours avec lui, dans toutes ses pérégrinations, une petite mallette. Chaque soir, dans l'un ou l'autre des hôtels de tous les bouts du monde, il ouvrira ce petit autel et priera devant les portraits de Sandy et de Lazare. Grand admirateur de l'écrivain roumain Panaït Istrati, Kessel partage avec ce vagabond des Balkans cette nature où le fauve alterne avec le plus tendre des hommes.
Fin 1916, Joseph Kessel choisit de prendre part aux combats, et s'engage dans l’artillerie puis dans l’aviation, où il va servir au sein de l’escadrille S.39. De cet épisode, il tirera plus tard le sujet de son premier roman à succès, L'Équipage.
À la fin du conflit, Kessel demande la nationalité française. Il porte la Croix de guerre, et la médaille militaire. Il a déjà fait deux fois le tour du monde.
Il reprend sa collaboration au Journal des débats, écrit également pour Liberté, le Figaro, le Mercure de France, etc. Il entame une double carrière de grand reporter et de romancier. Il couvre la révolution irlandaise, et écrira sur ce sujet une nouvelle (Marie de Cork). Il explore les bas-fonds de Berlin. Au Sahara, il vole sur les premières lignes de l'Aéropostale avant de devenir l'ami de Jean Mermoz dont il écrira une biographie, Mermoz, et navigue avec les négriers de la mer Rouge.
En juillet 1936, la guerre civile éclate en Espagne. Joseph Kessel est envoyé par Pierre Lazareff, le patron du grand quotidien Paris-Soir, pour couvrir le conflit en Espagne républicaine, accompagné du photographe Jean Moral.
Correspondant de guerre en 1939-40, il devient résistant dans la France occupée. C'est à Joseph Kessel et à son neveu Maurice Druon que l'on doit le texte du Chant des partisans, en mai 1943, sur une musique d'Anna Marly. C’est également avec celui-ci qu’il franchit clandestinement les Pyrénées pour gagner Londres et s’engager dans les Forces françaises libres du général de Gaulle.
Kessel publie, en hommage à ces combattants, l'Armée des ombres. Il finira la guerre, capitaine d’aviation, dans une escadrille qui, la nuit, survolait la France pour maintenir les liaisons avec la Résistance et lui donner des consignes.
À la Libération, il reprend son activité de grand reporter. En novembre 1944, il rejoint le 2e Régiment de chasseurs parachutistes (SAS) dans la région d'Épernay, afin de recueillir les témoignages qui lui serviront à écrire Le Bataillon du ciel, qui deviendra en 1947 le film réalisant plus de 8 500 000 entrées, un record pour le cinéma français.
En 1948, il obtient le 1er visa israélien à l'indépendance du pays, et sera le premier étranger à entrer dans l'Israël indépendant.
En 1960, il publie les Mains du miracle, l'histoire incroyable d'un masseur finlandais, Félix Kersten, qui soigne le puissant Nazi Heinrich Himmler et parvient à sauver des milliers de vie en contrepartie. Il voyagea en Afrique, en Birmanie (voyage dont il tirera La Vallée des rubis) et en Afghanistan. C’est ce dernier pays qui lui inspire son chef-d’œuvre romanesque, les Cavaliers (1967), ébauché dans Le jeu du roi. Venu en Afghanistan pour y tourner un film, Joseph Kessel rencontre Mohammed Zaher Chah, qui facilite grandement la logistique de l'équipe. Vieux, le roi se rappellera de « cet ami ».
Consécration ultime pour ce fils d’émigrés juifs, l'Académie française lui ouvrit ses portes en l'élisant le 22 novembre 1962 au fauteuil du duc de la Force, par 14 voix contre 10 à Marcel Brion, au premier tour de scrutin. L'intronisation de cet aventurier hors norme, voyageur, opiomane, joueur invétéré et grand buveur, qui écrit au galop et fait le tour du monde comme d'autres le tour d'une chaise, est un pavé jeté dans la mare académique de la chapelle littéraire française.
Il meurt d'une rupture d'anévrisme le 23 juillet 1979 entouré des siens.
Œuvres
La Steppe rouge, Gallimard, 1922
L'Équipage, Gallimard, 1923 (nouvelle édition en 1969)
Vent de sable, Hachette, 1923
Au camp des vaincus, ou la Critique du 11 mai, Gallimard, 1924 (avec Georges Suarez)
Rencontre au restaurant, A l'Enseigne de la Porte Etroite, 1925
Les Rois aveugles, Les Editions de France, 1925
Mary de Cork, Gallimard, 1925
Mémoires d'un commissaire du peuple, Champion, 1925
Le triplace, Marcelle Lessage, 1926
Makhno et sa Juive, EOS, 1926
Moisson d'octobre, La Cité des livres, 1926
Les Captifs, Gallimard, 1926, grand prix du roman de l'Académie française
Le thé du Capitaine Sogoub, Au Sans Pareil, 1926
Naki le kourouma1926
Terre d'amour, Les Éditions de France, 1927
Nuits de princes, Les Éditions de France, 1927
La Rage au Ventre, EOS, 1927
La Coupe fêlée. Un drôle de Noël, éditions Lemarget, 1927
En Syrie, Simon Kra, 1927
De la rue de Rome au chemin de Paradis., Les Editions du Cadran, 1927
La Femme de maison ou Mariette au désert, Simon Kra, 1928
Dames de Californie, Emile Hazan, 1928
Belle de jour, Gallimard, 1928, inspira le film de Luis Buñuel en 1967.
Les nuits de Sibérie, Flammarion, 1928
La règle de l'homme, Gallimard, 1928
Nouveaux contes. Le tocsin de pâques - Le typhique - Un tour du diable - Le commissaire de la mort - La loi des montagnes., Editions des Cahiers Libres, 1928
Secrets parisiens, Editions des Cahiers Libres, 1928
Le Coup de grâce, Les Éditions de France, 1931
De la rue de Rome au chemin de Paradis, Editions du Cadran, 1931
Fortune carrée, Les Editions de France, 1932
Bas-fonds, Éditions des Portiques, 1932
Wagon-lit, Gallimard, 1932
Nuits de Montmartre, Les Editions de France, 1932
Les Nuits cruelles, Les Editions de France, 1932
Marchés d'esclaves, Les Éditions de France, 1933
Les Cœurs purs, Gallimard, 1934
Les Enfants de la chance, Gallimard, 1934
Stavisky, l'homme que j'ai connu, Gallimard, 1934
Le repos de l'équipage, Gallimard, 1935
Une balle perdue, Les Éditions de France, 1935
Hollywood, ville mirage, Gallimard, 1936
La Passante du Sans-Souci, Gallimard, 1936, porté à l'écran par Jacques Rouffio en 1982.
La Rose de Java, Gallimard, 1937
Mermoz, Gallimard, 1939
Comment est mort le maréchal Pétain, France Forever, Exécutive office, 1942
L'Armée des ombres, Charlot, 1943, adapté au cinéma par Jean-Pierre Melville en 1969.
Les Maudru, Julliard-Séquana, 1945
Le Bataillon du Ciel, Julliard, 1947
Le Tour du malheur, Gallimard, 1950
La Fontaine Médicis
L'Affaire Bernan
Les Lauriers roses
L'Homme de plâtre
La Rage au ventre, La nouvelle société d'édition, 1950
La Nagaïka. Trois récits, Julliard, 1951
Le Procès des enfants perdus., Julliard, 1951
Au Grand Socco, Gallimard, 1952
Les Amants du Tage, Éditions du Milieu du monde, 1954
La Piste fauve, Gallimard, 1954
La Vallée des rubis, Gallimard, 1955
Témoin parmi les hommes, Del Duca, 1956
Le Temps de l'espérance
Les Jours de l'aventure
L'Heure des châtiments
La Nouvelle Saison
Le Jeu du Roi
Les instants de vérité
Hong Kong et Macao, Gallimard, 1957
Le Lion, Gallimard, 1958
Les Mains du miracle, Gallimard 1960
Inde, péninsule des dieux, Hachette, 1960
Tous n'étaient pas des anges, Plon, 1963
Fortune carrée, Gautier-Languereau, 1964
Pour l'honneur, Plon, 1964
Terre d'amour et de feu. Israël 1925-1961, Plon, 1965
Israël que j'aime, Sun, 1966
Les Cavaliers, Gallimard, 1967
Un mur à Jérusalem Paris, Editions Premières, 1968
Les Rois aveugles, Plon, 1970
Les Fils de l'impossible, Plon, 1970
Partout un ami (1972)
Des hommes, Gallimard, 1972
Le Petit Âne blanc, Gallimard, 1975
Les Temps sauvages, Gallimard, 1975
Jugements derniers, Christian de Bartillat, 1995
Avec les alcooliques anonymes
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| vendredi 09 février 2007, a 05:07 |
| 9 Février 1975 |
9 Février 1975 : Décès de Pierre Dac, humoriste français
André Isaac dit Pierre Dac (né le 15 août 1893 à Châlons-sur-Marne et mort le 9 février 1975 à Paris) était un humoriste et comédien français.
Parcours
Chansonnier connu dès les années 1930, il fonde L'Os à Moelle, publication irrégulière et humoristique (au nom inspiré par Rabelais et par son père boucher), et organe du parti loufoque. Le nom de loufoque vient de l'argot des bouchers, le louchébem, et signifie fou. Dans l'Os à Moelle, les petites annonces vendent de la pâte à noircir les tunnels. Le monde pratiquant alors un style différent de loufoquerie, ce journal disparut en 1938. On le vit reparaître, sous la férule du maître, vers 1965, avec des talents nouveaux comme René Goscinny (Les aventures du facteur Rhésus) et Jean Yanne (Les romanciers savent plus causer français en écrivant).
Devenant l'humoriste des émissions en français de Radio Londres à partir de 1943, il y parodie des chansons à la mode pour brocarder le gouvernement de Vichy. On lui doit le slogan célèbre : « Radio Paris ment, Radio-Paris ment, Radio-Paris est allemand » sur l'air de la Cucaracha (chant révolutionnaire d'Amérique latine). Toutefois, il répond sérieusement lorsque le 10 mai 1944 Philippe Henriot sur Radio-Paris s'en prend aux Juifs français réfugiés à Londres, pour qui la France ne compterait pas : son frère en France a bien sur sa tombe l'inscription « mort pour la France », alors que sur celle de Philippe Henriot on écrirait « mort pour Hitler, fusillé par les Français ». Prémonitoire : Henriot sera abattu par la résistance 15 jours plus tard.
Après guerre, il forme avec Francis Blanche un duo, auquel on doit de nombreux sketches (dont l'hilarant Sar Rabindranath Duval, et un feuilleton radiophonique, diffusé de 1956 à 1960 sur Europe 1, Signé Furax auquel la France entière est suspendue. Plus tard, entre 1965 et 1974, en compagnie de Louis Rognoni, Pierre Dac crée la série Bons baisers de partout, 740 épisodes diffusés sur France Inter. Une hilarante parodie des séries d'espionnage des années 1960.
Son texte Le biglotron fut souvent cité par les amateurs de dépédantisation. Une de ses inventions majeures, le Schmilblick, « ne sert absolument à rien et peut donc servir à tout. Il est rigoureusement intégral ! ». Le mot Schmilblick sera repris par Guy Lux pour un jeu télévisé, puis par Coluche pour une parodie de ce jeu restée célèbre.
En 1965, il se porte volontaire pour la présidentielle de 1965, soutenu par le MOU (Mouvement ondulatoire unifié). Ancien résistant, suite à la demande de l'Elysée, il obtempère et abandonne sa campagne.
Il a été surnommé par certains le « Roi des Loufoques », par son aptitude à traquer et créer l'absurde à partir du réel (Cf. le noir de tunnel, ou bien, à la question : « Pouvez-vous me donner le numéro de carte d'identité de cette dame ? », la réponse : « Oui ! »)
Malgré le succès, Pierre Dac était resté un homme modeste, presque effacé. Il meurt le 9 février 1975, dans la plus grande discrétion. « La mort, avait-il dit, c'est un manque de savoir-vivre.»
Quelques-unes de ses citations :
Né à Delhi, de petite taille et d'un caractère paisible, c'était un nain doux
Ô lac! Suspends ton vol et me donne un baiser ( Lamartine cité de mémoire )
Le Sar dine à l'huile (Cf. sketch cité plus haut)
Celui que la fumée n'empêche pas de tousser et que la toux n'empêche pas de fumer a droit à la gratitude de la Régie française des Tabacs
Il est démocratiquement impensable qu'en république il y ait encore trop de gens qui se foutent royalement de tout.
Si la fortune vient en dormant, ça n'empêche pas les emmerdements de venir au réveil.
Ceux qui pensent à tout n'oublient rien et ceux qui ne pensent à rien font de même puisque ne pensant à rien ils n'ont rien à oublier.
Le sarcastique et prophétique proverbe qui dit : « Rira bien qui rira le dernier » gagnerait à être ainsi modifié : « Quand celui qui rit le dernier a bien fini de rire, personne ne rigole plus ».
Quand on ne travaillera plus les lendemains de jours de repos, la fatigue sera enfin vaincue
Psychanalyse : Il faut tuer le père, mais on ne doit pas piétiner le cadavre.
Parler pour ne rien dire et ne rien dire pour parler sont les deux principes majeurs de ceux qui feraient mieux de la fermer avant de l'ouvrir.
Entre une semelle de crêpe et un double-crème il n'y a que la différence qui existe entre les choses qui n'ont aucun rapport entre elles.
L'orgue de Barbarie est à la figue du même nom ce que la trompette bouchée est au cidre.
Rien de ce qui est fini n'est jamais complètement achevé tant que tout ce qui est commencé n'est pas totalement terminé.
Tranquillement suspendu la tête en bas au fond de la grotte, un chauve sourit... (note manuscrite non utilisée)
et pour conclure :
Avec le mot « si » on peut faire tout ce qu'on ne peut pas faire.
Louchébem
Le louchébem ou loucherbem, dans son nom complet largonji des louchébems (« jargon des bouchers »), désigne l'argot des bouchers parisiens et lyonnais de la seconde moitié du XIXe siècle. Il reste aujourd'hui connu et usité dans cet univers professionnel.
Le processus de création lexicale de ce jargon peut être rapproché du verlan et du javanais. On « camoufle » des mots existants en les modifiant suivant une certaine règle. La première consonne est déplacée à la fin et remplacée par un « L », puis on ajoute un suffixe argotique au choix, par exemple -ème, -ji, -oque, -muche.
Il s'agit d'abord d'un langage oral, et l'orthographe est très souvent phonétisée.
boucher = louchébem cher = lerche (employé communément dans sa forme négative: pas lerche) ou lerchem douce = loucedé ou loucedoc femme = lamdé fou = loufoque gigôt = ligogem monsieur = lesieum patron = latronpuche Portefeuille = larfeuille sac = lacsé Certains mots de louchébem, en particulier loufoque (grâce à Pierre Dac dont le père était boucher), sont devenus communs et ont aujourd'hui leur place dans le langage familier.
Le Sar Rabindranath Duval
Le Sar Rabindranath Duval est un des plus célèbres sketchs créés par Francis Blanche et Pierre Dac.
À moitié écrit et à moitié improvisé sous l'emprise de boissons alcoolisées, ce sketch est une parodie des numéros de music-hall de divination. Il met en scène un (faux) mage, faussement indien et son assistant, dans un dialogue désopilant.
Schmilblick
Le Schmilblick est un objet imaginaire créé par Pierre Dac dans les années 1950. Cet objet ne sert absolument à rien et peut donc servir à tout. Il est « rigoureusement intégral » ! L'humoriste attribue l'invention de cet objet aux frères Jules et Raphaël Fauderche, personnages de l'émission radiophonique Bons baisers de partout, dont il est l'auteur avec Louis Rognoni.
L'objet sera repris par Guy Lux et Jacques Antoine, en 1969, pour un jeu télévisé, Le Schmilblick (parfois orthographié « Schmilblik » ou « Schmilblic »), dont le principe est de deviner le nom d'un objet en connaissant quelques caractéristiques de celui-ci.
Jacques Antoine et Guy Lux reprenaient, avec le Schmilblick, le principe d'un jeu radiophonique créé par eux plusieurs années auparavant, et qui s'appelait le « Tirlipot ».
Ce jeu sera ensuite repris dans un sketch de Coluche, caricaturant l'émission télévisée de Guy Lux, sketch dans lequel apparaît un personnage célèbre de l'humoriste : Papy Mougeot.
Le mot deviendra dès lors très populaire et est employé parfois en français comme synonyme de « truc », « machin », désignant un objet étrange ou sans importance dont on ne connaît pas le nom : « Donne-moi une pièce que je la mette dans le schmilblick ! »
A noter que sous l'impulsion de Guy Lux, Radio Nostalgie va relancer ce jeu dans le milieu des années 1990, dans une version radiophonique quotidienne présentée par Georges Beller, Evelyne Leclerc et produite par Nicolas Lespaule.
On utilise actuellement surtout ce terme pour désigner une aide ponctuelle à une situation ou à un problème dont la résolution est difficile : « C'est juste pour faire avancer le schmilblick ! », ou pour s'interroger sur lesdits problème ou situation : « mais qu'est-ce que c'est que ce schmilblick ? »
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| jeudi 08 février 2007, a 07:49 |
| 8 février 1250 |
8 février 1250 : Capture de Louis IX par les Mamelouks à la Mansourah
Louis XI
Louis IX de France, plus connu sous le nom de saint Louis, est né le 25 avril 1214 ou 1215 à Poissy Yvelines, et meurt le 25 août 1270 à Tunis. Il fut roi de France de 1226 à 1270, neuvième de la dynastie des Capétiens directs.
Il développera notamment la justice royale où le Roi apparaîtra alors comme "le justicier suprême".
Il est le fils de Louis VIII (1187-1226), dit Louis le Lion, roi de France, et de Blanche de Castille (1188-1252). Il est aussi le frère aîné de Charles Ier de Sicile (1227-1285), comte d'Anjou, qui fonda la seconde dynastie angevine.
Prise de pouvoir tardive
Il n'a que 12 ans quand il est sacré roi le 29 novembre 1226 à Reims par l'évêque de Soissons, Jacques de Bazoches. La régence est assurée par sa mère, Blanche de Castille, avec le titre de «baillistre». Elle gardera le pouvoir assez longtemps, du moins au-delà de la majorité du roi, jusqu'en 1242.
Un roi chrétien
Très croyant, Saint Louis veut faire de la France, la « fille aînée de l'Église » et de Paris un haut lieu de la chrétienté. Le 26 avril 1248, Louis IX y inaugure la Sainte Chapelle dans l'île de la Cité.
Il prône la justice et modernise l'administration. Il y traque les abus des baillis et sénéchaux en instaurant ce qui deviendra plus tard la Cour des comptes.
Il s'applique à pacifier les proches zones de conflit. En 1229, il met fin à la croisade des Albigeois en signant le Traité de Paris avec le Comte Raymond VII de Toulouse. En 1258, Louis IX fixe les frontières sud du royaume en signant le Traité de Corbeil avec le roi Jacques Ier d'Aragon.
Le 4 décembre 1259 à Paris, il signe un traité de paix avec l'Angleterre mettant ainsi fin à la première «guerre de Cent Ans» entre les deux pays.
Pour conduire ses sujets au salut, Saint Louis interdit les jeux, la prostitution et punit cruellement le blasphème. Pour constituer un royaume essentiellement chrétien, il prend des mesures discriminatoires contre les Juifs :
en 1242, à la demande même de Juifs convertis au christianisme, selon lesquels le Talmud contient un certain nombre d'invectives contre Jésus et contre la Vierge, il fait brûler des exemplaires de ce livre à Paris. Un croisé malheureux En 1244, saint Louis tombe gravement malade et fait le vœu de partir en croisade au cas où il guérirait. Rétabli, il prépare son départ vers les royaumes chrétiens d'Orient en difficulté qu'il veut soutenir. Le 12 juin 1248, il se saisit de l'oriflamme capétien en la basilique de Saint-Denis et part accompagné de sa femme, Marguerite de Provence.
Septième croisade
La septième croisade part du port d'Aigues-Mortes et se dirige vers l'Égypte. Les croisés font escale à Chypre avant de se diriger vers Damiette en mai 1249 avec 1800 navires. La ville est prise le 8 juin.
L'armée des croisés se dirige ensuite vers Le Caire mais subit les attaques incessantes de l'émir Fakhr el-Din. De février à avril 1250 les croisés font le siège de la citadelle de Mansourah. Le scorbut et la dysenterie déciment les soldats et forcent le roi à battre en retraite. Un sergent félon fait alors courir le bruit que le roi s'est rendu. La plupart des soldats se rendent et sont faits prisonniers. Louis IX est également fait prisonnier.
Pendant sa captivité, le roi charge son épouse, Marguerite de Provence, de la conduite de la croisade. Un mois plus tard (mai 1250) et contre une forte rançon le roi et l'ensemble des prisonniers sont libérés.
Louis IX décide de prolonger son séjour dans ce qui reste des États latins d'Orient. Il renvoie Alphonse de Poitiers et Charles d'Anjou en France pour épauler Blanche de Castille restée seule pour gouverner le royaume. De 1250 à 1253 il consolide les forteresses d'Acre, de Césarée, de Jaffa et de Sidon. Les croisés rembarquent à Tyr le 24 avril 1254 pour le royaume de France. Lors de ce voyage, la personnalité du roi change et Louis IX devient peu à peu celui dont nous avons conservé le souvenir en tant que Saint Louis.
Huitième croisade
Louis IX espère convertir le sultan de Tunis au christianisme et le dresser contre le sultan d'Égypte. Les croisés s'emparent facilement de Carthage mais l'armée est victime d'une épidémie de dysenterie. Saint Louis en meurt le 25 août 1270 sous les remparts de Tunis. Son corps est étalé sur un lit de cendres en signe d'humilité et les bras en croix à l'image du Christ. Cette défaite marque la fin des croisades. La tradition veut qu'il soit mort de la peste, mais on sait depuis que cette maladie ne refera son apparition en occident que vers 1347. La tradition locale de Sidi Bou Saïd raconte que le futur Saint Louis ne serait pas mort en 1270 mais se serait converti à l'Islam sous le nom de Sidi Bou Saïd, lui même considéré comme un saint de l'Islam mort à la fin du 13ème siècle chrétien, enterré au Djebel-Marsa.
Une partie des restes du roi a été enterrée en Tunisie, où une tombe de Saint-Louis peut encore être visitée aujourd'hui. Une autre partie est placée dans une urne située dans la Basilique de Monreale à Palerme. Son corps est amené à la basilique de Saint-Denis mais il disparaît pendant les guerres de religion. Seul un doigt est sauvé et est conservé à Saint-Denis. Enfin, des reliques conservées en Sicile furent amenées en Tunisie lors de la consécration de la cathédrale Saint-Louis de Carthage à la fin du XIXe siècle, et finalement, lors de l'indépendance de la Tunisie, ramenées en France et déposées à la Sainte-Chapelle.
Louis IX fut canonisé en 1297 par le pape Boniface VIII sous le nom de Saint Louis de France.
Mamelouk
Les mamelouks (arabe : مملوك (singulier) mamlūk, مماليك (pluriel) mamālīk, possédé) sont les membres d'une milice formée d'esclaves (affranchis), au service des califes musulmans et de l'Empire ottoman, qui à de nombreuses reprises, a occupé le pouvoir par elle-même.
En Egypte, ils sont issus de la garde servile du sultan ayyoubide qu'ils renversèrent à l'occasion de la IXe croisade (Mansura, dans le Delta égyptien, en 1249). L'histoire de cette dynastie non héréditaire se divise en deux lignées, les Bahrites (1250-1382) et les Burjites (1382-1517)Ils régnèrent sur l'Égypte, la Syrie et le Hedjaz, vainquirent les Mongols à Aïn Jalut (1260), devinrent les protecteurs des Abbassides rescapés, dont ils recueillirent un descendant à qui ils donnèrent le titre de calife. Ils conquirent les dernières possessions des Francs au Levant. Les Ottomans mirent fin à cette dynastie en 1517.
Origines
Les premiers mamelouks forment, au IXe siècle, la garde des califes abbassides à Bagdad. Ils sont d'abord recrutés parmi les captifs non musulmans en provenance du Turkestan actuel, d'Europe de l'Est (Slaves, Grecs, Circassiens) ou du Russie méridionale (plaines du Kipchak). Au départ, la position n'est pas héréditaire. Certains mamelouks parviennent à des positions importantes de commandement. Ils sont ensuite au service de la dynastie ayyoubide.
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| lundi 05 février 2007, a 04:03 |
| 5 Février 1994 |
5 Février 1994 : Incendie du Parlement de Bretagne à Rennes.
Le Parlement de Bretagne désigne un bâtiment situé à Rennes dans lequel siégeait une cour de justice, sous l'ancien régime.
Parlement sous l'ancien régime
Comme les autres parlements de France sous l'Ancien Régime, le parlement de Bretagne est une cour de justice, cour souveraine rendant principalement des arrêts sur appel des sentences de juridictions inférieures.
Les parlements possédaient également des prérogatives législatives les autorisant à affirmer une certaine autonomie à l'égard du pouvoir royal. Les Bretons étant intéressés à défendre les droits de la province préservés par le traité d'union avec la France, les "libertés bretonnes", l'exercice de ce pouvoir de contestation par le parlement breton tînt une grande place dans la vie de cette institution et par conséquent dans la vie de toute la province.
À cette motivation officielle de résistance aux innovations royales, c'est constamment mêlée la défense de ses attributions institutionnelles et comme corporation aristocratique celle des privilèges de la noblesse. De même composition et aux intérêts très voisins, le parlement de Bretagne et les États de Bretagne ont toujours été solidaires que ce soit dans la défense que dans l'attaque.
Créé en mars 1553 par un édit d'Henri II, le parlement de Bretagne a été dissous en tant qu'institution par la Révolution Française en février 1790.
Dans un sens restreint, Parlement de Bretagne désigne le palais situé au cœur de la ville de Rennes et où les conseillers du parlement siégèrent à partir de 1655 ; monument entièrement restauré après l'incendie du 5 février 1994, conséquence d'un incident lié aux violentes manifestations de marins-pêcheurs. Dans des locaux adaptés aux exigences du XXIe siècle, la cour d'appel de Rennes a pu reprendre l'activité qu'elle y déployait depuis près de deux siècles ; les autres exercices de la justice se déroulant plutôt dans la cité judiciaire de construction récente.
Historique du parlement de Bretagne
1485 - le duc François II établit un parlement souverain à Vannes siégeant à l'automne. Il est mué en «Grands jours» par Charles VIII ; après 1532, les appels sont jugés par le parlement de Paris ce qui contribua à retarder le rétablissement d'une cour souveraine dans la province.
Mars 1553 - Création du parlement de Bretagne, siégeant alternativement à Rennes (août septembre octobre) et à Nantes en février mars avril
2 août 1554 - Première séance à Rennes suivie de la deuxième à Nantes le 4 février 1555
Juin 1557 - Fixation à Nantes des deux séances : chaque séance partagée entre la Grand Chambre et la Chambre des Enquêtes. Soixante juges.
1561 - Fixation à Rennes des deux séances, (couvent des Cordeliers)
Décembre 1575 - Création de la chambre criminelle, la Tournelle
Septembre 1580 - Création de la chambre des Requêtes, rendant des sentences elles-mêmes sujettes à appel devant le parlement
1591 - Début des prolongations des séances, sans augmentation des gages
20 mars 1598 - Amnistie des parlementaires ligueurs de la Cour établie à Nantes en 1589 par le Philippe-Emmanuel de Lorraine, Duc de Mercoeur
1599-1600 - Interdiction des magistrats de la séance d'août
1578 - Rennes est autorisé à lever des impôts en vue de la construction d'un bâtiment pour le parlement. Ce sera notamment un impôt sur les pots de cidre.
Juillet 1600 - Les séances deviennent semestrielles : février à juillet et août à janvier
15 septembre 1618 - Pose de la première pierre
1631 - Conflit avec Richelieu suite à la restauration du droit d'ancrage.
16 janvier 1655 - Prise de possession du bâtiment par le doyen des présidents du parlement
22 janvier 1668 - Création de la chambre de réformation de la noblesse de Bretagne
18 septembre 1675 - Louis XIV transfert la cour à Vannes pour punir Rennes d'avoir participé à la révolte du papier timbré .
(La Révolte du papier timbré est une révolte antifiscale française, sous le règne de Louis XIV (d’avril à septembre 1675), et qui prit également un tour antiseigneurial en Basse Bretagne, sous le nom de Révolte des Bonnets rouges. Elle est déclenchée par une hausse des taxes, dont celle sur le papier timbré, nécessaire pour les actes authentiques.
Elle est appelée Révolte des Bonnets rouges pour sa partie bretonne, car certains insurgés portaient des bonnets bleus ou rouges selon la région, et également « révolte des torreben » (« casse-lui la tête[1], parfois traduit par « casse-tête »), un cri de guerre qui sert également de signature dans un des code paysans.
1er février 1690 - Première séance suite au retour de la cour à Rennes
Février 1704 - Création d'une chambre d'appel des affaires concernant les eaux et forêts ; chambre réunie peu de temps après au "corps des officiers"
Mars 1724 - Une seule séance annuelle du 12 novembre au 24 août et création d'une chambre des Vacations pour certaines affaires durant les vacances ; une deuxième chambre des Enquêtes est créée ainsi que pour une courte durée une deuxième chambre des Requêtes
15 juillet 1769 - Rétablissement du parlement dans son intégrité après l'affaire du Duc d'Aiguillon (1766)
Septembre 1771 - Suppression du parlement en conséquence du coup de majesté suggéré à Louis XV par le chancelier de Maupeou
Décembre 1774 - Rappel du parlement suite à l'avènement de Louis XVI
1788 - Très forte opposition du parlement aux édits fixant la création de "Grands Baillages" - Le parlement refuse de nommer des députés aux États généraux.
1789 - Dernière séance.
3 février 1790 - Fin de l'existence légale. Cependant l'annulation, du seul fait de l'Assemblée Nationale, n'a jamais été entérinée par les parlementaires bretons, qui l'ont déclaré, le même jour "de nullité absolue et à perpétuité"(Thèse Toublanc)
La compétence judiciaire du parlement de Bretagne
Si par sa vocation première, le parlement de Bretagne est essentiellement occupé par les appels des jugements rendus dans son ressort tant en matière civile qu'en matière criminelle , il avait à instruire et à intervenir comme juridiction de première instance dans une large palette de procès et questions particulières qui échappaient pour des motifs divers aux compétences des autres juridictions de la province. Voir Parlement de Paris pour les généralités.
Les officiers des amirautés doivent être reçus par la chambre des requêtes (examen de la loi et information de «bonnes vie et mœurs», sentence de réception).
La compétence administrative du parlement de Bretagne
Le parlement de Bretagne possédait quelques prérogatives administratives telle que la tutelle des paroisses ou la police générale. Les contentieux et doléances dont il était instruit lui permettaient d'être informé des difficultés assez générales pour justifier des arrêts dits de règlement dépassant le cadre strictement judiciaire. De même, les ordonnances et édits royaux pouvaient demander une adaptation plus ou moins immédiate. Une des grandes innovations des lois des 16 et 24 août 1790 sera d'ailleurs la distinction des tribunaux judiciaires et administratifs.
Les paroisses devaient demander son accord avant toute levée de deniers destinée à ses besoins propres (réparations...) : on dénombre ainsi quarante demandes de paroisses bretonnes pour un semestre de 1693.
Les recteurs devaient faire la publicité de ces arrêts, les plus généraux étant parfois appelés arrêts de règlement, ainsi beaucoup des arrêts rendus sur remontrance du procureur général du roi se terminaient-ils par la formule : « lequel sera imprimé, lu, publié, enregistré et affiché à l'issue des grandes messes paroissiales et partout où besoin sera. » sans qu'on sache d'ailleurs qui décidait cette répartition.
La construction du palais du parlement
Les plans ont été dessinés par l'architecte de la ville, Germain Gaultier et revus par Salomon de Brosse (concepteur des façades).
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| jeudi 01 février 2007, a 05:01 |
| 1 février 1954 |
1 Février 1954 : Appel de l'abbé Pierre sur RTL en faveur des mal logés.
Henri Grouès, dit l’Abbé Pierre, né le 5 août 1912 à Lyon et mort le 22 janvier 2007 à Paris, est un prêtre catholique français, résistant puis député, fondateur en 1949 des Compagnons d'Emmaüs, une organisation caritative laïque destinée à aider les pauvres, les exclus et les réfugiés, et de la Fondation Abbé-Pierre pour le logement des défavorisés pour les sans domicile fixe (SDF). Des sondages l'ont désigné dix-sept fois « personnalité préférée des Français » de 1989 à 2003.
Biographie
Marie Joseph Henry Henri Grouès est né le 5 août 1912 à Lyon (IVe) dans une famille bourgeoise aisée et pieuse de négociant en soie lyonnais, originaire, du côté paternel, du hameau de Fouillouse en Saint-Paul-sur-Ubaye, village le plus haut des Alpes-de-Haute-Provence situé au fond de la vallée de l'Ubaye, et de Tarare dans le Rhône du côté maternel. Il est le cinquième de huit enfants. Il a été baptisé à l'église Saint-Eucher, dans le 4e arrondissement de Lyon. Il passe son enfance à Irigny, près de Lyon. À 12 ans, il accompagne son père à la confrérie séculaire des Hospitaliers veilleurs, où les bourgeois se font coiffeurs barbiers pour les pauvres.
Il fit partie des scouts de France, dans lesquels il fut totémisé « Castor méditatif ». En 1928 à 16 ans, après un « coup de foudre avec Dieu » selon ses propres mots, il veut entrer dans les ordres franciscains, cependant il devra attendre d'avoir 17 ans et demi. À ce sujet il déclara « On me disait beau gosse, peut-être même un peu mondain, pourtant, le lendemain je serai moine. »
Entrée dans les ordres
En 1931, il fait profession chez les capucins où il prononce ses vœux. Il renonce cette année-là à sa part du patrimoine familial, et donne tout ce qu’il possède à des œuvres caritatives. En religion, Henri Grouès devient frère Philippe. En 1932, il entre au cloître, au couvent de Crest où il passe sept années d'austérité religieuse.
Il est ordonné prêtre le 24 août 1938. En avril 1939, il devient vicaire à Grenoble.
Seconde Guerre mondiale
Il est mobilisé comme sous-officier dans le régiment du train des équipages, en décembre 1939, au début de la Seconde Guerre mondiale.
Selon sa biographie officielle, il aide des juifs pourchassés par les nazis au lendemain de la rafle du Vel’ d’Hiv et d’une rafle similaire à Grenoble en zone libre : « En juillet 1942, deux juifs pourchassés lui demandent de l’aide. Il découvre alors les persécutions et s’engage immédiatement, apprend à faire les faux papiers. Dès août 1942, il commence à faire passer des juifs en Suisse. » Cependant, ces affirmations n’ont pas été corroborées par des témoignages authentifiés.
La même année, il fait passer en Suisse le plus jeune frère du général de Gaulle, Jacques, ainsi que son épouse. Il participe à la création de maquis dont il est un des leaders dans le massif du Vercors et le massif de la Chartreuse.
Il aide les réfractaires au Service du travail obligatoire (STO). Il prend le nom d’Abbé Pierre dans la clandestinité. En 1944, il est arrêté par l’armée allemande à Cambo-les-Bains, dans les Pyrénées-Atlantiques, mais est relâché et passe en Espagne puis rejoint via Gibraltar les Forces françaises libres (FFL) du général de Gaulle à Alger en Algérie française. Il devient aumônier de la Marine sur le Jean Bart à Casablanca (Maroc) et devient une figure importante de la Résistance.
Ses actions dans la résistance lui valent la Croix de guerre avec palme à la libération. De son expérience passée et des drames dont il a été témoin, il doit, comme bien d’autres résistants de tout bord qui l’ont côtoyé, son engagement politique pour restaurer une société digne fondée sur les droits humains fondamentaux, mais aussi sa profonde détermination à agir pour des causes qu’il croit justes, y compris parfois dans l’illégalité, et à mobiliser autour de lui pour faire changer les lois établies et les regards indifférents.
Carrière politique
Après la guerre, sur les conseils de l’entourage de De Gaulle, et l’approbation de l’archevêque de Paris, il est élu député de Meurthe-et-Moselle aux deux assemblées nationales constituantes (1945-1946), comme indépendant apparenté au Mouvement républicain populaire (MRP) de résistants démocrates-chrétiens, puis à l’Assemblée nationale de 1946 à 1951, où il siège d’abord sein du groupe MRP.
En 1947, il est vice-président de la Confédération mondiale, mouvement fédéraliste universel (mondialisation démocratique). Avec Albert Camus et André Gide, il fonde le comité de soutien à Gary Davis, citoyen du monde, qui s’oppose à la remontée rapide des égoïsmes nationaux et déchire son passeport devant l’ambassade américaine.
Il se désolidarise du parti politique après « l’incident sanglant » de Brest d’avril 1950, ayant provoqué la mort de l’ouvrier Édouard Mazé. Dans sa lettre de démission du 28 avril 1950, Pourquoi je quitte le MRP, il dénonce les positions politiques et sociales du Mouvement. Il rejoint ensuite la Ligue de la jeune République, mouvement chrétien socialiste. Mais, il ne se représentera plus à l’Assemblée à la fin de son mandat : sa courte carrière politique se termine en 1951 et l’Abbé Pierre retourne à sa vocation première de prêtre-aumônier et s’investit, avec sa petite rente d’ex-député, dans ses actions caritatives.
Fondation d’Emmaüs
Il fonde en 1949 l’association des Compagnons d'Emmaüs (en référence à Emmaüs, village de Palestine apparaissant dans un épisode du dernier chapitre de l'Évangile selon Luc) d’aide aux déshérités, particulièrement aux sans-abris. Il commence ainsi dès 1950 par fonder la communauté d’Emmaüs Neuilly-Plaisance.
Les communautés Emmaüs se financent par la vente de matériels et d’objets de récupération et construisent des logements. C’est une organisation laïque.
En 1952, il participera au jeu « Quitte ou double » sur Radio-Luxembourg pour alimenter financièrement son combat, où il gagnera 256 000 francs de l'époque.
Hiver 54
L’abbé Pierre acquiert sa notoriété à partir du très froid hiver de 1954, meurtrier pour les sans-abris pour une « insurrection de la bonté ». « Il y a cinquante ans, tous sortaient à peine des atrocités de la guerre. Tous avaient dû fuir, chacun se sentait proche des réfugiés. Les gens se rappelaient la souffrance et la peur. Ils étaient davantage prêts à réagir. Mais on ne renouvelle pas des faits historiques comme celui-là. »
Il lance le 1er février 1954 un appel mémorable sur les antennes de Radio-Luxembourg (future RTL)
« Mes amis, au secours... Une femme vient de mourir gelée, cette nuit à trois heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant hier, on l'avait expulsée... Chaque nuit, ils sont plus de deux mille recroquevillés sous le gel, sans toit, sans pain, plus d'un presque nu. Devant l'horreur, les cités d'urgence, ce n'est même plus assez urgent !
Écoutez-moi : en trois heures, deux premiers centres de dépannage viennent de se créer : l'un sous la tente au pied du Panthéon, rue de la Montagne Sainte Geneviève ; l'autre à Courbevoie. Ils regorgent déjà, il faut en ouvrir partout. Il faut que ce soir même, dans toutes les villes de France, dans chaque quartier de Paris, des pancartes s'accrochent sous une lumière dans la nuit, à la porte de lieux où il y ait couvertures, paille, soupe, et où l'on lise sous ce titre « centre fraternel de dépannage », ces simples mots : « Toi qui souffres, qui que tu sois, entre, dors, mange, reprend espoir, ici on t'aime »
La météo annonce un mois de gelées terribles. Tant que dure l'hiver, que ces centres subsistent, devant leurs frères mourant de misère, une seule opinion doit exister entre hommes : la volonté de rendre impossible que cela dure. Je vous prie, aimons-nous assez tout de suite pour faire cela. Que tant de douleur nous ait rendu cette chose merveilleuse : l'âme commune de la France. Merci ! Chacun de nous peut venir en aide aux « sans abri ». Il nous faut pour ce soir, et au plus tard pour demain : cinq mille couvertures, trois cents grandes tentes américaines, deux cents poêles catalytiques
Déposez les vite à l'hôtel Rochester, 92, rue de la Boétie. Rendez-vous des volontaires et des camions pour le ramassage, ce soir à 23 heures, devant la tente de la montagne Sainte Geneviève. Grâce à vous, aucun homme, aucun gosse ne couchera ce soir sur l'asphalte ou sur les quais de Paris.
Merci ! »
Le lendemain, la presse titra sur « l’insurrection de la bonté ». L’appel rapportera 500 millions de francs en dons (dont 2 millions par Charlie Chaplin), une somme énorme pour l’époque et complètement inattendue, des appels et courriers qui submergèrent complètement le standard téléphonique de la radio, et des dons en nature d’un volume si immense qu’il fallut des semaines pour simplement les trier, les répartir et trouver des dépôts pour les stocker convenablement un peu partout en France.
L’appel de 1954 attira des bénévoles volontaires de toute la France pour aider d’abord à la redistribution, mais aussi fonder les premiers groupes se réclamant de cet appel. Rapidement, il dut organiser cet élan inespéré de générosité, et le 23 mars il fonde les Compagnons d’Emmaüs, communauté de chiffonniers qui construisent des logements pour les sans-abri, et les accueillent en leur procurant non seulement toit et couvert en situation d’urgence mais aussi un travail digne. Nombre de compagnons d’Emmaüs seront ainsi d’anciens sans-abris, de tous âges, genres et origines sociales, sauvés de la déchéance sociale ou parfois d’une mort certaine et rétablis dans leurs droits fondamentaux, par les communautés issues de cet élan de générosité à qui il retournent leurs remerciements par leur propre engagement caritatif.
Le combat de l’Abbé Pierre a aussi permis l’adoption d’une loi interdisant l’expulsion de locataires pendant la période hivernale.
Réforme de la doctrine de l’Église
En 2005, dans son livre Mon Dieu... pourquoi ?, rédigé avec Frédéric Lenoir, il déclare qu’il a été attiré par des jeunes filles, étant lui-même jeune homme et avant d’entrer dans les ordres. À ce sujet, il invite les dirigeants d'Eglise à réfléchir sur une éventuelle réforme de la discipline de l’Église en faveur de l’ordination des hommes mariés. Et ne comprend pas l’opposition des papes Jean-Paul II et Benoît XVI, l’ordination des hommes mariés étant autorisée par l’Église dans certains rites orientaux. En outre, il voit dans cette autorisation un moyen de lutter contre la pénurie de nouveaux ministres du culte de l’Église. Il incite également à réfléchir à l’ordination des femmes.
Dans cet ouvrage, il ne s’oppose pas à l’homoparentalité, à condition que les enfants ne subissent aucun préjudice psychologique ou social et explique notamment son opinion sur le fait « qu’un modèle parental classique n’est pas nécessairement gage de bonheur et d’équilibre pour l’enfant ». Mais il se déclare contre le mariage et préfère y substituer une « alliance » homosexuelle. Car selon lui, le mariage homosexuel « créerait un traumatisme et une déstabilisation sociale forte. »
Il réagira vivement à la suite de la publication de ce livre, affirmant "ne pas avoir lu ce livre". Il considèrera avoir été trompé par son ami de longue date (Frédéric Lenoir), qui aurait avancé en son nom des propos jamais tenus.
Il se fait huer lors d'une soirée de mobilisation contre le sida en affirmant que le meilleur remède à cette épidémie est la fidélité dans l'amour. Peu dogmatique, il est tout de même favorable au préservatif, affirmant « qu’il faut regarder les problèmes en face. »
Image publique
L’image du grand barbu en soutane, en grosse pèlerine et godillots que lui a un jour offert un sapeur pompier forge vite son statut de « héros légendaire », de « juste » (selon son testament évoqué par ses compagnons de la Communauté d’Emmaüs, cette pèlerine emblématique reviendra au Musée des pompiers de Paris).
Après l’appel de 1954 et la sortie du film Les Chiffonniers d’Emmaüs consacré à l’abbé Pierre, Roland Barthes a analysé en 1957, son visage, « qui présente clairement tous les signes de l’apostolat : le regard bon, la coupe franciscaine, la barbe missionnaire, tout cela complété par la canadienne du prêtre-ouvrier et la canne du pèlerin. Ainsi sont réunis les chiffres de la légende et ceux de la modernité. » Sa coupe, « équilibre neutre entre le cheveu court [..] et le cheveu négligé » approche selon le sémiologue l’intemporalité de la sainteté, et l’identifie à saint François d’Assise. La barbe, celle du capucin et du missionnaire, symbolise quant à elle la pauvreté et la vocation apostolique, comme pour le père de Foucauld. Ce visage évoque donc à la fois la spiritualité de l’homme, le combat de son sacerdoce, et sa liberté vis-à-vis de sa hiérarchie. Pour Pierre Bourdieu, l’abbé est même un prophète, « surgi[ssant] en temps de disette, de crise », « pren[ant] la parole avec véhémence et indignation. »
Mais, Barthes se demande aussi si « la belle et touchante iconographie de l’abbé Pierre n’est pas l’alibi dont une bonne partie de la nation s’autorise, une fois de plus, pour substituer impunément les signes de la charité à la réalité de la justice. » Cette grande popularité en France ne s’est jamais démentie, les enquêtes d’opinion de la presse le plaçant indétronablement pendant une dizaine d’années (un record inégalé, après avoir succédé au commandant Jacques-Yves Cousteau, à peine éclipsé durant un an par une seconde place temporaire imputée à l’affaire Garaudy) en tête des personnalités préférées des Français, comme celles du Journal du Dimanche publiées plusieurs fois par an, jusqu’à ce qu’il demande à en être retiré en début 2004. « C’est à la fois une arme et une croix », dit-il, pour laisser la place des honneurs aux plus jeunes.
L’abbé Pierre s’est toujours appuyé sur son image grâce aux médias, depuis son appel sur Radio-Luxembourg en 1954, jusqu’à sa présence à l’Assemblée nationale en janvier 2006, en faveur de la loi SRU sur le logement social. Selon Bernard Kouchner, fondateur de Médecins du Monde, il est ainsi l’inventeur de la loi du tapage médiatique.
Encore ces dernières années, malgré la maladie et l’âge, il est descendu dans la rue pour soutenir la cause des pauvres. Il a soutenu l’association Droit au logement (DAL). Un dernier combat qui fait encore l’actualité politique en pleine campagne présidentielle 2007, où les candidats se pressent pour défendre une future loi sur le logement opposable poussée par l’action médiatique d’associations de sans-logis, un texte qu’ils veulent maintenant nommer « loi Abbé Pierre, » comme avant lui son ami Coluche à qui on a attribué la loi sur les dons aux œuvres caritatives, une autre icône populaire et médiatique et pourtant si humaine de la fin du XXe siècle restée dans le cœur des Français, et que l’Abbé Pierre avait soutenu avant de devoir, lui le vieil homme, lui succéder dans son combat inachevé pour les « exclus du partage. »
Controverse
En avril 1996, lorsque son ami Roger Garaudy est traduit en justice pour négationnisme suite à la publication de son livre Les mythes fondateurs de la politique israélienne, il lui apporte son soutien « à titre amical » ce qui lui vaudra d’être exclu du comité d’honneur de la LICRA.
L’abbé Pierre se démarquera ensuite des tentatives pour « nier, banaliser ou falsifier la Shoah » dont il avait été lui-même témoin. Selon les termes du quotidien L'Humanité, « ce revirement tardif ne dissipe cependant pas le malaise. »
L’historien Pierre Vidal-Naquet déclara pour sa part : « Je crains que la prise de position de l’abbé Pierre ouvre les vannes d’une poussée antisémite. » Cette polémique, qui meurtrira durablement l’abbé Pierre, ne reçut cependant que peu d’écho auprès de la population et fut l’occasion pour nombre de Français de le soutenir en renouvelant pendant de nombreuses années sa confiance dans les personnalités françaises les plus aimées (jusqu’à ce que l’abbé y mette fin lui-même).
L’abbé Pierre s’explique d’ailleurs très clairement à ce sujet dans le documentaire Un abbé nommé Pierre, une vie au service des autres en précisant le soutien « à titre amical » apporté à la personne de Roger Garaudy et non aux propos qu’il a tenu dans son livre, dont il n’avait pas pris connaissance (une réponse qui peut sembler trop légère, mais dont la formulation a été précipitée par d’autres, alors que l’abbé Pierre ne prenait habituellement des positions publiques que sur des sujets qu’il avait eu le temps de réfléchir mûrement pour se forger une opinion).
Le conservateur du Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère département où Henri Grouès a accompli la majeure partie de ses actions de résistance a pour sa part déclaré que l’abbé aurait mérité dix fois d’être déclaré Juste parmi les nations pour son combat au sein de la Résistance en faveur des juifs, l’abbé Pierre n’ayant lui-même donné aucun propos antisémite, ni pendant, ni après la guerre, et ayant prouvé son honnêteté par son action tout au long de son existence, comme le fait qu'il ait sauvé des juifs pendant la guerre au péril de sa vie.
Certains ont critiqué les propos de l’Abbé Pierre sur l’idée de la terre promise dans l’Ancien Testament. En effet, il dénonçait la prise très violente de cette terre par les israélites, telle qu’elle est décrite dans la Bible : « Que reste-t-il d’une promesse lorsque ce qui a été promis, on vient de le prendre en tuant par de véritables génocides des peuples qui y habitaient, paisiblement, avant qu’ils y entrent » dira-t-il à Bernard Kouchner et il n’hésitera pas à en déduire une véritable vocation à l’exil de ce peuple « Je crois que - c’est çà que j’ai au fond de mon cœur - que votre mission a été - ce qui, en fait, s’est accompli partiellement - la diaspora, la dispersion à travers le monde entier pour aller porter la connaissance que vous étiez jusqu’alors les seuls à porter, en dépit de toutes les idolâtries qui vous entouraient. »
On pourra voir dans ces déclarations une reprise tout juste voilée de l'ancienne thématique chrétienne de l'auto malédiction d'un peuple juif "avatar de Caïn", (thématique désavouée par l'église à l'occasion de la déclaration "Nostre Aetate" issue de Vatican II) et, finalement, "une lecture de la Bible très conforme à l'antijudaïsme d'une partie du catholicisme avant Vatican II".
De fait, la position de l'abbé Pierre sur la Shoah demeurera teintée d’ambiguïté : « ils [la LICRA] n’acceptent absolument pas le dialogue, contrairement à Garaudy. Ils considèrent que le débat (sur le génocide des juifs) est clos. Qu’oser le rouvrir n’est pas possible. Par exemple sur la question des chambres à gaz, il est vraisemblable que la totalité de celles projetées par les nazis n’ont pas été construites ». propos auquel l’Abbé Pierre ajoute toutefois : « Mais mes amis de la LICRA me disent qu’avancer de telles affirmations, c’est contester la Shoah. Ce n’est pas sérieux. »
Critiqué par Bernard Kouchner qui reproche à un ami personnel « d’absoudre l’intolérable, publiquement désavoué par le Cardinal Jean-Marie Lustiger, L'Abbé Pierre est alors sommé par sa hiérarchie de prendre une retraite médiatique temporaire et part quelques temps en séminaire en Italie; il y aurait déclaré au Corriere della Serra que la presse française est " inspirée par un lobby sioniste international ".
Sa mort
L’abbé Pierre meurt le lundi 22 janvier 2007, tôt le matin (5 h 25 heure locale), à l’hôpital du Val de grâce à Paris, des suites d’une infection du poumon droit consécutive à une bronchite. Il était âgé de 94 ans.
Il affirmait : « J’ai passé ma vie à prier Dieu pour mourir jeune ». Et il ajoute : « Vous voyez c’est raté ! ».
Les réactions en France sont rapides.
Le jour de sa mort, le président de la République française Jacques Chirac a salué la mémoire de l’abbé Pierre et a estimé qu’avec sa disparition « c’est la France entière qui est touchée au cœur ».
« Au mouvement Emmaüs et à la Fondation Abbé Pierre, à tous ses militants et bénévoles, le Président de la République fait part de sa grande peine et l’expression de toute sa solidarité ».
L’ensemble de la classe politique française reconnaît le travail réalisé par l’abbé Pierre, notamment Dominique De Villepin, Premier ministre qui saluait « l’homme de cœur et d’engagement ». Dans un communiqué publié par Matignon, le Premier Ministre souligne que « l’abbé Pierre a été, toute sa vie durant, une force d’indignation capable de faire bouger les cœurs et les consciences » : « Défenseur du droit au logement, fondateur des communautés d’Emmaüs, il s’est consacré sans relâche à aider les plus pauvres à tracer leur chemin. L’abbé Pierre nous a montré la voie de la générosité individuelle et collective. Il manquera à tous les Français », conclut Dominique de Villepin.
De tous bords, les politiques ne tarissent d’éloges pour l’abbé Pierre. Ainsi, par exemple, Ségolène Royal — candidate socialiste à l’élection présidentielle française 2007, déclare-t-elle au micro de la radio RTL que « Le long cri de colère de l’abbé Pierre contre la pauvreté ne doit pas s’éteindre », tandis que Nicolas Sarkozy, candidat UMP à la même élection déclarait, lui, dans un communiqué, que « avec la disparition de l’Abbé Pierre, le cœur de la France est en berne ».
De très nombreuses associations et fondations françaises ou internationales qui ont milité avec l’Abbé Pierre dans des causes communes en faveur des plus démunis lui rendent le jour même un vibrant hommage par des communiqués officiels (sauf la LICRA qui ne lui a accordé aucun pardon malgré sa sincère repentance envers ceux qu’il aurait maladroitement blessé).
L’ancien président de la République Valéry Giscard d'Estaing a demandé à ce que soient célébrées « des obsèques nationales » en l’honneur de l’abbé Pierre. La présidence de la République s’est prononcée le jour de sa mort pour savoir si un « hommage national » ou un « deuil national » (la plus haute distinction funéraire française) serait rendu. Conformément aux souhaits de la Fondation Abbé Pierre et la famille qui semblait s’opposer à la seconde option, c’est la première option qui a été choisie (réservée tout de même à des personnalités exceptionnelles telles avant lui, Jean-Paul II et le Commandant Cousteau), plus conforme au testament de l’abbé qui préférait que tout l’argent serve plutôt à la collecte au profit des œuvres de sa Fondation, à laquelle il a donné tout au long de sa vie l’ensemble de ses droits ainsi que les dons personnels faits à son nom.
Une chapelle ardente a été ouverte à tous, les mercredi 24 janvier et jeudi 25, toute la journée, à l’hôpital du Val de grâce à Paris, où son cercueil simplement surmonté de sa canne et son béret fut exposé aux remerciements du public ; un hommage populaire à l’abbé Pierre a eu lieu le jeudi 25 janvier au Palais Omnisports de Paris Bercy, de 19 à 23 heures. Par ailleurs des livres d’or collectent les hommages populaires à Paris, Metz et dans plusieurs communautés Emmaüs du Sud de la France ; face aux demandes, d’autres communautés Emmaüs en France ou dans le monde recueillent aussi les hommages du public.
Suite à la demande de la famille, les drapeaux français n'ont pas été mis en berne lors de l’hommage national. Les obsèques se sont déroulées le vendredi 26 janvier à 11 heures, en la cathédrale Notre-Dame de Paris. Diverses personnalités de tout bords se sont jointes à la cérémonie, placées derrière Jacques Chirac, de nombreux compagnons d’Emmaüs et la famille : Valéry Giscard d'Estaing, Dominique de Villepin, de nombreux ministres français, des artistes... ainsi qu’une immense foule anonyme. Fait rare en France, le cortège funéraire a été applaudi par le public, ainsi que dans la cathédrale.
Durant la cérémonie les représentants officiels de différentes religions étaient présents et lui ont remis symboliquement des cadeaux placés sur son cercueil, posé à même le sol. Exception notable: l'absence de tout représentant autorisé des institutions juives.
Son cercueil a ensuite été transféré vers sa communauté d’Esteville en Seine-Maritime, où l’Abbé Pierre a été inhumé dans la plus stricte intimité.
Plusieurs personnalités politiques se prononcent déjà pour le transfert de sa tombe au Panthéon, en dépit de ce que voulait l’abbé dans son livre-testament et ses déclarations, conscient de son immense popularité et des responsabilités que lui imposait cette confiance, confiance qu’il portait à la fois « comme une arme », capable de soulever une population tout entière pour le soutenir, « et une croix » très lourde à porter et qui ne lui épargnerait rien.
Citations
« Il ne faut pas faire la guerre aux pauvres, mais à la pauvreté. »
« Un raciste est un homme qui se trompe de colère. »
« Sur ma tombe, à la place de fleurs et de couronnes, apportez-moi les listes de milliers de familles, de milliers de petits enfants auxquels vous aurez pu donner les clés d’un vrai logement. »
« Dites leur d’écrire : il a essayé d’aimer. », répondit l’abbé Pierre quand on lui demanda ce qu’il voudrait qu’on inscrive sur sa tombe.
« Il ne faut pas attendre d'être parfait pour commencer quelque chose de bien. »
« De temps en temps, faire ce qui ne se fait pas, ça fait du bien. »
« Nous avons autant besoin de raisons de vivre que de quoi vivre. »
« Les hommes politiques ne connaissent la misère que par les statistiques. On ne pleure pas devant les chiffres. »
« On ne peut pas, sous prétexte qu’il est impossible de tout faire en un jour, ne rien faire du tout. »
« Quand on s’indigne, il convient de se demander si l’on est digne. »
« C’est tellement complexe un homme et, jusqu’au dernier instant, tellement inachevé ! »
« L’enfer, c’est les autres, écrivait Sartre. Je suis intimement convaincu du contraire. L’enfer, c’est soi-même coupé des autres.»
« Le rôle de tout être humain, c’est de faire la preuve que le monde n’est pas sans raison. »
« La vie est plus belle que la prudence. »
À propos de Jean-Marie Le Pen : « Je lui ai dit deux fois Ta gueule, et je le répéterai indéfiniment, tant que j'aurai un souffle de vie. »
Il n'a pas toujours été tendre envers ceux qui l'idolâtraient : « C'est souvent leur façon inconsciente de se dérober à leur véritable devoir. »
« La politique ça consiste uniquement à savoir à qui on va prendre du fric et à qui on va le donner. »
À propos de Nicolas Sarkozy, durant la crise des banlieues et alors qu'il se trouvait dans un quartier défavorisé : « Mais est-ce qu'il s'inquiète de la sécurité de vous, ou de la sécurité des bourgeois des avenues riches de Paris ? »
« Et quand le soir dans vos belles maisons, vous allez embrasser vos petits enfants avec votre bonne conscience, au regard de Dieu, vous avez probablement plus de sang sur vos mains d'inconscient que n'en aura jamais le désespéré. »
À la question : « Qu'aimeriez-vous entendre Dieu vous dire à votre arrivée ? », il avait répondu : « Va vite te débarbouiller et prendre ta place au banquet ! »
«Si vous voulez faire une vacherie à quelqu'un, rendez-le célèbre.»
«Admettons que je fasse partie du paysage. Mais que l'on n'attende pas de moi que je reste tranquille"
«L'oisiveté rend fou. Il ne suffit pas de manger pour vivre, mais il faut se sentir utile»
«Un homme a absolument le droit, s'il n'a pas de toit et s'il voit un logement vide, de l'occuper. Les squatters ont un droit moral. »
«L'emploi, c'est comme le pain, ça se partage»
«Si tu refuses le préservatif, tu es un salaud»
«Ce n'est pas avec des moyens policiers et des armes que l'on empêchera les pauvres de s'installer chez nous.»
«Je vois fleurir avec éblouissement la plus petite fleur sur ce tas de fumier qu'est l'humanité.
«Plus j'avance en âge et plus je suis convaincu qu'il y a deux choses essentielles dans la vie à ne pas rater: aimer et mourir.»
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| commentaire(s) | Bons plans Papillotte (22/06/2009 18:32)je découvre ton blog... |
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