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Les bons plans de fabrice
samedi 27 janvier 2007, a 04:30
Louis de Funès
 

  Louis de Funès

 

Etait un acteur, scénariste et réalisateur français né Louis Germain David de Funès de Galarza à Courbevoie le 31 juillet 1914 et mort à Nantes le 27 janvier 1983.
Après presque vingt ans sur les planches et devant les caméras, la carrière de l'acteur s'emballe au début des années soixante, d'abord au théâtre puis au cinéma. Le succès public ne se démentira plus et il deviendra l'un des acteurs les plus populaires des années soixante et soixante-dix, en France mais aussi à l'étranger.
Il est considéré comme l'un des plus grands acteurs comiques français.

Louis de Funès est le troisième enfant d'un couple arrivé d'Espagne en France en 1904 après que son père, Carlos Luis de Funès de Galarza (1871-1934), a enlevé sa mère Léonor Soto Reguera (1879-1957) parce que la famille de celle-ci s'opposait à leur union.

Son père, qui ne peut plus exercer sa profession d'avocat en France, s'improvise alors négociant en perles et en bijoux. L'acteur reconnaîtra que ce père qu'il a peu connu était « un peu fantasque », « un artiste », provoquant de violentes colères de sa mère. D'ailleurs celle-ci aura sans doute une grande influence sur lui et il racontera souvent qu'elle fut son premier professeur de comédie : « Il arrivait à ma mère de me courser autour de la table en criant "Yé vais té toué", dans sa façon d'être et d'agir, elle possédait sans le savoir, le génie des planches. ». C'est elle aussi qui lui donne ses premières leçons de piano à l'âge de 5 ans.

À 16 ans, après des études secondaires moyennes et sur les conseils de son père et de son frère devenu fourreur, Louis de Funès entre à l'École Professionnelle de la Fourrure, située près de la Bastille à Paris. Deux ans plus tard, il est mis à la porte pour chahutage. Il travaille ensuite chez plusieurs fourreurs, passe par de nombreux petits boulots, mais comme il continue à se faire renvoyer systématiquement et las de ses frasques professionnelles, ses parents l'inscrivent en 1932 à l'École Technique de Photographie et de Cinéma (ETPC), où il choisit la section cinéma. Dans les cours, il a notamment pour condisciple Henri Decaë qui sera longtemps plus tard directeur de la photographie sur plusieurs de ses films, mais il est finalement renvoyé pour « incendie volontaire ».

Recommence alors l'alternance du chômage et des petits boulots (dessinateur industriel pour le constructeur automobile Rosengart, aide comptable, étalagiste, etc) d'où il finit toujours par se faire renvoyer. En 1936, il épouse sa première femme. Un enfant naîtra de cette union, mais le couple se sépare très vite. Bientôt il commence à se faire engager comme pianiste de bar. Il joue dans un nombre incalculable d'établissements, enchaînant des soirées de douze heures (de 5 h 30 du soir à 5 h 30 du matin), payé à la coupelle (le pourboire des clients) ou touchant un cachet de misère. Il a l’oreille musicale - ce dont il se servira dans certains de ses films tels que Le Corniaud, Le Grand Restaurant, ou encore L'Homme orchestre - et une bonne connaissance du cinéma de son époque.

Les débuts

En 1942, à l'âge de 28 ans, il décide de devenir comédien et s'inscrit au Cours Simon, réussissant son concours d'entrée grâce à une scène des Fourberies de Scapin de Molière. Même s’il n'y fait qu'un court passage, il croise dans le cours de nombreux comédiens comme Daniel Gélin qui lui permet de débuter plus tard dans la pièce L'Amant de Paille de Marc-Gilbert Sauvajon : « Un hasard prodigieux. Je descendais d'un wagon de première dans le métro et Daniel Gélin, déjà croisé au cours René Simon, montait dans un wagon de seconde. La porte allait se refermer lorsqu'il me crie “téléphone-moi demain. J'ai un petit rôle pour toi” ». Même s’il ne s'agit que d'une figuration, Gélin l'encourage, mais l'époque de vaches maigres n'est pas révolue. À coté de quelques petites figurations théâtrales, l'acteur se démène pour gagner sa vie grâce à ses activités de pianiste, donnant parfois des cours le jour puis se livrant à de véritables marathons instrumentaux à travers le Paris nocturne. D'autant qu'il faut mettre les bouchées triples, car Louis s'est remarié en 1943 et que la famille s'est élargie en 1944 avec la naissance de son fils Patrick. En 1945, Gélin encore, Louis de Funès l'appelait « Ma Chance » lorsqu'il le croisait, lui trouve un rôle minuscule dans La Tentation de Barbizon de Jean Stelli avec une seule réplique en voyant Pierre Larquey essayer de passer à travers une porte fermée : « Ben, il a son compte celui-là, aujourd’hui. Cette porte est la première d'une longue série, « J'en ai ouvert et fermé des portes, si vous saviez, avant d'y arriver », et le départ d'une course à la participation dans des productions cinématographiques. Quelques fois, il figure même plusieurs personnages dans un même film comme dans Du Guesclin de Bernard de Latour en 1947.

En 1952, il rejoint la troupe des Branquignols dirigée par Robert Dhéry. Il débute d'abord dans la revue Bouboule et Sélection, puis dans Ah ! Les belles bacchantes en 1953. Cette revue obtient un grand succès - deux années de représentations - et contribue à le faire connaître. De plus, intégré dans une troupe dédiée au comique, l'acteur va perfectionner sa technique et explorer des facettes de son talent jusque là délaissées. On le retrouve l'année suivante dans l'adaptation à l'écran du spectacle, Ah ! Les belles bacchantes de Jean Loubignac, qui sera son premier film en couleurs.

En 1956, il obtient un début de reconnaissance dans La traversée de Paris, de Claude Autant-Lara, où il joue le fameux « Jambier ». Face à Jean Gabin et Bourvil, il crève l'écran dans une prestation de quelques minutes : il s'emporte, il fulmine, il est agressif envers le faible (Bourvil), soumis et fourbe face au fort (Gabin) : il dessine en quelque sorte son futur personnage. Même si le film a atteint aujourd'hui le statut de film culte, il connaîtra à sa sortie un succès public mitigé. Dès l'année suivante, Maurice Regamey lui offre son premier rôle principal dans Comme un cheveu sur la soupe. Son interprétation vaut à l'acteur le Grand Prix du Rire 1957, sa première récompense et le film, « petite production sans prétention, qui aurait dû passer inaperçue, [..] tient l'affiche de très longues semaines. ». Toujours en 1957, il est la tête d'affiche de Ni vu, ni connu d'Yves Robert, et son rôle de braconnier accompagné de son chien « Fous le camp » échappant toujours au garde-forestier lui confère le titre de « meilleur comique du moment ». Pourtant la progression de sa carrière au cinéma marque une pause et l'acteur va retourner à des films ou des rôles moins importants pour quelque temps.

C'est d'abord au théâtre que la carrière de Louis de Funès va connaître une nouvelle accélération. Depuis ses débuts, l'acteur ne s'est jamais éloigné des planches et notamment en 1957, au côté de Danielle Darrieux et Robert Lamoureux il reprend le rôle créé par Raimu dans Faisons un rêve de Sacha Guitry. Le biographe de l'auteur Jacques Lorcey note : « Ce sera la dernière grande joie de notre Sacha. [..] ce succès, obtenu par des vedettes tellement différentes des créateurs lui apporte la certitude que son théâtre lui survivra. ». En septembre 1959 pour les tournées Karsenty, il débute les répétitions d'Oscar, une pièce de Claude Magnier qui n'avait pas rencontré le succès à Paris lors de sa création en 1958 avec une autre distribution qui comprenait Pierre Mondy et Belmondo. À partir du 1er octobre, commencent les 100 jours d'une tournée qui vont le conduire dans les provinces françaises et le Maghreb. Le succès est tel qu'on lui propose de reprendre la pièce à Paris en janvier 1961. D'abord hésitant pour cette reprise parisienne si peu de temps après l'échec de la création, il accepte et finalement, la pièce est un énorme succès sur scène où il se déchaîne, multiplie les improvisations et les prouesses physiques. Pierre Mondy, qui incarnait son personnage lors de la création de la pièce, constate : «  Louis était carrément génial dans Oscar. Génial d'invention, de burlesque. Il avait amélioré le rôle ».

En parallèle, il continue à tourner. On le retrouve par exemple en 1962 en restaurateur colérique et cupide face à Jean Gabin dans le Gentleman d'Epson de Gilles Grangier. Toutefois, en 1963, il retrouve la tête d'affiche avec Pouic-Pouic l'adaptation par Jean Girault de la pièce de boulevard Sans cérémonie qu'il avait écrite avec Jacques Vilfrid. Louis de Funès avait participé à la création de la pièce en 1952 - il tenait le rôle du maître d'hôtel incarné par Christian Marin dans le film - mais la pièce n'avait pas connu le succès. Finalement, malgré cet insuccès et les difficultés rencontrées, le réalisateur se rapproche des producteurs pour monter le projet autour de Louis de Funès, le bouche à oreille transforme ce film sans prétention en succès populaire. Ce film est le premier grand succès commercial de l'acteur et le hisse au statut de vedette qu'il ne quittera plus.

Il existe un point commun entre la pièce (Oscar) et le film qui lui apporteront la popularité : dans les deux cas, Louis de Funès incarne un homme aisé et irascible, ayant des difficultés avec sa descendance : il décline son « personne fétiche inspiré du Pantalon » de la commedia dell'arte.

Une série de films populaires

Pouic-Pouic marque aussi le début de la collaboration entre Jean Girault et Louis de Funès qui suscitera treize films. Après Faites sauter la banque !, en 1964, ils tournent ensemble le premier volet de la série des Gendarmes, Le Gendarme de Saint-Tropez qui rencontre un succès considérable et installe l'acteur en haut de box-office pour la première fois. « C'est un nouveau grand du comique français » constate sur les ondes Fernandel. À peine deux mois plus tard, il triomphe à nouveau dans le rôle d'un représentant de l'ordre dans Fantômas, film dans lequel il parvient à éclipser ses deux partenaires. Pendant que les succès populaires s'accumulent, fin 1964, il tourne Le Corniaud, de Gérard Oury, où il partage l’affiche avec Bourvil. La sortie du film en mars 1965 est un nouveau triomphe et l'acteur n'est pas peu fier que dans le Time Magazine, un journaliste compare le duo Bourvil / De Funès à celui formé par Laurel et Hardy. En 1967, La Grande Vadrouille avec de nouveau Bourvil, connaît un succès colossal : le film détiendra en effet longtemps le record du plus grand nombre de places de cinéma vendues en France (17 millions). Il ne sera détrôné qu'en 1998, par le film Titanic de James Cameron !

Retour au théâtre

Fin novembre 1971, il reprend Oscar, au théâtre du Palais-Royal, qu’il joue presque chaque soir jusqu'en septembre 1972 avec une interruption pendant l'été. À partir de mars 1973, il s'investit énormément dans le tournage des Aventures de Rabbi Jacob qui sort le 18 octobre de la même année. Le lendemain, De Funès est à nouveau sur les planches à la Comédie des Champs Élysées pour ce qui fut sa dernière apparition au théâtre. Jusqu'au 25 avril 1974, il joue presque 200 fois la pièce de Jean Anouilh, La Valse des Toréadors. À partir de là, il se repose au château de Clermont, situé au Cellier (Loire-Atlantique), il jardine beaucoup et refuse d'entreprendre quoi que ce soit en prévision du tournage sans doute épuisant du prochain film de Gérard Oury. Dans Le Crocodile, dont le premier tour de manivelle est prévu pour mai 1975, il jouerait le rôle d'un dictateur sud-américain.

En mars 1975, alors que la pré-production du Crocodile est très avancée, il est victime de deux infarctus consécutifs qui manquent de l'emporter. Il doit ralentir son rythme de travail et renonce définitivement, et à regret, à sa carrière théâtrale. Sa carrière au cinéma est aussi obérée car outre sa condition physique amoindrie, les risques de rechute font que les assureurs ne veulent plus prendre le risque de le couvrir pour un film. Déterminé, le producteur Christian Fechner réussit finalement à obtenir un accord pour une assurance de deux semaines et prend le risque de produire L'Aile ou la cuisse avec seulement une petite partie du tournage assurée. Lorsque le film sort le 27 octobre 1976, il ne s'est jamais écoulé tant de temps entre deux films de Louis de Funès. Le public français retrouve l'acteur amaigri à l'écran et plébiscite son retour - presque 6 millions d'entrées - au coté d'un Coluche alors en pleine ascension.

Louis de Funès réapparaît donc à l’écran, mais son médecin est toujours sur place, ainsi qu’une ambulance. Il continue à tourner quelques autres films, à un rythme beaucoup moins soutenu qu'à ses débuts, comme La Zizanie avec Annie Girardot en 1978, ou Le Gendarme et les Extra-Terrestres en 1979.

En 1980, il réalise un rêve caressé depuis de nombreuses années : adapter au cinéma une pièce de Molière et en réaliser une version à son image. C'est ainsi que L'Avare arrive sur les écrans de cinéma, mais ne rencontre qu'un modeste succès. Cette même année, il reçoit toutefois un César d'honneur pour l'ensemble de sa carrière des mains de Jerry Lewis.

Plus tard, un de ses fils lui conseille de lire un roman intitulé La Soupe aux choux de René Fallet, qui, selon lui, aurait le potentiel de pouvoir « faire un bon film ». Une adaptation au cinéma est tournée en compagnie de Jean Carmet et de Jacques Villeret.

Le Gendarme et les gendarmettes sera son dernier film. Le 27 janvier 1983, il est victime d'un nouvel infarctus, qui lui est fatal. Il est enterré au cimetière du Cellier.

Géant du comique, Louis de Funès aura marqué l'histoire du cinéma populaire français.

Louis de Funès a épousé en premières noces à Saint-Etienne le 27 avril 1936, Germaine Louise Elodie Carroyer, née à Paris le 7 mars 1915. Séparés très tôt, leur divorce a été prononcé le 13 novembre 1942. De cette courte union est né Daniel de Funès à Charleville-Mézières le 12 juillet 1937.
Germaine Carroyer qui vit depuis quelques années chez son fils à Clermont s'est remariée à Courbevoie le 17 octobre 1964 avec Henry Fankestin né à Paris le 25 janvier 1917 et décédé à Paris le 28 janvier 1984.

Le 20 avril 1943 Louis de Funès a épousé à Paris, en secondes noces, Jeanne Augustine Barthélemy, née à Nancy le 1er février 1914, petite-nièce de l'écrivain Guy de Maupassant dont deux fils, Patrick Charles de Funès, né à Paris le 27 janvier 1944, radiologue et Olivier Pierre de Funès, né à Paris le 11 août 1949, pilote de ligne.

Anecdotes

Le film Papy fait de la résistance lui est dédié. Il devait en effet y incarner le rôle-titre. Mais suite à son décès, c'est son vieux complice des "Gendarmes", Michel Galabru, qui obtient le rôle. En hommage au comique, de nombreux comédiens ayant tourné avec lui, feront une apparition dans le film, notamment : Jacqueline Maillan, Jacques Villeret, Jean-Claude Brialy, Jean Carmet, Jacques François, Julien Guiomar Une rose, créée par le rosiériste Meilland (Le Cannet des Maures, Var, cf. [1]), porte son nom. Valère Novarina a publié aux éditions Actes Sud en 1986 un éloge de Louis de Funès, Pour Louis de Funès : « Il n'était pas de bon ton de l'apprécier. Ce n'était pas assez chic. Alors que c'était un très grand acteur de théâtre. J'ai fait parler Louis de Funès comme quelqu'un d'autre a fait parler Zarathoustra. ». Ce texte a donné lieu à plusieurs versions pour la scène, notamment celle créée au Théâtre d'Angoulême par Dominique Pinon le 4 décembre 1998, dans une mise en scène de Renaud Cojo. Il fut employé comme narrateur dans le livre-disque tiré du film Les Aristochats. Un timbre postal « Louis de Funès » a été édité par la poste française en 1998 dans le cadre d'une série consacrée aux acteurs du cinéma français. Le livre de chevet de Louis de Funès était le Journal de Jules Renard. Un personnage inspiré de Louis de Funès apparaît dans l'album de Lucky Luke intitulé Le bandit manchot. Ce personnage est l'un des joueurs de cartes professionnels de Poker Gulch, une ville placée sous le signe du jeu. Il est affublé d'un subalterne, un petit malfrat du nom de Double-six, inspiré de l'acteur Patrick Préjean.  

 

 

 

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Commentaires
#1
Pascal Djemaa écrit le vendredi 25 mai 2007, A 17:53
Bonjour,
Votre résumé sur la carrière du défunt Louis de Funès est excellent. Je suis journaliste et écrivain, auteur de plusieurs biographies originales sur des humoristes. Celle que je prépare sur Louis de Funès devrait être originale et voir son aboutissement à la fin de cette année.
Merci pour votre blog.
Pascal Djemaa
#2
Djemaa Pascal écrit le vendredi 29 août 2008, A 13:41
Bonjour,
Mon livre sort en novembre prochain. Amitiés,Pascal Djemaa.
pascaldjemaa.over-blog.fr
#3
Djemaa Pascal écrit le jeudi 27 novembre 2008, A 13:56
Bravo pour ce blog! Je publie un ouvrage sur Louis de Funès ce mois-ci aux Editions Autres Temps. Merci d'avance de votre visite. Pascal Djemaa, journaliste.
pascaldjemaa.over-blog.fr
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