17 Février 364 : Décès de Jovien, empereur romain
Jovien, Flavius Claudius Jovianus (v. 332 - 17 février 364), fut empereur romain de 363-364.
À la mort de Julien, une grave opposition éclata dans l'armée, entre les officiers des Gaules et les officiers d'Orient. Jovien, officier illyrien, (Les Illyriens sont un peuple protohistorique des Balkans, d'origine indo-européenne, parents des Thraces et des Daces. Leur langue, l'illyrien ne nous est connue qu'à travers des traces laissée dans l'onomastique de la région, en particulier dans la toponymie.) fut choisi par les officiers de l'armée d'Orient.
Il conclut avec les Perses de Sapor II une paix « peu honorable », cédant cinq des neuf satrapies, acquises en 297. Il déclara en outre renoncer à ses anciens droits de protectorat sur le royaume d'Arménie.
Chrétien, il abrogea les mesures anti-chrétiennes de son prédécesseur, mais sans revenir pour autant aux lois anti-païennes de Constance II.
Il mourut brusquement sur la route d'Ancyre à Constantinople, à Drépane, en Bithynie, dans la nuit du 16 au 17 février 364, à 33 ans environ, soit asphyxié par les vapeurs d'un brasero, soit des suites d'un repas trop bien arrosé.
Voici ce qu'écrit à son égard l'historien romain Eutrope, son contemporain, dans son Abrégé de l'Histoire Romaine (traduction de Maurice Rat) :
« IX. - Après lui, Jovien, qui faisait alors partie de sa maison militaire, fut choisi, d'un commun accord de l'armée, pour détenir le pouvoir, mais plus à cause des mérites de son père que des siens propres; la situation troublée, la famine qui accablait l'armée, une première, puis une seconde défaite que lui infligèrent les Perses, le forcèrent à faire avec Sapor une paix, nécessaire sans doute, mais ignoble : il laissa entamer ses frontières et livra une partie de l'empire romain, ce qui, avant lui, n'était arrivé presque jamais dans les onze cent dix-huit années écoulées depuis la fondation de l'empire romain. Sans doute Pontius Télésinus avait fait passer nos légions sous le joug à Caudium, et depuis elles y passèrent encore en Espagne (à Numance) et dans la Numidie, mais sans qu'on abandonnât rien de nos territoires. Ces conditions de paix n'eussent point été profondément répréhensibles, si l'empereur eût voulu rompre les entraves du traité, quand il en eut le plein pouvoir, comme le firent les Romains dans toutes les guerres que je viens de rappeler car ils partirent immédiatement en guerre contre les Samnites, les Numantins et les Numides, et la paix ne fut pas ratifiée. Mais craignant un concurrent à l'empire, s'il restait en Orient, Jovien prit trop peu soin de sa gloire. Il se mit donc en marche et, tandis qu'il gagnait l'Illyrie, il périt d'une mort soudaine aux frontières de la Galatie. C'était un homme qui n'était d'ailleurs ni inactif ni imprudent ; beaucoup attribuent sa mort à une indigestion, car il avait coutume de faire des excès de table; d'autres, à l'odeur de sa chambre à coucher, où l'on venait de passer une couche de chaux qui y rendait le sommeil insalubre; certains, à l'excessive quantité de charbon qu'il y avait fait allumer par un froid terrible. Il mourut après un règne de sept mois, le quatorzième jour des calendes de mars, à l'âge de trente-trois ans à peu près; la bonté des princes qui lui succédèrent le fit placer parmi les dieux; il était d'ailleurs de penchants affables et, de sa nature, tout à fait libéral. »
Satrape (Perse)
Un satrape (du grec σατράπης satrápês, lui-même adapté de l'iranien xšaθrapā, du vieux perse xšaθrapāvan, signifiant « protecteur du pouvoir [royaume] ») est le gouverneur d'une satrapie, c'est-à-dire une division administrative de l'Empire perse.
Selon Hérodote (III, 89), Darius Ier « établit dans l'empire des Perses vingt gouvernements (nomoi) qu'ils appellent eux-mêmes satrapies ». Cette organisation demeure la base du gouvernement territorial ultérieur. Cependant, le principe des satrapies est déjà connu sous Cyrus le Grand et Cambyse II, comme le montre l'inscription de Behistun. Selon le livre biblique de Daniel 6:1, Darius nomma jusqu'à 120 satrapes.
Le satrape a pour rôle principal de faire régner l'ordre dans sa province, et d'agrandir le territoire de l'Empire. En effet, selon la titulature achéménide, le Grand Roi est « roi de l'univers » et « roi des quatre directions ». Demander à un peuple « la terre et l'eau », signe de soumission, revient donc simplement à réclamer son dû. À la fin du VIe siècle, le satrape Oroitès se voit ainsi reprocher de n'avoir pas « su ajouter l'île de Samos aux domaines du roi » (Hérodote, III, 126).
Le territoire confié à un satrape peut être très important. Ainsi, quand Hérodote mentionne qu'Oroitès a été nommé « gouverneur de Sardes (Sardiôn hyparkhos) » (III, 120), il veut dire en fait l'ensemble de la Lydie et de l'Ionie, Oroitès résidant tantôt effectivement à Sardes, tantôt à Magnésie du Méandre. En 535, un dénommé Gubāru reçoit une satrapie comprenant la Babylonie et le Transeuphratène, c'est-à-dire un immense territoire allant du Tigre au Nil.
Pour contrôler leur territoire, les satrapes ont à leur disposition une armée permanente, composée à la fois de soldats levés dans la satrapie et de troupes perses apportées par les aristocrates à qui l'on avait concédé une terre dans la satrapie.
Certains satrapes finissent par s'émanciper, faisant de leur satrapie un véritable royaume. Mausole agit ainsi pour la Carie.
Parmi les satrapes célèbres, on peut citer :
Artapherne.
Cyrus le Jeune .
Tissapherne.
Pharnabaze.
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