La Sorbonne
La Sorbonne est un bâtiment du quartier latin de Paris. Il tire son nom du théologien du XIIIe siècle Robert de Sorbon, le fondateur du collège de Sorbonne, collège dédié à la théologie du temps de l'ancienne Université de Paris. Le terme Sorbonne est aussi utilisé dans le langage courant pour désigner l'ancienne Université de Paris (avant 1793), les facultés de Paris y siégeant au XIXe siècle, et la nouvelle Université de Paris de 1896 à 1971.
En 1970, l'Université de Paris a été scindée en treize universités dont plusieurs se partagent désormais le nom de Sorbonne et disposent de locaux dans le site historique de la rue des Écoles, dans le Ve arrondissement de Paris.
Appellation
Plusieurs universités parisiennes comportent actuellement le nom « Sorbonne » dans leur intitulé, ou revendiquent une filiation avec la Sorbonne :
Paris I (Panthéon-Sorbonne), qui abrite également l'observatoire de la Sorbonne.
Paris III (Sorbonne Nouvelle)
Paris IV (Paris-Sorbonne)
Paris V (Paris Descartes)
Ces quatre universités publiques possèdent des locaux dans les bâtiments historiques de la Sorbonne. Ceux-ci accueillent également le rectorat de l'académie de Paris, l'École des chartes et l'École pratique des hautes études.
Ces universités publiques ne sont pas à confondre avec :
le collège de Sorbon (Ardennes).
l'École supérieure Robert de Sorbon, dont le siège social est situé à La Trimouille (Vienne) et qui ne semble pas disposer de locaux pédagogiques ni dispenser de cours.
Cet « établissement d'enseignement supérieur privé français enregistré» s'appuie sur le principe de la validation des acquis de l'expérience (VAE) et sur l'évaluation des diplômes étrangers pour délivrer des diplômes.
Elle n'entretient aucun lien historique ou administratif avec la Sorbonne et semble même jouer sur une certaine confusion.
l'université francophone Robert de Sorbon, entité nord-américaine relevant de la législation de l'État du Maine et installée en Floride n'a pas de lien avec l'enseignement supérieur français.
Historique
La Sorbonne tire son origine dans le collège fondé en 1253 au sein de l'Université de Paris par Robert de Sorbon, du nom d'un village des Ardennes, chapelain et confesseur du roi saint Louis.
La fondation fut confirmée par le roi en 1257.
On y enseignait principalement la théologie aux étudiants pauvres et elle s'est développée rapidement. Paris devint un grand centre culturel et scientifique en Europe dès le XIIIe siècle avec plus de 20 000 étudiants.
En 1469, c'est à la Sorbonne qu'est installée la première imprimerie de France, à l'initiative du roi Louis XI, par le prieur de la Sorbonne, Jean Heynlin, et son bibliothécaire, Guillaume Fichet.
Le cardinal de Richelieu, qui avait été élève de la Sorbonne en 1606-1607, en devient le proviseur en 1622 après le décès du cardinal de Harley. Il fait rénover les bâtiments, qu'il dote d'une magnifique chapelle renfermant son tombeau.
Sous la Révolution française, les bâtiments sont fermés aux étudiants en 1791 et la société sorbonique est dissoute avec les universités de Paris et de province en conséquence de la loi Le Chapelier supprimant les corporations.
En 1794, la chapelle est transformée en temple de la déesse Raison. Napoléon Bonaparte transforme le site en ateliers d'artistes.
À partir de 1806, Napoléon réorganise l'ensemble du système d'enseignement français, baptisé Université impériale, et crée à Paris cinq facultés :
la Faculté des sciences, la Faculté des lettres, la Faculté de théologie, la Faculté de droit et la Faculté de médecine.
La Sorbonne devient les sièges des trois premières facultés, ainsi que le siège du rectorat de l'Académie de Paris.
À la Restauration, Le duc de Richelieu, premier ministre de Louis XVIII, veut honorer la mémoire du cardinal en rendant tout son lustre à la Sorbonne. Il fait construire un amphithéâtre de 1 200 places. Des professeurs prestigieux, comme François Guizot ou Victor Cousin, y dispensent leur enseignement.
La reconstruction des bâtiments du XVIIe siècle, trop exigus et incommodes, est envisagée à plusieurs reprises au cours du XIXe siècle. Elle est finalement réalisée par la Troisième République, sous l'impulsion de Jules Ferry.
Le chantier est confié à l'architecte Henri Paul Nénot. La démolition des bâtiments est réalisée entre 1884 et 1894 tandis que la première pierre du nouvel édifice est posée en 1885. La première partie du bâtiment est inaugurée en 1889, pour le centenaire de la Révolution française, par le président Marie François Sadi Carnot.
L'ensemble des travaux sont achevés en 1901. Parallèlement, l'enseignement de la théologie catholique est supprimé par une loi de 1885.
Le 23 juin 1894, le baron Pierre de Coubertin fonde en Sorbonne le Comité international olympique (CIO), qui donne naissance aux Jeux olympiques modernes.
L'Université de Paris est recréé en 1895 par regroupement des 5 facultés et la Sorbonne en devient le siège.
La Sorbonne occupée : un lieu symbolique
En mai 1968, la Sorbonne est le bastion des manifestations étudiantes, ayant débuté avec le mouvement du 22-Mars à la faculté de Nanterre, qui aboutirent en un ample mouvement contestataire dans toute la France. La première émeute de mai 1968 se déclenche suite à l'intervention de la police dans la cour de la Sorbonne. Le 3 mai, des centaines d'étudiants se sont en effet rassemblés dans la cour en prévision d'une attaque d'Occident. Il y a là toutes les tendances de l'extrême gauche : trotskistes, maoïstes, ou anarchistes. Les services d'ordre d'extrême gauche sont armés de manches de pioche et prêts à l'affrontement. En faisant appel à la police, le recteur-président de l'université va ainsi déclencher la première émeute du mois de mai. À partir du 13 mai, la grève générale commence et la Sorbonne est occupée.
L'Assemblée nationale élue en juin 1968 après la dissolution décidée par le général de Gaulle s'attaque aussitôt à la réforme universitaire. En 1971, l'Université parisienne est scindée en treize universités nouvelles dont sept à Paris (La Sorbonne, Assas, Censier, Jussieu, Vincennes, Dauphine) et six en région parisienne.
Cinq demeurent attachées au site de la Sorbonne et trois partagent le nom de Sorbonne : Paris I Panthéon-Sorbonne, Paris IV Sorbonne et Paris III Sorbonne-Nouvelle.
Depuis les attentats du 11 septembre 2001, la Sorbonne est, en principe, fermée au public : seuls les étudiants et le personnel des établissements ayant des locaux dans la Sorbonne, ainsi que les lecteurs de la bibliothèque inter universitaire de la Sorbonne, peuvent y entrer.
En 2006, plusieurs centaines de manifestants, luttant contre la loi sur l'égalité de chances, ont occupé la Sorbonne pendant trois nuits (du 8 mars au 11 mars au matin : « la prise de la Sorbonne ») avant d'être évacués par les forces de l'ordre.
Le quartier a été bouclé pendant plusieurs semaines ; ce bouclage est pourtant passé inaperçu — voir un des rares documents sur le sujet, le court-métrage Sorbonne Indertide.
Le bâtiment a été fermé aux étudiants et aux enseignants à la demande du rectorat désireux d'éviter toute nouvelle occupation. Elle a rouvert le 24 avril 2006. Au cours de cette période, les bâtiments du Panthéon, situé au 12 de la place du Panthéon, continuaient à recevoir étudiants et enseignants.
Les étudiants ont immédiatement voté la réoccupation de l'université avant d'être à nouveau expulsés le soir même. Les cours n'ont pu reprendre que progressivement avec le déploiement d'un important dispositif policier tout autour de l'université. Au-delà de la lutte contre le CPE, il semble qu'une partie des étudiants aient cherché à renouer avec l'esprit de mai 1968.
Les dégâts, causés en partie par les manifestants, en partie par les forces de police, se sont chiffrés à 800 000 euros, ce qui a contraint l'université à louer ponctuellement ses locaux, pour des tournages de films ou de téléfilms, afin de payer les travaux.
Architecture
Au début du XVIIe siècle, le collège de la Sorbonne se présentait comme un ensemble de bâtiments disparates édifiés le long de la rue de la Sorbonne, entre le cloître Saint-Benoît au nord et le collège de Calvi au sud. Il comportait une chapelle construite au XIVe siècle dont la façade donnait sur la rue de la Sorbonne.
En 1626, le cardinal de Richelieu entreprend de faire reconstruire cet ensemble. Après 1630, le projet initial est revu dans un sens encore plus ambitieux. La chapelle originale, qui devait au départ être simplement modernisée, est détruite et remplacée par un édifice de vastes proportions, conçu par l'architecte Jacques Lemercier, et appelé à devenir le mausolée du cardinal. Les travaux commencent en mai 1635 et le gros œuvre est presque terminé à la mort du cardinal en 1642. Les travaux sont achevés par la duchesse d'Aiguillon, héritière de Richelieu.
La chapelle de la Sorbonne appartient aux chefs d'œuvres de l'architecture classique parisienne. Elle renferme un orgue de Dallery, non entretenu depuis plus de 150 ans, et actuellement injouable, bien que conservé en grande part.
Les bâtiments de l'université, qu'on peut admirer de nos jours, datent de la fin du XIXe siècle.
Robert de Sorbon
Robert de Sorbon (9 octobre 1201 à Sorbon, près de Rethel dans les Ardennes - 15 août 1274 à Paris) est un théologien français.
Chapelain et confesseur du roi Saint Louis IX, il créa le Collège de Sorbonne (d'où le nom) à Paris pour "seize pauvres maîtres ès arts, aspirants au doctorat en théologie" en 1257. Le Collège devint par la suite la maison la plus célèbre de l'Université de Paris.
Personnes célèbres ayant fréquenté ou fréquentant la Sorbonne
Alexandre Alekhine, champion du monde d'échecs de 1927 à 1935
Alexandre V, antipape
Jean-Jacques Ampère, physicien
Théo Angelopoulos, cinéaste
Antoine Arnauld, écrivain
Raymond Aron, philosophe
Alphonse Aulard, historien
Joachin Balaguer
Georges Bataille, écrivain
Benoît XVI, pape (Joseph Alois Ratzinger) a été élu 265e pape de l'Église catholique romaine le 19 avril 2005,
Henri Bergson, philosophe : prix Nobel de littérature en 1927
Claude Bernard, biologiste
Francine Bloch : pseudonymes Francine de Bérys et Francine Béris
Adeline Blondieau, actrice
Boileau, poète
Ferdinand Buisson, prix Nobel de la paix, fondateur de la Ligue française pour la défense des droits de l'homme et du citoyen
Jean Calvin, théologien
Roch Carrier, romancier et dramaturge
André Chamson, écrivain et essayiste
André Chastel, historien
Adrienne Clarkson, vingt-sixième gouverneur général du Canada
Pierre de Coubertin, rénovateur des Jeux olympiques modernes
Victor Cousin, philosophe
Marie Curie, physicienne : prix Nobel de physique (1903) : prix Nobel de chimie (1911) Elle est la seule femme à avoir reçu deux prix Nobel
Pierre Curie physicien : prix Nobel de physique (1903)
Simone de Beauvoir, écrivain
Jean Philibert Damiron philosophe
Bénédicte Delmas, actrice
Raymond Duchamp-Villon : sculpteur français.
Érasme, théologien néerlandais
Claude Charles Fauriel
Jacques Derrida, philosophe
Jean Favier, historien
Moshe Feldenkrais : physicien britannique
Lawrence Ferlinghetti : poète américain,
Gautier de Châtillon : dit aussi Gautier de Ronchin ou Gaultier de Lille, est un poète français.
Nicolas Eugène Géruzez : historien de la littérature et critique littéraire français
Jean-Luc Godard, cinéaste
Petar Guberina : linguiste croate.
François Guizot : historien et homme politique français.
René Gutman, Grand-Rabbin de Strasbourg et du Bas-Rhin depuis 1987.
Francis Seymour Haden :
Gabriel Hanotaux : diplomate, historien et homme politique français
John F. Hasey : capitaine de Légion étrangère dans l'armée française au cours de la Seconde Guerre mondiale puis officier de la CIA. Hasey est l'un des quatre américains (comme Eisenhower) il fut nommé Compagnon de la Libération à l'issue de la guerre.
Ignace de Loyola, est le fondateur et le premier Supérieur général de la Compagnie de Jésus, Il a été canonisé par le pape Grégoire XV le 12 mars 1622
Pierre Favre, helléniste, jésuite
François Xavier, missionnaire, jésuite reconnu comme saint par les catholiques et les anglicans.
Vilayat Inayat Khan
Paul Janet
Frédéric Joliot, physicien Prix Nobel de chimie (1935)
Irène Joliot-Curie, physicienne Prix Nobel de chimie (1935)
Alberto Jori, philosophe Sa monographie sur Aristote a remporté le Prix de l' "Académie Internationale d'Histoire des Sciences"/"International Academy of the History of Science" (la Sorbonne) pour l'année 2003.
Michel Journiac, artiste plasticien français
Venceslas Kruta, historien
André Leroi-Gourhan, archéologue et ethnologue
Benny Lévy, philosophe et écrivain français il a été le secrétaire de Jean-Paul Sartre de septembre 1974 jusqu’à la mort de l’écrivain en 1980
Claude Lévi-Strauss, anthropologue, ethnologue et philosophe français
Camille Le Tellier de Louvois est un homme d'Église français
Norman Mailer, écrivain américain
Roger Martin du Gard, écrivain prix Nobel de littérature en 1937.
François Mauriac, écrivain prix Nobel de littérature en 1952
Marsile de Padoue, théologien, théoricien politique italien
Michel Moine : Journaliste de radio,
André Morellet : homme d'Église, écrivain, encyclopédiste et traducteur français
Peter Martin Ngo-Dinh-Thuc
Paul Nizan, écrivain , philosophe, essayiste français
Mikhail Vasilievich Ostrogradsky : né Michel Vassilievitch est un physicien et mathématicien russe.
Gaston Paris : médiéviste et philologue français.
Pierre de Blois : diplomate et poète français néo-latin.
Henri Poincaré, mathématicien, physicien et philosophe français
Raymond Queneau, romancier, poète, dramaturge et mathématicien, et co-fondateur du mouvement littéraire appelé « Oulipo » (OUvroir de LIttérature POtentielle).
Elia Ravelomanantsoa, femme d'affaires malgache
Vera Maria Rosenberg: agent du service secret britannique Special Operations Executive (SOE),
Gustave Roussy, neurologue, cancérologue, Recteur de l'Académie de Paris, fondateur du premier centre anticancéreux français.
Pierre Paul Royer-Collard : un homme politique libéral et philosophe français.
Maximilien Rubel : militant communiste et marxologue autrichien naturalisé français
Adrian Ruchwald, réalisateur de films documentaires
Ibrahim Rugova : était un écrivain kosovar
Émile Saisset :philosophe français
Jean-Paul Sartre, philosophe et écrivain français (dramaturge et nouvelliste) ainsi que critique du XXe siècle : il a toujours rejeté les honneurs, notamment en 1964 le prix Nobel de littérature
Jorge Semprún écrivain, ancien ministre de la Culture d'Espagne
Jean-Pierre Serre : mathématicien français
Emmanuel Joseph Sieyès : homme d'Église, homme politique et essayiste français.
Pierre Teilhard de Chardin, jésuite, chercheur, théologien, paléontologiste et philosophe français.
Pierre Eliot Trudeau, politicien canadien (ancien premier ministre du Canada)
Marina Tsvetaeva : poétesse russe
Anne Robert Jacques Turgot : homme politique et économiste français.
John Napier Turner : dix-septième premier ministre du Canada
Étienne Vacherot
Jacques Vergès, avocat
Sergio Vieira de Mello : diplomate
Pierre Vidal-Naquet, historien , helléniste
Saint Vincent de Paul, ministre des Cultes, apôtre de la charité
Abel-François Villemain : homme politique et écrivain français
Sam Waterston : acteur et producteur américain
Elie Wiesel, prix Nobel de la Paix, écrivain et professeur de littérature
Jean Ziegler, politicien et sociologue, homme politique suisse. En 2002 il refuse le controversé Prix Kadhafi des droits de l'Homme de la Libye
Liens
86http://www.sorbonne.fr/
88http://www.univ-paris1.fr/
90http://www.univ-paris3.fr/
92http://www.paris4.sorbonne.fr/
94http://www.univ-paris5.fr/
96http://www.ephe.sorbonne.fr/
98http://www.enc.sorbonne.fr/
00http://www.bibliotheque.sorbonne.fr/
02http://www.univ-paris1.fr/universite/historique/article164.html
04http://www.fordham.edu/halsall/french/bul.htm
06http://fr.wikipedia.org/
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