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Ludwig Otto Frederik Wilhelm von Wittelsbach (25 août 1845, Nymphenburg, Munich - 13 juin 1886, lac de Würm, actuellement lac de Starnberg, près de Schloss Berg) fut roi de Bavière de 1864 à 1886 sous le nom de Louis II. Fou pour certains, génial pour d'autres, il reste dans l'histoire comme le protecteur des arts et un bâtisseur de châteaux extraordinaires.
Il est le fils du roi Maximilien II de Bavière (1811-1864) à qui il succède, et de Frédérique Françoise Auguste Marie Hedwige de Prusse (1825-1889), dite Marie de Prusse.
Il est aussi le cousin germain d'Élisabeth de Wittelsbach impératrice d'Autriche, plus connue sous le surnom de Sissi. Il lui voua une grande admiration durant toute sa vie.
Son règne politique
Louis II accède au trône à l'âge de 18 ans. Les Bavarois accueillent avec liesse ce jeune roi à la beauté fascinante.
Dès le début de son règne, il a la tâche de gérer la politique audacieuse de Bismarck. Son chancelier Ludwig van der Pfordten range la Bavière aux côtés de l'Autriche en 1866.
Mais la bataille de Sadowa en 1866, puis la défaite française de 1870 vont achever l'intégration de son royaume à l'Allemagne naissante. Il appelle alors Hohenlohe-Schillingsfürst à la chancellerie ; celui-ci mène une politique pro-prussienne et la Bavière se rangea aux côtés de la Prusse pendant la guerre de 1870.
Il était réticent à ce que son royaume rejoigne le nouvel empire allemand. À la demande du chancelier prussien Bismarck, il signe la lettre proposant au roi de Prusse la couronne impériale en décembre 1870. Il fut le seul souverain allemand absent à la cérémonie de l'unification de l'Allemagne dans la galerie de Glaces à Versailles.
Les gouvernements cherchèrent alors de plus en plus à l'évincer du pouvoir et à préparer un coup d'Etat.
Déposé par un coup d'État du gouvernement en 1886, il est déclaré fou et son oncle Léopold de Wittelsbach est nommé régent le 10 juin 1886.
Les fiançailles rompues
Il se fiance avec sa cousine la princesse Sophie de Bavière (1847-1897), duchesse en Bavière (sœur d'Élisabeth, dite « Sissi » (immortalisée à l'écran par Romy Schneider), impératrice d'Autriche et reine de Hongrie et de Bohême. Leurs fiançailles sont officialisées le 22 janvier 1867 mais le mariage est reporté à plusieurs reprises. Sophie se maria un an plus tard avec Ferdinand Philippe Marie d'Orléans (1844-1910), duc d'Alençon, fils de Louis Charles Philippe Raphaël d'Orléans, duc de Nemours, et petit-fils de Louis-Philippe Ier. Sophie-Charlotte décède en 1897 dans l'incendie du Bazar de la Charité à Paris. On ne retrouva d'elle que quelques parcelles de son corps calcinés qui furent identifiés par son dentiste.
Son règne artistique
Il est l'admirateur et le mécène de Richard Wagner, notamment en finançant le Palais des festivals de Bayreuth (Festspielhaus) permettant ainsi le développement et l'hégémonie de la culture germanique. Influencé par Wagner et inspiré par les travaux de Viollet-le-Duc en France, il fait construire de superbes châteaux de styles gothico-romantique, dont l'influence mondiale demeure perceptible de nos jours aux pieds des Alpes bavaroises, dont le plus célèbre est le château de Neuschwanstein, qui ne fut terminé que plusieurs années après sa mort.
Il est considéré par Paul Verlaine comme le « seul grand roi » de ce siècle.
La mort du roi
Après avoir été déclaré fou en juin 1886, Louis II est interné au château de Berg, au sud de Munich, où il décède trois jours plus tard, ainsi que son médecin Bernhard von Gudden (un psychiatre réputé), dans des circonstances jamais élucidées : leurs corps sont retrouvés dans le lac de Starnberg, à proximité de la berge. Officiellement, le roi s'est suicidé après avoir étranglé son médecin ; cependant, les hypothèses de l'assassinat ou de la tentative d'évasion ont été évoquées.
Louis II de Bavière fut inhumé en l'église Saint-Michael à Munich. Une cérémonie se tient chaque année le 13 juin dans la petite chapelle bâtie à cet endroit.
Son successeur est son frère, le roi Othon Ier de Bavière.
Les châteaux
Herrenchiemsee commencé en 1878, inachevé, que le roi avait voulu à l'égal de Versailles et qui est implanté sur une île au milieu du Chiemsee entre Munich et Salzbourg.On dit qu'il n'y vécu qu'une semaine.
Le château de Linderhof, construit de 1869 à 1879 avec dans les jardins, le pavillon mauresque acquis par le roi à l'exposition universelle de Paris et la grotte de Vénus qui évoque Tannhäuser, l'opéra de Richard Wagner.
Château de Neuschwanstein (inachevé), construit près de celui de son père, le château de Hohenschwangau, de 1869 et terminé après la mort du roi en 1891.
Pavillon de chasse à Schachen (1871), au-dessus de Garmisch-Partenkirchen.
Louis laissa une grande collection de plans et de dessins pour d'autres châteaux dont la construction fut envisagée
Ludwig en fiction
Cinéma :
Louis II de Bavière (Ludwig II: Glanz und Ende eines Königs), film allemand réalisé par Helmut Käutner en 1955.
Ludwig, le crépuscule des dieux (Ludwig), film franco-germano-italien réalisé par Luchino Visconti en 1972.
Hans-Jürgen Syberberg traita également le sujet la même année, sous le titre Ludwig, Requiem für einem jungfraulichen König (Ludwig, requiem pour un roi vierge)
Littérature :
Le Roi Lune, pièce du dramaturge belge Thierry Debroux, éditée et créée en 2005 au Théâtre du Méridien.
Manga :
Ludwig II (Ludwig II de Bavière, le roi fou à l'ombre de la lune blême), manga yaoi japonais en 3 volumes, scénarisé et dessiné par You Higuri, datant de 1996. Il est publié au Japon par Kadokawa Shoten Publishing, et en France par Génération Comics
Bibliographie :
Louis II de Bavière par Jacques Bainville, Librairie Académique Perrin, 1900. Réédition, Complexe, 1985, (ISBN 2870271565)
Louis II de Bavière et ses psychiatres. Les garde-fous du roi par Paul Rauchs, préf. Georges Lanteri Laura. Ed.: L'Harmattan, 1997, ISBN 27384-66028
Louis II de Bavière : par Jean des Cars, ed. Perrin, 1995, ISBN 2262013055
Louis II de Bavière vu par un psychiatre par Gilbert Robin, Wesmael-Charlier, 1960.
Thomas Edward Lawrence (16 août 1888 - 19 mai 1935), également connu comme T. E. Lawrence, et surtout comme le célèbre Lawrence d'Arabie (Lawrence of Arabia), ou encore — parmi ses compagnons arabes — Aurens ou Al-Aurens, est un archéologue, officier, aventurier et écrivain britannique. Il accéda à la notoriété en tant qu'officier de liaison britannique durant la Révolte arabe de 1916 à 1918. L'immense écho que connut son action pendant ces années et après est dû tant aux reportages du journaliste américain Lowell Thomas qu'à son autobiographie Les Sept Piliers de la sagesse. T. E. Lawrence est resté très populaire parmi les Arabes pour avoir soutenu leur lutte pour se libérer des jougs ottomans et européens. De même, les Britanniques le considèrent comme un des plus grands héros militaires de leur pays. Un film a été tiré de sa vie en 1962, avec Peter O'Toole dans le rôle-titre : Lawrence d'Arabie.
Avant-guerre
Lawrence naît à Tremadoc, Caernafonshire au nord du Pays de Galles, de parents d'ascendance anglaise et irlandaise. Son père, Thomas Chapman, est un membre important de l'aristocratie irlandaise qui a quitté sa femme tyrannique afin de vivre avec la gouvernante de ses filles avec laquelle il eut cinq fils. De décembre 1891 jusqu'au printemps de 1894 il habite à Dinard et part pour Aigues-Mortes à vélo.
Lawrence suit des études au Jésus Collège à Oxford. Il obtient son diplôme avec mention après avoir rédigé une thèse intitulée L'Influence des croisades sur l'architecture militaire européenne à la fin du XIIe siècle.
Il accepte une position post-doctorale sur la poterie médiévale, mais l'abandonne après s'être vu proposer un poste d'archéologue au Moyen-Orient. En décembre 1910, il part pour Beyrouth, qu'il quitte pour Jbail (Byblos. Il participe ensuite aux fouilles de Karkemish ("Kargamis") près de Jerablus, au sud de l'actuelle Turquie, sous les ordres de D.G. Hogarth et R. Campbell-Thompson.
À la fin de l'été 1911, il retourne au Royaume-Uni pour un bref séjour et, dès novembre, il repart pour le Moyen-Orient afin de travailler brièvement avec Williams Flinders Petrie à Kafr Ammar en Égypte. Il retourne à Karkemish travailler avec Léonard Woolley. Il continue à visiter régulièrement le Moyen-Orient afin d'y mener des fouilles jusqu'au début de la Première Guerre mondiale. Ses nombreux voyages en Arabie, sa vie avec les Arabes, à porter leurs habits, apprendre leur culture, leur langue et dialectes, allaient s'avérer des atouts inestimables durant le conflit.
En janvier 1914, sous couvert d'activités archéologiques, Woolley et Lawrence sont envoyés par l'armée britannique en mission de renseignements dans la péninsule du Sinaï. Lawrence visite notamment Aqaba et Pétra. De mars à mai, Lawrence retourne travailler à Carchemish. Après l'ouverture des hostilités en août 1914, sur le conseil de S.F. Newcombe, Lawrence décide de ne pas s'engager immédiatement et attend octobre pour le faire.
La Révolte arabe
La Révolte arabe (1916-1918) fut lancée par Hussein ibn Ali afin d'obtenir l'indépendance de l'Arabie de l'Empire ottoman. Il voulait créer un état arabe unifié allant d'Alep en Syrie à Aden au Yémen. La révolte est liée à la hausse des mouvements nationalistes arabes, décidés à sortir de la tutelle ottomane. En 1916, Hussein lance le djihad contre l'Empire ottoman, dirigé par le CUP (mouvement des Jeunes-Turcs. Hussein reçoit le soutien diplomatique et logistique des Britanniques. Une fois engagé, il est nommé au Caire où il travaille pour les services de renseignements militaires britanniques. La très bonne connaissance du peuple arabe de Lawrence en fait un agent de liaison idéal entre les Britanniques et les forces arabes. En octobre 1916, il est envoyé dans le désert afin de rendre compte de l'activité des mouvements nationalistes arabes. Durant la guerre, il combat avec les troupes arabes sous le commandement de Fayçal ibn Hussein, un fils d'Hussein ibn Ali (chérif de la Mecque) qui mène une guérilla contre les troupes de l'Empire ottoman. La contribution principale de Lawrence à l'effort britannique consiste à convaincre les Arabes de coordonner leurs efforts afin d'aider les intérêts britanniques. Il persuade notamment les Arabes de ne pas chasser les Ottomans de Médine, forçant ainsi les Turcs à conserver de nombreuses troupes pour protéger la ville. Les Arabes harcèlent le chemin de fer du Hedjaz qui approvisionne Médine, immobilisant davantage de troupes ottomanes pour protéger et réparer la voie. En 1917, Lawrence organise une action commune entre les troupes arabes et les forces de Auda ibu Tayi (jusqu'alors au service des Ottomans) contre le port stratégique d'Aqaba. Le 6 juillet, après une audacieuse attaque terrestre, Aqaba tombe aux mains des Arabes. En novembre, il est reconnu à Dara alors qu'il mène une mission de reconnaissance déguisé en Arabe. Il parvient malgré tout à s'échapper. Un an plus tard, le 1er octobre 1918, Lawrence participe à la prise de Damas.
Parmi les Arabes, Lawrence adopte nombre de coutumes locales et devient bientôt ami du Prince Fayçal. Il devint connu pour porter des vêtements blancs et monter des chameaux et des chevaux dans le désert. Vers la fin de la guerre, il cherche à convaincre, sans succès, ses supérieurs de l'intérêt de l'indépendance de l'Arabie pour le Royaume-Uni. En juillet 1920, la colonne française du général Mariano Goybet chassera Fayçal de Damas, brisant l'espoir de Lawrence de libérer la Syrie.
L'après-guerre
Dans l'immédiat après-guerre, Lawrence travailla pour le Foreign Office et assista à la conférence de paix de Paris entre janvier et mai 1919 en tant que membre de la délégation de Fayçal. Il fut ensuite conseiller de Winston Churchill au Colonial Office jusque vers la fin de 1921.
À partir de 1922, il essaya de redevenir anonyme. Il s'engagea dans la Royal Air Force sous le nom de « Ross ». Il fut rapidement démasqué et dut quitter la RAF. Sous le pseudonyme de « Shaw », il s'engagea en 1923 dans le Royal Tank Corps. Cet engagement ne lui plaisant pas, il fit de multiples demandes pour rejoindre la RAF et y parvint finalement en août 1925. À la fin de l'année 1926, il fut assigné à une base en Inde, à Miramshah, à la frontière afghane et y resta jusque fin 1928, date à laquelle il fut rapatrié au Royaume-Uni suite à des rumeurs non fondées d'espionnage en Afghanistan. Il s'occupa ensuite des bateaux à grande vitesse au sein de la RAF pour le sauvetage des pilotes tombés en mer) et dut quitter à regret l'armée à la fin de son contrat en mars 1935. Quelques semaines plus tard, il fut tué lors d'un accident de moto dans le Dorset. Il avait 47 ans.
T. E. Lawrence et Vo Nguyen Giap
Au-delà du mythe, Lawrence d'Arabie reste l'un des officiers les plus influents dans le développement d'une doctrine insurrectionnelle au siècle dernier. En 1946, le général français Raoul Salan a mené plusieurs entretiens avec le général vietnamien Võ Nguyên Giáp qui a planifié et conduit les opérations militaires contre les Français jusqu'à leur défaite à la bataille de Dien Bien Phu. Salan faisait partie d'une mission de négociation créée pour finaliser le retour de l'autorité française au Viêt Nam. Plus tard, il commandera le Corps expéditionnaire français au Viêt Nam du 20 mai 1951 jusqu'en mai 1953, et il a conduit la dernière action militaire réussie contre Hô Chi Minh : une offensive nommée opération lorraine, le 11 octobre 1952, dans laquelle les forces de Salan ont balayé la vallée de la Rivière Rouge et les jungles du Nord-Viêt Nam. L'année suivante, il remettra son commandement au général Henri-Eugène Navarre, qui présidera au désastre de Dien Bien Phu. Giap disait :
« […] Lawrence combinait la sagesse, l'intégrité, l'humanité, le courage et la discipline avec l'empathie, soit l'aptitude à s'identifier émotionnellement aussi bien avec les subordonnés qu'avec les supérieurs. »
Pendant ces entretiens de 1946, Salan a été frappé par l'influence d'un homme sur la pensée de Giap ; cet homme était Thomas Edwards Lawrence. Giap a dit à Salan :
Les Sept Piliers de la sagesse de T. E. Lawrence est mon évangile du combat. Il ne me quitte jamais. »
L'essence de la théorie de la guérilla à laquelle se réfère Giap peut être trouvée à deux endroits. Le premier et le plus accessible n'est autre que les nombreuses éditions des Sept Piliers de la sagesse, notamment le chapitre 33. Le deuxième est un article portant le titre The Evolution of a Revolt, publié en octobre 1920 dans le Army Quarterly and Defense Journal. Tous deux sont basés sur l'évaluation pratique et réfléchie par Lawrence de la situation à laquelle faisaient face les forces arabes dans la région du Hedjaz, au sein du désert saoudien, en mars 1917.
L'écrivain
Lawrence fut un auteur prolifique tout au long de sa vie. Il est l'auteur de Les Sept Piliers de la sagesse. Il eut également une correspondance fournie, notamment avec George Bernard Shaw, Edwards Elgar, Winston Churchill, Robert Graves et Edwards Morgan Forster. Plusieurs recueils épistolaires furent publiés, dont certains furent expurgés par leurs éditeurs.
Il écrivit The Mint, le récit de ses expériences en tant que soldat dans la Royal Air Force. Travaillant à partir de ses notes écrites lors de son service dans la Royal Air Force, Lawrence raconta la vie quotidienne des soldats et son envie de faire partie de la RAF. Ce livre fut publié à titre posthume. Lawrence traduisit aussi L'Odyssée d'Homère et Le Gigantesque, un roman français peu connu, par Adrien le Corbeau.
La possible homosexualité de Lawrence
Certains passages des écrits de Lawrence et des rapports d'un de ses collègues qui lui aurait administré des « fessées » laissent à penser que Lawrence avait des goûts sexuels non-conventionnels, notamment le masochisme. Bien que ses écrits comprennent un passage clairement érotique et homosexuel , ses orientations et expériences sexuelles restent inconnues.
Les Sept Piliers de la sagesse sont dédiés à "S.A.", avec un poème qui commence par :
« Je t'aimais ; c'est pourquoi, tirant de mes mains ces marées d'hommes, J'ai tracé en étoiles ma volonté dans le ciel Afin de te gagner la Liberté, la maison digne de toi, la maison aux sept piliers Ainsi tes yeux brilleraient peut-être pour moi Lors de ma venue »
(Dans certaines éditions des Sept Piliers de la sagesse, la dernière ligne de ce poème est "When we came" ("Quand nous sommes arrivés". L'édition de 1922 publiée à Oxford a cependant "When I came". Le poème complet est composé de 4 strophes.
L'identité de "S.A." n'a jamais été élucidée. Il a été supposé que ces initiales correspondent à un homme, une femme, une nation ou une combinaison des précédents. "S.A." pourrait être "Sheikh Ahmed", également appelé Dahoum, un jeune arabe qui travailla avec Lawrence dans un chantier archéologique avant la guerre et dont Lawrence aurait été très proche. Dahoum mourut en 1918 du typhus. Cependant, certains affirment que Dahoum était seulement un ami très proche de Lawrence comme cela arrivait au XIXe siècle et au début du XXe siècle, ce qui impliquait souvent des contacts physiques (mais à caractère non-sexuel. Lawrence lui-même, peut-être pour masquer les pistes, affirma que "S.A." était un personnage inventé.
Anecdotes
D'après le dossier médical militaire du 12 mars 1923 de Lawrence, il mesurait 1 mètre 66, pesait 59 kg et avait des « cicatrices sur les fesses », « trois cicatrices superficielles dans le bas du dos » et « quatre cicatrices superficielles sur le côté gauche. De plus, il était circoncis.
Depuis 1923, Lawrence s'était découvert une passion pour les motocyclettes. Il en eut sept, qu'il baptisa toutes du nom George, et d'un numéro selon l'ordre de possession. En mai 1935, alors qu'il roulait à grande vitesse sur la moto « George VII », il perdit le contrôle de sa machine en voulant éviter deux jeunes cyclistes. Il mourut quatre jours plus tard des suites de son accident.
Jacques Cartier (né vers la fin de l'année 1491 à Saint-Malo en Bretagne, décédé au même endroit le 1er septembre 1557), est navigateur et explorateur français. Auteur de cartes ayant permis l'apparition du golfe et du fleuve Saint-Laurent sur les représentations du globe, Cartier par ses Relations décrit pour la première fois ces eaux et le territoire visité qu'il nomme Canada.
Biographie
Le début de sa vie est mal connu. Fils de Jamet Cartier et de Jesseline Jansart, de la paroisse Saint-Vincent de Saint-Malo, il y épouse, le 2 mai 1519 Catherine, fille de Jacques des Granches, connétable : un mariage qui améliore grandement sa condition sociale.
Plusieurs historiens avancent qu'il aurait pu accompagner une campagne de pêche pour se rendre à Terre-Neuve avant 1532, car la région était fréquentée des pêcheurs basques et bretons. Certains suggèrent aussi qu'il aurait pu participer à l'un des voyages d'exploration de la côte brésilienne par la flotte normande sous pavillon dieppois, vu :
d'une part, les fréquentes comparaisons que Cartier fit, dans ses récits de voyage, entre les Amérindiens de la Nouvelle-France et les Brésiliens, ainsi que sa connaissance du portugais car lors de sa retraite il agira à plusieurs occasions comme interprète en langue portugaise ;
d'autre part, l'histoire de la ville de Dieppe, qui relate la navigation non seulement du capitaine Jean Cousin, mais de deux autres capitaines, Thomas Aubert et Jean Vérassen qui embarquèrent de Dieppe en 1508 et reconnurent le fleuve Saint-Laurent auquel ils donnèrent son nom.
En 1532, alors qu'une guerre éclate entre la couronne du Portugal et les armateurs normands au large du Brésil, il est présenté à François Ier par Jean Le Veneur, abbé du Mont-Saint-Michel. Celui-ci évoque des voyages que Cartier aurait déjà faits « en Brésil et en Terre-Neuve » pour affirmer qu'il était à même « de conduire des navires à la découverte de terres nouvelles dans le nouveau monde ». Recevant une commission du roi de France, et devenant en ce sens le successeur de Giovanni da Verrazano, Cartier dirigera aux frais du roi trois voyages vers l'Amérique du Nord entre 1534 et 1542, espérant y trouver un passage pour l'Asie, sinon des richesses.
Le premier voyage (1534)
Après seulement vingt jours de traversée, Cartier atteint Terre-Neuve, avec ses deux navires et un équipage de 61 hommes. Il explore minutieusement le golfe du Saint-Laurent et, le vendredi 24 juillet, met pied à terre à Gaspé, y plante une croix de trente pieds, revendiquant la région pour le roi de France. La troupe des Français y rencontre des Iroquoiens du Saint-Laurent, venus pour la pêche, qui les accueillent sans trop de plaisir. Le chef amérindien, Donnacona, après protestations, finit par permettre à Cartier d'amener deux de ses fils en France. La rentrée à Saint-Malo se fait le 5 septembre après une autre courte traversée de 21 jours.
Le deuxième voyage (1535–1536)
Le deuxième voyage a lieu en 1535–1536. Cette expédition compte trois navires, la Petite Hermine (60 tonneaux), l'Émérillon (40 tonneaux) et la nef qui transporte Cartier, la Grande Hermine (120 tonneaux). Quinze mois de vivres ont été prévus. Ramenés de France par Cartier, les deux fils du chef Donnacona, Taignoagny et Domagaya, parlent maintenant français. Recourant à leurs connaissances, Cartier remonte alors le cours du Saint-Laurent, découvrant qu'il navigue sur un fleuve lorsque l'eau devient douce. À l'île d'Orléans, le 7 septembre, devant Stadaconé, on retrouve Donnacona.
Ce chef essaie de dissuader les Français de remonter le fleuve : il veut s'assurer du monopole du commerce. Cartier refuse et donne congé aux deux fils. Il ira donc en amont sans interprète. Une partie des hommes restent et construisent un fortin, préparant le premier hivernage connu de Français au Canada. Cartier continue à remonter le fleuve sur l'Émérillon, mais bientôt son tirant d'eau lui interdit de poursuivre au-delà du lac Saint-Pierre : il y ancre l'Émérillon et l'équipage poursuit en barques.
Le 2 octobre 1535, Jacques Cartier et ses compagnons arrivent dans la région de l'établissement nommé Hochelaga. La nuit venue, ils se retirent tous à bord des barques. Tôt le lendemain matin, avec ses gentilshommes et vingt mariniers armés, Cartier entreprend à pied le chemin vers ce village, sur une voie bien aménagée. Marchant ainsi deux lieues (environ 8 km), ils peuvent enfin apercevoir cette bourgade palissadée de tronc d'arbres, sur une colline et entourée de terres cultivées pleines de maïs (dit blé d'Inde), ainsi qu'il décrira le paysage entourant Hochelaga. Il nommera Mont Royal, cette montagne de l'île et de la ville qui sera ensuite nommée Montréal.
La bourgade n'a dans son rempart circulaire qu'une seule porte d'entrée (sortie). On y compte une cinquantaine de « maisons longues », communautaires. Le chef du village affirme que l'on peut continuer à remonter le fleuve vers l'ouest durant trois lunes et, de la rivière des Outaouais, se diriger vers le nord et pénétrer dans un pays où l'on trouve de l'or.
Après cette visite d'un jour, les Français rebroussent chemin et retournent au pays de Canada (région de Québec), hiverner au mouillage, à côté du fort Sainte-Croix (sur l'actuel site du Parc Cartier-Brébeuf).
Les rapports avec les Iroquoiens du Saint-Laurent sont bons, malgré quelques disputes sans gravité, qui ne dégénèrent jamais en violence. Cartier découvre cependant les premiers scalps dans la maison de Donnacona. Il y goûte aussi le tabac, qu'il n'apprécie guère. L'hiver de l'Amérique du Nord arrive et surprend les Français, le fleuve gèle et emprisonne les navires. Cartier et ses hommes hivernent près de la rivière Sainte-Croix (maintenant dite rivière Saint-Charles, à Québec). Les hommes souffrent du scorbut, les Iroquoiens en sont aussi frappés, des Français meurent tandis que les Amérindiens s'en tirent beaucoup mieux. Cartier, épargné, découvre que les Iroquoiens du Saint-Laurent se soignent avec une préparation de feuilles de cèdre (thuya). Il applique le traitement à ses hommes et bientôt les guérisons se multiplient. En avril, Cartier s'empare de Donnacona, de ses deux fils et de sept autres Iroquoiens puis, profitant du dégel, il met le cap sur la France, abandonnant la Petite Hermine, « faute d'un équipage assez nombreux » (25 des 110 équipiers étaient décédés du scorbut). Après un passage par Saint-Pierre-et-Miquelon, il retourne à Saint-Malo en juillet 1536, croyant avoir exploré une partie de la côte orientale de l'Asie.
Le Lieu historique national Cartier-Brébeuf commémore cet hivernage de Jacques Cartier.
Le troisième voyage (1541—1542)
Donnacona qui a compris ce que cherchent les Français, de l'or, des gemmes, des épices, leur fait la description qu'ils veulent entendre, celle du riche royaume de Saguenay, et François Ier, bien qu'occupé par les menaces de Charles Quint, se laisse convaincre de lancer une troisième expédition avec pour instructions d'implanter une colonie.
L'organisation de l'expédition est confiée à Jean-François de La Rocque de Roberval, un homme de cour, ce que Cartier n'est pas. Il ne sera cette fois que le second de Roberval. La colonisation et la propagation de la foi catholique deviennent les deux objectifs. Donnacona meurt vers 1539, comme d'autres Iroquoiens du Saint-Laurent, les autres se sont mariés, aucun ne reviendra. On prépare l'expédition, arme cinq navires, embarque du bétail, libère des prisonniers pour en faire des colons. Roberval prend du retard dans l'organisation et Cartier s'impatiente puis décide de s'engager sur l'océan sans l'attendre. Après une traversée calamiteuse, il arrive enfin sur le site de Stadaconé en août 1541 après trois ans d'absence. Les retrouvailles sont chaleureuses malgré l'annonce du décès de Donnacona, puis les rapports se dégradent et Cartier décide de s'installer ailleurs.
Il fait édifier le fort de Charlesbourg-Royal au confluent du Saint-Laurent et la rivière du Cap Rouge pour préparer la colonisation. Bientôt, l'hiver arrive et Roberval est toujours invisible avec le reste de l'expédition. En attendant, il accumule l'or et les diamants qu'il négocie avec les Iroquoiens du Saint-Laurent qui disent les avoir ramassés près du camp. En 1542, il lève le camp, rencontre Roberval à Terre-Neuve. Malgré l'ordre que ce dernier lui donne de rebrousser chemin et de retourner sur le Saint-Laurent, Cartier met le cap vers la France.
Aussitôt arrivé, il fait expertiser le minerai et apprend qu'il ne rapporte que de la pyrite et du quartz sans valeur. Sa mésaventure sera à l'origine de l'expression « faux comme des diamants du Canada ».
La retraite
Déçu, il se retire dans son manoir de Limoëlou, près de Saint-Malo. Considéré comme un sage, on le consulte parfois et on met à profit ses connaissances du portugais. Il succombe en 1557 de la peste qui frappe la ville. Ses restes, retrouvés en 1944, reposent depuis dans la cathédrale de Saint-Malo.
Un faux en art est une copie frauduleuse d'une œuvre d'art originale ou une œuvre originale dont on essaie d'attribuer la paternité à un artiste qui n'en est pas l'auteur et qui est généralement plus célèbre.
Histoire
Les faux en art existent depuis au moins 2 000 ans. Dans l'Antiquité, les Romains produisaient déjà des copies des statues grecques, même s'il n'est pas attesté qu'il y avait tromperie sur l'origine.
Pendant la Renaissance, de nombreux peintres engageaient dans leur atelier des apprentis qui se formaient en copiant leurs œuvres et leur technique ou en finissant certains de leurs tableaux. Pour se rémunérer, le maître vendait les tableaux, sans qu'ils soient forcément des faux. Cependant certaines œuvres ont été a posteriori attribuées par erreur au maître et non à son école.
La diffusion de la richesse qui suivit la Renaissance entraîna un attrait plus grand pour les œuvres d'art et les objets antiques. Cet attrait s'étendit aux œuvres contemporaines et, de plus en plus, la valeur de ces œuvres fut attachée à la signature de celui qui les avait produites. Pour les identifier, les peintres commencèrent à marquer leurs œuvres, d'abord de signes puis de signatures. Avec la demande plus forte, les premiers faux commencèrent à apparaître.
Pendant le XVIe siècle certains suiveurs d'Albrecht Dürer ajoutèrent sa signature à leurs œuvres pour en augmenter la valeur, provoquant la colère de Dürer : il ajouta à une gravure de la Vierge une mention « que soient maudits les pilleurs et les imitateurs du travail et du talent des autres ». Même Michel-Ange fit un faux d'un cupidon en marbre pour son mécène Laurent de Médicis.
En 1799, Wolfgang Küffner put emprunter un autoportrait d'Albrecht Dürer qui décorait l'hôtel de ville de Nuremberg depuis le XVIe siècle. En lieu et place de l'original, il restitua une copie, supercherie qui ne fut découverte que six ans plus tard, en 1805, quand le tableau fut vendu et expertisé.
Les faux se multiplièrent au XXe siècle, en particulier sur les œuvres d'artistes contemporains comme Salvador Dalí, Pablo Picasso, Paul Klee ou Matisse.
Une liste des principaux faussaires
Yves Chaudron :
est un faussaire français qui effectua des copies de la Joconde à l'occasion de son vol en 1911.
Alceo Dossena :
est un sculpteur italien. Sa renommée vient de sa capacité à imiter les plus belles oeuvres de l'art antique et de la Renaissance. Il ne vendit pas volontairement ses oeuvres comme des réalisations de maîtres. Nombre de collectionneurs, de musées, abusés par des revendeurs, achetèrent ses réalisations
Guy Hain :
est un marchand d'art et un faussaire français qui écoula de très nombreux faux bronzes, notamment des Rodin, des Carpeaux et des Maillol. Condamné une première fois en 1997, il est encore condamné dans une autre affaire par la cour d'appel de Besançon en 2001 à quatre ans de prison ferme et deux millions de francs français d'amende, auxquels il faut ajouter les dédommagements aux parties civiles. La procédure à son encontre a débuté lorsque le musée Rodin a déposé plainte.
Guy Hain affirmait pour sa défense qu'il avait le droit de reproduire des oeuvres tombées dans le domaine public en 1982. La question que le tribunal devait trancher était de savoir si les bronzes de Guy Hain étaient des faux ou non
Fernand Legros :
né le 26 janvier 1931 et décédé en 1983 à Chasseneuil-sur-Bonnieure, était un marchand d'art français, qui fut condamné pour vente de faux tableaux dans les années 1970. Après une jeunesse passé en Égypte, il s'installe en France et acquiert par mariage la nationalité américaine, bien que ne cachant pas par ailleurs son homosexualité.
D'abord danseur de ballet, il fréquente ensuite l'école du Louvre. Il fait dans les années 1950 la connaissance du peintre hongrois Elmyr de Hory, dont il devient l'agent malgré son peu de connaissances en matière de peinture. Elmyr de Hory, imitateur de grand talent, s'était déjà fait une spécialité d'imiter les oeuvres de peintres célèbres et avait vendu entre autres des reproductions de Picasso. En compagnie de son amant Réal Lessard, Legros vendit des tableaux d'Elmyr de Hory dans le monde entier en les faisant passer pour des oeuvres authentiques de grands maîtres. Les collectionneurs floués par Legros se trouvaient notamment aux États-Unis et en Amérique du Sud. Elmyr de Hory avoua par la suite avoir réalisé 80 faux.
A partir de 1964, Legros fut l'objet d'une enquête et attira l'attention des médias. Original et flamboyant, d'une amoralité revendiquée, il devint un personnage médiatique, sa célébrité étant entretenue par la longueur de la procédure dont il faisait l'objet. Il fit l'objet d'une biographie romancée écrite par Roger Peyrefitte. Il fut finalement condamné en 1979 à deux ans de prison ferme et ressortit libre du tribunal, ayant déjà passé un temps équivalent sous les verrous en détention préventive. Il mourut d'un cancer de la gorge.
Han van Meegeren :
de son vrai nom Henricus Antonius van Meegeren, était un peintre néerlandais, un restaurateur d'œuvres d'art et un faussaire. On considère qu'il est un des faussaires en art les plus adroits du 20ème siècle, puisque les acheteurs qu'il a réussi à duper lui ont donné entre 25 et 30 millions de dollars. Sa vie est liée à celle du grand peintre néerlandais Johannes Vermeer, mort en 1675, peintre qui n'avait pas été particulièrement renommé jusqu'au début du vingtième siècle et dont seulement 35 environ de ses œuvres nous sont parvenues.
Son professeur, Bartus Korteling, ayant suscité très tôt chez lui le désir d'être peintre, van Meegeren s'enthousiasma pour les merveilleuses couleurs qu'utilisaient les peintres pendant l'Âge d'or des Pays-Bas.
Malheureusement, son père ne partageait pas la passion pour l'art de son fils et l'envoya étudier l'architecture à la Hogeschool de Delft pour se préparer au métier. Han se lassa bien vite de cette étude imposée et commença avec un certain succès une carrière de peintre, en pratiquant au début l'art moderne. Il en fut vite ennuyé et se sentit attiré par les couleurs et les perspectives décadentes de certaines peintures de l'Âge d'or des Pays-Bas. À ce moment-là, cependant, c'étaient les peintres de l'École de la Haye, à laquelle Vincent van Gogh avait été associé au début de sa carrière, que l'on plaçait le plus haut et qui étaient les plus demandés aux Pays-Bas. Les critiques d'art dénigrèrent le travail de van Meegeren comme une imitation qui sentait la fatigue, si bien que les galeries et les musées n'achetèrent plus ses peintures.
Van Meegeren ne resta pas sans se défendre devant ces attaques et il étrilla les critiques d'art dans un article agressif publié par son magazine De Kemphaan. Et comme les critiques d'art bien-pensants l'avaient attaqué et avaient brisé sa carrière, il décida de fabriquer des faux imitant des tableaux d'artistes bien connus. Il se mit à copier leurs styles et leurs couleurs avec une telle perfection que les méthodes d'authentification de l'époque ne permettaient pas de déceler la fraude. Après avoir passé six ans à mettre au point ses techniques, il finit par produire des imitation parfaites de peintures de Frans Hals, Piéter de Hooch, Gérard ter Borch et Johannes Vermeer, au point que même les meilleurs critiques d'art et les meilleurs experts de ce temps les considéraient comme des peintures authentiques et quelquefois géniales. Dans cette activité particulière, il s'attacha principalement à la création de faux Vermeer. Sa toile « Les Disciples d'Emmaüs » trompa dans les années 1930 et 1940 les meilleurs experts.
C'est pendant la Seconde Guerre mondiale que van Meegeren connut l'apogée de sa carrière : ses peintures furent accrochées dans les musées et ses chef-d'œuvres furent célébrés dans le monde entier. La vente de ses faux fut facilitée par l'occupation allemande aux Pays-Bas. De riches Néerlandais, voulant empêcher que les œuvres d'art de leur pays tombassent aux mains d'Adolf Hitler et du Parti Nazi, se ruaient avidement sur les imitations. Un faux « Vermeer », œuvre de Han van Meegeren, « Le Christ et la parabole de la femme adultère », ne s'en retrouva pas moins en possession d'Hermann Goering.
Après la Seconde Guerre mondiale, les Forces Alliées découvrirent ce « Vermeer » et son véritable auteur fut arrêté pour avoir collaboré avec les Allemands, car on croyait réellement qu'il avait vendu aux Nazis un trésor culturel de son pays. Comme un tel crime était passible de la peine capitale, van Meegeren préféra avouer la falsification et il entreprit de se disculper en peignant un autre « Vermeer » dans sa cellule en présence de six témoins.
À la suite d'une enquête détaillée, menée par des experts internationaux, il fut confirmé que la peinture de Goering ne pouvait pas dater de l'Âge d'or néerlandais et qu'elle était en réalité un faux. Han van Meegeren ne fut plus voué aux gémonies comme collaborateur, mais célébré par le public néerlandais comme un escroc subtil, dont les faux avaient réussi à duper à la fois les experts et le très détesté Hermann Goering.
La cour régionale de justice d'Amsterdam n'en condamna pas moins Han van Meegeren pour faux et tromperie, mais se contenta de la peine minimale, un an de prison. Van Meegeren ne le fit d'ailleurs jamais puisque le 26 novembre 1947, dernier jour pour faire appel de la décision de justice, van Meegeren fut victime d'une crise cardiaque et envoyé à la Valeriuskliniek, un hôpital d'Amsterdam, où il mourut le 30 décembre 1947.
Émile Schuffenecker :
est un peintre français. Il est parfois soupçonné d'avoir réalisé des faux, dont des faux Vincent Van Gogh (Le jardin à Auvers et Le jardin de Daubigny).
Ce fut notamment un ami de Paul Gauguin dont un tableau a pour titre L'atelier de Schuffenecker ou la famille Schuffenecker. Il donna une lettre de recommandation à Émile Bernard pour l'introduire auprès de Gauguin. La rencontre se passa en juillet 1886 et marqua les débuts de l'école de Pont-Aven.
Johannes Kepler (ou Keppler), né le 27 décembre 1571 à Weil der Stadt dans le Bade-Wurtemberg et mort le 15 novembre 1630 à Ratisbonne en Bavière, est un astronome célèbre pour avoir étudié et confirmé l'hypothèse héliocentrique (la Terre tourne autour du Soleil) de Nicolas Copernic, et surtout pour avoir découvert que les planètes ne tournent pas en cercle parfait autour du Soleil mais en suivant des ellipses.
Il a découvert les relations mathématiques (dites Lois de Kepler) qui régissent les mouvements des planètes sur leur orbite. Ces relations sont fondamentales car elles furent plus tard exploitées par Isaac Newton pour élaborer la théorie de la gravitation universelle. Il faut toutefois noter que bien qu'il ait vu juste quant à la forme des orbites planétaires, Kepler expliquait les mouvements des planètes non pas par la gravité mais par le magnétisme.
Il a enfin accordé une attention majeure à l'optique en synthétisant en 1604 les principes fondamentaux de l'optique moderne comme la nature de la lumière, la chambre obscure, les miroirs (plans et courbes), les lentilles ou la réfraction.
L'astéroïde (1134) Kepler a été nommé en son honneur. La supernova SN 1604, a été aussi appelée Supernova de Kepler, ou Étoile de Kepler, car restée visible un an après son explosion de 1604, Kepler en rédigea la description la plus précise.
Enfin, en hommage au grand astronome, la NASA a donné son nom au télescope spatial Kepler qui a pour mission pendant quatre ans de détecter des exo planètes telluriques et autres petits corps orbitant près des étoiles de notre galaxie, la Voie lactée. Le télescope doit être lancé en octobre 2008.
Biographie
Kepler naît au sein d'une famille de religion protestante luthérienne, installée dans la ville de Weil der Stadt au Bade-Wurtemberg. Né prématurément à sept mois et hypocondriaque de nature chétive, il souffre toute sa vie d'une santé fragile. À l'âge de trois ans, il contracte la petite vérole, ce qui, entre autres séquelles, affaiblit sévèrement sa vue.
La famille Kepler est peu ordinaire et son ambiance n'est pas des plus saines. Le père, Heinrich Kepler, est mercenaire dans l'armée du duc de Wurtemberg, et toujours en campagne, étant ainsi rarement présent à son domicile. La mère, Catherine — que Kepler qualifie lui-même de « petite, maigre, sinistre et querelleuse » — avait été élevée par une tante qui finit sur le bûcher pour sorcellerie. Kepler a deux cadets : sa sœur, Margarette, dont il reste proche, et Christopher, qui lui fut toujours antipathique.
De 1574 à 1576, il vit avec son petit frère Heinrich — épileptique — chez ses grands-parents, alors que son père est en campagne et que sa mère est partie à sa recherche.
Au retour de ses parents, Kepler déménage à Leonberg et entre à l'école latine en 1577. Ses parents lui font découvrir l'astronomie. Ainsi, en 1577, sa mère l'emmène en haut d'une colline pour observer le passage d'une comète. De son côté, son père lui montre l'éclipse de Lune du 31 janvier 1580, et comment cette dernière devint toute rouge. Kepler étudia plus tard ce phénomène et l'expliqua dans l'un de ses ouvrages sur l'optique.
À nouveau parti en guerre en 1589, son père disparaît à jamais.
Kepler ne termine son premier cycle de trois années qu'en 1583, retardé notamment à cause de son emploi comme journalier agricole, entre neuf et onze ans. En 1584, il entre au Séminaire protestant d'Adelberg, puis, deux années après, au Séminaire supérieur de Maulbronn.
Il y obtient son diplôme de fin d'études et entre en 1589 à l'université de Tübingen. Là, il étudie d'abord l'éthique, la dialectique, la rhétorique, le grec, l'hébreu, l'astronomie et la physique, puis la théologie et les sciences humaines. Il y poursuit ses études après obtention d'une maîtrise en 1591. Son professeur de mathématiques, l'astronome Michael Maestlin, lui enseigne le système héliocentrique de Copernic, qu'il réservait aux meilleurs étudiants, les autres devant alors se contenter du système géocentrique de Ptolémée, qui place la Terre au centre du monde. Kepler devient ainsi un copernicien convaincu et reste très proche de son professeur ; il n'hésite pas à lui demander aide ou conseil pour ses travaux.
Alors que Kepler projette de devenir ministre luthérien, l'école protestante de Graz demande un professeur de mathématiques. Il abandonne alors ses études en théologie pour prendre le poste et quitte Tübingen en 1594. À Graz, Il publie des almanachs avec des prédictions astrologiques. À l'époque, la distinction entre science et croyance n'est pas encore clairement établie et le mouvement des astres, encore assez méconnu, est gouverné par les lois divines.
Kepler se maria deux fois. Une première fois par intérêt, le 27 avril 1597, avec Barbara Müller, qui décède en 1612, tout comme deux de leurs cinq enfants — âgés d'un et de deux mois à peine. Ce mariage, organisé par ses proches, l'unit à une femme au caractère exécrable qu'il qualifie de « grasse et simple d'esprit ». Un autre de ses fils meurt à l'âge de sept ans. Seuls sa fille Susanne et son fils Ludwig survivent. Puis, à Linz l'année suivante, il épouse Susanne Reuttinger avec qui il a sept enfants parmi lesquels trois décèdent très tôt. Un mariage, cette fois-ci, heureux.
En 1615, sa mère, alors âgée de 68 ans, est accusée de sorcellerie. Kepler, persuadé de son innocence, passe six années à assurer sa défense auprès des tribunaux et à écrire de nombreux plaidoyers. Il doit, à deux reprises, retourner dans le Wurtemberg. Elle passe une année enfermée dans la tour de Güglingen aux frais de Kepler, ayant échappé de peu à la torture. Finalement, elle est acquittée le 28 septembre 1621. Affaiblie par ces dures années de procès et d'emprisonnement, elle meurt six mois plus tard.
Kepler meurt en 1630 à Ratisbonne, à l'âge de 59 ans.
En 1632, durant la guerre de Trente Ans, l'armée suédoise détruit sa tombe. Ses travaux sont retrouvés en 1773. Récupérés par Catherine II de Russie, ils se trouvent à l'observatoire de Pulkovo à Saint-Pétersbourg en Russie.
Le Mysterium Cosmographicum
En 1596, il publie son premier ouvrage, Mysterium Cosmographicum, fruit de ses premières recherches sur la structure de l'Univers. Il voit dans les lois qui régissent les mouvements des planètes, un message divin adressé à l'Homme. Dans ce livre, où il affirme sa position copernicienne, il se donne pour objectif de répondre à trois questions portant sur le nombre de planètes, leur distance au Soleil et enfin leur vitesse.
Dans son livre, il développe une théorie des polyèdres réguliers permettant de construire un modèle de l'Univers. Kepler remarqua que dans les six sphères représentant les orbites des six planètes connues à l'époque (de Mercure à Saturne), pouvaient être contenus les cinq solides de Platon. Les solides de Platon étant des polyèdres réguliers, ils étaient parfaits et s'accordaient bien avec la création divine. La sphère étant le sixième solide parfait nécessaire à son modèle, elle correspondait au paradis. Les cinq premiers objets à faces régulières représentaient la dynamique de l'Univers (le mouvement des planètes). Le nombre de ces solides permettait d'ailleurs d'expliquer le nombre des planètes. Chacun d'eux était circonscrit dans une sphère, elle-même circonscrite dans le polyèdre suivant, lui-même circonscrit dans une sphère, et ainsi de suite. Ainsi à Saturne était associé le cube, à Jupiter le tétraèdre, à Mars le dodécaèdre, à Vénus l'icosaèdre et à Mercure l'octaèdre. La Terre, que Dieu avait choisie pour refléter son image, marquait la séparation de deux groupes de ces solides.
Kepler dut également revoir certains détails du modèle copernicien. Ce dernier place le centre des orbites circulaires des planètes non pas sur le Soleil, mais un peu en écart afin de s'accorder à peu près avec les mesures. Pour Kepler, le modèle doit rester simple et tenir de la perfection divine. Or, un point situé à côté du Soleil comme centre des trajectoires est impensable ! Kepler s'était rendu compte lors de ses calculs, que les orbites circulaires des planètes présentaient des excentricités lorsqu'on prenait le Soleil pour centre, et qu'elles étaient plutôt elliptiques. Il en tint compte dans la construction de son modèle en affectant aux sphères une certaine épaisseur, proportionnelle à l'excentricité remarquée, dans laquelle était contenue la trajectoire de la planète correspondante.
Reste la question des vitesses. Pour les expliquer, il attribue au Soleil une vertu qui induit le mouvement des planètes. Il compare celle-ci avec la lumière, qui diminue d'intensité en fonction du carré de la distance. En revanche, cette force ne se répartirait pas de façon sphérique comme la lumière émise, mais n'agirait que sur un plan, propre à chaque planète. Il en déduit alors que cette force diminue de façon inversement proportionnelle à la distance, et non pas en fonction du carré de la distance comme l'intensité lumineuse. Cette loi était cependant erronée et il lui fallut plus de vingt ans pour la rectifier.
Cette théorie qui nous paraît complètement fantaisiste aujourd'hui, a permis à Kepler d'entrer en contact avec ses contemporains Galilée et Tycho Brahé, mathématicien impérial à la cour de Prague. Le premier lui fit part de son enthousiasme pour le soutien de ses idées coperniciennes qu'il partage également. Le second, tout aussi admiratif, l'invita à travailler à ses côtés.
Kepler a, en travaillant sur ces sujets, découvert deux nouveaux solides, aussi réguliers que les grecs, mais constitués de faces convexes (voir Les polyèdres de Kepler-Poinsot).
Le calcul de l'orbite de Mars
Poursuivi pour ses convictions religieuses et ses idées coperniciennes, il doit quitter Graz en 1600. Il se réfugie à Prague, invité par l'astronome danois Tycho Brahé pour y devenir son assistant. Les relations entre les deux personnages furent particulièrement houleuses ; Tycho Brahé ne croyant pas à l'héliocentrisme de Copernic mais soutenant une autre théorie dans laquelle la Terre est au centre mais les autres planètes tournent autour du Soleil.
Kepler voyait en Tycho Brahé un homme plein de richesses (ses mesures étaient très précises) mais qui ne savait les exploiter correctement.
Brahé lui demanda de calculer l'orbite précise de Mars, pour laquelle il avait remarqué une excentricité dans sa trajectoire, considérée comme une anomalie à une époque où l'on pensait encore que les planètes décrivaient des cercles, figure parfaite. Cette tâche était auparavant assignée à son assistant Longo Montanus qui passe alors à l'étude des mouvements de la Lune.
Pensant accomplir sa tâche en quelques semaines, il ne lui fallut pas moins de six ans pour achever son travail. C'est durant ce travail qu'il découvrit les deux premières des trois lois fondamentales :
Les planètes décrivent des trajectoires elliptiques dont le Soleil est un foyer.
Le mouvement de chaque planète est tel que le segment de droite reliant le soleil et la planète balaie des aires égales pendant des durées égales.
Ces lois furent publiées dans Astronomia Nova en 1609, où il fut également le premier à émettre l'hypothèse d'une rotation du Soleil sur son axe.
En 1618 viendra sa troisième grande loi :
Pour toutes les planètes, le rapport entre le cube du demi grand axe de la trajectoire et le carré de la période est le même — cette constante est indépendante de la masse de la planète.
Ce travail fut d'autant plus long que Kepler dut mener en parallèle une étude sur l'optique afin de mieux comprendre et interpréter ses observations, et qu'il était encore trop « conditionné » par les anciennes croyances en astronomie : il doute à plusieurs reprises de la nature circulaire de la trajectoire et pense alors à une ellipse, tout en continuant d'essayer d'en prouver le contraire, en ressortant de vieilles idées faisant appel à l'utilisation d'épicycles.
Les soixante-dix chapitres de l'Astronomia Nova comprennent ainsi toutes les démarches scientifiques et erreurs de Kepler qui lui permirent d'aboutir à ses deux premières lois, mais aussi à d'autres conclusions intéressantes comme la nature de la force responsable du mouvement des planètes, force « quasi magnétique », donc physique et non plus divine.
À la mort de Tycho Brahé en 1601, il fut désigné comme mathématicien impérial à la cour de Rodolphe II. Il garda ce statut jusqu'en 1612.
L'optique
Alors qu'il étudie l'orbite de Mars, Kepler voit la nécessité d'étudier également l'optique afin de mieux comprendre certains phénomènes observés tels la réfraction atmosphérique. Dès 1603, il parcourt divers ouvrages sur le sujet dont celui de l'Arabe Alhazen.
Kepler rassemble les connaissances de l'époque dans son livre Astronomia pars Optica, publié en 1604. Il y explique les principes fondamentaux de l'optique moderne comme la nature de la lumière (rayons, intensité variant avec la surface, vitesse infinie, etc.), la chambre obscure, les miroirs (plans et courbes), les lentilles et la réfraction dont il donne la loi i = n×r, qui est correcte pour de petits angles (la vraie loi — sin i = n×sin r — fut donnée plus tard par Willebrord Snell et René Descartes). Il aborde également le sujet de la vision et la perception des images par l'œil. Il est convaincu que la réception des images est assurée par la rétine et non pas le cristallin comme on le pensait à cette époque, et que le cerveau serait tout à fait capable de remettre à l'endroit l'image inversée qu'il reçoit.
En 1610, il prend connaissance de la découverte de quatre satellites autour de Jupiter grâce aux observations de Galilée avec son télescope et écrit une lettre de soutien publiée sous le titre de Dissertatio cum Nuncio Sidero (Conversation avec le messager des étoiles), puis après avoir lui-même observé ces satellites, il publie ses observations dans Narratio de Observatis Quatuor Jovis Satellibus. C'est d'ailleurs Kepler qui, le premier, dans son ouvrage de 1611, utilisa le mot « satellite » pour désigner les quatre petits astres tournant autour de Jupiter.
L'invention récente du télescope enthousiasme beaucoup Kepler qui, en 1611, écrit un second ouvrage d'optique, Dioptricae, reprenant de nombreux thèmes abordés dans l'Optica en les approfondissant. Dans ce livre très mathématique, il rassemble 141 théorèmes expliquant principalement les lentilles et le fonctionnement d'un télescope.
L'Harmonie du monde
Kepler découvrit grâce à des travaux antérieurs que l'Univers était soumis à des lois « harmoniques », faisant un lien entre l'astronomie et la musique. Dans le Harmonice Mundi, publié en 1619, il attribue aux planètes un thème musical. Les variations des vitesses de ces planètes sont représentées par les différentes notes composant la musique. Ainsi, il était facile de distinguer les orbites les plus excentriques. Mais c'est aussi dans cet ouvrage en cinq volumes que Kepler énonce sa troisième loi fondamentale : le carré de la période est proportionnel au cube du demi-grand axe [de l'ellipse]. Celle-ci découle de ses recherches sur un modèle d'Univers harmonique.
Ses autres travaux
Suite à l'observation d'une supernova en 1604-1605, il écrira deux ans plus tard De Stella nova in pede serpentarii.
L'année 1613 est marquée par la publication d'un travail sur la chronologie et l'année de naissance de Jésus de Nazareth. D'abord en allemand, puis en latin l'année suivante (De Vero Anno quo Aeternus Dei Filius Humanam Naturam in Utero Benedictae Virginis Mariae Assumpsit). Il y démontra que le calendrier chrétien comportait une erreur de cinq ans et fut ainsi le premier à revoir la date de naissance de Jésus, en l'an -4.
Entre 1617 et 1621, il écrit Epitome Astronomiae Copernicae, une introduction à l'astronomie copernicienne.
Il construisit une table de logarithmes, publiée en 1624 dans Chilias logarithmorum à Marbourg, en améliorant la méthode de calcul proposée par John Napier. Bien qu'achevées depuis un moment déjà, il publia à Ulm ses tables rudolphines (Tabulae Rudolphinae) en hommage à Rodolphe II. Ces tables de positions planétaires étaient fondées sur les observations de Tycho Brahé et de ses propres travaux sur la mécanique céleste. Ce retard était dû à un différend avec les héritiers de Tycho Brahé qui ne voulaient pas que les travaux de Tycho soient exploités sans percevoir une partie des gains, ainsi qu'à leur demande de modification de l'introduction de l'ouvrage. Lors de son séjour à Ulm, il est chargé de définir des unités de mesure pour les activités commerciales.
Il émit la conjecture mathématique appelée « conjecture de Kepler » concernant l'empilement des sphères (ou des boulets de canons). Celle-ci n'a été démontrée par l'Américain Thomas C. Hales qu'en 2003 et encore pas tout à fait suivant les critères des mathématiciens. Elle énonce que l'empilement des sphères dans l'espace le plus dense est celui du marchand des quatre saisons à savoir le cubique face centrée (voir système cristallin).
Quatre années après sa mort, est publié Somnium, un texte fantastique (proche de notre science-fiction) relatant d'un voyage de la Terre à la Lune qu'il aurait achevé peu avant sa mort. Il profite de ce récit pour vulgariser ses idées coperniciennes.
Kepler et l'astrologie
Kepler était persuadé que l'astrologie pouvait devenir une science au même titre que la physique ou les mathématiques. Il était convaincu que les positions des planètes affectaient les humains et influençaient la météo terrestre. Pour lui, astronomie et astrologie étaient liées. C'est ainsi qu'il essaya de poser des bases scientifiques rigoureuses à l'astrologie en faisant intervenir des principes physiques.
La publication de ses horoscopes et de ses prédictions lui fit une bonne renommée. En 1595, il prédit un soulèvement de la population, une invasion turque ainsi qu'un hiver rigoureux. Il compila plus tard l'horoscope du général Albrecht von Wallenstein qui s'arrêta par un « violent événement » en 1634. Wallenstein fut en effet assassiné le 24 février de cette année. Il laissa deux écrits sur l'astrologie : De fundamentis astrologiae, en 1601, et Astrologicus, en 1620.
Il attribue d'ailleurs aux astres le malheur et le comportement de ses parents, qu'il croit nés sous une mauvaise étoile, ainsi que son premier mariage — décevant — sous un « ciel calamiteux ».
La tour penchée de Pise (torre pendente di Pisa en italien) est un des symboles du centre de l'Italie.
La tour, emblème de la ville toscane de Pise, est un campanile(Un campanile est un clocher de forme carrée ou ronde, généralement percé d'arcades sur plusieurs niveaux. Le terme s'emploie en particulier pour les clochers italiens de la Renaissance) de style roman destiné à recevoir les cloches de la cathédrale dont la construction débuta en 1064.
Caractéristiques
Située sur la Place des miracles (Piazza dei Miracoli) au centre de Pise, elle est haute de 54,5 mètres, d'un diamètre externe de 15,5 mètres à la base, et lourde de 14 453 tonnes.
Cette tour creuse, de diamètre interne de 7,4 mètres, est composée de deux cylindres de pierre concentriques entre lesquels court un escalier en colimaçon de 293 marches. Entre chacun des 8 étages, des colonnes de marbre blanc de Carrare servent de support, et de nombreuses sculptures sont visibles. La porte est décorée de sculptures d'animaux et autres grotesques de style roman.
La tour est actuellement inclinée d'un angle de 5,5° vers le sud, ce qui fait que le dernier étage (n°8, celui des cloches) dépasse l'aplomb des fondations de 4,5 mètres. Cette tour mesurait 4.2 mètres de largeur
Légende
La légende dit que, du haut de cette tour, Galilée mesura, vers la fin du XVIe siècle, le temps de chute de divers corps et put établir que la vitesse de leur chute était la même pour tous, et non pas proportionnelle à leur poids comme le supposait Aristote auparavant.
Histoire
La construction de l'édifice commença le 9 août 1173 et s'étala sur deux siècles. Dès la fin de l'ajout du troisième étage vers 1178 la tour avait commencé à pencher et la construction fut interrompue pendant 90 ans. À partir de 1272, les quatre étages supérieurs furent donc posés en diagonale pour compenser l'inclinaison. La construction s'interrompit alors à nouveau de 1301 à 1350 et ce n'est qu'en 1372 que le dernier étage des cloches, de diamètre moins important, fut achevé. En 1838, un bassin fut décaissé à la base de la tour pour mettre à jour la base des colonnes qui s'étaient enfoncées sous terre.
Des mesures de l'écartement du sommet avec la verticale montrent l'inclinaison progressive :
1350 : 1,4 m soit 1,47 °
1817 : 3,8 m soit 4 °
2006 : 4.5 m soit 5.4 °
Construite sur une plaine alluviale, elle a commencé à s'incliner très vite, soit en raison d'un défaut de fondation, soit à la suite d'un affaissement de terrain dû à une roche : la marne.
Le 7 janvier 1990, la tour fut fermée au public pour des raisons de sécurité. Le monument avait alors été visité par 18 millions de personnes au cours des 60 années précédentes.
Après expertises, les travaux furent commencés. En septembre 1995, un système cryogénique pour refroidir le sol s'avère faire pencher la tour encore plus. En 1998 une armature interne en acier fut posée et en 1999, 60 m³ d'argile furent extraits sous la tour et les fondations furent renforcées de piliers de 15 m de profondeur. Ces travaux à hauteur de quelque 30 M ont permis de rapprocher le sommet avec la verticale de 43 cm et de stabiliser ainsi l'édifice pour au moins une centaine d'années.
Les visites ont pu reprendre le 15 décembre 2001, mais certains scientifiques craignent que cela n'écourte la vie de cette construction assez fragile. Cependant, d'autres affirment que le campanile restera encore au moins 300 ans debout.
Visite
La visite se fait par groupes d'une trentaine de personnes. Elle dure 30 minutes, sans pause, et les guides rappellent qu'une forme physique suffisante est nécessaire pour gravir presque 300 marches dont l'inclinaison varie et que les personnes sujettes au vertige devraient s'abstenir. L'accès au dernier étage est assez étroit et peut être problématique pour les personnes de forte corpulence. L'accès est interdit aux moins de 8 ans ; les enfants entre 8 et 12 ans doivent être tenus par la main durant toute la visite et les mineurs de moins de 18 ans doivent être accompagnés d'un adulte responsable. Tous les sacs doivent être laissés en bas, mais les appareils photos et caméras sont autorisés. En 2007, l'accès était de 15 € par personne pour une visite de 15 minutes.
Citations sur la tour de Pise
« Quand la tour de Pise penche vers la droite, c'est qu'il va pleuvoir. Quand elle penche vers la gauche, c'est que vous arrivez par l'autre bout de la rue. » François Cavanna
Site officiel de la tour de Pise :http://torre.duomo.pisa.it/
6 décembre 1778 :Naissance de : Louis Joseph Gay-Lussac, physicien et chimiste français
Louis Joseph Gay-Lussac, né à Saint-Léonard-de-Noblat le 6 décembre 1778 et mort à Paris le 9 mai 1850, est un chimiste et physicien français, connu pour ses études sur les propriétés des gaz.
Biographie
Il fait ses études à l'École polytechnique, où il est professeur de chimie de 1809, succédant à Fourcroy, à 1839, remplacé par Théophile-Jules Pelouze.
Il est le premier titulaire de la chaire de physique à la faculté des sciences de Paris, de 1808 à 1832, dont il démissionne pour occuper la chaire de chimie organique et chimie minérale du Muséum national d'histoire naturelle de 1833 à 1848.
En 1802, il découvre la loi de dilatation des gaz (La dilatation est l'expansion du volume d'un corps occasionné par son réchauffement, généralement imperceptible. Dans le cas d'un gaz, il y a dilatation à pression constante ou maintien du volume et augmentation de la pression)et, quelques années plus tard, les lois volumétriques qui portent aujourd'hui son nom. Ces dernières stipulent que les gaz se mélangent entre eux selon des rapports volumétriques simples. Il apporte plusieurs améliorations au baromètre à mercure.
En 1804, il entreprend deux ascensions en ballon afin d'étudier les variations du magnétisme terrestre et la composition de l'air à différentes altitudes.
En 1806, il est élu membre de l'Académie des sciences, dont il est président en 1822 et 1834.
En 1808, en collaboration avec le chimiste français Louis Jacques Thénard, Gay-Lussac travaille à la préparation du potassium et du sodium, et découvre le bore.( Le bore est un élément chimique de symbole B et de numéro atomique 5.C'est un métalloïde trivalent, qui se trouve abondamment dans la nature sous forme de borax. Il y a deux formes allotropiques de bore; le bore amorphe est une poudre brune, mais le bore métallique est noir. La forme métallique est dure (9,3 sur l'échelle de Mohs) et à température ambiante est un mauvais conducteur d'électricité.)
L'année suivante, il démontre que le chlore, appelé alors acide muriatique oxygéné, est en fait un corps simple. En 1815, il découvre le cyanogène, de formule C2N2, et l'acide cyanhydrique. Dans le domaine de la chimie industrielle, il améliore les procédés de fabrication de l'acide sulfurique et de l'acide oxalique et met au point des méthodes de contrôle par dosage.
Louis Joseph Gay-Lussac est inhumé au cimetière du Père-Lachaise.
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Jean Bart ou Jan Bart (né le 21 octobre 1650 à Dunkerque, mort le 27 avril 1702 à Dunkerque) est un corsaire dunkerquois qui se rendit célèbre pour ses exploits durant les guerres de Louis XIV pour le compte duquel il travaillait.
Biographie
Issu d'une famille de marins et de militaires, il est le fils de Cornil Bart et de Catherine Jansen. Son arrière-grand-père Michel Jacobsen était vice-amiral pour le compte de l'Espagne
16 septembre 1652 Dunkerque passe aux mains de l'Espagne.
23 juin 1658 Lors de la bataille des Dunes, l'armée de Turenne reprend Dunkerque aux Espagnols. Le soir même, Louis XIV remet la ville aux Anglais, alors alliés de la France.
1662 À 12 ans, Jean Bart, alors sujet britannique, (Dunkerque étant une ville anglaise qui relevait de la zone linguistique flamande) s'engage comme mousse sur un navire de contrebande. Le 2 décembre Louis XIV qui vient de racheter Dunkerque à Charles II d'Angleterre, entre dans la ville.
1666 La France est maintenant alliée aux Provinces-Unies contre l'Angleterre. Cornil Bart (le père de Jean) trouve la mort au service des Hollandais dans l'attaque d'un vaisseau anglais. L'équipage du Cochon Gras, sur lequel Jean Bart est embarqué comme lieutenant, est chargé de surveiller les Anglais. En été Jean s'engage comme matelot sur Les Sept Provinces, navire de la flotte hollandaise, sous les ordres du Vice-amiral Van Ruyter.
1667. La flotte des Provinces-Unies remonte la Tamise et assiège Londres. Les Anglais et les Hollandais signent le traité de Breda. Ruyter confie à Jean Bart le commandement d'un brigantin : Le Canard Doré.
1672. Lorsque Louis XIV entre en guerre contre la Hollande (Guerre de Hollande), Jean Bart regagne la France et embarque comme second à bord L'Alexandre sous les ordres du câpre Willem Dorne, pour pratiquer la guerre de course. L'année suivante, il commande Le Roi David, galiote armée de deux canons.
1674. Le 2 avril il s'empare de sa première prise : un dogre hollandais.
Le 17 février, l'Angleterre signe la paix avec les Provinces-Unies déjà alliés de l'Espagne. Le 6 avril, Bart s'empare d'une pinasse anglaise, le 16 mai d'un dogre. Cette année là, huit autres prises complètent le tableau.
En avril 1676, il embarque sur La Royale, armée de huit canons, avec laquelle il s'empare de quatre bateaux de pêche. Puis à bord du Grand Louis il capture vingt-huit vaisseaux. En septembre, la France déclare la guerre à la Ligue hanséatique. À Hambourg La Royale est saisie. Le corsaire peut toutefois regagner Dunkerque.
1677. A bord de La Palme, frégate de vingt-quatre canons, Jean Bart prend la mer à la tête d'une flottille de six navires qui s'emparent d'une vingtaine de vaisseaux. A bord du Dauphin, frégate de quatorze canons, Jean arraisonne un quatre-mâts hollandais.
1678. Au large de l'île de Texel, la petite escadre de quatre navires commandée par Jean Bart, s'attaque au Schiedam, puissant navire de guerre de la flotte hollandaise. Jean est sévèrement blessé aux mains et au visage par l'explosion d'une grenade, un boulet de canon emporte des lambeaux de chair de ses jambes. Le Schiedam est néanmoins remorqué jusqu'à Dunkerque. A Bord du Mars, corsaire de vingt-six canons, il arraisonne encore quelques navires, lorsque le 10 août, France et Hollande signent le Traité de Nimègue, mettant ainsi fin à la guerre de Hollande.
8 janvier 1679, Louis XIV le nomme lieutenant de vaisseau. La France, l'Angleterre et les Provinces-Unies sont en paix. Jean Bart est désœuvré.
1681. Trois frégates quittent Dunkerque pour chasser les pirates barbaresques qui hantent le bassin méditerranéen. Jean Bart commande La Vipère, frégate de douze canons. Il capture quelques bateaux pirates, mais bientôt ceux-ci signent une trêve avec la France.
1682. Mort de la mère de Jean Bart, quelques mois plus tard de sa fille, et en fin d'année de sa femme Nicole, âgée de vingt-trois ans.
1683. La France est en guerre contre l'Espagne. Jean Bart capture un ou deux vaisseaux du côté de la Méditerranée, mais la marine espagnole ne fait pas le poids face à la marine française ; Charles II d'Espagne signe bien vite une trêve.
Le 14 août 1686, il est nommé capitaine de frégate de la marine royale, et commande La Serpente, frégate de vingt-quatre canons.
1688. La France alliée au Danemark et à l'Empire Ottoman, entre en guerre contre la ligue d'Augsbourg qui réunit l'Angleterre, l'Allemagne, l’Espagne, les Pays-Bas, la Savoie et la Suède.
1689. En compagnie de Forbin, il attaque deux navires anglais supérieurement armés pour protéger un convoi. Capturés, ils sont emprisonnés à Plymouth. Ils réussissent à s'évader et gagnent Erquy après trois jours de rame.
En 1691 Jean Bart prend part à la Campagne du large sous le commandement de Tourville. La même année, alors qu'une flotte de trente-cinq à quarante navires anglais fait le blocus du port de Dunkerque, Jean Bart parvient à prendre le large, de nuit, avec sept frégates et un brûlot. Dès le lendemain, il s'empare de quatre bâtiments chargés de marchandises pour la Russie et de deux navires d'escorte anglais. Mettant ses prises à l'abri d'un port de Norvège, alors en paix avec la France, Jean Bart reprend la mer pour s'emparer d'une flotte de pêcheurs hollandais et du navire de guerre qui l'accompagnait. Dans la foulée, il fait encore une razzia sur les côtes d'Ecosse, où il pille un château et incendie quatre villages. En France, chacun a entendu parler des exploits du corsaire, aussi Louis XIV invite-t-il Jean Bart à la cour de Versailles afin d'honorer ses victoires maritimes.
1694. Le blocus de la Ligue d'Augsbourg fait monter le prix du grain, les négociants spéculent, la France est affamée. Au large de Texel, le Dunkerquois s'empare de plus de cent navires hollandais chargés de blé ; la nouvelle de cette capture fait chuter les prix et met fin à toutes spéculations. Ainsi Jean Bart « … sauva la France en lui donnant du pain » (Cantate à Jean Bart). Pour cet exploit, le 19 avril, Jean Bart reçoit des mains de Louis XIV, la croix de chevalier de l'Ordre de Saint-Louis.
17 juin 1696, il remporte encore une grande victoire au Dogger Bank sur les Hollandais, prenant ou détruisant quatre-vingts navires marchands. Pour sa conduite au Dogger Bank, Jean Bart est nommé chef d'escadre de la province de Flandre, 1er avril 1697.
Le 27 avril 1702, Jean Bart, pourtant solide gaillard de près de deux mètres, meurt dans son lit des suites d'une pleurésie.
Mariages et descendance
Le 3 février 1676, il épouse Nicole Goutier, ou Gontier (? - 1682) âgée de seize ans. De ce mariage naîtra :
François-Cornil (17 juin 1676- ?), Vice-amiral
Anne-Nicole (15 mai 1680 - ?)
Jeanne-Nicole (21 juillet 1681 - ?)
enfant mort-né (16 juin 1682)
Le 13 octobre 1689, Jean Bart épouse en secondes noces Jacqueline Tugghe, fille d'Ignace Tugghe. De ce mariage naîtront encore 10 enfants :
Jeanne-Marie (8 juillet 1690-?)
Magdeleine Françoise (6 juin 1691 - 26 septembre 1691)
Jean-Louis (18 mai 1693 - 18 mai 1696)
Paul (26 juin 1694 - 27 juin 1694)
Nicaise-Françoise (26 mai 1695 - 10 août 1696)
Magdeleine-Marie (15 octobre 1697 - ?)
Antoine (12 octobre 1698 - 2 décembre 1698)
Marie-Françoise (18 janvier 1701 - ?)
Marie (14 janvier 1702 - 18 janvier 1702)
Une famille de marins et de corsaires
Michel Jacobsen vice-amiral pour le compte de l'Espagne - arrière-grand-père de Jean Bart
Jan Jacobsen pour le compte de l'Espagne, se fait sauter avec son navire, le Saint-Vincent, plutôt que de se rendre, - grand-oncle de Jean Bart
Gaspard Bart, mousse à bord du Saint-Vincent il survécu au sabordage du navire, et mourra plus tard au combat, - oncle de Jean Bart.
Michel Bart, corsaire, mort au combat contre les Hollandais - frère de Gaspard et oncle de Jean Bart
Jean-Cornil Bart, mort au combat, contre les Anglais, pour le compte cette fois des Hollandais, - père de Jean Bart
Cornil, Gaspard, et Jacques Bart, tous trois corsaires - frères de Jean Bart
François-Cornil nommé Vice-amiral par Louis XIV - fils de Jean Bart
Pierre-Jean Bart et son fils Benjamin, trouveront le même jour, la mort au combat au service de la France - neveux de Jean Bart
Un héros dunkerquois
Afin d'honorer la mémoire de Jean Bart, la ville de Dunkerque inaugura, le 7 septembre 1847, une statue à son effigie, œuvre du sculpteur David d'Angers. Trônant au centre de la ville, Jean Bart reste encore vivant dans les cœurs des gens. Chaque année au moment du carnaval, les Dunkerquois chantent à genou devant sa statue la Cantate à Jean Bart
«... Et la cité qui te donna la vie, érigera ta statue en autel ... »
La Cantate à Jean Bart
Jean Bart, salut, salut à ta mémoireDe tes exploits, tu remplis l'univers ;Ton seul aspect commandait la victoire,Et sans rival tu régnas sur les mers.Jusqu'au tombeau France Mère adorée,Jaloux et fiers d'imiter sa valeur,Nous défendrons ta bannière sacrée,Sur l'océan qui fut son champ d'honneur. (bis)Jean Bart, Jean Bart, la voix de la patrieRedit ta gloire et ton nom immortelEt la cité qui te donna la vieErigera ta statue en autel (bis)Enfant du peuple, il conquit sa noblessePar son épée… ô glorieux destin.Et cette épée, aux jours de sa détresse,Sauva la France, en lui donnant du pain.Un feu sublime, embrasait son courage ;La hache au poing, affrontant le trépas,Il s'élançait, terrible à l'abordage,Tel un lion au milieu des combats. (bis)Découvrons-nous, sculpté par le génieJean Bart revit dans ce bronze éloquent.Et toi qui fus l'idole de sa vie,Son glaive encore, ô France ! te défendSi l'ennemi qui pâlit à sa vue,Dans son délire osait nous outrager,Du piédestal, qui porte sa statueIl descendrait armé pour nous venger. (bis)Navires ayant porté le nom de Jean-Bart
Plus de 27 bâtiments, en moins de deux siècles, ont porté le nom de Jean Bart, notamment :
Un vaisseau de 74 canons construit à Lorient en 1788
Un vaisseau de 74 canons construit à Lorient en 1811, désarmé en 1833.
Un vaisseau transformé sur cale construit en 1849, lancé en 1852. En 1864, il est école d'application. Rebaptisé Donawerth en 1868, il est condamné le 18 janvier 1869 et démoli à Brest en 1870.
Un vaisseau de 4100 tonnes, construit à Lorient en 1827 baptisé Jean Bart en 1868 (ex Donawerth). Il est condamné en 1880.
Un croiseur de première classe de 4800 tonnes construit à Rochefort en 1886. Ce bâtiment en acier, a été armé en 1892. En 1897, il est reclassé croiseur de deuxième catégorie et affecté à la Division Navale d'Extrême-Orient jusqu'en 1902. De retour à Lorient, il reste désarmé jusqu'en 1906. L'année suivante, il est envoyé aux Antilles. Ce bâtiment s'échoue en 1907 sur la côte d'Afrique à proximité du cap Blanc.
Un cuirassé de 23500 tonnes, construit à Brest en 1910. Premier "dreadnought" français, il conduit, en juillet 1914, le président de la République lors d'une visite officielle en Russie. Le 21 décembre 1914, un sous-marin ennemi le torpille dans le canal d'Otrante. Il parvient cependant à rallier Malte où il est réparé. Après la guerre, il est rebaptisé Océan. Il coule le 15 mars 1944 à la suite d'essais effectués par les Allemands. Renfloué après la 2e guerre mondiale, il sera démoli en 1947. (23500 tonnes, 29000 CV, 21 nœuds, 12 canons de 30cm, 22 de 14cm).
Un bâtiment de ligne de 35000 tonnes en construction depuis 1936 lorsque éclate la 2e guerre mondiale. En juin 1940, il parvient à s'évader de St-Nazaire et à rallier Casablanca. Dans ce port il est attaqué, en novembre 1942, par des bâtiments et avions américains qui l'endommagent et provoque son échouement. En 1950, il rallie l'Escadre de la Méditerranée. Il participera aux opérations de débarquement en Égypte. Mis en réserve en 1957, il est condamné en 1970. Voir Jean Bart (bâtiment de ligne)
Une frégate antiaérienne. Mise sur cale à Lorient le 12 mars 1986, elle est mise à flot le 19 mars 1988. Armée pour essais le 21 octobre 1989, la frégate Jean Bart est admise au service actif le 21 septembre 1991. Bâtiment doté de nombreux matériels prototypes, la frégate antiaérienne Jean Bart a un jumeau, le Cassard.
Elvis Aaron Presley, surnommé « The King », (8 janvier 1935 à Tupelo, Mississippi - 16 août 1977 à Memphis, Tennessee) était un chanteur et un acteur américain. Son influence sur la culture musicale est mondiale.
De son vivant, Elvis a vendu environ 7000 millions de disques, a joué dans 31 films, donné 1 054 concerts aux États-Unis et trois au Canada, donné 525 spectacles à Las Vegas. Il a été le premier artiste à donner un concert par satellite. Le concert eut lieu le 14 janvier 1973 à Hawaii et il fut regardé simultanément par un milliard de téléspectateurs dans 43 pays. Il est apparu dans sept émissions de télévision. À sa mort, sa fortune personnelle représentait 100 millions USD.
De sa mort en 1977 à 1980, il s'est vendu 400 millions de disques d'Elvis. Pendant ces quatre années consécutives, il a été l'artiste décédé qui a rapporté le plus d'argent.
D'après le magazine américain Forbes, en 2004, Elvis était l'artiste décédé classé dans le Top 10 duquel les héritiers avaient reçu le plus de redevances soit 31 millions d'euros ou 47 millions de dollars canadiens.
Il est également l'homme le plus photographié au monde.
Enfance
Né dans une famille pauvre de Tupelo dans le Mississippi, Elvis Aaron Presley est le fils unique de Gladys Love Smith et de Vernon Elvis Presley. Il a un frère jumeau mort-né, Jesse Garon Presley. Il grandit à Tupelo jusqu'à l'âge de treize ans. Ses parents, sans travail et en grande difficulté financière, déménagent à Memphis, grande ville dans le Tennessee. Vivant dans un deux-pièces social, Gladys fait des ménages et travaille la nuit dans un hôpital, Vernon travaille ici et là. Très vite, Elvis travaille également : il tond des pelouses, lave des voitures et vend des cornets de glaces en dehors de l'école. Après l'école secondaire, il trouve très vite un travail dans une société d'outillage, mais rêvant de conduire un camion, il trouve finalement un emploi à la Crown Electric Compagny comme chauffeur-livreur, un travail qui lui convient. Amateur de musique noire, ainsi que de gospel et de blues, Elvis décide de s'essayer à cette musique et, pendant l'été 1953, pousse la porte d'un petit studio d'enregistrement spécialisé dans la musique noire, le Studio Sun Records à Memphis. Reçu par la secrétaire Marion Keisker, il enregistre à ses frais deux enregistrements, My Happiness et That's When Your Heartaches Begin et repart avec le disque sous le bras pour l'offrir à sa mère, sa seule motivation pour cet enregistrement. Keisker, qui sait que son patron Sam Phillips est à la recherche de jeunes chanteurs, note le numéro de téléphone du jeune Elvis. Bien qu'elle lui trouve un style bizarre, elle lui reconnaît une certaine belle voix. Elle note sur sa fiche
« EP : voix à écouter, bon chanteur de ballade ».
Lorsqu'elle en parle à Phillips, celui-ci contacte Elvis pour un essai. Le téléphone à peine raccroché, Elvis est dans le studio devant Phillips. Après plusieurs essais peu concluants, Sam Phillips est néanmoins impressionné par la grande mémoire du jeune homme « à la queue de canard », il dira plus tard à ce sujet « C'était incroyable, Elvis connaissait par cœur toutes les chansons dont je lui parlais. Si sa voix n'était pas souvent juste, par contre je dois dire qu'elle avait un rythme assez particulier. Hélas, je n'avais pas le temps de lui apprendre à placer sa voix, mais Elvis était tenace et je lui permettais de revenir le lendemain. »
Phillips a demandé à un groupe musical d'être présent à une nouvelle audition afin de soutenir Elvis musicalement :
Scotty Moore à la guitare et Bill Black à la contrebasse. Si Moore est plus ou moins impressionné, Black l’est encore moins.
Le 5 juillet, ils sont en studio. Alors que rien de convenable ne sort, et que Phillips, très déçu, s'apprête à fermer le studio, Elvis commence à entamer les premières notes d'une ancienne chanson, That's All Right Mama. Voici le commentaire de Phillips :
« Ce que venait de faire Elvis avec That's All Right me donna immédiatement la chair de poule. Je savais qu'on tenait quelque chose. Ce n'était pas la chanson à proprement parler, mais ce qu'en faisait Elvis, la chanson était à l'origine un blues, Elvis l'a transformée en rock and roll. Je peux vous dire que pour moi c'était un choc. Je décidais qu'il devait l'enregistrer. Ce fut son premier vrai succès à Memphis. »
Carrière musicale
Elvis enregistre cinq 45 tours pour Sun Records et Phillips l'envoie en tournée dans le sud des États-Unis. Les débuts sur scène du futur « King » du rock and roll sont assez maladroits, mais certainement pas timides. Les coups brusques de bassin du jeune homme, une innovation provocante pour l'époque, lui valent le surnom de « Pelvis » et amplifient sa notoriété.
Si les jeunes reconnaissent immédiatement en Elvis un des leurs, il n'en va pas de même pour leurs parents qui, scandalisés devant les déhanchements de plus en plus suggestifs d'Elvis, cherchent à le faire interdire. En conséquence, certains de ses concerts seront purement et simplement annulés et ses disques brûlés en public. Elvis ne laisse personne indifférent : s'il agace l'Américain puritain, il devient une idole pour des millions de jeunes adolescents. En Floride, alors que la jeune vedette s'apprête à monter sur scène devant 22 000 admirateurs en délire, on le prévient que la police est présente dans la salle pour filmer ses fameux déhanchements. Elvis décide alors de ne bouger que son petit doigt pendant toute la durée du concert, et l'hystérie est à son comble. Le dernier de ses cinq 45 tours, I Forgot to Remember to Forget, accompagné de Mystery Train, atteint la première place au classement des ventes de « singles ».
À cette époque, Elvis ne cesse de se produire dans le sud et le sud-ouest. Il est notamment présent à 50 reprises à l'émission régionale Louisiana Hayride. Le fondateur et producteur d’Hayride, Horace Logan, a en effet la bonne idée de faire signer Elvis pour une apparition hebdomadaire, alors que celui-ci est encore peu connu. Lors de la dernière participation d'Elvis à cette émission, Logan annonce qu'Elvis a quitté le bâtiment afin de calmer les adolescentes qui essaient d'apercevoir la vedette après l'émission. Il ne sait pas que cette phrase va devenir un rituel célèbre à la fin de chaque concert : « Elvis has left the building. » (La célèbre phrase sera reprise par Al Dvorin dans les années 1970.).
Elvis, qui est alors célèbre dans le sud et sud-ouest des États-Unis, rencontre à la fin d'un concert un homme qui est vaguement impresario, mais plus connu en tant qu'aboyeur de cirque. Thomas Andrew Parker, dit « le colonel », est un homme à qui rien ne fait peur. Il fut un temps impresario du jeune chanteur Eddy Arnold, mais c'est avec Elvis qu'il va se hisser au sommet de sa profession dans le « show business ». Il signe en 1955 un contrat d'exclusivité avec Elvis sur vingt ans, avec à la clé 15 % de tous les revenus de Presley. (Dans les années 1970, ce pourcentage est porté à 50 %). Le « colonel » impressionne Elvis, c'est un homme autoritaire et à qui rien n'échappe. N'a-t-il pas dit à Elvis pour l'approcher : « Jeune homme, pour l'instant vous valez un million de dollars, bientôt vous les aurez comptant » ? Ce sont ces phrases qui impressionnent le jeune Elvis qui rêve de réussite et de dollars tout autant que Parker lui-même. Ce duo atypique change le monde du show business. Elvis, avec son look de jeune premier qui deviendra le plus grand sex symbol de l'histoire, sait comment attirer les foules sur scène avec sa voix, ses mimiques, ses pas de danse osés et son sens de l'humour. Quant à Parker, il a le sens des affaires et organise la carrière du King comme un véritable show commercial: tubes, films à succès, produits dérivés, posters, photos... Le monde de la musique en est ainsi à jamais transformé car beaucoup de ses techniques ont été reprises par d'autres artistes. Cependant, même si leur collaboration est très fructueuse, Elvis ne porte pas le colonel dans son cœur et se met bientôt à le détester. Son manager abuse de sa confiance, profite de sa popularité pour s'enrichir. Il ne lui propose que des films commerciaux, mal faits ou des comédies musicales sans grand intérêt alors que le rêve d'Elvis est de devenir un grand acteur et d'incarner des rôles dramatiques. De plus, Elvis ne digèrera jamais le fait que Parker fit tout pour l'envoyer au service militaire alors qu'il savait très bien que cela mettrait un frein à sa carrière. Cet évènement le perturba profondément d'autant plus que sa mère mourut quelque temps plus tard.
Lorsque le contrat entre en vigueur, Parker offre trois cadeaux à Presley. Le premier est un contrat avec la plus puissante maison de disques au monde, la RCA. C'est elle qui va miser sur Elvis et lui avancer les millions de dollars nécessaires à un essor planétaire. Le deuxième est un premier disque d'or avec Heartbreak Hotel ; Elvis a tout juste vingt ans. Le troisième et dernier cadeau au jeune chanteur est son arrivée sur le petit écran de millions de téléspectateurs. Ce soir-là, l'émission atteint une audience record de plus de cinquante millions de téléspectateurs, ce qui représente plus de 80 % de part d'audience. Lors de sa deuxième apparition au Ed Sullivan Show (le 28 octobre de la même année), il se teint les cheveux en noir, alors qu'ils étaient jusque-là châtain clair. Le « King du rock and roll » vient de naître.
Si ces apparitions télévisées enchantent les jeunes, les adultes, eux, réprimandent et condamnent la tenue du « King ». Ses déhanchements lascifs et/ou brusques choquent l'Amérique, les moralistes et bien-pensants veulent faire interdire Elvis à la télévision. En conséquence, si Elvis ne sera jamais interdit d'antenne, par contre les réalisateurs ont ordre de ne filmer la star qu'au-dessus de la ceinture. C'est ainsi qu'Elvis interprète ses plus grands succès du milieu des années 1950 : Heartbreak Hotel, Blue Suede Shoes, I Want You, I Need You, I Love You, Don't Be Cruel, et le très suggestif Hound Dog (c'est-à-dire « chien de chasse »).
Parallèlement à la télévision, Elvis poursuit ses tournées de concerts qui deviennent très vite une sorte de kermesse, une foire dangereusement incontrôlable. La vedette se produit devant des foules immenses, arrivant en Cadillac rose et surprotégé par une nuée de policiers, l'Amérique veut voir et toucher ce jeune chanteur devenu en moins d'un an une idole pour ses enfants. L'année 1956 se termine en beauté, Elvis décroche son 48e disque d'or de l'année, il fait l'objet d'une véritable vénération hystérique et déclare au fisc pas moins de 22 millions USD en revenus.
Poursuivi jour et nuit par ses admirateurs, Elvis finit par se réfugier derrière les murs d'une forteresse. Il s'offre le 19 mars 1957 pour 120 500 USD une grande maison sur le Highway 51 dans Memphis Sud (nom de boulevard changée le 19 janvier 1972 en Elvis Presley Boulevard). Baptisée Graceland, elle possède vingt-quatre pièces sur un terrain de treize hectares. Immédiatement, Elvis y investit un demi-million USD en travaux pour faire de Graceland son royaume et y installe sa mère, son père, ses oncles et ses tantes, ses cousins et tout un groupe d'amis ou d'anciens camarades d'école qui deviennent jardiniers, chauffeurs ou comptables pour la vedette. À cette époque, il est considéré comme la plus grande vedette du rock and roll.
Le 20 janvier 1958, Presley reçoit un courrier de l'US Army qui lui signifie qu'il doit accomplir son service militaire pendant deux ans. Il est affecté en Allemagne, où il conduira une jeep pour le sergent Ira Jones (qui relatera leur relation dans un livre). Son service est suspendu le 5 mars 1960. Depuis, beaucoup se sont questionnés sur la légitimité de cette mobilisation, alors que l'on était en temps de paix et qu'Elvis était le seul appui de ses parents et de sa grand-mère. Certains pensent que le but de cette action était de préserver la jeunesse américaine de l'influence du chanteur.
C'est peu avant son départ pour l'Allemagne, alors qu'il est encore au Texas pour y faire ses classes, que sa mère meurt subitement à 46 ans. Elvis, qui adorait sa mère, ne va jamais vraiment s'en remettre. Bien plus tard, John Lennon devait dire : « Elvis est mort le jour où il est entré à l'armée », mais on peut également dire ceci : Elvis est mort le jour où sa mère est morte. Le jeune homme ne sera plus jamais le même, et la joie qui l'accompagnait va le quitter.
Les années à l'armée sont des années sombres pour Elvis. Dans un pays étranger, loin de ses amis et de ses admirateurs, Elvis déprime. Bien qu'il soit aussi célèbre que dans son pays, il ne sort pratiquement jamais. C'est au cours d'une soirée chez son capitaine qu'il fait la connaissance d'une toute jeune fille de 14 ans, Priscilla Beaulieu. Il en tombe amoureux et décide même de l'accueillir à Graceland à partir de 1962. Finalement, Elvis l'épouse à Las Vegas en 1967. Ils ont tous les deux les yeux verts. C'est aussi en Allemagne que son père, venu le rejoindre, rencontre sa future deuxième épouse, Dee Stanley.
Lorsqu'il est démobilisé, le « show business » l'attend et Elvis reprend le cours de sa carrière.
Presley est très religieux et il enregistre de nombreux albums de gospel. Les trois Grammy Awards qu'il reçoit lui sont tous décernés pour des morceaux de gospel. Il n'aime pas le titre "The King", car selon lui, le seul "King" sur terre c'est Jésus.
Carrière au cinéma
Dès 1956, Hollywood s'intéresse à lui. Sa première apparition sur écran en tant qu'acteur est surprenante. Au début, il ne devait pas y avoir de chanson, mais les producteurs en rajoutent quatre et The Reno Brother's (titre original) est rebaptisé Love Me Tender, titre de son dernier succès. Le film parle de la guerre de Sécession et est mal perçu par les admirateurs d'Elvis qui s'indignent de voir leur idole du rock dans un pâle western.
Néanmoins, le film fait un tabac. Le film suivant, fait sur mesure pour Elvis, est Loving You, titre de son dernier succès. L'idole joue pratiquement son propre rôle, celui d'un petit chanteur qui devient une superstar grâce au travail et à un manager affairiste. Loving You obtient un immense succès et Elvis devient une vedette du cinéma. Son troisième film est l'archétype du film violent. Elvis y joue un employé qui aime chanter. Mais, suite à une bagarre, il tue un gars et est envoyé en prison. Là, il se met à chanter et devient la coqueluche de ses co-détenus. Libéré, il devient une vedette avant de connaître les affres de la célébrité. Le film s'appelle Jailhouse Rock, également le titre de son dernier succès. Jailhouse Rock manque de profondeur, et montre un personnage superficiel, mais remporte un succès retentissant auprès des jeunes.
Son dernier film tourné avant qu'il parte pour l'armée sera considéré comme son meilleur. Il s'agit de King Créole. Le scénario était prévu pour James Dean et le personnage passe du boxeur au chanteur. Une fois de plus, Elvis interprète un garçon simple qui s'en sort grâce à la chanson.
À partir de 1960, dès son retour de l'armée, Elvis abandonne sa carrière de chanteur et se retire de la scène pour se consacrer à Hollywood. De ces longues années (neuf ans), seuls quelques films sur 27 méritent d'être cités : Flaming Star (1960), Blue Hawaii (1961), Fun in Acapulco (1962) avec Ursula Andress, Viva Las Vegas (1964) avec Ann-Margret et Charro (1969).
Toutes ces productions n'ont qu'un seul but : distribuer Elvis dans le monde entier sans que la vedette n'ait besoin de se déplacer. Le succès est phénoménal, mais au fil des années, la magie se perd et les films d'Elvis deviennent des caricatures. Ses disques tirés uniquement des bandes sonores des films connaissent également une chute et Elvis ne rencontre plus le succès qu'il avait avant. Le monde a changé et de nouveaux chanteurs et groupes ont fait leur apparition, et pour faire bonne figure, Elvis accepte de rencontrer les Beatles chez lui, le 27 août 1965, dans sa maison de Bel Air en Californie.
Plus que jamais isolé dans des maisons pour milliardaires de Beverly Hills, Elvis n'a plus aucun contact avec le monde extérieur. Entouré jour et nuit par les mêmes gens depuis ses débuts (la "Memphis Mafia"), il semble ne plus être en mesure de juger sa carrière. La carrière si époustouflante du « King » sombre dans le désastre et l'image d'Elvis en devient ridicule.
Dès 1966, sa production cinématographique accouche de navets, tous plus insalubres les uns que les autres, au point que même les plus fidèles admirateurs se détournent de leur idole. Chaque nouveau film est alors accueilli dans une indifférence glaciale et les recettes ne sont plus remarquables. La période de 1963 à 1968 est marque une profonde crise dans la carrière d'Elvis mais également dans sa vie personnelle. Bien qu'il eut toujours pris des médicaments tels que des amphétamines pour supporter la pression et être au top sur scène, il augmente alors sa consommation régulière de cachets et se met à prendre des cachets qui ne sont prescrits que dans des cas extrême: amytal, qua alude, dextrine, biphétamine, percodan, dilaudid... Toutes ces drogues provoquent des hallucinations, des paranoïas, des troubles de la vision, de la parole, de la concentration... Elvis en consommait alors 2 à 3 fois par semaine. Cette addiction aux drogues s'explique sûrement par le fait que le King était au plus bas de sa carrière. Il détestait profondément les films qu'on l'obligeait à tourner pensant que les scénaristes n'exploitait pas toutes ses talents de jeu. Ses disques également qui étaient directement tirés de ses films ne correspondaient plus à ce qu'il voulait faire. Bien qu'entourés d'une foule d'amis, personne ne pouvait comprendre ce qu'il ressentait: un artiste jadis adulé par des millions de gens dans le monde entier mais qui était maintenant "has been". Il se mit à douter de ses propres capacités de chanteur et se tourna bientôt vers le spiritualisme pour trouver des réponses à ses questions.
En effet, en 1964, il eut une véritable révélation lorsqu'il rencontra Larry Geller, un coiffeur, qui lui fit lire des livres sur la philosophie, religion:'... Larry, I don't believe it. I mean, what you're talking about is what I secretly think about all the time... there has to be a purpose... there's got to be a reason... why I was chosen to be Elvis Presley.'"[112], "Larry, je n'arrive pas à le croire. Je veux dire, tout ce que ce que tu me dis là, c'est à quoi je pense tout le temps en secret. Il doit y avoir un but. Il doit y avoir une raison pour laquelle j'ai été choisi pour être Elvis Presley". Très anxieux, il lut des tonnes de livres sur le sens de la vie tels que The Voice of Silence, Tibetan Book of the Dead, The Wisdom of the Overself et The Impersonal Life qu'il emmenait partout et considérait comme son livre de chevet. Geller devient alors son seul véritable confident et la star lui raconta tous ses déboires: "I swear to God, no one knows how lonely I get and how empty I really feel."[113]"Je jure devant Dieu que personne ne sait combien je suis seul et combien je me sens vide".
Il eut également des visions et pensait pouvoir guérir les malades. D'ailleurs, il voulait devenir médecin. Mais ses visions venaient sûrement de son abus de médicaments.
Lorsque son contrat cinématographique prend fin en 1969, Elvis, fatigué et critiqué, décide de mettre un terme à sa carrière à Hollywood.
Le come back de 1968
Suite au désastre hollywoodien, Elvis n'est plus considéré comme une valeur sûre. De plus, la musique a considérablement changé, la scène aussi, le public ne se contente plus de ces petits spectacles sans fastes, les Beatles, les Rolling Stones et surtout Doors ont su apporter du sang neuf au rock. Elvis reste toutefois celui qui a lancé le rock, mais n'est plus qu'une référence. Les professionnels lui conseillent de faire encore quelques films, puis de se retirer. Pourtant, Elvis est encore jeune, plus beau que jamais et il faudrait peu de chose pour le remettre en selle. Le 1er mai 1967, il épousa Priscilla Beaulieu à Las Vegas et neuf mois plus tard la naissance de sa fille Lisa-Marie suivra le 1er février 1968.
Le colonel Parker fera signer un contrat qui fera relancer la carrière musicale d'Elvis. Celui-ci réapparaît à la télévision après sept ans d'absence. Sa dernière apparition date de son retour de l'armée et n'avait duré que six minutes aux côtés d'un Frank Sinatra ravi d'avoir Elvis dans son émission. Cette fois, il est seul devant la caméra, dans une sorte de « one-man show » où il interprète ses anciens succès, mais également des nouveaux. L'émission, appelée Elvis, '68 NBC Spécial, est annoncée à grands frais. Elle sera diffusée le 3 décembre 1968 sur le réseau NBC. Exit l'acteur des comédies musicales à l'eau de rose, Elvis revient en pleine possession de ses moyens face à ses anciens musiciens, habillé tout de cuir, le sourire en coin et le bassin intact. Il enflamme littéralement la télévision. Jamais une émission de variétés ne connaîtra un succès comparable.
L'Amérique retrouve celui qu'elle n'aurait jamais dû perdre, l'Elvis sauvage, beau, ravageur et rocker. Ce retour a un tel retentissement, que son manager n'a aucun mal à remettre Elvis sur une scène.
Les années 1970
Les années 1970 sont celles du triomphe. Mais aussi celles de la chute, du désespoir, de la déchéance et de la mort. Le monde s'efface devant cette superstar devenue charismatique. En 1969, il signera un contrat pour une série de spectacles au Hilton International Hotel de Las Vegas. La première a lieu le 31 juillet. Il donnera 57 concerts en 4 semaines et il s'y produira jusqu'en 1976, tout en faisant des tournées dans les grandes villes américaines. Le colonel Parker voulait un spectacle à grand déploiement et il voulait qu'Elvis puisse être accompagné d'un orchestre et de plusieurs vocalistes sur scène. Malheureusement, Scotty Moore et D.J Fontana seront remplacés par le TCB Band qui sera accompagné sur scène de plusieurs groupes de vocalistes dont The Jordanaires (1956-1970), The Sweet Inspirations, The Imperials Quartet, J.D Sumner & The Stamps, ainsi que la soprano Kathy Westmoreland (1970-1977).
Elvis et Priscilla se séparent en février 1972 et ils divorceront officiellement en octobre 1973. Ils auront la garde partagée de leur fille Lisa-Marie qui ira vivre avec sa mère à Los Angeles. Elvis devient l'icône de l'Amérique profonde, la vedette qui n'hésite pas à faire entrer à Las Vegas, au milieu des machines à sous, le rock, le vrai, en y mélangeant des gospels, des trompettes et des tambours : du jamais vu. En 1972, il donnera une série de concert les 9-10-11 juin au célèbre Madison Square Garden de New York. Ce fut un grand retour à New York après 15 ans d'absence. Sa dernière visite fut lors de son passage à l'émission "The Ed Sullivan Show" en 1957. Par la suite, il donnera le premier concert par satellite de l'histoire à Hawaii. Ce grand événement eu lieu le 14 janvier 1973 au International Center Aréna d'Honolulu.
L'Amérique se retrouve en lui et Elvis retrouve son pays, chacun va se confondre. Las Vegas devient une deuxième maison pour le « King », où il y donne quelques 600 spectacles tout en délaissant les séances d'enregistrements. Il parcourt aussi le pays dans tous les sens, à bord d'un gigantesque avion personnel où, dans chaque ville, il est fêté comme un surhomme. De 1969 à sa mort, il aura donné 1 500 concerts à travers les États-Unis. D'ailleurs, il est devenu un surhomme, Elvis n'est plus que l'image de l'Amérique, la vitrine d'un pays riche, et devant des foules immenses qui crient son prénom, il arrive sur scène vêtu d'un costume nommé "jumpsuits" et d'une cape garnie de rubis et de diamants (il aura plusieurs "jumpsuits") au son d'un impressionnant Ainsi parlait Zarathoustra de Richard Strauss. Cette pièce d'entrée était un thème d'ouverture qui était suivi par "That's All Right Mama" et le célèbre "See See Rider".
Personne avant lui ne l'a fait. Après lui, personne n'osera. Son succès sur scène est immense, même si ses apparitions ne sont plus qu'un rituel au cours desquels la star se laisse fêter, même si désormais il interprète ses chansons avec détachement et sans plus beaucoup de peine. Parfois, il redevient grand, ose bousculer son personnage que l'Amérique lui a fabriqué et qu'il semble accepter, et se met à chanter d'une façon bouleversante ses chansons qui sont devenues des hymnes et que les foules écoutent religieusement.
Il ne sera plus jamais aussi grand, il ne s'en donnera plus la peine. Il est devenu un personnage trop compliqué et trop éloigné du réel pour cela. S'il ne se déplace jamais en dehors des États-Unis, Elvis chante à Las Vegas devant un public international, car depuis de nombreuses années. c'est le monde entier qui vient à lui et non le contraire. On vient voir une icône, une image, presque un saint. Voilà ce qu'est devenu Elvis. Même si les dernières années sont extrêmement pénibles, Elvis s'offre aux foules tel qu'il est devenu, il ne cache rien. Au contraire, il montre son visage bouffi, ses mains gonflées et son corps meurtri, il ne cache ni ses nombreux trous de mémoire ni ses illuminations ; il montre ce qu'est devenu son pays. L'Amérique est fière de son garçon.
Psychologiquement et mentalement miné, (entre autres par le départ de son épouse Priscilla et la mort de sa mère dont il se remettra toujours avec peine) Elvis a du mal à vivre, il a des accès de paranoïa, de schizophrénie, souffre de boulimie alimentaire et médicamenteuse. Entouré jour et nuit par une cohorte de gens prêts à assouvir ses moindres désirs, il ne sait plus où est le bien et où est le mal, il ne sait plus ce qu'est la vie. D'ailleurs, il a déjà dépassé la vie, vivant la nuit, mangeant la nuit caché derrière les hauts murs de Graceland, Elvis finit par confondre rêve et réalité.
Le 26 juin 1977, il donne un concert à l'auditorium de Indianapolis, devant 75 000 personnes. La foule tremble d'émotion quand le « King » arrive devant elle sur l'immense scène. Son physique, qui n'a cessé de se dégrader depuis des mois, est terrible. Son visage est enflé au point que l'on aperçoit à peine ses yeux, son corps lourd, trop lourd souffre. Puis il a des trous de mémoire qu'il cache avec de l'humour. Mais si tout cela est pathétique, terrible, sa voix ne l'a pas quitté, plus puissante que jamais, elle a l'air de sortir d'une tombe. Le public lui, est toujours là, peut-être plus fidèle encore. C'est du délire encore et toujours.
C'est le « King », c'est Elvis Presley à 42 ans, six semaines avant sa mort.
Disparition
Son décès, alors qu'il pesait 140 kilos, est dû à un abus de médicaments (analgésiques et amphétamines).
Le 15 août 1977, Elvis loua pour la soirée le théâtre Ridgeway de Memphis. Le dernier film qu'Elvis a regardé fut MacArthur. Quelques heures plus tard, il se rendit chez le dentiste Lester Hofman, car il avait un rendez-vous pour 22 h 30. (On a laissé entendre que celui-ci lui fournit une dose dangereuse d'analgésiques). Il revint à Graceland vers 00 h 30, le 16 août. C'est à ce moment que la dernière photo d'Elvis vivant fut prise, par monsieur Robert Call, de Pierceton, Indiana, au moyen d'une caméra Instamatic. Le 16 août 1977 à 1 h 30, Elvis a appelé Dick Grob, le chef de la sécurité de Graceland afin qu'il prépare des partitions musicales, pour une insertion éventuelle dans sa nouvelle tournée. Par la suite, Elvis a appelé son infirmière favorite, Marian Cocke, afin de la saluer avant son départ en tournée. Durant la nuit, Elvis joua au racquetball (dans un bâtiment situé sur le terrain de Graceland) avec Billy Smith, sa femme Jo, ainsi que sa fiancée Ginger Alden. Lors de sa dernière nuit, Elvis joua du piano devant Ginger Alden, près du court de raquette, et il chanta la chanson Blue Eyes Crying in the rain de Willie Nelson. Ce fut la dernière interprétation de son existence. Après avoir absorbé une importante quantité de somnifères (selon sa compagne Ginger Alden, il se coucha très tard, autour de 6 ou 7 heures le matin du 16 août), au milieu de l'après-midi, Elvis fut trouvé inanimé dans sa salle de bains par Ginger Alden et Elle Al Strada, lequel contacta à son tour Joe Esposito. Ces derniers, de même que tante Delta Mae Presley, auraient pratiqué le bouche à bouche sur Elvis afin d'essayer de le ranimer. Sa fille Lisa Marie, alors âgée de huit ans, et qui ce jour-là séjournait chez lui, sera témoin de la scène. Appelés sur les lieux, deux ambulanciers de Memphis qui viendront 40 minutes plus tard à son secours reconnaîtront à peine Elvis en cet homme de 140 kilos. Il est trop tard, Elvis est mort d'une crise d'arythmie. Il avait plusieurs problèmes de santé au milieu des années 1970.
Il souffrait notamment d'un problème de poids, de glaucome, d'un problème aux intestins (constipation chronique) et d'une grave dépendance aux médicaments : Valium, Demerol, Qualudes, Nembultal et le très dangereux Dilaudil, d'après (entre autres) les biographes Peter Guralnick et Albert Goldman et qui auraient provoqué la synthèse moléculaire de l'héroïne pure dans son organisme (Albert Goldman). Son autopsie révèlera par ailleurs la présence en quantité considérable de nombreux barbituriques dans son sang, et son médecin personnel, le docteur Nicopoulos, sera, un temps, soupçonné de faute professionnelle grave en ayant favorisé par abus de prescriptions les nombreuses surdoses de médicaments dont il fut victime durant les dix dernières années de sa vie, et qui laisseront présumer d'une dernière overdose fatale.
Certaines personnes de son entourage, dont la soprano Kathy Westmoreland, persistent à dire qu'il aurait eu un cancer des os. La thèse était aussi supporté par son ami Charlie Hodge. Cependant, rien n'est officiel. Et cette possible maladie ne saurait justifier son décès. Il semble que son problème cardiaque ait pu être génétique. Son père Vernon et son oncle Vester sont décédés d'une crise cardiaque. Lors de l'autopsie, le médecin légiste découvrit que le cœur d'Elvis avait une moitié plus grosse que la normale. La thèse du suicide d'Elvis circulera tout de même vers la fin des années 1990 alors que Albert Goldman exposera des documents et témoignages posthumes -discutables- laissant présumer que le chanteur, franchement dépressif, aurait pu vouloir attenter délibérément à ses jours.
L'une des théories récentes les plus intéressantes concernant le peu d'attention qu'Elvis prêta à sa santé physique durant les dix dernières années de sa vie, outre le rythme infernal de tournées que lui faisait subir son agent, l'insatiable colonel Tom Parker, toujours en manque d'argent de par sa dépendance au jeu, est que son -guru- et maître spirituel Gerry Schilling (auteur de: Me and a Guy Named Elvis: My Lifelong Friendship with Elvis Presley, publié en 2005) le convainquit peu à peu de sa quasi-immortalité ou du moins qu'il possédait une essence divine que son existence dissolue ne pouvait en rien affecter. Elvis en manque de spiritualité et s'interrogeant sur le sens de son existence (il s'interrogea même sur sa possible ascendance juive) en serait venu à prendre pour acquises les théories bouddhistes et spiritualistes de penseurs tel que Khalil Gibran, Krishnamurti, Helena Blavatsky, Berkeley, prônant que seul l'esprit existe, et que la vraie réalité est immatérielle. C'est du moins ce qu'avance toujours Peter Guralnick dans un chapitre complet de son incontournable biographie du King pour expliquer une partie de sa décrépitude et de sa négligence physique.
La plus grande voix d'Amérique (selon John Lennon) s'est tué, et sa mort prématurée fera l'effet d'une bombe d'abord aux États-Unis, puis dans le monde entier. On parlera d'overdose, d'assassinat, de mort déguisée et même de fausse mort après l'avoir honoré lors d'obsèques dignes d'un chef d'État, après avoir montré son corps étonnamment rajeuni aux foules, et enfin après avoir promené sa dépouille royale dans un corbillard argenté flanqué de six motards de la garde républicaine le long de son boulevard, le Elvis Presley Boulevard de Memphis. Il devait entamer une nouvelle tournée de 14 concerts à guichets fermés qui devait débuter le 17 août 1977, à Hartford au Connecticut.
Le « King » repose à Graceland au milieu des siens, de sa mère Gladys morte en 1958, de son père Vernon mort en 1979 et de sa grand-mère Minnie-Ma décédée la dernière en 1980, et est visité par plus de 600 000 personnes chaque année.
Comment inhumer un dieu vivant ? Comment la plus grande voix d'Amérique pouvait-elle simplement disparaître ? Parmi les mythes fondateurs de l'Amérique contemporaine la mort d'Elvis s'inscrira rapidement parmi les théories de la conspiration, comme celle de John Kennedy et de Marilyn Monroe. Statistiquement, en 2005, 24 % des américains interrogés sur la question dans un sondage du USA Today estimaient qu'Elvis n'était possiblement pas mort. L'immense culte de la personnalité qui s'ensuivra et sa persistante influence sur la musique des années 2000 prouveront en quelque sorte son immortalité. Cette sacralisation, gérée par son épouse Priscilla, rapporte désormais d'immenses dividendes ; Elvis Presley Entertainement qui administre, parmi des dizaines de produits dérivés, le mausolée pittoresque qu'est devenu Graceland a déclaré en 2007 les revenus posthumes les plus importants (près de 280 millions US) attribués à un artiste depuis sa disparition. Et Graceland demeure, entre le Capitole, le Grand Canyon et la Statue de la Liberté, une des attractions touristiques les plus fréquentées d'Amérique.
Au-delà de la mort le King reste toujours ... le King.
Influence mondiale
Elvis Presley est largement considéré comme la personnification du rock and roll : sa voix, sa musique, sa gestuelle provocatrice, ses habitudes vestimentaires excentriques, ainsi que son parcours (célébrité fulgurante, descente aux enfers et mort prématurée) contribuent à forger l'icône d'Elvis à la fois idole populaire et symbole d'une certaine rébellion adolescente. Elvis peut être considéré comme le principal acteur de la popularisation du rock and roll auprès du grand public blanc américain puis européen. En effet, si le jazz avait déjà associé étroitement musique et sexualité, et si plusieurs interprètes blancs étaient aux côtés d'Elvis dans son rôle de pionnier du rock (par exemple, Bill Haley), Presley est le premier blanc à associer le sex appeal (un physique avantageux, des inflexions de voix et des mouvements du bassin très suggestifs) à la nouvelle forme de musique, tout en y ajoutant un son plus dynamique et plus percutant issu des studios Sun de Memphis. Bien que considéré comme choquant par la frange conservatrice américaine, il contribue à rendre acceptable le genre musical et ouvre ainsi la voix de la reconnaissance à de nombreux artistes noirs, tels Chuck Berry et Little Richard, ainsi qu'aux rockers blancs, tels Buddy Holly et Jerry Lee Lewis.
Sa popularité, en particulier auprès des adolescentes, atteint des sommets inédits et ses concerts et ses apparitions en public donnent lieu à des mouvements de foule. Le succès d'Elvis auprès des jeunes, dont le pouvoir d'achat est grandissant, dicte la mode non seulement musicale, mais également capillaire ou vestimentaire. C'est un véritable phénomène de société.
C'est principalement grâce à Elvis Presley que l'Europe découvre le rock, même derrière le rideau de fer. En France, Dick Rivers copie Presley, mais c'est surtout Johnny Hallyday qui popularise cette musique venue d'outre-Atlantique, devenant la vedette qu'il est encore aujourd'hui. Presley ouvre la voie à de nombreux rockers américains qui vendent leurs disques en Europe et y font des tournées. Les adolescents du monde entier commencent à copier la coiffure d'Elvis et la demande pour les transistors augmente énormément, permettant ainsi à Sony de passer du statut de petit fabricant japonais de radio à celui de multinationale.
Aujourd'hui, 30 ans après la mort du rocker, il demeure une icône du XXe siècle. D'innombrables artistes de la seconde moitié du siècle se définissent par rapport à son influence, soit en revendiquant son héritage, soit pour le rejeter comme symbole d'une musique dépassée (en particulier à partir du mouvement punk). L'artiste Elvis Costello a, par exemple, emprunté le prénom Elvis pour faire décoller sa carrière. Le crooner pop Chris Isaac en est aussi la directe personnification. En France, le chanteur rockabilly Jesse Garon emprunta son nom de scène a celui du frère décédé d'Elvis et le rockeur australien Nick Cave consacra l'une de ses plus puissantes chansons (Tupelo) à la mythification d'Elvis.
Le King déclencha aussi dans plusieurs pays, et en particulier dans la francophonie, une avalanche de clones plus ou moins crédibles dont parmi ceux qui lui survécurent ou en furent influencés profondément : Johnny Hallyday, Dick Rivers, Eddy Mitchell bien sûr, et Johnny Farago (au Québec), parmi des centaines d'imitateurs, n'en sont pas les moindres. Le Théâtre du Capitole de Québec présenta, sous licence, durant sept ans et avec un succès considérable une -musical- estivale sophistiquée à laquelle assistèrent des centaines de milliers de personnes, venues de partout. Au Québec toujours où, chez certains, Elvis personnifie la déliquescence et l'excès du mythe américain face aux revendications nationalistes et culturelles, le cinéaste Pierre Falardeau consacrera à la légende une trilogie humoristique intitulée Elvis Graton qui s'avérera d'abord un succès d'estime en court métrage et vingt ans plus tard, en 2005, un vaste succès public en salle. Mentionnons aussi que le groupe californien Dread Zeppelin avec son leader Greg Tortell (alias Tortelvis) personnifiant et parodiant Elvis jusqu'au ridicule (distribuant foulards et colliers hawaiiens dans la foule lors des concerts), connut une fructueuse carrière durant les années 80. Enfin, remarquable hommage, le méga-groupe U2 endisqua sur The Unforgettable Fire, en 1984, la très belle chanson: Elvis Presley And America.
Elvis connaît aussi un regain de popularité lors de la coupe du monde de football de 2002 lorsque Nike utilise un remix de sa chanson A Little Less Conversation comme fond sonore d'une publicité mettant en scène des vedettes internationales de football. Ce morceau devient numéro 1 dans plus de 20 pays, y compris aux États-Unis. À peu près au même moment sort une compilation qui se terminera en deux volets, des plus grands tubes d'Elvis : Elv1s 30 #1 Hits. Le remix est ajouté à l'album comme 31e morceau, juste avant la sortie du CD en octobre 2002. 25 ans après sa mort, l'album qui regroupe ses tubes et dont la restauration sonore est rien moins que phénoménale, atteint la première place des classements.
Parmi ses nombreuses réussites, Elvis est l'un des deux chanteurs, avec Roy Orbison, à avoir eu simultanément deux albums dans le top 5 des classements de ventes d'albums. Il fait partie du Rock and Roll Hall of Fame, du Country Music Hall of Fame et du Gospel Music Hall of Fame.
Le tout premier concert virtuel qui lui est consacré a tourné pendant six ans dans le monde entier.
Citations d'Elvis
Quand vous n'êtes pas amoureux, vous n'êtes pas vivant
Si j'avais eu toutes les aventures que me prêtent les magazines, je serais mort depuis longtemps
Je n'étais pas vraiment James bond dans mes films mais bon personne n'a jamais demandé à Sean Connery de chanter une chanson en esquivant des balles.
Je connaissais tous les dialogues de tous les films de James Dean, je pouvais regarder la fureur de vivre 100 fois de suite
L'argent sert à être dépensé, et plus il nous rend heureux, plus il a de la valeur
L'ambition, c'est un rêve avec un moteur à explosion
Je ne connais rien à la musique. De là où je viens, t'es pas obligé
l'image est une chose et l'homme en est une autre. C'est très dur d'être à la hauteur de son image
Citations autour d'ElvisElvis has left the building" (Elvis est parti/ a quitté l'immeuble)
Horace Lee Logan, producteur. Il a prononcé cette phrase lors d'un concert d'Elvis en 1956 lorsque ses fans se précipitèrent sur scène et voulurent pénétrer dans les coulisses pour toucher la star. Il voulaient ainsi les "canaliser". Cette expression est maintenant passée dans le langage courant et est utilisé de manière ironique. Elle pourrait se traduire par "circuler, ya rien à voir". Cela veut dire que le spectacle est terminé, qu'il n'y a plus rien à attendre, que maintenant il faut partir.
Before Elvis, there was nothing" (Avant Elvis, il n'y avait rien)
John Lennon
“You have no idea how great he is, really you don’t. You have no comprehension - it’s absolutely impossible. I can’t tell you why he’s so great, but he is. He’s sensational.”(Vous ne pouvez pas vous imaginez combien il était extraordinaire. Vraiment, vous ne pouvez pas. C'est absolument impossible. Je ne peux pas vous dire pourquoi il est extraordinaire mais il l'est. Il est sensationnel)
Phil Spector
Every time I felt low I just put on an Elvis record and I’d feel great" (Chaque fois que je me sens déprimé, j'écoute un disque d'Elvis et je me sens super bien)
Paul McCartney
Tout la talent d'Elvis réside dans le fait qu'il faisait ses propres disques. Il venait au studio d'enregistrement, choisissait les chansons qu'il aimait et s'il y avait un arrangement à faire, c'est lui qui le faisait. Tout était fait de manière spontanée. Rien n'était vraiment répété. Beaucoup de décisions importantes que les artistes prenaient avant même de venir enregistrer, lui les a prise en même temps qu'il enregistrait. C'était un bond vers le futur. Aujourd'hui tout le monde travaille comme ça. A l'époque, Elvis était le seul à faire ça. Il a été le précurseur de tout ce qui ce fait maintenant dans l'industrie du disque. Consciemment ou inconsciemment, tout le monde l'a imité. Les gens ont commencé à faire ce qu'Elvis faisait)
Bones Howen, ingénieur du son
Discographie d'Elvis Presley : + 500 Albums Ventes : ~1milliards
7 Septembre 1191 : Victoire de Richard Cœur de Lion à Arsouf contre Saladin
Richard Ier d'Angleterre : Richard Ier d'Angleterre dit Cœur de Lion (8 septembre 1157, palais de Beaumont, Oxford – 6 avril 1199, Châlus, Haute-Vienne). De 1189 à 1199, il fut roi d'Angleterre, duc de Normandie, duc d'Aquitaine, comte du Maine et comte d'Anjou.
Fils d'Henri II d'Angleterre et d'Aliénor d'Aquitaine, Richard est élevé en France à la cour de sa mère, ce qui lui vaut dans sa jeunesse le surnom de Poitevin. Il devient comte de Poitiers et duc d’Aquitaine à onze ans. Après la mort de son frère aîné, il devient héritier de la couronne d’Angleterre, mais aussi de l’Anjou, de la Normandie et du Maine.
Pendant son règne qui dure une dizaine d'années, il ne séjourne seulement que quelques mois dans le royaume d'Angleterre. Il utilise toutes ses ressources pour partir à la troisième croisade, puis pour défendre ses territoires français contre le roi de France, Philippe Auguste, auquel il s’était pourtant auparavant allié contre son propre père. Ces territoires, pour lesquels il a prêté allégeance au roi Philippe, constituent la plus grande partie de son héritage Plantagenêt.
Avant de devenir roi d’Angleterre, Richard est avant tout un prince du continent, essentiellement désireux d’entrer dans la légende par de hauts faits d’armes.
Les Anglais l'appellent : Richard Ier, les Français: Richard Cœur de Lion, ou Òc e Non (pour sa capacité à changer rapidement d’humeur, òc signifiant « oui » en occitan limousin, sa langue natale) et les Sarrasins : Melek-Ric ou Malek al-Inkitar (roi d'Angleterre). En arabe, son nom est utilisé pour effrayer les enfants : « Le roi Richard viendra te chercher si tu ne fais pas attention ! ». En son temps, il est considéré comme un héros, et est souvent décrit comme tel dans la littérature. C'est aussi un poète et un écrivain célèbre à son époque, notamment pour ses compositions en langue limousine.
Il est le père d'un enfant naturel : Philippe de Cognac.
Enfance
Troisième fils d'Henri II d’Angleterre (l'aîné, appelé Guillaume, né en 1153, est mort à l'âge de trois ans), Richard n'est pas destiné à lui succéder. Il est cependant le fils préféré de sa mère et, lorsque ses parents se séparent, il devient son héritier à la couronne d'Aquitaine en 1168, puis au titre de comte de Poitiers.
Révolte contre Henri II
Comme les autres enfants légitimes d'Henri II, il montre peu de respect pour son père et manque de clairvoyance à long terme ainsi que du sens des responsabilités.
En 1170, son frère Henri le jeune roi est couronné roi d'Angleterre, avant la mort de son père. Il est ainsi dénommé pour le différencier de son père, puisqu’il ne règne pas encore.
En 1173, Richard rejoint ses frères Geoffroy II de Bretagne et Henri le Jeune dans leur révolte contre leur père. Déjà dotés de fiefs par leur père, ils espèrent le remplacer effectivement au pouvoir, poussés en cela par leur mère.
Henri II envahit l'Aquitaine deux fois, et à dix-sept ans, Richard est le dernier de ses fils à lui tenir tête. Finalement, il refuse un combat face-à-face, et lui demande humblement son pardon. En 1174, Richard renouvelle ses vœux de soumission à son père.
Après son échec, Richard s’occupe à mater les nobles mécontents d'Aquitaine, spécialement en Gascogne. Richard fonde Marmande en 1182 s'y installe et construit de nombreux châteaux forts dans les environs (Soumensac). Il se fait une affreuse réputation de cruauté, avec de nombreuses accusations de viols et de meurtres. Les rebelles espèrent détrôner Richard et appellent ses frères a l'aide. Henri II a peur que cette guerre entre ses trois fils ne conduise à la destruction de son royaume, et il lance son armée à son aide. Le 11 juin 1183, Henri le jeune roi meurt, et Richard est toujours sur son trône.
Richard a une raison majeure de s'opposer à son père : Henri II a pris comme maîtresse la princesse Alix, fille du roi Louis VII, alors qu'elle est promise à Richard. Cela rend aux yeux de l'Église le mariage avec Richard techniquement impossible. Mais Henri, voulant éviter un incident diplomatique, ne confesse pas son erreur de conduite. Quant à Richard, il ne renonce au mariage qu'en 1191.
L'amitié entre Philippe Auguste et Richard assimile celle-ci à une relation homosexuelle. L'historien Jean Verdon souligne qu'à défaut de pouvoir affirmer qu'il fut homosexuel, il est possible de conclure qu'il fut bisexuel. Selon Jean Flori, il était un « paillard polyvalent », car, attiré par les garçons, il aimait aussi le beau sexe
Couronnement, nouvelle révolte
La mort de son frère Henri laisse Geoffroy comme le fils le plus âgé et l'héritier naturel, en cas de mort du vieux roi. Cependant, les intentions du Roi Henri ne sont pas claires. Quand Geoffroy meurt aussi, Richard reste la seule option réaliste, Arthur, le fils de Geoffroy et l'héritier naturel, étant trop jeune pour lui résister. Richard est alors considéré, quoique pas officiellement proclamé, héritier des trônes d'Angleterre, Normandie et Anjou.
En 1188, Henri II projette de faire de Jean sans Terre — le futur roi Jean d'Angleterre — l'héritier de la couronne d'Aquitaine. Pour s'y opposer, Richard s'allie avec Philippe II Auguste, en échange de sa reconnaissance de vassalité pour la Normandie et l'Anjou, et lui rend hommage en novembre 1188.
En 1189, se joignant à l'expédition de Philippe contre son père, Richard s'empare du trône d'Angleterre. Avec l'accord de Jean, Henri accepte de faire de Richard son héritier. Le 6 juin 1189, Henri II meurt à Chinon, et Richard lui succède comme roi d'Angleterre, duc de Normandie et comte d'Anjou. Il est couronné duc le 20 juillet, et roi à Westminster le 3 septembre 1189.
En raison d'un incident au cours des célébrations de son couronnement, s'ensuivent des persécutions religieuses et politiques des Juifs dans le pays.
Préparatifs des croisades
Richard se préoccupe apparemment très peu du sort de l'Angleterre. Il semble vouloir s'engager dans de multiples aventures, et être célébré par les troubadours. Il est désireux d'immortaliser son nom, et de gagner sa place au Ciel. Il a manifestement des aspirations spirituelles intenses, et afin de mériter de prendre la croix, il jure de renoncer à ses mauvaises conduites passées.
Richard est très absent de son royaume d'Angleterre, préférant se consacrer à ses possessions françaises et aux croisades en Terre sainte. Il a grandi sur le continent, et n'a même jamais cherché à apprendre la langue anglaise. Peu après son accession au trône, il décide de se joindre à la Troisième croisade , inspiré par la perte de Jérusalem, prise par Saladin. Mais, craignant que le roi de France, Philippe Auguste, n'usurpe ses territoires en son absence, il le persuade de se joindre à lui. Les deux rois prennent la croix le même jour.
Richard est accusé de faire peu pour l'Angleterre, se contentant d'épuiser les ressources du royaume en empruntant à des Juifs pour financer ses expéditions en Terre sainte. Il relève également les taxes, et dépense la majeure partie du trésor de son père. Il rassemble et emprunte autant d'argent qu'il le peut, libérant par exemple le roi d'Écosse de son hommage en échange de 10 000 marcs, et vendant nombre de charges officielles et autres droits sur des terres.
En 1190, il part finalement pour la troisième croisade avec Philippe Auguste depuis le port de Marseille, laissant Hugues, évêque de Durham et Guillaume de Mancheville comme régents. Guillaume de Mancheville meurt rapidement et est remplacé par Guillaume Longchamp. Son frère Jean, mécontent de cette décision, se met à manigancer contre Guillaume.
Par ailleurs, c’est grâce aux réformes importantes de son père en matière de législation et de justice qu’il lui est possible de quitter l’Angleterre pendant toute cette période.
Sicile
En septembre 1190, Richard et Philippe arrivent en Sicile. En 1189, le roi Guillaume II de Sicile a disparu. Son héritière, sa tante Constance, future reine Constance Ire de Sicile, est mariée à l'empereur Henri VI. Mais immédiatement après la mort de Guillaume, son cousin Tancrède de Lecce se rebelle, prend le contrôle de l'île, et début 1190, est couronné roi de Sicile. Il est préféré par le peuple, et par le pape, mais il est en conflit avec les nobles de l'île. L'arrivée de Richard accentue les difficultés. Tancrède a emprisonné la veuve de Guillaume, la reine Jeanne, la sœur de Richard, et ne lui donne pas l'argent dont elle a hérité selon la volonté du défunt. Richard réclame la libération de sa sœur, et que lui soit remis son héritage. Pendant ce temps, la présence de deux armées étrangères cause des troubles parmi la population. En octobre, la population de Messine se révolte, demandant que les étrangers quittent l'île. Richard attaque Messine et la prend le 4 octobre 1190. Après l'avoir pillée et brûlée, Richard y établit son camp. Il y reste jusqu'en mars 1191, quand Tancrède accepte finalement de signer un traité. Celui-ci est signé, toujours en mars, par Richard, Philippe et Tancrède. En voici les termes :
Jeanne doit être libérée, recevoir sa part d'héritage ainsi que la dot que son père avait donnée à feu Guillaume,
Richard et Philippe reconnaissent Tancrède comme légalement roi de Sicile et souhaitent conserver la paix entre leurs royaumes,
Richard proclame officiellement son neveu Arthur de Bretagne, le fils de Geoffrey, comme son héritier, et Tancrède promet de marier dans le futur une de ses filles à Arthur, quand il sera majeur (Arthur a alors quatre ans).
Ayant signé le traité, Richard et Philippe reprennent la mer. Le traité ébranle les relations entre l'Angleterre et le Saint Empire romain germanique, et cause la révolte de Jean sans Terre, qui espère être proclamé héritier à la place de son neveu. Bien que sa révolte échoue, Jean continue dès lors de comploter contre son frère.
Durant avril, Richard stoppe sur l'île byzantine de Rhodes pour éviter une tempête. Il la quitte en mai, mais une nouvelle tempête amène sa flotte à Chypre.
Chypre
Le 6 mai 1191, la flotte de Richard arrive dans le port de Lemesos (maintenant Limassol), et Richard s'empare de la ville. Lorsque le despote de l'île, Isaac Doukas Comnène arrive pour stopper les croisés, il découvre qu'il est trop tard, et se retire à Kolossi. Richard fait appeler Isaac pour négocier, mais celui-ci rompt son serment d'hospitalité et réclame le départ de Richard. Celui-ci se lance alors avec sa cavalerie contre l'armée d’Isaac à Tremetusia. Les quelques catholiques romains de l'île se joignent à Richard, ainsi que les nobles de l'île, en révolte contre les sept années subies sous le joug tyrannique d'Isaac.
Bien qu'Isaac se défende bravement, l'armée de Richard est plus importante et mieux équipée, ce qui lui assure la victoire. Isaac continue la résistance à partir des châteaux de Pentadactylos, mais après le siège de son château de Kantaras, il se rend finalement, et Richard devient le nouveau maître de Chypre.
Il pille l'île, et massacre ceux qui tentent de lui résister. Pendant ce temps, la promise de Richard, Bérengère de Navarre, première-née du roi Sanche VI de Navarre, l'a enfin rejoint sur sa route vers la Terre sainte. Leur mariage est célébré à Limassol, le 12 mai 1191. La sœur de Richard, Jeanne, l'a suivi de Sicile, et assiste à la cérémonie.
Le mariage ne produit pas d'héritier, et les opinions divergent sur l'entente entre les époux. La malheureuse Bérengère a autant de mal que son mari pour son voyage de retour, et ne revoit l'Angleterre qu'après la mort de Richard.
Croisade
Richard, avec presque toute son armée, quitte Chypre pour la Terre sainte au début de juin. En son absence, Chypre doit être gouvernée par Richard Kamvill. Richard arrive à Acre en juin 1191, à temps pour mettre fin au siège de la ville par Saladin. Déserté par Philippe et se retrouvant avec le duc Léopold V d'Autriche, il se retrouve soudainement sans alliés.
Les tactiques de Richard assurent son succès au siège d'Acre et à la marche vers le sud qui s'ensuit. Les hommes de Saladin se révèlent incapables de harasser l'armée des Croisés. Cependant, la désertion du roi français est un coup majeur, duquel ils ne peuvent pas se relever. Réalisant qu'il n'a aucune chance de conserver Jérusalem s'il prend la cité, Richard sonne la retraite. Bien que se trouvant à seulement quelques kilomètres de la ville sainte, il refuse d'y poser les yeux, car Dieu, dit-il, a décidé qu'il ne serait pas celui qui la conquerrait.
Il réalise que son retour ne peut plus être retardé : Philippe et Jean utilisent son absence pour agrandir leur pouvoir.
Il décide de laisser Conrad de Montferrat comme roi de Jérusalem et Chypre entre les mains de son protégé, Guy de Lusignan. Mais il reçoit un nouveau coup avec l’assassinat de Conrad avant son couronnement, et il est remplacé par le neveu de Richard, Henri II de Champagne.
Capture et retour
Suite aux manœuvres de Philippe, le duc Léopold V d'Autriche capture Richard sur son chemin de retour, près de Vienne, à l’automne 1192. Richard l’a en effet publiquement insulté durant la croisade. Emprisonné à Dürnstein, il est ensuite livré à l’empereur Henri VI qui réclame une rançon de 150 000 marcs d'argent pour sa libération. Bien que les conditions de sa captivité ne soient pas strictes, il est frustré par l’impossibilité de voyager librement. De cet emprisonnement est tirée la légende de Blondel.
L’empereur le libère en février 1194 contre un premier versement de 100 000 marcs d'argent, prélevés sur le trésor anglais, ce qui laisse le royaume exsangue pendant plusieurs années. L’empereur lui extorque également un serment d’allégeance de la couronne d’Angleterre à l’Empire. Il retourne alors en Angleterre.
Durant son absence, son frère Jean est près de conquérir le trône. Mais Richard lui pardonne, et en fait même son héritier, alors qu'en grandissant Arthur lui déplaît.
Une fois de plus il se repent de ses péchés, à l’occasion d’un second couronnement, puis repart en Normandie combattre Philippe, qui poursuit la stratégie française d'affaiblir l'empire angevin. Après son départ en mai 1194, il ne retourne pas en Angleterre.
Durant plusieurs années de guerre, il parvient à redresser la situation et à défendre efficacement la Normandie. Il fait construire à cet effet une série de châteaux dont le célèbre Château-Gaillard près des Andelys, sur la rive droite de la Seine, mais aussi la forteresse d'Arques-la-Bataille, ainsi que les châteaux de Radepont dans la vallée de l'Andelle ; Montfort-sur-Risle dans la vallée de la Risle ; Orival sur la Roche Fouet surplombant la Seine en amont de Rouen au-dessus d'Elbeuf et fait améliorer le château de Moulineaux surplombant la Seine en aval de Rouen. Cependant, le pape lui impose une trêve qui profite à Philippe Auguste.
Richard meurt le 6 avril 1199 des conséquences d'un carreau reçu durant le siège de Châlus en France, château de son vassal. Il est enterré près de ses parents en l’abbaye de Fontevraud (située non loin de Saumur), mais ses entrailles sont enterrées à Châlus, où elles sont toujours conservées. Son cœur repose dans la cathédrale de Rouen, capitale de la Normandie. Il aurait convoqué Pierre Basile, l'arbalétrier qui lui avait décoché le trait fatal, et aurait été tellement impressionné par le refus de l’homme de se soumettre, qu'il lui aurait pardonné, d'autant plus facilement qu'il pensait sa blessure sans gravité. Richard mourra néanmoins de la gangrène provoquée par la blessure et Basile sera écorché vif et mis à mort à la suite du décès de Richard.
Richard a de nombreuses qualités admirables, ainsi que beaucoup d’autres, moins brillantes. C'est un génie militaire, astucieux en politique de plusieurs façons, bien qu’incroyablement écervelé dans d’autres. Il est par ailleurs désireux de ne pas prêter le flanc à l’opinion publique. Il est à la fois capable de grande humilité et d’arrogance.
Il est très respecté par son plus grand rival militaire, Saladin, ainsi que par l’empereur Henri, mais il est également haï par nombre de ses anciens amis, spécialement le roi Philippe.
Il se soucie peu de sa propre sécurité : la blessure qui a raison de lui n’aurait pas eu lieu s’il avait été correctement protégé par une armure ; par la suite, son infection aurait pu être évitée. Un incident très similaire s’était déjà produit dix ans auparavant, lorsque, combattant contre son père, il avait rencontré, désarmé, Guillaume le Maréchal, et avait dû le supplier pour avoir la vie sauve.
L’existence de Richard est une série de contradictions. Bien qu’ayant négligé sa femme et que les prêtres devaient lui rappeler de lui être fidèle, il est affecté par la nouvelle de sa mort.
Jean succède à Richard sur le trône d’Angleterre. Cependant les territoires français le rejettent, au début, lui préférant leur neveu Arthur de Bretagne, fils de leur frère Geoffroy, dont les droits sont techniquement meilleurs que les siens.
La légende de Robin des bois se situe traditionnellement durant le règne de Richard Ier. Cependant, la seule certitude sur Robin Hood est qu’il vécut au XIIe ou XIIIe siècle. C'est bien plus tard qu’on établit un lien entre les deux hommes, uniquement en affirmant que le but poursuivi par Robin est de restaurer Richard sur le trône alors que le prince Jean l’a usurpé.
La Sorbonne est un bâtiment du quartier latin de Paris. Il tire son nom du théologien du XIIIe siècle Robert de Sorbon, le fondateur du collège de Sorbonne, collège dédié à la théologie du temps de l'ancienne Université de Paris. Le terme Sorbonne est aussi utilisé dans le langage courant pour désigner l'ancienne Université de Paris (avant 1793), les facultés de Paris y siégeant au XIXe siècle, et la nouvelle Université de Paris de 1896 à 1971.
En 1970, l'Université de Paris a été scindée en treize universités dont plusieurs se partagent désormais le nom de Sorbonne et disposent de locaux dans le site historique de la rue des Écoles, dans le Ve arrondissement de Paris.
Appellation
Plusieurs universités parisiennes comportent actuellement le nom « Sorbonne » dans leur intitulé, ou revendiquent une filiation avec la Sorbonne :
Paris I (Panthéon-Sorbonne), qui abrite également l'observatoire de la Sorbonne.
Paris III (Sorbonne Nouvelle)
Paris IV (Paris-Sorbonne)
Paris V (Paris Descartes)
Ces quatre universités publiques possèdent des locaux dans les bâtiments historiques de la Sorbonne. Ceux-ci accueillent également le rectorat de l'académie de Paris, l'École des chartes et l'École pratique des hautes études.
Ces universités publiques ne sont pas à confondre avec :
le collège de Sorbon (Ardennes).
l'École supérieure Robert de Sorbon, dont le siège social est situé à La Trimouille (Vienne) et qui ne semble pas disposer de locaux pédagogiques ni dispenser de cours.
Cet « établissement d'enseignement supérieur privé français enregistré» s'appuie sur le principe de la validation des acquis de l'expérience (VAE) et sur l'évaluation des diplômes étrangers pour délivrer des diplômes.
Elle n'entretient aucun lien historique ou administratif avec la Sorbonne et semble même jouer sur une certaine confusion.
l'université francophone Robert de Sorbon, entité nord-américaine relevant de la législation de l'État du Maine et installée en Floride n'a pas de lien avec l'enseignement supérieur français.
Historique
La Sorbonne tire son origine dans le collège fondé en 1253 au sein de l'Université de Paris par Robert de Sorbon, du nom d'un village des Ardennes, chapelain et confesseur du roi saint Louis.
La fondation fut confirmée par le roi en 1257.
On y enseignait principalement la théologie aux étudiants pauvres et elle s'est développée rapidement. Paris devint un grand centre culturel et scientifique en Europe dès le XIIIe siècle avec plus de 20 000 étudiants.
En 1469, c'est à la Sorbonne qu'est installée la première imprimerie de France, à l'initiative du roi Louis XI, par le prieur de la Sorbonne, Jean Heynlin, et son bibliothécaire, Guillaume Fichet.
Le cardinal de Richelieu, qui avait été élève de la Sorbonne en 1606-1607, en devient le proviseur en 1622 après le décès du cardinal de Harley. Il fait rénover les bâtiments, qu'il dote d'une magnifique chapelle renfermant son tombeau.
Sous la Révolution française, les bâtiments sont fermés aux étudiants en 1791 et la société sorbonique est dissoute avec les universités de Paris et de province en conséquence de la loi Le Chapelier supprimant les corporations.
En 1794, la chapelle est transformée en temple de la déesse Raison. Napoléon Bonaparte transforme le site en ateliers d'artistes.
À partir de 1806, Napoléon réorganise l'ensemble du système d'enseignement français, baptisé Université impériale, et crée à Paris cinq facultés :
la Faculté des sciences, la Faculté des lettres, la Faculté de théologie, la Faculté de droit et la Faculté de médecine.
La Sorbonne devient les sièges des trois premières facultés, ainsi que le siège du rectorat de l'Académie de Paris.
À la Restauration, Le duc de Richelieu, premier ministre de Louis XVIII, veut honorer la mémoire du cardinal en rendant tout son lustre à la Sorbonne. Il fait construire un amphithéâtre de 1 200 places. Des professeurs prestigieux, comme François Guizot ou Victor Cousin, y dispensent leur enseignement.
La reconstruction des bâtiments du XVIIe siècle, trop exigus et incommodes, est envisagée à plusieurs reprises au cours du XIXe siècle. Elle est finalement réalisée par la Troisième République, sous l'impulsion de Jules Ferry.
Le chantier est confié à l'architecte Henri Paul Nénot. La démolition des bâtiments est réalisée entre 1884 et 1894 tandis que la première pierre du nouvel édifice est posée en 1885. La première partie du bâtiment est inaugurée en 1889, pour le centenaire de la Révolution française, par le président Marie François Sadi Carnot.
L'ensemble des travaux sont achevés en 1901. Parallèlement, l'enseignement de la théologie catholique est supprimé par une loi de 1885.
Le 23 juin 1894, le baron Pierre de Coubertin fonde en Sorbonne le Comité international olympique (CIO), qui donne naissance aux Jeux olympiques modernes.
L'Université de Paris est recréé en 1895 par regroupement des 5 facultés et la Sorbonne en devient le siège.
La Sorbonne occupée : un lieu symbolique
En mai 1968, la Sorbonne est le bastion des manifestations étudiantes, ayant débuté avec le mouvement du 22-Mars à la faculté de Nanterre, qui aboutirent en un ample mouvement contestataire dans toute la France. La première émeute de mai 1968 se déclenche suite à l'intervention de la police dans la cour de la Sorbonne. Le 3 mai, des centaines d'étudiants se sont en effet rassemblés dans la cour en prévision d'une attaque d'Occident. Il y a là toutes les tendances de l'extrême gauche : trotskistes, maoïstes, ou anarchistes. Les services d'ordre d'extrême gauche sont armés de manches de pioche et prêts à l'affrontement. En faisant appel à la police, le recteur-président de l'université va ainsi déclencher la première émeute du mois de mai. À partir du 13 mai, la grève générale commence et la Sorbonne est occupée.
L'Assemblée nationale élue en juin 1968 après la dissolution décidée par le général de Gaulle s'attaque aussitôt à la réforme universitaire. En 1971, l'Université parisienne est scindée en treize universités nouvelles dont sept à Paris (La Sorbonne, Assas, Censier, Jussieu, Vincennes, Dauphine) et six en région parisienne.
Cinq demeurent attachées au site de la Sorbonne et trois partagent le nom de Sorbonne : Paris I Panthéon-Sorbonne, Paris IV Sorbonne et Paris III Sorbonne-Nouvelle.
Depuis les attentats du 11 septembre 2001, la Sorbonne est, en principe, fermée au public : seuls les étudiants et le personnel des établissements ayant des locaux dans la Sorbonne, ainsi que les lecteurs de la bibliothèque inter universitaire de la Sorbonne, peuvent y entrer.
En 2006, plusieurs centaines de manifestants, luttant contre la loi sur l'égalité de chances, ont occupé la Sorbonne pendant trois nuits (du 8 mars au 11 mars au matin : « la prise de la Sorbonne ») avant d'être évacués par les forces de l'ordre.
Le quartier a été bouclé pendant plusieurs semaines ; ce bouclage est pourtant passé inaperçu — voir un des rares documents sur le sujet, le court-métrage Sorbonne Indertide.
Le bâtiment a été fermé aux étudiants et aux enseignants à la demande du rectorat désireux d'éviter toute nouvelle occupation. Elle a rouvert le 24 avril 2006. Au cours de cette période, les bâtiments du Panthéon, situé au 12 de la place du Panthéon, continuaient à recevoir étudiants et enseignants.
Les étudiants ont immédiatement voté la réoccupation de l'université avant d'être à nouveau expulsés le soir même. Les cours n'ont pu reprendre que progressivement avec le déploiement d'un important dispositif policier tout autour de l'université. Au-delà de la lutte contre le CPE, il semble qu'une partie des étudiants aient cherché à renouer avec l'esprit de mai 1968.
Les dégâts, causés en partie par les manifestants, en partie par les forces de police, se sont chiffrés à 800 000 euros, ce qui a contraint l'université à louer ponctuellement ses locaux, pour des tournages de films ou de téléfilms, afin de payer les travaux.
Architecture
Au début du XVIIe siècle, le collège de la Sorbonne se présentait comme un ensemble de bâtiments disparates édifiés le long de la rue de la Sorbonne, entre le cloître Saint-Benoît au nord et le collège de Calvi au sud. Il comportait une chapelle construite au XIVe siècle dont la façade donnait sur la rue de la Sorbonne.
En 1626, le cardinal de Richelieu entreprend de faire reconstruire cet ensemble. Après 1630, le projet initial est revu dans un sens encore plus ambitieux. La chapelle originale, qui devait au départ être simplement modernisée, est détruite et remplacée par un édifice de vastes proportions, conçu par l'architecte Jacques Lemercier, et appelé à devenir le mausolée du cardinal. Les travaux commencent en mai 1635 et le gros œuvre est presque terminé à la mort du cardinal en 1642. Les travaux sont achevés par la duchesse d'Aiguillon, héritière de Richelieu.
La chapelle de la Sorbonne appartient aux chefs d'œuvres de l'architecture classique parisienne. Elle renferme un orgue de Dallery, non entretenu depuis plus de 150 ans, et actuellement injouable, bien que conservé en grande part.
Les bâtiments de l'université, qu'on peut admirer de nos jours, datent de la fin du XIXe siècle.
Robert de Sorbon
Robert de Sorbon (9 octobre 1201 à Sorbon, près de Rethel dans les Ardennes - 15 août 1274 à Paris) est un théologien français.
Chapelain et confesseur du roi Saint Louis IX, il créa le Collège de Sorbonne (d'où le nom) à Paris pour "seize pauvres maîtres ès arts, aspirants au doctorat en théologie" en 1257. Le Collège devint par la suite la maison la plus célèbre de l'Université de Paris.
Personnes célèbres ayant fréquenté ou fréquentant la Sorbonne
Alexandre Alekhine, champion du monde d'échecs de 1927 à 1935
Alexandre V, antipape
Jean-Jacques Ampère, physicien
Théo Angelopoulos, cinéaste
Antoine Arnauld, écrivain
Raymond Aron, philosophe
Alphonse Aulard, historien
Joachin Balaguer
Georges Bataille, écrivain
Benoît XVI, pape (Joseph Alois Ratzinger) a été élu 265e pape de l'Église catholique romaine le 19 avril 2005,
Henri Bergson, philosophe : prix Nobel de littérature en 1927
Claude Bernard, biologiste
Francine Bloch : pseudonymes Francine de Bérys et Francine Béris
Adeline Blondieau, actrice
Boileau, poète
Ferdinand Buisson, prix Nobel de la paix, fondateur de la Ligue française pour la défense des droits de l'homme et du citoyen
Jean Calvin, théologien
Roch Carrier, romancier et dramaturge
André Chamson, écrivain et essayiste
André Chastel, historien
Adrienne Clarkson, vingt-sixième gouverneur général du Canada
Pierre de Coubertin, rénovateur des Jeux olympiques modernes
Victor Cousin, philosophe
Marie Curie, physicienne : prix Nobel de physique (1903) : prix Nobel de chimie (1911) Elle est la seule femme à avoir reçu deux prix Nobel
Pierre Curie physicien : prix Nobel de physique (1903)
Simone de Beauvoir, écrivain
Jean Philibert Damiron philosophe
Bénédicte Delmas, actrice
Raymond Duchamp-Villon : sculpteur français.
Érasme, théologien néerlandais
Claude Charles Fauriel
Jacques Derrida, philosophe
Jean Favier, historien
Moshe Feldenkrais : physicien britannique
Lawrence Ferlinghetti : poète américain,
Gautier de Châtillon : dit aussi Gautier de Ronchin ou Gaultier de Lille, est un poète français.
Nicolas Eugène Géruzez : historien de la littérature et critique littéraire français
Jean-Luc Godard, cinéaste
Petar Guberina : linguiste croate.
François Guizot : historien et homme politique français.
René Gutman, Grand-Rabbin de Strasbourg et du Bas-Rhin depuis 1987.
Francis Seymour Haden :
Gabriel Hanotaux : diplomate, historien et homme politique français
John F. Hasey : capitaine de Légion étrangère dans l'armée française au cours de la Seconde Guerre mondiale puis officier de la CIA. Hasey est l'un des quatre américains (comme Eisenhower) il fut nommé Compagnon de la Libération à l'issue de la guerre.
Ignace de Loyola, est le fondateur et le premier Supérieur général de la Compagnie de Jésus, Il a été canonisé par le pape Grégoire XV le 12 mars 1622
Pierre Favre, helléniste, jésuite
François Xavier, missionnaire, jésuite reconnu comme saint par les catholiques et les anglicans.
Vilayat Inayat Khan
Paul Janet
Frédéric Joliot, physicien Prix Nobel de chimie (1935)
Irène Joliot-Curie, physicienne Prix Nobel de chimie (1935)
Alberto Jori, philosophe Sa monographie sur Aristote a remporté le Prix de l' "Académie Internationale d'Histoire des Sciences"/"International Academy of the History of Science" (la Sorbonne) pour l'année 2003.
Michel Journiac, artiste plasticien français
Venceslas Kruta, historien
André Leroi-Gourhan, archéologue et ethnologue
Benny Lévy, philosophe et écrivain français il a été le secrétaire de Jean-Paul Sartre de septembre 1974 jusqu’à la mort de l’écrivain en 1980
Claude Lévi-Strauss, anthropologue, ethnologue et philosophe français
Camille Le Tellier de Louvois est un homme d'Église français
Norman Mailer, écrivain américain
Roger Martin du Gard, écrivain prix Nobel de littérature en 1937.
François Mauriac, écrivain prix Nobel de littérature en 1952
Marsile de Padoue, théologien, théoricien politique italien
Michel Moine : Journaliste de radio,
André Morellet : homme d'Église, écrivain, encyclopédiste et traducteur français
Peter Martin Ngo-Dinh-Thuc
Paul Nizan, écrivain , philosophe, essayiste français
Mikhail Vasilievich Ostrogradsky : né Michel Vassilievitch est un physicien et mathématicien russe.
Gaston Paris : médiéviste et philologue français.
Pierre de Blois : diplomate et poète français néo-latin.
Henri Poincaré, mathématicien, physicien et philosophe français
Raymond Queneau, romancier, poète, dramaturge et mathématicien, et co-fondateur du mouvement littéraire appelé « Oulipo » (OUvroir de LIttérature POtentielle).
Elia Ravelomanantsoa, femme d'affaires malgache
Vera Maria Rosenberg: agent du service secret britannique Special Operations Executive (SOE),
Gustave Roussy, neurologue, cancérologue, Recteur de l'Académie de Paris, fondateur du premier centre anticancéreux français.
Pierre Paul Royer-Collard : un homme politique libéral et philosophe français.
Maximilien Rubel : militant communiste et marxologue autrichien naturalisé français
Adrian Ruchwald, réalisateur de films documentaires
Ibrahim Rugova : était un écrivain kosovar
Émile Saisset :philosophe français
Jean-Paul Sartre, philosophe et écrivain français (dramaturge et nouvelliste) ainsi que critique du XXe siècle : il a toujours rejeté les honneurs, notamment en 1964 le prix Nobel de littérature
Jorge Semprún écrivain, ancien ministre de la Culture d'Espagne
Jean-Pierre Serre : mathématicien français
Emmanuel Joseph Sieyès : homme d'Église, homme politique et essayiste français.
Pierre Teilhard de Chardin, jésuite, chercheur, théologien, paléontologiste et philosophe français.
Pierre Eliot Trudeau, politicien canadien (ancien premier ministre du Canada)
Marina Tsvetaeva : poétesse russe
Anne Robert Jacques Turgot : homme politique et économiste français.
John Napier Turner : dix-septième premier ministre du Canada
Étienne Vacherot
Jacques Vergès, avocat
Sergio Vieira de Mello : diplomate
Pierre Vidal-Naquet, historien , helléniste
Saint Vincent de Paul, ministre des Cultes, apôtre de la charité
Abel-François Villemain : homme politique et écrivain français
Sam Waterston : acteur et producteur américain
Elie Wiesel, prix Nobel de la Paix, écrivain et professeur de littérature
Jean Ziegler, politicien et sociologue, homme politique suisse. En 2002 il refuse le controversé Prix Kadhafi des droits de l'Homme de la Libye
28 août 1833 : L'esclavage est aboli à travers l'Empire britannique.
L’Esclavage
L'esclavage désigne la condition sociale de l'esclave, un travailleur non libre et généralement non rémunéré qui est juridiquement la propriété d'une autre personne et donc négociable, au même titre qu'un objet. Au sens large, l'esclavage est le système socio-économique reposant sur le maintien et l'exploitation de personnes dans cette condition. En France, il est considéré comme un crime contre l'humanité.
Les esclaves sont tenus d'obéir à tous les ordres de leur maître depuis leur naissance (ou capture, ou passage à l'état d'esclave) jusqu'à leur mort (ou parfois leur libération, ou affranchissement).
En tant que propriété, l'esclave peut faire l'objet des transferts inhérents à la notion de propriété : on peut donc l'acheter, le vendre, et même le louer.
L’esclave se distingue du captif ou du forçat, conditions voisines dans l'exploitation, et de la bête de somme, par un statut juridique propre, déterminé par les règles et les lois en vigueur dans le pays et l’époque considérés.
Définitions : Étymologie
Le terme "moderne" esclavage vient du latin médiéval sclavus déformation de slavus (le slave), de grec sklabos. Le mot «esclave» serait apparu au Haut Moyen Âge à Venise, où la plupart des esclaves étaient des Slaves des Balkans (une région qui s'est longtemps appelée « Esclavonie » et qui est récemment devenue indépendante, sous le nom de «Slovénie»). La même racine se retrouve dans le mot arabe saqaliba.
Rome pratiquant l'esclavage, le latin disposait évidemment d'un terme pour désigner l'esclave : servus, qui a conduit aux termes servile et servilité (relatifs à l'esclave et à sa condition), ainsi qu'aux termes serf du Moyen Âge et aux modernes service, serviteur, etc. (avec des évolutions dans le sens).
Définition française
Selon l'Académie française, l'esclave est une "personne qui n'est pas de condition libre, qui appartient à un maître exerçant sur elle un pouvoir absolu." L'esclavage est donc avant tout la condition d'esclave, et la réduction d'un homme à l'état d'esclave, de manière généralement involontaire. L'esclave peut dépendre de toute autorité : personne, groupe, organisation, État.
L'Académie française ajoute à cela, par extension, toute "institution sociale fondée sur l'existence d'une classe d'esclaves" Par analogie, l'esclavage est donc l'"état, [la] condition de ceux qui sont soumis à une tyrannie, à une autorité arbitraire ; asservissement, servitude." La définition n'exclut donc pas formellement la notion de servitude volontaire.
Autres sens :
Au sens figuré, l'esclavage est l'état d'une "personne qui, par intérêt ou par goût, se met dans la dépendance d'une autre et suit aveuglément ses volontés."
Par extension, "se dit d'une personne qui se tient dans un état d'assujettissement, de dépendance, qui subit l'empire d'une chose."
Au figuré, "se dit de tout ce qui tient dans un état d'assujettissement, de dépendance. L'esclavage du tabac. L'esclavage de la mode. L'esclavage des passions. Par méton. Activité imposant une sujétion. Ce travail est lucratif, mais c'est un véritable esclavage."
Définitions juridiques
Plusieurs textes internationaux ont tenté de définir la notion d'esclavage.
La convention relative à l'esclavage (1926) de la Société des nations dispose en son article premier que "L'esclavage est l'état ou condition d'un individu sur lequel s'exercent les attributs du droit de propriété ou certains d'entre eux". L'article définit également la traite des esclaves comme "tout acte de capture, d'acquisition ou de cession d'un individu en vue de la réduire en esclavage; tout acte d'acquisition d'un esclave en vue de le vendre ou de l'échanger; tout acte de cession par vente ou échange d'un esclave acquis en vue d'être vendu ou échangé, ainsi que, en général, tout acte de commerce ou de transport d'esclaves."
L'Organisation internationale du travail a adopté en 1930 une définition du travail forcé que l'on peut rapprocher de celle de l'esclavage : "le terme travail forcé ou obligatoire désignera tout travail ou service exigé d'un individu sous la menace d'une peine quelconque et pour lequel ledit individu ne s'est pas offert de plein gré."
La convention relative à l'abolition de l'esclavage (1956) des Nations unies renvoie à la définition de la convention de 1926, en ajoutant en son article premier plusieurs "Institutions et pratiques analogues à l'esclavage" : servitude pour dettes, servage, mariage forcé, etc.
Usages particuliers
L'OIT assimile au travail forcé, le travail des enfants (voir l'article).
La notion d'esclavage ou de servitude est souvent utilisée comme argument politique ou idéologique : notion anticapitaliste d'esclavage salarié, notion libérale d'esclavage fiscal, raisonnements de pacifistes et raisonnements de libéraux (pacifistes ou non) assimilant le service militaire à une forme d'esclavage (ce que la convention de l'OIT de 1930 exclut clairement), notion d'esclavage animal
Histoire de l'esclavage
Au fil du temps, les civilisations successives ont élaboré des visions et des pratiques différentes de l’esclavage. Les questions à retenir pour l'analyse historique concernent avant tout le statut et la fonction de l'esclave selon l'époque et le lieu :
Comment la société considérait-elle l’esclave et quelle position lui conférait elle ?
Comment devenait-on esclave ?
Quel travail attribuait-on à l’esclave ?
L'esclave pouvait-il sortir de cette condition et comment ?
Dans les civilisations de l'Antiquité :
L'esclavage existe à l'époque antique, il est mentionné dans les toutes premières traces écrites, comme le Code d'Hammourabi et d'autres écrits analysés comme des transcriptions d'histoires orales.
Les critères de propriété liés à l’esclavage impliquent un certain niveau d’organisation des sociétés, ce qui rend incertain l’existence de l’esclavage pour les temps préhistoriques. Les preuves sûres de l’existence de l’esclavage commencent avec les sociétés historiques possédant l’écriture, et peuvent être extrapolées, avec prudence, pour les civilisations protohistoriques qui les précèdent.
Les déductions uniquement basées sur l’ampleur impressionnante de certains vestiges (pyramides, monuments, digues, etc.) restent conjecturales.
Il faut noter que l'esclavage non marginal ne correspond qu'à un type de sociétés, dites révolutionnaires. En effet, l'esclavage, là où il est institué, est généralisé et provoque inévitablement des soulèvements et remises en cause du système social, ceux-ci étant majoritaires dans une société esclavagiste.
Ainsi, l'esclavage est la réduction d'une personne à un état de privation de toute liberté, celle-ci allant de libertés sociales aux libertés les plus fondamentales. L'esclave est exclu de la société tout en étant dans les sociétés esclavagistes un élément moteur.
Certains artistes de l'Antiquité, comme le fabuliste grec Ésope (VIe siècle av. J.C.), étaient des esclaves affranchis. Le latin Térence (-184,-159) était esclave, ce qui étonne Diderot. Le philosophe grec Epictète (50, vers 130) était également esclave.
Au Moyen Âge :
Sans qu'aucune vraie révolution ne soit opérée, l'influence grandissante du christianisme amène une évolution progressive et renforce un mouvement d'émancipation en réalité entamé sous les empereurs païens de la Rome antique.
L'Église considère maîtres et esclaves comme des égaux, elle s'oppose à ce que des chrétiens appartiennent à d'autres chrétiens. L'esclave peut se marier, sa famille est reconnue. Il peut aussi se faire moine, trouver asile, et donc être soutenu contre son maître.
À la fin de la Rome antique correspond donc, en Occident, le passage progressif de l'esclavage à une forme "adoucie", le servage, généralisé à partir du VIIIe siècle.
Le serf jouit d'une personnalité juridique. Tout d'abord, il n'appartient pas à son seigneur ; en outre, il possède des biens, peut ester et témoigner en justice, peut contracter (mariages, contrats de vente) plus ou moins librement. Sa condition de servage peut elle-même faire l'objet d'un contrat.
Ce qui lie le serf à son seigneur tient plutôt de la vassalité : il lui doit fidélité, comme dernier étage de la pyramide féodale.
Cette fidélité, comme tout lien féodal, a une contrepartie : le seigneur lui doit protection.
Cependant, l'institution de l'esclavage subsiste tout au long du Moyen Âge. Plus au moins disparu au nord des Alpes, le nombre d'esclaves augmente en Catalogne et particulièrement en Italie entre XIIIe et XVe siècle.
Les grandes républiques maritimes de Gênes et de Venise sont les plus grands marchands d'esclaves à cette époque. Sont réduits en esclavage surtout des individus capturés au nord de la mer noire, où la colonie génoise de Caffa représente la plaque tournante du trafic d'esclaves.
Les esclaves mâles sont pour la plupart exportés vers l'Égypte mamelouk où ils constituent une ressource indispensable pour le recrutement de soldats, tandis que les femmes esclaves sont amenées en majorité en Italie et sur les grandes îles méditerranéennes (Crète, Sicile, Majorque, Chypre), où elles trouvent leur place dans le service domestique.
Comme le christianisme, l’Islam s’étend dans un monde dont l’esclavage est une composante, et comme lui, il s’y adapte sans révolution sociale. En principe, le Coran interdit seulement l'esclavage des musulmans, car il fait la différence entre les pays des « infidèles » et les pays de l'Islam.
Cela explique partiellement le fait que jusqu'au début du XXIe siècle, des pays musulmans comme l'Arabie saoudite, le Soudan ou la Mauritanie acceptent l'esclavage des Noirs chrétiens et animistes.
Malgré les interdictions formelles concernant les musulmans, les califes et les sultans n'hésitent pas à réduire en esclavage les rebelles ou les « mauvais musulmans », notamment en Espagne au temps d'al-Andalus.
En Égypte mamelouk les esclaves venus de la mer noire et amenés en grande partie par des marchands italiens constituent une ressource indispensable pour le recrutement des armées égyptiennes.
De la Renaissance aux Lumières :
Alors que l'esclavage recule en Europe du fait de l'extension du christianisme, sans toutefois disparaître, il prend son essor dans les colonies américaines. Les bulles pontificales Sublimus Dei (29 mai 1537) et Veritas ipsa du pape Paul III (2 juin 1537) condamnent l'esclavage des amérindiens ainsi que « toute mise en doute de la pleine humanité de ceux-ci ».
Une décision qui marque paradoxalement le départ de la traite transatlantique. Les nations européennes, en particulier le Portugal, la France, la Hollande et l'Angleterre se lancent dans le commerce triangulaire entre des ports de l'Europe, le Golfe de Guinée et les Amériques (Brésil, Antilles). La motivation première des négriers est économique et l'esclave noir est considéré comme une marchandise.
Alors que l'esclavagisme américain atteint son rendement maximum au XVIIIe siècle, les philosophes des Lumières ébauchent la prise de conscience abolitionniste.
Abolitions de l'esclavage :Une longue bataille :
Le servage disparaît progressivement en Europe occidentale à la fin du Moyen-Age ; au XVIIIe siècle, il avait quasiment disparu en France. Mais il faudra attendre la fin du XIXe siècle pour qu'il disparaisse de l’Europe orientale et sera aboli en 1861 en Russie. Concernant l'esclavage, en 1769 les Quakers de Pennsylvanie donnent l'exemple à suivre.
En Suède, une forme répandue de servage dès le XVIIIe siècle était le statut de statare, lesquels étaient des ouvriers agricoles qui recevaient quelques vivres et le logis comme salaire. Leur condition de vie étaient généralement très dure. Des écrivains suédois du XX siècle issus de ces milieux ont décrit les conditions de vie de ces derniers serfs européens..
Dès le 2 mars 1807 Britanniques et Américains s'interdisent la traite négrière puis sous leur pression en 1815 au congrès de Vienne ils sont suivis par la plupart des autres puissances européennes, mais tant que l'esclavage ne fut pas interdit partout, la traite se poursuivit de façon clandestine. Il faut attendre une succession d'abolition de l'esclavage pour que ce trafic cesse au cours du XIXe siècle :
En 1792 le Danemark aurait interdit l'esclavage sur son territoire.(A vérifier!)
Le 29 août 1793 par le conventionnel Léger-Félicité Sonthonax à Saint-Domingue.
Le 4 février 1794 sur toutes les colonies de la France par un vote de la Convention.
En 1813 par l'Argentine.
Le 29 mars 1815 par Napoléon I°, lors des Cent-Jours. Soit 13 ans après son rétablissement de 1802.
En 1821 par la Colombie.
En 1829 par le Mexique.
Le 2 mars 1833 pour les colonies britanniques.
Le 26 décembre 1847 par l'Empire ottoman.
Le 27 avril 1848 (troisième abolition) par la France sur les colonies françaises.
En 1848 par le Danemark sur leur colonie de l'île St.Croix (Antilles)
En 1863 par le Pays-Bas.
Le 18 décembre 1865 aux États-Unis (mais remplacé dans certains états par la ségrégation.
En 1878 par le Portugal.
Le 13 mai 1888 au Brésil.
En 1942 par l'Ethiopie.
En 1945 en Suède, le statut de statare est aboli.
En 1980 en Mauritanie, dernier pays à avoir officiellement aboli l'esclavage.
En France :
En 1789, les villages et villes de France eurent à rédiger leurs cahiers de doléances pour la convocation des États Généraux. Les habitants de Champagney mettent dans leur cahier un article unique en son genre (l'article 29), dit Vœu de Champagney qui condamne avec énergie la traite des Noirs et réclame fermement son abolition.
La Convention abolit l'esclavage le 4 février 1794 grâce à l’action de la Société des amis des Noirs de l’abbé Grégoire, sur l'exemple de l'affranchissement décrété à Saint-Domingue par Léger-Félicité Sonthonax. De ce fait, on peut dire de la France qu'elle fut la première nation dans le monde à abolir l'esclavage dans ses colonies.
Malheureusement, il est rétabli par Napoléon Bonaparte, le 20 mai 1802.
La seconde et définitive abolition officielle de l'esclavage date du 27 avril 1848 notamment grâce à l'action du député Victor Schoelcher et ses amis.
Il faut cependant attendre l'aube du XXIe siècle pour voir se développer un travail de mémoire autour de l'esclavage.
Le 10 mai 2001, le Parlement Français vote la loi Taubira qui reconnaît l'esclavage comme crime contre l'humanité. Suite à cette loi et au comité pour la mémoire de l'esclavage, présidé par l'écrivain guadeloupéen Maryse Condé, Jacques Chirac a annoncé le 30 janvier 2006 la création d'une journée annuelle de la mémoire de l'esclavage, qui se tiendra tous les 10 mai.
Cette commémoration s'ajoute aux dates de commémoration de l'abolition de l'esclavage en vigueur depuis 1983 dans les départements d'outre-mer: le 22 mai en Martinique, le 27 mai en Guadeloupe, le 10 juin en Guyane, le 20 décembre à La Réunion, le 27 avril à Mayotte.
L’exception haïtienne :
À Saint-Domingue, il y eu plusieurs révoltes dont celle de 1702. Mais c'est en 1791 que profitant des troubles issus de la révolution française de 1789 et galvanisés par les idées de liberté, d’égalité et de fraternité, François-Dominique Toussaint Louverture, Jean-Jacques Dessalines et Henri Christophe ont dirigé la seule rébellion d'affranchis et d’esclaves noirs qui ait été menée à terme. En 1804 l’ancienne colonie française de l'île Saint-Domingue est devenue Haïti.
Esclavage au XXe siècle :
Soit par survivance du phénomène esclavagiste traditionnel, soit à travers de nouvelles formes dites "modernes", l'esclavage est resté une réalité au XXe siècle. De nombreux comportements systématiques (camps de concentration ou de travail, proxénétisme) ont ainsi progressivement été analysées comme de nouvelles formes d'esclavage.
Dans les colonies, les colonisateurs ont préféré astreindre les populations locales au travail forcé. Dans les faits, le travail forcé constituait exactement les mêmes conditions pour les africains que dans les plantations: surexploitation, punitions corporelles, statut d'infériorité, répressions violentes, massacres. Sous Léopold II une importante campagne d'information et de réprobation fut lancée au Royaume-Uni contre l'attitude des colons au Congo Belge Zaïre.
En URSS, Chine (et autres pays communistes) règnent la déportation brutale vers des camps de travaux forcés (Goulag ou Lao gai) où l'individu est assujetti à un travail à vie gratuit et dans des conditions qui l'écrasent. Souvent même, toute sa famille subit le même sort.
Pendant la seconde Guerre mondiale, les envahisseurs (Allemands et Japonais) imposent et organisent l'esclavage de masse par leur dictatures militaires criminelle dans les pays conquis et en partie sur leur propre population. Cet esclavage d'exerce au sein de camps de travail ou de camps de concentration. Les cas de prostitution forcée sont aussi fréquents, particulièrement dans le cas japonais.
Enfin, plusieurs pays anciennement colonisateurs, notamment des pays arabes, ont maintenu l'esclavage jusqu'au milieu du XXe siècle : Arabie saoudite et Oman mais également chez les Maures de certaines colonies françaises, en Mauritanie et au Soudan français, et ce malgré sa suppression officielle. La Mauritanie supprima l'esclavage des Harratins en 1980. Aujourd'hui, l'esclavage traditionnel résiste dans de nombreux pays d'Afrique et d'Asie.
Esclavage contemporain :
L'esclavage n'a cependant pas totalement disparu dans certaines régions du monde, comme la péninsule arabique ou le sous-continent indien. L'Organisation internationale du travail (OIT) estime à 25 millions le nombre de personnes vivant actuellement dans des conditions assimilables à de l'esclavage, d'où le terme d' « esclavage moderne ». Selon l'ONU, chaque année, deux millions de personnes sont réduites en esclavage.
L'esclavage réapparaît au actuellement au Soudan. Les Musulmans du nord ont rétabli la Charia lors de la décolonisation et l'appliquent de force aux noirs chrétiens et animistes du sud qui se sont rebellés. Ceux-ci, repoussés dans la Province Équatoriale, la plus insalubre, ont résisté de leur mieux depuis l'indépendance. Aussi les forces gouvernementales ont-elles massacré les populations civiles de nombreux villages et continuent à y enlever de nombreux enfants pour les convertir à l'islam et les utiliser comme esclaves à Khartoum.
Dans les pays développés, par extension et suite à l'évolution des points de vue, le politiquement correct considère d'autres situations assimilable à de l'esclavage moderne.
La proxénétisme dont le tourisme sexuel.
Le travail clandestin,
Certaines conditions de travail (plus de huit heures par jour, le travail des enfants, etc.)
En 2000, l'UNICEF estimait que 200 000 enfants étaient retenus en esclavage en Afrique centrale et occidentale. D'après l'Organisation Internationale des Migrations (OIM) quelque 200 000 femmes et enfants sont victimes de l'esclavage. La pratique des enfants soldats peut également être assimilée à une forme d'esclavage, d'autant qu'à l'emprise psychologique mise en œuvre sur des enfants, s'ajoute la dépendance physiologique obtenue par l'usage de drogues fortes.
23 août 1927 : Les anarchistes Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti passent sur la chaise électrique.
Affaire Sacco et Vanzetti
L'affaire Sacco et Vanzetti est le nom d'un scandale judiciaire survenu dans les années 1920 aux États-Unis, et dont les victimes furent les anarchistes d'origine italienne Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti
Contexte
Comme en Europe, les années 1919-1920 sont difficiles aux États-Unis : il faut reconvertir l'économie de guerre et faire face à l'inflation. La fin du dirigisme étatique mis en place en 1917 et la montée du syndicalisme provoquent de nombreuses grèves dans tout le pays.
En 1919, on recense 4,1 millions de grévistes qui réclament de meilleurs salaires et une réduction du temps de travail. Les grèves dégénèrent en violence et donnent lieu à des affrontements dans plusieurs grandes villes, comme à Boston.
L'année 1920 est marquée par de nombreux attentats anarchistes : les responsables politiques sont touchés, comme le maire de Seattle ou celui de Cleveland, chez lequel une bombe explose. Les bureaux de la banque Morgan à Wall Street sont soufflés par un attentat qui fait 38 morts et 200 blessés.
Les autorités prennent des mesures de répression contre les anarchistes mais aussi contre les communistes et les socialistes américains.
Certains sont emprisonnés, d'autres contraints de s'exiler. L'opinion publique amalgame les grévistes, les étrangers et « les Rouges ». Elle craint les progrès du bolchevisme en Europe, le terrorisme de gauche et se méfie des immigrés récents qui parlent à peine l'anglais.
Début de l'affaire
Le 5 mai 1920, Sacco et Vanzetti sont arrêtés ; ils sont soupçonnés d'avoir commis deux braquages (le 24 décembre 1919 à Bridgewater et le 15 avril 1920 à South Braintree où deux convoyeurs sont tués).
Condamnation
Le 16 août 1920, Vanzetti seul est condamné pour le premier braquage à 15 ans de prison.
Le second procès qui se clôt le 14 juillet 1921 les condamne tous les deux à la peine capitale pour les crimes de South Braintree, dans la banlieue de Boston, malgré le manque de preuves formelles.
Des comités de défense se mettent en place dans le monde entier pour sensibiliser l'opinion sur cette injustice : le dictateur italien Mussolini prend même leur défense.
Comme Sacco en 1923, Vanzetti est placé début 1925 en hôpital psychiatrique. Le 12 mai 1926, leur condamnation à mort est confirmée. Le 26 mai, un bandit dénommé Madeiros avoue de sa prison être l'auteur du braquage de South Braintree, mais le juge Thayer, qui n'aimait ni les Italiens, ni les anarchistes, refuse de rouvrir le dossier.
Malgré une mobilisation internationale intense et le report à plusieurs reprises de l'exécution, Nicola Sacco, Bartolomeo Vanzetti et Celestino Madeiros passent sur la chaise électrique dans la nuit du 22 au 23 août 1927, suscitant une immense réprobation.
Le 23 août 1977, exactement 50 ans après, le gouverneur du Massachusetts Michael Dukakis absout les deux hommes, et déclare que « tous les déshonneurs devaient être enlevés de leurs noms pour toujours »
Culture populaire
La chanson Here's to you de Joan Baez leur est dédiée. Elle reprend les mots de Vanzetti au juge Thayer (cf ci-dessous): "Heres to you Nicola and Bart/ Rest forever here in our hearts/ The last and final moment is yours/ That agony is your triumph".
Le film Sacco et Vanzetti réalisé par Giuliano Montaldo retrace leur histoire.
Citation
Vanzetti, condamné avec Sacco à l’électrocution, répond le 9 avril 1927 au juge Thayer :
« Si cette chose n’était pas arrivée, j’aurais passé toute ma vie à parler au coin des rues à des hommes méprisants. J’aurais pu mourir inconnu, ignoré : un raté. Ceci est notre carrière et notre triomphe. Jamais, dans toute notre vie, nous n’aurions pu espérer faire pour la tolérance, pour la justice, pour la compréhension mutuelle des hommes, ce que nous faisons aujourd’hui par hasard. Nos paroles, nos vies, nos souffrances ne sont rien. Mais qu’on nous prenne nos vies, vies d’un bon cordonnier et d’un pauvre vendeur de poisson, c’est cela qui est tout ! Ce dernier moment est le nôtre. Cette agonie est notre triomphe. »Sites :http://increvablesanarchistes.org/articles/1920_36/sacco_vanzetti.htm
Le 21 août est le 233e jour de l'année (234e en cas d'année bissextile) du calendrier grégorien.
21 août 1911 : Vol du célèbre tableau de la Joconde ; il sera retrouvé en 1913.
La Joconde
La Joconde (ou « Portrait de Mona Lisa ») est un tableau de Léonard de Vinci, réalisé entre 1503 et 1507. Huile sur panneau de bois de peuplier de 77 x 53 cm, il est exposé au Musée du Louvre à Paris. La Joconde est l'un des rares tableaux attribués de façon certaine à Léonard.
La Joconde est devenue un tableau mythique car à toutes les époques les artistes l'ont prise comme référence. Elle constitue en effet l'aboutissement des recherches du XVe siècle sur la représentation du portrait. À l'époque romantique, les artistes ont été fascinés par l'énigme de la Joconde et ont contribué à développer le mythe qui l'entoure, en faisant de nos jours l'une des œuvres d'art les plus célèbres du monde.
Historique
Léonard de Vinci commence le portrait à Florence en 1502, et d'après Vasari l'achève au bout de quatre années. La Joconde ne quitta jamais Léonard de son vivant. Il l'emporta probablement à Amboise où François Ier le fit venir. Ce dernier en fit l'acquisition - à Léonard lui-même ou à ses héritiers après sa mort - et l'installa à Fontainebleau.
Le portrait quitte le château pour le Louvre alors résidence royale , et est ensuite accroché au château de Versailles. Louis XIV en fit l'un des tableaux les plus en vue à Versailles, et l'exposait dans le Cabinet du Roi jusqu'en 1650.
Il regagne le Louvre devenu musée en 1798, mais est à nouveau déplacé sur ordre du premier consul Bonaparte qui le fait accrocher au palais des Tuileries en 1800 dans les appartements de Joséphine, puis le rendit au Louvre en 1804 .
Le tableau fut volé le 21 août 1911. On soupçonna le poète Guillaume Apollinaire et le peintre Pablo Picasso d'être les auteurs de ce vol, revendiqué par ailleurs par l'écrivain italien Gabriele d'Annunzio. La Société des Amis du Louvre offrit une récompense de vingt-cinq mille francs, un anonyme proposa de doubler cette somme. La revue L'Illustration promit cinquante mille francs pour qui rapporterait le tableau dans les locaux du journal. Le voleur était l'italien Vincenzo Perugia, un vitrier qui avait participé aux travaux de mise sous verre des tableaux les plus importants du musée. Il conserva le tableau pendant deux ans dans sa chambre à Paris, puis de retour en Italie il proposa de le revendre le 10 décembre 1913 à un antiquaire florentin qui donna l'alerte.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le tableau fut mis en sécurité au château d'Amboise, puis à l'abbaye de Loc-Dieu, et enfin au Musée Ingres de Montauban. Pendant un temps, il fut entreposé sous le lit même du conservateur du musée du Louvre en exil dans le château de Montal en Quercy (Lot).
En janvier 1963, le ministre de la culture André Malraux expédie la Joconde aux États-Unis où elle est reçue par le président Kennedy. Elle est exposée à la National Gallery de Washington DC puis au Metropolitan Museum of Art de New York. Elle est admirée par 1,7 millions de visiteurs au total. Elle fait aussi deux autres voyages en Russie et au Japon en 1974.
Depuis mars 2005, la Joconde bénéficie au Musée du Louvre d'une salle rénovée et spécialement aménagée pour la recevoir, la salle des États, dans laquelle elle fait face au non moins célèbre tableau de Véronèse, les Noces de Cana.
Description
La Joconde est le portrait d'une jeune femme, sur fond d'un paysage montagneux aux horizons lointains et brumeux. Le flou du tableau est caractéristique de la technique du sfumato. Le sfumato, de l'italien enfumé, est un effet vaporeux, obtenu par la superposition de plusieurs couches de peinture extrêmement délicates qui donne au tableau des contours imprécis. Cette technique a été employée en particulier au niveau des yeux dans la mise en ombrage.
La femme porte sur la tête un voile noir transparent et une robe. On remarque que totalement épilée, conformément à la mode de l'époque, elle ne présente ni cils, ni sourcils. Elle est assise sur un fauteuil dont on aperçoit le dossier à droite du tableau. Ses mains sont croisées, posées sur un bras du fauteuil. Elle se trouve probablement dans une loggia : on peut voir un parapet juste derrière elle au premier tiers du tableau, ainsi que l'amorce de la base renflée d'une colonne sur la gauche. À l'arrière plan se trouve un paysage montagneux dans lequel se détache un chemin sinueux et une rivière qu'enjambe un pont de pierre. On peut remarquer une cassure de la ligne d'horizon. La tête de la Joconde sépare le tableau en deux parties dans lesquelles l'horizon ne se trouve pas au même niveau.
La source de lumière provient essentiellement de la gauche du tableau.
Le modèle
Lisa Maria Gherardini
Selon l'hypothèse admise depuis Giorgio Vasari, le modèle s'appellerait à l'origine Lisa Gherardini, née en mai 1479 à Florence. Issue d'une famille modeste, elle épousa à 16 ans le fils d'un marchand de soie, Francesco di Bartolomeo del Giocondo. Déjà veuf à deux reprises, Giocondo a 19 ans de plus que Lisa. Elle lui donna trois enfants, Piero Francesco - né en 1496 - une fille au prénom inconnu morte en 1499 et Andréa - né en 1502.
Francesco del Giocondo possédait une chapelle familiale dans l'église de la Santissima Annunziata, où il fut plus tard inhumé. Cette église était tenue par les Servites de Marie, qui ont hébergé en 1501 Léonard, fils de Piero da Vinci, le notaire de leur ordre. Il est probable que Léonard et Francesco ont fait connaissance à cette époque. En 1503, Francesco del Giocondo emménage dans une demeure plus grande, via della Stufa, et cherche un peintre pour réaliser le portrait de son épouse. Il se tourne vers Léonard de Vinci. Lisa Gherardini était âgée de 24 ans, et Léonard de 51 au moment où il commença son tableau.
Francesco del Giocondo ne reçut jamais son tableau. Il était inachevé quand l'artiste quitta Florence pour Milan.
Cette thèse reste discutée, au prétexte qu'aucune trace d'un paiement n'a été retrouvée. Les liens étroits entre Léonard de Vinci et la famille del Giocondo ont été établis en 2004 par Giuseppe Pallanti
D'après Giuseppe Pallanti (2007), les archives d'une église du centre historique de Florence (Toscane), font référence à un acte de décès de « l'épouse de Francesco Del Giocondo », morte le 15 juillet 1542 et enterrée au couvent Sant'Orsola.
Selon Daniel Arasse, s'il était vivant quand le tableau fut fini, Francesco del Giocondo se serait senti outragé et l'aurait probablement refusé. D'après lui, à cette époque une femme au front dégarni et aux sourcils épilés ne pouvait être qu'une prostituée. Des analyses du tableau postérieures à 2000 ont montré que la Joconde a la tête couverte d'un voile transparent ou peu visible.
Autres suggestions
Certains font l'hypothèse que le tableau de la Joconde est un autoportrait travesti, comme l'attesterait la superposition des calques des autoportraits présents dans ses carnets de croquis et celle de « Mona Lisa ».
La dernière conjecture est basée sur une analogie : le visage de Mona Lisa serait superposable à celui de Catherine Sforza, princesse de Forlì (XVe siècle), dans un portrait peint par Lorenzo di Credi. Ce portrait est conservé dans le Musée de Forlì, en Italie.
Analyse du tableau
Dénomination
Le titre du tableau vient probablement du patronyme du sujet - « del Giocondo » - mais peut également être attribué à l'attitude de la femme représentée. Il est aussi appelé « Monna Lisa » ou sa déformation plus courante « Mona Lisa », une contraction de « ma donna Lisa » qu'on peut traduire par « madame Lisa ».
Symbolisme
En italien, giocondo signifie "heureux, serein". Léonard était sûrement conscient qu'il peignait non seulement le portrait d'une femme, mais aussi le portrait d'une expression. La Joconde constitue réellement le portrait de l'idée de sérénité.
Selon certains, la Joconde est aussi l'expression de la féminité, voire de la maternité, car elle semble apparaître comme tenant un enfant dans ses bras.
Le sourire et le regard
Le sourire de la Joconde constitue un des éléments énigmatiques du tableau, qui a contribué au développement du mythe. Son sourire apparaît comme suspendu, prêt à s'éteindre.
Tout en donnant l'impression de suivre le spectateur des yeux, le regard de Mona Lisa fixe un point situé au-delà du spectateur, légèrement à sa droite, provoquant ainsi une mise en profondeur du dialogue entre l'œuvre et le spectateur. Bruno Mathon, critique d'art, dit ainsi que la Joconde « regarde quelque chose en vous, mais qui est derrière vous, dans votre passé. Elle regarde l'enfant que vous avez été, comme une mère regarde son enfant. »
Une source d'inspiration
Dès le XVIe siècle, La Joconde inspira de nombreux peintres, qui en firent des copies et imitations plus ou moins fidèles. Corot, Robert Delaunay et Fernand Léger en ont tiré des variations. Au XXe siècle les surréalistes, pour protester contre « l'art établi » détournèrent le tableau. Mona Lisa se vit affublée d'une moustache par Salvador Dali, et par Marcel Duchamp sous le titre « L.H.O.O.Q. », reçut une pipe dans la bouche, chevaucha une moto, fut déguisée en ange de la mort, en chien ou en sirène...
D'autres arts s'en sont emparés : des chanteurs, comme Barbara (paroles et musique de Paul Braffort), Serge Gainsbourg ou Patachou l'ont chantée. Des auteurs « jocondoclastes », de Jean Margat à l'oulipien Hervé Le Tellier, ont fait d'elle un personnage littéraire.
Analyses techniques
En décembre 2005, le magazine britannique The New Scientist relate une étude basée sur un logiciel de reconnaissance des émotions sur le visage. D'après cette étude Mona Lisa était 83% heureuse, 9% écœurée, 6% craintive et 2% en colère.
Le Conseil national de recherches du Canada a dévoilé le 26 septembre 2006 à Ottawa les résultats d'une étude réalisée grâce à un système de balayage laser sophistiqué, en couleurs et en trois dimensions. Celle-ci a permis de découvrir que Mona Lisa était enveloppée d'un "voile de gaze" fin et transparent normalement porté à l'époque par les femmes enceintes ou venant d'accoucher. Masqué par le vernis, ce détail n'avait jamais été observé jusqu'à présent. Le sourire mystérieux de la Joconde serait donc celui d'une femme enceinte ou qui vient d'avoir un enfant.
Bibliographie
André Chastel, L'Illustre incomprise, Gallimard, 1988
Daniel Arasse, Léonard de Vinci, Hazan, 2002 (réimpr. 1° édition 1987
Cécile Scailliérez, Léonard de Vinci, La Joconde, éditions Musée du Louvre/Réunion des Musées nationaux, coll. « Solo », 2003
(it) Giuseppe Pallanti, Monna Lisa Mulier ingenua, Polistampa, 2004)
fr.wikipedia.org/
Le 19 août est le 231e jour de l'année (232e en cas d'année bissextile) du calendrier grégorien
19 août 1692 : Cinq personnes sont pendues pour sorcellerie à Salem, Massachusetts. L'écrivain Arthur Miller s'inspirera de ce fait divers dans sa pièce de théâtre Les sorcières de Salem.
Le procès des sorcières de Salem est un épisode fameux de l'histoire coloniale des États-Unis qui entraîne la condamnation et l'exécution de personnes accusées de sorcellerie en 1692 dans le Massachusetts. Généralement analysé comme découlant d'une période de luttes intestines et de paranoïa puritaine, ce procès cause la mort de 25 personnes et l'emprisonnement d'un bien plus grand nombre.
Ces persécutions prennent place dans le contexte occidental du XVIIe siècle : historiens et chercheurs estiment aujourd'hui le nombre de victimes de l'inquisition et des procès en sorcellerie entre 50 000 et 100 000 en Europe entre 1560 et 1650
Les faits
En 1692, à Salem Village (aujourd'hui Denver), quelques jeunes filles, notamment Abigail Williams, Ann Putnam et Betty Parris, accusent certains concitoyens de les avoir envoûtées et d'être des sorciers ou des magiciens, alliés de Satan.
La communauté, assiégée par les Amérindiens et dépourvue de gouvernement légitime, prête foi aux accusations et condamne les personnes mises en cause à avouer les faits de sorcellerie ou à être pendues. Les accusations s'étendent rapidement. En moins de deux mois, les communautés suivantes sont concernées : Andover, Amesbury, Salisbury, Haverhill, Topsfield, Ipswich, Rowley, Gloucester, Manchester, Malden, Charlestown, Billerica, Beverly, Reading, Woburn, Lynn, Marblehead, et Boston.
Début de l'affaire
Durant l'hiver glacial de 1691/1692, Betty Parris et Abigail Williams, respectivement fille et nièce du révérend Samuel Parris, se mettent à agir d'une curieuse manière : elles parlent une langue inconnue, se cachent, traînent des pieds en marchant. Les médecins consultés ne parviennent pas à identifier le problème ; l'un d'eux conclut même à une possession satanique. Parris et les autres notables de la ville pressent Betty et Abigail, puis les autres jeunes filles atteintes de manière identique, Ann Putnam, Betty Hubbard, Mercy Lewis, Susannah Sheldon, Mercy Short, et Mary Warren, de nommer ceux qui les ont maudites. Les jeunes filles se décident alors à donner des noms.
Les trois premières femmes accusées sont Sarah Good, Sarah Osborne et Tituba. Sarah Good est une mendiante, fille déshéritée d'une aubergiste française qui s'était donnée la mort quand Sarah était adolescente, une femme louche : elle murmure quand on lui donne de la nourriture. Sarah Osborne est une vieille femme, alitée, qui a mérité la réprobation générale en captant l'héritage des enfants de son premier mari pour le remettre à son nouvel époux. Quant à Tituba, c'est l'esclave barbadienne (ou Ashantis) de Samuel Parris.
Les trois femmes sont officiellement accusées de sorcellerie le 1er mars 1692 et mises en prison. D'autres accusations suivent : Dorcas Good (la fillette de Sarah Good, âgée de 4 ans), Rebecca Nurse (une grand-mère malade et pieuse), Abigail Hobbs, Deliverance Hobbs, Martha Corey, ainsi qu'Elizabeth et John Proctor. Les prisons se remplissent progressivement et un nouveau problème surgit : sans forme légitime de gouvernement, les accusés ne peuvent être jugés. Ainsi, aucun procès n'a lieu avant la fin mai 1692, lorsque le gouverneur Phips arrive et institue une Court of Oyer and Terminer (to « hear and determine », entendre et décider). Sarah Osborn est déjà morte en prison sans avoir été jugée, Sarah Good a accouché d'une petite fille, plusieurs autres accusés sont malades. Environ 80 personnes attendent leur procès dans les geôles.
Pendant l'été, la cour est en session une fois par mois. Une seule accusée est relâchée, après que les jeunes accusatrices se rétractent à son sujet. Tous les procès se terminent par la condamnation à mort de l'accusé pour sorcellerie, aucun acquittement n'est prononcé. Seuls ceux qui plaident coupable et dénoncent d'autres suspects évitent l'exécution capitale. Elizabeth Proctor, et au moins une autre femme, bénéficient d'un sursis à exécution « parce qu'elles sont grosses » (« for the belly », enceintes) : quoique condamnées, elles ne seront pendues qu'après la naissance de leur enfant. Une série de quatre exécutions a lieu au cours de l'été, avec la pendaison de 19 personnes, au nombre desquelles : un ministre du culte respecté, un ancien policier qui a refusé d'arrêter davantage de prétendues sorcières, et trois personnes disposant d'une certaine fortune. 6 des 19 victimes sont des hommes ; la plupart des autres sont de vieilles femmes misérables.
Une seule des mises à mort ne s'accomplit pas par pendaison. Giles Corey, un fermier âgé de 80 ans, refuse de se défendre en justice. La loi prévoit dans ce cas l'application d'une forme de torture dénommée peine forte et dure, consistant à empiler une à une de larges pierres sur la poitrine du prévenu, jusqu'à l'écrasement ; après trois jours d'atroces douleurs, Corey meurt en persistant dans son refus de se défendre. On a pu croire de manière erronée que Corey refusait de se défendre devant la cour pour éviter la confiscation de ses biens par l'État : en fait, les confiscations n'étaient pas systématiques et intervenaient le plus souvent avant le procès et la condamnation. On pense maintenant que l'attitude de Corey s'explique par le caractère buté et procédurier du vieil homme, qui se savait condamné d'avance.
La terre souffre autant que les hommes. Les bêtes ne sont plus soignées, les récoltes sont laissées à l'abandon. Des accusés prennent la fuite vers New York ou au-delà pour échapper à l'arrestation. Les scieries sont vides, leurs propriétaires disparus ou perturbés, leurs employés badaudant devant les prisons, participant aux réunions communautaires, ou eux-mêmes arrêtés. Le commerce ralentit fortement.
Épilogue
Les procès en sorcellerie s'achèvent finalement en octobre 1692, les accusés sont progressivement mis en liberté jusqu'au printemps suivant. Officiellement, le gouverneur royal du Massachusetts, Sir William Phips, met un terme à la procédure après l'appel formé par le clergé bostonien mené par Increase Mather. Celui-ci publie un « Cases of Conscience Concerning Evil Spirits »(Cas de conscience regardant les esprits maléfiques) le 3 octobre 1692, ouvrage qui contient notamment la phrase suivante : « Il apparaît préférable que dix sorcières suspectées puissent échapper, plutôt qu'une personne innocente soit condamnée » (It were better that Ten Suspected Witches should escape, than that the Innocent Person should be Condemned).
L'affaire a eu un impact si profond qu'elle a contribué à réduire l'influence de la foi puritaine sur le gouvernement de Nouvelle-Angleterre et a indirectement conduit aux principes fondateurs des États-Unis d'Amérique.
Causes de l'hystérie
Plusieurs théories tentent d'expliquer pourquoi la communauté de Salem Village a explosé dans ce délire de sorcières et de perturbations démoniaques. La plus répandue consiste à affirmer que les puritains, qui gouvernèrent la colonie de la baie du Massachusetts pratiquement sans contrôle royal de 1630 à la promulgation de la Charte en 1692, traversèrent une période d'hallucinations massives et hystériques provoquées par la religion. La plupart des historiens modernes trouvent cette explication simpliste. D'autres théories s'appuient sur des analyses fondées sur des faits de maltraitance d'enfants, ou de divinations tournant mal, d'ergotisme (le mal des ardents du Moyen-Âge, provoqué par l'ergot de seigle, qui contient une substance que l'on retrouve dans le LSD), de complot de la famille Putnam pour détruire la famille rivale Porter, ou encore s'élaborent sur le thème de l'écrasement social des femmes.
La communauté puritaine vivait dans l'angoisse. Après avoir perdu sa charte lors de la seconde révolution anglaise, elle ignorait toujours, au printemps 1692, de quoi son futur serait fait. En butte aux attaques incessantes des Amérindiens, elle ne pouvait compter sur le soutien anglais. Sa milice se recrutait uniquement en son sein et sa population avait été décimée au cours du soulèvement général des Amérindiens de 1675-1676, la King Philip's War : en Nouvelle-Angleterre, un colon sur dix avait trouvé la mort dans les attaques amérindiennes. Quoique ces évènements fussent terminés, les raids et les coups de mains indiens se produisaient épisodiquement. La Nouvelle-Angleterre se transformait en une colonie marchande. Puritains et non-puritains s'enrichissaient, ce que les puritains considéraient comme un péché autant que comme une nécessité. Au fur et à mesure que la classe des marchands s'élevait dans l'échelle sociale, le clergé déclinait.
Parmi les théories modernes, celle de Mary Beth Norton dans In The Devil's Snare (Dans le piège du Diable) est peut-être l'une des plus convaincantes. Mary Norton considère que toutes les explications évoquées ci-dessus ont probablement joué un rôle important mais qu'il s'y ajoute la circonstance que Salem et le reste de la Nouvelle-Angleterre étaient harcelés par les attaques amérindiennes, ce qui a créé une atmosphère de peur qui contribua beaucoup au développement de l'hystérie. Mary Norton insiste sur le fait que la plupart des victimes d'accusations possédaient de forts liens personnels ou sociaux avec les attaques amérindiennes dans les quinze années qui précédèrent les événements. Les accusateurs faisaient fréquemment référence à un homme noir (a black man), soutenaient l'existence de sabbats entre les sorcières prétendues et les Amérindiens, et décrivaient des tortures provenant directement des récits de captivité entre les mains des Amérindiens. De plus, le clergé puritain assimilait souvent les Amérindiens aux démons, les associait aux sorciers et, au cours d'interminables sermons enflammés, fustigeait Satan et ses cohortes assiégeant les puritains, la sainte armée de Dieu. Le combat des Amérindiens devenait l'assaut des forces du mal essayant d'abattre la société puritaine, et il fallait s'attendre à des attaques du dedans aussi bien que du dehors. Vers 1691, les puritains étaient mûrs pour l'hystérie magique.
Salem Village constituait en lui-même un microcosme d'angoisse puritaine. La moitié du village était constituée de paysans qui approuvaient le révérend Samuel Parris dans ses efforts pour se séparer de la ville de Salem Town et instituer une cité à part entière ; l'autre moitié du village voulait rester dans le périmètre de Salem Town et de ses flux commerciaux et refusait de contribuer à l'entretien de Parris et de sa famille. Par ailleurs, de nombreux rescapés d'attaques amérindiennes dans le Maine et le New Hampshire étaient abrités chez des parents à Salem, apportant avec eux d'horribles récits. En 1691, Salem Village était un véritable baril de poudre et les jeunes filles possédées furent l'étincelle qui fit tout exploser.
Personnages
Clergé protestant :
Révérend Cotton Mather
Révérend Samuel Parris
Révérend Increase Mather
Révérend Francis Dane
Révérend Deodat Lawson
Révérend Samuel Willard
Président de la cour :
Lieutenant gouverneur William Stoughton
Juges assesseurs :
John Hathorn (grand-père de l'écrivain Nathaniel Hawthorne)
Samuel Sewall
Thomas Danforth
Bartholomew Gedney
John Richards
Nathaniel Saltonstall
Peter Sargent
Stephen Sewall, Clerk
Wait Still Winthrop
Possédés : Ceux qui se plaignirent des faits de sorcellerie :
Sarah Bibber
Elizabeth Booth
Sarah Churchill
Martha Goodwin
Elizabeth Hubbard
Mary Lacey (fut aussi accusée d'être sorcière)
Mercy Lewis
Betty Parris
Bethshaa Pope
Ann Putnam, Jr.
Susanna Sheldon
Mercy Short
Mary Walcott
Mary Warren (fut accusée d'être sorcière quand elle se rétracta et affirma que les jeunes filles étaient des simulatrices)
Abigail Williams
Accusés : Cette liste n'est pas exhaustive. Il y eut entre 150 et 300 accusés de sorcellerie enregistrés, et peut-être plus encore qui ne furent pas emprisonnés :
Cne John Alden Jr.
Daniel Andrew
Sarah Bassett
Edward Bishop
Sarah Bishop
Mary Black
Dudley Bradstreet
John Bradstreet
Sarah Buckley
Richard Carrier
Candy, esclave de Salem
Mary Clarke
Sarah Easty Cloyce
Sarah Cole
Giles Corey
Mary Bassett DeRich
Ann Dolliver
Rebecca Eames
Mary English
Philip English
Abigail Faulkner
Ann Foster
Dorcas Hoar
Abigail Hobbs
Deliverance Hobbs
Elizabeth Howe
Mary Ireson
George Jacobs, Jr.
Margaret Jacobs
Elizabeth Johnson
Mary Lacey, Sr.
Mary Lacey (également possédée)
Sarah Osborne
Lila Mantion(disparue avant sa condamnation)
Lady Phips, épouse du gouverneur Phips
Susannah Post
Elizabeth Bassett Proctor
Tituba
Job Tookey
Hezekiah Usher
Mary Withridge
Exécutés
Bridget Bishop - pendue, 10 juin 1692
Rev. George Burroughs - pendu, 19 août 1692
Sarah Brenet - pendue,18 juillet 1692
Martha Carrier - pendue, 19 août 1692
Martha Corey - pendue, 22 septembre 1692
Giles Corey - écrasé par empilement de pierre jusqu'à ce que mort s'ensuive, 19 septembre 1692
Mary Easty - pendue, 22 septembre 1692
Sarah Good - pendue, 19 juillet 1692
Elizabeth Howe - pendue, 19 juillet 1692
George Jacobs, Sr. - pendue, 19 août 1692
Susannah Martin - pendue, 19 juillet 1692
Rebecca Nurse - pendue, 19 juillet 1692
Alice Parker - pendue, 22 septembre 1692
Mary Parker - pendue, 22 septembre 1692
John Proctor - pendu, 19 août 1692
Ann Pudeator - pendue, 22 septembre 1692
Wilmott Redd - pendu, 22 septembre 1692
Margaret Scott - pendue, 22 septembre 1692
Samuel Wardwell - pendu, 22 septembre 1692
Sarah Wildes - pendue, 19 juillet 1692
John Willard - pendu, 19 août 1692
Décédés en prison :
Sarah Osborne
« Dr. » Roger Toothaker
Ann Foster
Lydia Dustin
nourrisson de Sarah Good
Adaptations
Pièce de théâtre :
Les Sorcières de Salem est une pièce de théâtre d'Arthur Miller (en:The Crucible, en anglais) écrite, publiée et jouée pour la première fois en 1953. Dans cette pièce, Miller utilise le procès des sorcières de Salem comme une allégorie du maccarthisme. Miller fut lui-même interrogé par le House Committee on Un-American Activities (Comité sur les activités anti-américaines) en 1956.
Films :
Les Sorcières de Salem est un film français de Raymond Rouleau (1956) avec Simone Signoret, Yves Montand, Jean Debucourt, Alfred Adam, Pierre Larquey. C'est l'adaptation de la pièce d'Arthur Miller.
La Chasse aux sorcières (The Crucible) est un film américain de Nicholas Hytner (1996), avec Daniel Day-Lewis, Winona Ryder, adaptation de la pièce d'Arthur Miller par l'auteur.
Halloween chez les Halliwell : Épisode culte où les trois sorcières de la série Charmed retournent au XVIIème siècle, dans la ville de Salem.
Hocus Pocus est un film américain de Kenny Ortega (1993) avec Bette Midler, Sarah Jessica Parker et Kathy Najimy. Le film a été produit par Walt Disney Pictures.
Sources
FR) Moi, Tituba sorcière de Maryse Condé, Gallimard, Folio, septembre 1988 (ISBN 2070379299)
(FR) Liliane Creté, Sorcières de Salem, Julliard, 1995
(en) Mary Beth Norton, In the Devil's Snare (The Salem Witchcraft Crisis of 1692), Alfred A. Knopf, New York, 2002 (ISBN 037540709X)
(en) Marc Aronson, Witch-Hunt: Mysteries of the Salem Witch Trials, Simon and Schuster, 2003
4 Août : Célébration de : Les Sept Dormants d'Éphèse
Les Sept Dormants d'Éphèse : Maximilien, Jamblique, Martinien, Jean, Denis, Constantin et Antonin (+ vers 250), martyrs.
La légende des Sept Dormants d'Éphèse est commune aux chrétiens et aux musulmans. L'emplacement actuel du lieu de la grotte serait Selçuk en Turquie.
La légende
Pour les Chrétiens
Selon Jacques de Voragine dans la Légende dorée, cette histoire se déroule au temps de la persécution de l'empereur Dèce (règne de 249 à 251) contre les chrétiens. Sept officiers du palais, issus de la ville d'Éphèse, sont ainsi accusés : ce sont Maximien, Malchus, Marcien, Denys, Jean, Sérapion et Constantin. Alors que l'empereur est en voyage, ils distribuent leurs biens aux pauvres et se réfugient dans la montagne voisine. Au retour de l'empereur, il fait rechercher les sept chrétiens. Ceux-ci, prenant leur repas du soir, tombent mystérieusement endormis : c'est dans cet état qu'ils sont découverts. Dèce les fait alors emmurer dans leur cachette. Et c'est en 418, qu'un maçon ouvre par hasard la grotte où sont enfermés les Sept Dormants. Ceux-ci se réveillent, inconscients de leur long sommeil. Aussitôt, l'empereur Théodose II accourt, et voit dans le miracle une preuve contre ceux qui nient la résurrection des morts
Pour les musulmans
Dans l'islam, on rencontre une histoire similaire dans le Coran. D'après le récit de la sourate 18e qui évoque cette histoire, les Jeunes Dormants restèrent dans leur caverne durant 309 ans lunaires, ce qui correspond à 300 ans solaires. Dans cette sourate 18e, le Coran appelle les incroyants à témoin et les invite à croire en ce miracle et être sauvés de la géhenne ou à ne pas y croire et être perdus. Il est à noter que les dix premiers versets de cette sourate protègent les croyants de l'antéchrist, versets qui contiennent aussi un avertissement aux chrétiens qu'ils professent le mensonge qui fait de Jésus-Christ un Dieu.
Voici les versets de la sourate 18e du Coran qui raconte cette histoire des Jeunes Fidèles d'Éphèse : [9] Penses-tu que les gens de la Caverne et d'Ar-Raqîm ont constitué une chose extraordinaire d'entre Nos prodiges? [10] Quand les jeunes gens se furent réfugiés dans la caverne, ils dirent: "Ô notre Seigneur, donne-nous de Ta part une miséricorde; et assure nous la droiture dans tout ce qui nous concerne". [11] Alors Nous avons assourdi leurs oreilles, dans la caverne pendant de nombreuses années. [12] Ensuite, Nous les avons ressuscités, afin de savoir lequel des deux groupes saurait le mieux calculer la durée exacte de leur séjour. [13] Nous allons te raconter leur récit en toute vérité. Ce sont des jeunes gens qui croyaient en leur Seigneur; et Nous leur avons accordé les plus grands moyens de se diriger (dans la bonne voie). [14] Nous avons fortifié leurs cœurs lorsqu'ils s'étaient levés pour dire: "Notre Seigneur est le Seigneur des cieux et de la terre: jamais nous n'invoquerons de divinité en dehors de Lui, sans quoi, nous transgresserions dans nos paroles. [15] Voilà que nos concitoyens ont adopté en dehors de Lui des divinités. Que n'apportent-ils sur elles une preuve évidente? Quel pire injuste, donc que celui qui invente un mensonge contre Allah? [16] Et quand vous vous serez séparés d'eux et de ce qu'ils adorent en dehors d'Allah, réfugiez-vous donc dans la caverne: votre Seigneur répandra de Sa miséricorde sur vous et disposera pour vous un adoucissement à votre sort. [16] Et quand vous vous serez séparés d'eux et de ce qu'ils adorent en dehors d'Allah, réfugiez-vous donc dans la caverne: votre Seigneur répandra de Sa miséricorde sur vous et disposera pour vous un adoucissement à votre sort. [17] Tu aurais vu le soleil, quand il se lève, s'écarter de leur caverne vers la droite, et quand il se couche, passer à leur gauche, tandis qu'eux-mêmes sont là dans une partie spacieuse (de la caverne)... Cela est une des merveilles d'Allah. Celui qu'Allah guide, c'est lui le bien-guidé. Et quiconque Il égare, tu ne trouveras alors pour lui aucun allié pour le mettre sur la bonne voie. [18] Et tu les aurais cru éveillés, alors qu'ils dorment. Et Nous les tournons sur le côté droit et sur le côté gauche, tandis que leur chien est à l'entrée, pattes étendues. Si tu les avais aperçus, certes tu leur aurais tourné le dos en fuyant; et tu aurais été assurément rempli d'effroi devant eux. [19] Et c'est ainsi que Nous les ressuscitâmes, afin qu'ils s'interrogent entre eux. L'un parmi eux dit: "Combien de temps avez-vous demeuré là?" Ils dirent: "Nous avons demeuré un jour ou une partie d'un jour". D'autres dirent: "Votre Seigneur sait mieux combien (de temps) vous y avez demeuré. Envoyez, donc l'un de vous à la ville avec votre argent que voici, pour qu'il voie quel aliment est le plus pur et qu'il vous en apporte de quoi vous nourrir. Qu'il agisse avec tact; et qu'il ne donne l'éveil à personne sur vous. [20] Si jamais ils vous attrapent, ils vous lapideront ou vous feront retourner à leur religion, et vous ne réussirez alors plus jamais". [21] Et c'est ainsi que Nous fîmes qu'ils furent découverts, afin qu'ils (les gens de la cité) sachent que la promesse d'Allah est vérité et qu'il n'y ait point de doute au sujet de l'Heure. Aussi se disputèrent-ils à leur sujet et déclarèrent-ils: "Construisez sur eux un édifice. Leur Seigneur les connaît mieux". Mais ceux qui l'emportèrent (dans la discussion) dirent: "Elevons sur eux un sanctuaire". [22] Ils diront: "ils étaient trois et le quatrième était leur chien". Et ils diront en conjecturant sur leur mystère qu'ils étaient cinq, le sixième étant leur chien et ils diront: "sept, le huitième étant leur chien". Dis: "Mon Seigneur connaît mieux leur nombre. Il n'en est que peu qui le savent". Ne discute à leur sujet que d'une façon apparente et ne consulte personne en ce qui les concerne.
Pèlerinage islamo-chrétien
En 1954, Louis Massignon crée un pèlerinage commun réunissant chrétiens et musulmans. Il se déroule en Bretagne au Vieux-Marché dans les Côtes-d'Armor.
3 Août 1912 : Un premier cargo franchit le canal de Panama
Canal de Panamá
Le canal de Panamá est un canal important traversant l’isthme de Panamá en Amérique centrale, reliant l’océan Pacifique et l’océan Atlantique. Sa construction a été un des projets d’ingénierie les plus difficiles jamais entrepris. Son impact sur le commerce maritime a été considérable puisque les navires n’ont plus eu besoin de faire route par le cap Horn et le passage de Drake à la pointe australe de l’Amérique du Sud. Un navire allant de New York à San Francisco par le canal parcourt 9 500 kilomètres, moins de la moitié des 22 500 kilomètres d’un voyage par le cap Horn.
Bien que le concept d’un canal à Panamá remonte au début du XVIe siècle, la première tentative de construction commença en 1880 sous l’impulsion française. Après que cette tentative eut échoué, le travail fut terminé par les États-Unis d’Amérique et le canal ouvrit en 1914. La construction des 77 kilomètres du canal a été parsemée de problèmes, incluant des maladies comme le paludisme et la fièvre jaune et des glissements de terrain. On estime à 27 500 le nombre d’ouvriers qui périrent pendant la construction.
Depuis son ouverture, le canal a remporté un énorme succès et continue d’être un point de passage stratégique pour la navigation. Chaque année le canal permet le passage de plus de 14 000 navires transportant plus de 203 millions de tonnes de cargaison. Jusqu'à 2002, un total de 800 000 navires étaient passés par le canal.
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Description
Le canal de Panamá relie le Golfe de Panamá, dans l’océan Pacifique, à la mer des Caraïbes et à l’Atlantique. La forme de l’isthme de Panamá, qui serpente, fait que le canal s’écoule en fait du sud-est (depuis le Pacifique) vers le nord-ouest (en direction de l’Atlantique). Pour éviter toute confusion, les autorités du canal classent les transits en deux catégories : direction nord (du Pacifique vers l’Atlantique) et direction sud (de l’Atlantique vers le Pacifique).
Le canal peut accueillir des bateaux de différentes tailles, allant des yachts privés jusqu'à de gros navires de commerce. Les bateaux ayant la plus grande taille admissible dans le canal sont désignés sous l’appellation Panamax ; un nombre croissant de navires dépasse cette taille, ils sont appelés post-Panamax. En moyenne une traversée du canal par un cargo prend environ neuf heures. En 2005, 14 011 navires ont emprunté le canal représentant un tonnage total de 278,8 millions de tonnes soit une moyenne de 40 navires par jour.
Disposition
Le canal consiste en deux lacs artificiels, plusieurs canaux améliorés et artificiels, et trois ensembles d’écluses. Un lac artificiel supplémentaire, le lac Alajuela, agit comme réservoir pour le canal. Un navire se rendant du Pacifique à l’Atlantique effectue le parcours suivant
depuis les bouées qui en marquent l’entrée dans le golfe de Panamá jusqu'aux écluses de Mira Flores, les navires parcourent 13,2 km dans le canal, passant sous le pont des Amériques ; le système d’écluses de Mira Flores fait 1,7 km de long (en incluant les murs d’approche), avec un dénivelé de 16,5 m à mi-marée ; le lac artificiel de Mira Flores fait 1,7 km et se trouve 16,5 m au-dessus du niveau de la mer ; l’écluse de Pedro Miguel de 1,4 km de long est la dernière partie de la montée avec un dénivelé de 9,5 mètres ; la coupe Gaillard fait 12,6 km de long à une altitude de 26 mètres, et passe sous le pont Centenaire ; la rivière Chagres (Río Chagres), cours d’eau naturel amélioré par un barrage sur le lac Gatún, parcourt 8,5 km vers l’ouest pour se jeter dans le lac Gatún ; le lac Gatún, un lac artificiel formé par le barrage Gatún, transporte les navires sur 24,2 km ; les écluses de Gatún comportent trois étapes pour une longueur totale de 1,9 km et ramènent les navires au niveau de la mer ; un canal de 3,2 km forme l’approche vers les écluses du côté Atlantique ; la baie Limon (Bahía Limón), un immense port naturel, procure un mouillage pour les navires en attente de transit et fait 8,7 km jusqu'à la digue extérieure. Le transit total depuis l’entrée du canal côté Pacifique jusqu'à la digue du côté Atlantique est de 76,9 km. Le marnage maximum du Pacifique est de 6,55 m (+3,35 m à marée haute et -3,20 m à marée basse) ; le dénivelé à Mira Flores varie donc de 13,1 m à la pleine mer à 19,7 m à la basse mer. Du côté Atlantique, le marnage n’excède pas 60 cm. Le niveau moyen de la mer du côté Pacifique est en moyenne 20 cm plus haut que du côté Atlantique.
La baie Limón du côté Atlantique est un mouillage protégé par une digue ; cependant, sa capacité n’est plus adaptée au nombre et à la taille des navires utilisant le canal, et de nombreux navires attendent au mouillage en-dehors de la baie. Le mouillage côté Pacifique est ouvert mais protégé par la topographie du golfe.
Écluses
Les parties les plus spectaculaires du canal sont les écluses. Celles-ci sont larges de 33,53 m et comportent une longueur utilisable de 304,8 m. La profondeur disponible varie mais la profondeur minimum est de 12,55 m dans la partie sud des écluses Pedro Miguel.
Ces dimensions déterminent la taille maximum des navires, le Panamax. Toutes les écluses du canal vont par paires : deux séries parallèles d’écluses se trouvent sur chacun des trois sites, autorisant en principe le passage des navires simultanément dans les deux directions. Cependant, les grands navires ne peuvent pas se croiser à grande vitesse dans la coupe Gaillard ; en pratique, le trafic est alterné et les deux voies des écluses ne sont utilisées que dans une direction à la fois.
Chaque chambre est remplie avec 101 000 mètres cubes d’eau; l’eau entre par gravité par un réseau de conduites sous chaque chambre. Les navires sont tractés par de petites locomotives appelées mulas (soit « mules », d’après ces animaux utilisés traditionnellement pour tirer des barges) sur des rails disposés sur les murs des écluses. Les plus petits bateaux sont amarrés par des amarres tenues à la main.
2 Août1980 : Massacre de Bologne. Une bombe laissée dans la salle d'attente de la gare tue 85 personnes et blesse plus de 200 personnes
Attentat de la gare de Bologne
Le massacre de Bologne (connu en Italie comme la strage di Bologna) est une des plus importantes actions terroristes qui ont touché l'Italie pendant les années de plomb. L'attentat fit 85 morts et blessa plus de 200 personnes dans la gare de Bologne le 2 août 1980, à 10h25. Des membres d'un groupe d'extrême droite furent condamnés pour l'attentat.
Attentat
Le 2 août 1980, à 10h25, à la gare de Bologne, une bombe laissée dans la salle d'attente explose. Elle tue 85 personnes et en blesse plus de 200, alors en train de partir ou de rentrer de vacances d'été.
La gare fut presque complètement détruite et un train en partance pour Chiasso renversé.
Dès l'évènement, le gouvernement de Francesco Cossiga et la police ont supposé qu'il s'agissait d'une action terroriste menée par les Brigades rouges (BR), groupe terroriste d'extrême gauche. Mais l'enquête se déroule néanmoins dans plusieurs directions et va finalement s'orienter vers les milieux d'extrême droite.
Enquête et procès
L'enquête va durer presque quinze ans et seulement grâce à la force et au courage des familles des victimes, le procès ira à son terme.
Le 23 novembre 1995 la cour décide des condamnations suivantes:
les exécuteurs matériels de l'attentat (les néonazis Valerio Fioravanti et Francesca Mambro) sont condamnés à la prison à perpétuité ; la condamnation pour obstruction à l'enquête pour Licio Gelli, grand-maître de la loge maçonnique Propaganda Due (P2), Francesco Pazienza et deux officiers du SISMI : Pietro Musumeci et Giuseppe Belmonte. Le 2 août est considéré en Italie comme la journée de la mémoire de tous les massacres terroristes.
Pour que la mémoire ne s'efface pas, la reconstruction de la gare a prévu la sauvegarde du trou causé par l'explosion dans la salle d'attente et même celle de l'horloge, qui indique encore 10h25.
Controverse
Des tentatives d'obstruction à l'enquête de la part de certaines officines alimenteront de nombreuses théories conspirationnistes sur une implication des services secrets. L'implication périphérique de la loge P2 qui fut concernée par l'enquête, incita certains à dénoncer un attentat téléguidé par l'organisation Gladio, dans le cadre d'une stratégie de la tension élaborée par certains services secrets des États-Unis. Cette théorie polémique n'a pas été retenue par la justice, qui a condamné un simple groupe terroriste
Lien : le site officiel de l’association des victimes (en italien) :
5http://www.stragi.it/
1 Août 1799 :Naissance de Sophie Rostopchine, comtesse de Ségur, romancière pour les enfants
Sophie Feodorovna Rostopchine, comtesse de Ségur, née le 1er août 1799 à Saint-Pétersbourg et morte le 9 février 1874 à Paris, est une femme de lettres française de naissance russe renommée pour ses livres pour enfants, dont le plus connu s’intitule Les Malheurs de Sophie.
Biographie
D’une famille d’origine mongole, son père le comte Fédor Rostoptchine (1763-1826) fut lieutenant-général puis ministre des Affaires étrangères de Paul Ier. En 1812 il est gouverneur de Moscou lors de l’entrée de la Grande Armée. Malgré l’opposition des propriétaires des plus belles demeures, il aurait organisé le grand incendie qui obligea Napoléon à une retraite désastreuse.Malgré la réussite de ce plan, ceux qui ont perdu leurs manoirs le mettent dans une situation si inconfortable qu’il préfère s’exiler en Pologne en 1814, puis en Allemagne et en Italie et enfin en France en 1817. C’est là que Sophie qui, avec sa mère, s’est convertie au catholicisme, rencontre Eugène de Ségur (arrière petit-fils du maréchal de Ségur) qu’elle épouse le 14 juillet 1819.Son mari volage, désargenté et désœuvré jusqu’en 1830 où il sera nommé pair de France, ne vient lui rendre visite dans son château des Nouettes, près de L'Aigle dans l’Orne, que pour lui faire huit enfants. On raconte qu’il l’avait surnommée « la mère Gigogne ».Polyglotte, parlant cinq langues depuis l’âge de six ans, Sophie Rostopchine a souvent présenté un comportement hystérique avec crises de nerfs et longues périodes d’aphasie, l’obligeant à correspondre avec son entourage à l’aide de sa célèbre ardoise. Elle est enterrée à Pluneret dans le Morbihan.Une vocation d’écrivain tardiveLe cas de la comtesse de Ségur montre qu’une vocation très tardive d’écrivain peut être particulièrement réussie : elle a en effet écrit son premier livre à cinquante-huit ans.On raconte que la comtesse de Ségur a commencé à se consacrer à la littérature pour enfant quand elle a écrit les contes qu'elle racontait à ses petits-enfants et qu'elle les a regroupés pour former ce qui s'appelle aujourd'hui Les nouveaux contes de fées. Lors d'une réception, elle lut quelques passages à Louis Veuillot pour calmer l'atmosphère qui était devenue tendue. C'est ce dernier qui réussira à faire publier l'œuvre chez Hachette.RomansLes romans de la comtesse de Ségur furent publiés entre 1857 et 1872 dans la Bibliothèque rose illustrée chez Hachette. Ils ont été réunis en 1990 sous le titre Œuvres de la comtesse de Ségur dans la collection « Bouquins » chez l’éditeur Robert Laffont. Même si le thème récurrent des châtiments corporels (Un bon petit diable, le Général Dourakine, les Malheurs de Sophie…) – qui fait peut-être en partie écho à sa propre enfance malheureuse avec sa mère Catherine Protassov – a souvent été présenté comme l’aspect de cette œuvre à avoir le moins bien vieilli, il s’agit en réalité bien plus d’une rupture avec les modèles de la littérature enfantine de l’époque avec une rédemption d’autant plus exemplaire que le réalisme de la représentation a été sans complaisance. Plusieurs autres thèmes ou faits peuvent sembler désuets par rapport à la vie des Français d'aujourd'hui: par exemple, le vouvoiement des parents, le rôle des domestiques, et les traitements médicaux tels que l'usage abusif de sangsues, des saignées, des cataplasmes "saupoudrés de camphre" (Les Petites Filles modèles), l'eau de gomme fraîche, l'eau salée contre la rage, et ainsi de suite. Mais c'est peut-être ce réalisme dans la représentation du quotidien et de ses détails qui valu à la comtesse de Ségur d'être appelée le Balzac des enfants par Marcelle Tinayre.Sources d'inspirationLa comtesse de Ségur a donné à plusieurs de ses personnages des noms appartenant à des personnes de son entourage. En voici quelques exemples:Sophie: son propre prénom, qu'elle donnera à un personnage espiègle, parfois malheureux, auquel la comtesse s'identifie évidemment beaucoup. Voir la dédicace dans Les Malheurs de Sophie. Camille et Madeleine: deux de ses petites-filles nommées Camille et Madeleine de Malaret. Paul: son gendre, le père des petites filles modèles, le baron Paul de Malaret. Élisabeth: Élisabeth Fresneau était une autre petite-fille de la comtesse. C'est la cécité contractée par son fils aîné Gaston de Ségur, ecclésiastique, qui lui inspire l'aveugle Juliette dans Un bon petit diableLes leçons de morale dans les œuvres de la comtesse de SégurLes romans de la comtesse de Ségur sont fortement moralisateurs. Le juste et l'injuste s'opposent pour bien faire comprendre ce qu'est le droit chemin et combien il est dans l'intérêt de tous d'être courageux, doux et sans mauvaises intentions.Dans les romans de la comtesse de Ségur, l'éducation est un facteur déterminant dans l'évolution de l'individu. Les mauvaises influences et un environnement répressif peuvent pousser les enfants à être méchants. Trop de laxisme et d'indulgence les rendent égoïstes et vicieux.Les romans opposent des exemples de ce qu'il faut faire et de ce qu'il ne faut pas faire. Les titres expriment d'ailleurs cette dualité : par exemple, Jean qui grogne et Jean qui rit. L'auteur oppose souvent un personnage exemplaire à un enfant qui se cherche : les petites filles exemplaires que sont Camille et Madeleine à la malheureuse Sophie dans Les Petites Filles modèles, Blaise à Jules dans Pauvre Blaise et Juliette à Charles dans Un bon petit diable.Dans certains cas, le jeune héros commet des fautes qui résultent d'une éducation répressive et brutale, la violence et l'injustice que vit Charles avec Mac’Miche, ou Sophie, dans Les Petites Filles modèles qui se fait maltraiter par sa marâtre Mme Fichini. Dans d'autres cas, ce sont les parents qui gâtent et ne punissent jamais leurs enfants, ou qui prennent systématiquement leur défense, quel que soit leur comportement, comme les parents de Jules dans Pauvre Blaise ou de Gisèle dans Quel amour d'enfant !Chez les enfants, rien n'est joué définitivement. Charles (Un bon petit Diable) et Sophie (Les petites filles modèles), une fois soustraits à la brutalité de leur environnement, pourront s'appuyer sur les modèles de leur entourage pour s'améliorer.En revanche il est parfois trop tard pour certains, qui deviennent alors ces adultes méchants et puérils qui feront à leur tour le malheur de leurs enfants (les parents de Christine dans François le bossu). Mme Fichini, dans les Vacances et les Petites Filles modèles, bat Sophie sans pitié, et, même en présence des adultes, se ridiculise par trop de coquetterie, par sa gourmandise et par tous les défauts dont elle aurait dû se débarrasser étant enfant.Œuvres1855 La Santé des enfants, un livre de conseils médicaux, édité à compte d’auteur, réédité dès 1857 1857 Livre de messe des petits enfants (chez Douniol éd.)Tous les livres suivants ont été publiés chez Hachette (LSDE : prépublication dans les colonnes de la Semaine des enfants) :1857 : Les nouveaux Contes de fées : recueil de contes dont Blondine1858 : Les Petites Filles modèles (12 octobre) 1859 : Les Malheurs de Sophie1859 : Les Vacances1860 : Mémoires d'un âne (pré publié en feuilleton, LSDE, à partir du 17 décembre 1859) 1861 : Pauvre Blaise (pré publié en feuilleton, LSDE, à partir du 13 juillet 1861) 1862 : La Sœur de Gribouille (pré publié en feuilleton, LSDE, à partir du 22 mars 1862) 1862 : Les Bons Enfants (pré publié en feuilleton, LSDE, à partir du 13 août 1862) 1863 : Les Deux Nigauds (pré publié en feuilleton, LSDE, à partir du 4 octobre 1862) 1863 : L'Auberge de l'Ange gardien (pré publié en feuilleton, LSDE, à partir du 8 avril 1863) 1863 : Le Général Dourakine (pré publié en feuilleton, LSDE, à partir du 14 novembre 1863) 1864 : François le bossu (pré publié en feuilleton, LSDE, à partir du 4 mai 1864) 1865 : L'Évangile d'une grand-mère1865 : Un bon petit Diable (pré publié en feuilleton, LSDE, à partir du 14 décembre 1864) 1866 : Comédies et proverbes : recueil de nouvelles dont Les Caprices de Gizelle1865 : Jean qui grogne et Jean qui rit1866 : La Fortune de Gaspard, un roman avec des accents balzaciens, contrairement aux autres romans de la comtesse de Ségur 1867 : Quel amour d'enfant !1867 : Le Mauvais Génie1867 : Les Actes des Apôtres (du nom d’un chapitre de la Bible : Actes des Apôtres) 1868 : (11 avril) : Le Chemineau, ultérieurement re-titré Diloy le chemineau1869 : La Bible d’une grand-mère1871 : Après la pluie, le beau temps
30 Juillet 2003 : la dernière Coccinelle de Volkswagen sort de l'usine de Mexico.
La Coccinelle est la première auto produite par la marque allemande Volkswagen.
Histoire
Le 28 mai 1937, la société Gesellschaft zur Vorbereitung des Deutschen Volkswagens GmbH (littéralement Société pour la préparation de la Voiture du Peuple Allemand) fut fondée en Allemagne. La production de la voiture commença début 1938 d'abord à des fins militaires.
Voulue par Hitler, dont il dessina lui-même une vague esquisse, afin de donner au peuple Allemand une voiture « pouvant transporter à 100 km/h une famille de 4 personnes en consommant 7 litres aux 100 pour moins de 1 000 Reich marks », la voiture fut développée durant l'Allemagne nazie par Ferdinand Porsche. Ferry Porsche, le fils de Ferdinand Porsche, utilisera d'ailleurs la base de la Volkswagen pour réaliser la Porsche 356 après la guerre. Les Allemands pouvaient épargner sur un compte spécial pour ensuite avoir le droit à la voiture. Cependant, les usines de Wolfsbourg, où elle devait être construite, furent utilisées très vite pendant la guerre pour y construire, non plus des voitures pour le peuple, mais des versions militaires de la coccinelle (Kübelwagen et Schwimmwagen). Quelques versions civiles sortiront tout de même des chaînes de fabrication entre 1940 et 1945. C'est après la Seconde Guerre mondiale, lorsque les Britanniques rouvrirent l'usine, que la production redémarre réellement. Celle-ci ne cesse d'augmenter ; la voiture est en évolution permanente et s'exporte dans le monde entier dès 1951. Deux versions de cabriolet sont disponibles à partir de 1949, versions fabriquées par les carrossiers Hebmüller et Karmann. Sur les 2 versions, seul subsistera Karmann, l'usine Hebmüller stoppera sa production en 1950 à la suite d'un incendie, 696 exemplaires seulement auront été produits.
En 1955, l'usine de Wolfsburg fête sa millionième voiture fabriquée. On distinguera différentes évolutions qui caractérisent la coccinelle dont : la Split Window (1938 / 1953) puis l'Ovale (1953 / 1957) représentées par leurs formes de lunette arrière très caractéristiques.
Apparaissent aussi les modèles De luxe, Standard, Export motorisées par un 1 200 cm³. En 1966, c'est l'arrivée attendu du moteur 1 300 cm³ puis le 1 500 cm³. En août 1967 des changements majeurs apparaissent sur la Coccinelle : Les ailes avant changent et accueillent des feux ronds verticaux, et non plus suivant la forme de l'aile comme auparavant, un remplissage d'essence extèrieur, une alimentation électrique en 12 volts (modèles 1300 et 1500 uniquement), des feux arrières plus gros (modèles 1300 et 1500), des pare chocs également plus gros (modèles 1300 et 1500), etc.
Au milieu des années 1960, l'entreprise Volkswagen AG fut fondée et privatisée en partie.
Au début des années 1970, l'apparition des modèles 1302 et 1303, ce dernier reconnaissable à son pare-brise bombé et à son capot avant court.
Le 19 janvier 1978, la 16 255 500e et dernière Coccinelle produite en Allemagne sort de l'usine de Emden.
La dernière coccinelle cabriolet Karmann fût produite le 10 janvier 1980, marquant ainsi l'arrêt définitif de la production de Coccinelles en Allemagne.
La dernière Coccinelle sortit des usines mexicaines de Puebla le 30 juillet 2003.
La Volkswagen New Beetle, produite depuis 1998, reprend le dessin modernisé de la Coccinelle mais en se positionnant sur un niveau de gamme supérieur.
Quelques chiffres
Elle fut au total produite à plus de 21 529 464 exemplaires à travers le monde.
Elle dépasse le 17 février 1972 le record de la Ford T et avec 15 007 034 unités, elle devient la voiture la plus vendue au monde jamais produite.
Nom de la voiture
La Volkswagen Coccinelle portait originellement le nom de KdF-Wagen, où Wagen signifie « voiture » et KdFKraft durch Freude, c'est-à-dire littéralement « Force par la joie ».
La voiture nommée officiellement Volkswagen (ce fut très longtemps le modèle unique de l'entreprise) fut vite surnommée dans la plupart des pays où elle a été distribuée ; par exemple : Coccinelle en français, Käfer en allemand, Beetle ou Bug en anglais, Vocho au Mexique, Fusca au Brésil...
Elle porte le numéro 60 dans la nomenclature des études Porsche.
3Liste des surnoms de la Volkswagen Type 1Cinéma
La célébrité de la Coccinelle est confortée par une série de films réalisés par les studios Disney. L'héroïne principale de ces films est une Coccinelle blanche douée de vie et dont le spectateur suit les aventures de par le monde.
La Saga de la Coccinelle est constituée de cinq films, un téléfilm et une série télévisée.
Rencontres
Rencontre internationale de VW Coccinelles à Château-d'Œx, dans le canton de Vaud, en Suisse
Des rencontres entre clubs ont lieu très souvent, partout en France et dans le monde, notamment en Europe et aux USA.
Pour la France, le Super VW National a lieu au circuit de Thenay (Loir-et-Cher), avec plus de 2 000 Coccinelles et dérivés. Mais il y a aussi le meeting de Menton (Alpes-Maritimes) au cours du mois d'août.
Pour la Belgique, c'est le Bug Show qui fait office de rassemblement national, il a lieu sur le circuit de Spa-Francorchamps dans les Ardennes belges et réuni des passionnés de toute l'Europe.
15 Mars 1892 : Naissance de Charles Nungesser, aviateur français († 8 mai 1927).
Charles Nungesser
Charles Nungesser est un aviateur né à Valenciennes le 15 mars 1892 et mort quelque part dans l'Atlantique Nord, ou en Amérique du Nord en 1927.
Il fut l'un des as de la chasse aérienne entre 1914 et 1918. Il trouve la mort le 8 mai 1927, lorsqu'il tente avec François Coli une traversée Paris-New York sans escale à bord de l'Oiseau blanc.
L'as de la Première Guerre mondiale
Nungesser, partit en Amérique du Sud à quinze ans, où il connaît nombre d'aventures et pratique différents métiers (cow-boy, boxeur, pilote de courses automobiles). Il découvre également l'aviation naissante, et commence à piloter.
Revenu en France avant la déclaration de guerre, il s'engage au 2e régiment de hussards, où il obtient la Croix de Guerre après dix jours de combat. Il réussit en effet, après avoir passé seul les lignes ennemies, à capturer une voiture Mors à tuer les quatre officiers prussiens qui s'y trouvaient, et à ramener la voiture au Quartier Général de sa division avec des plans trouvés sur les officiers prussiens. Son général le surnomme le hussard de la Mort, et l'autorise à passer dans l'aviation.
Il intègre l'escadrille VB 106 à Dunkerque, dans laquelle il pilote un bombardier Voisin X et accomplit 53 missions de bombardement. Mais il s'en sert aussi à l'occasion pour faire la chasse des avions qu'il croise : le 30 juillet 1915, il abat un Albatros allemand au cours d'un vol d'essai, ce qui lui vaut la Croix de Guerre, et une mutation dans l'escadrille de chasse N 65 (équipée de Nieuport Bébé) basée à Nancy. Il réalise plusieurs patrouilles de chasse qu'il termine par des acrobaties au-dessus de son terrain, ce qui lui vaut huit jours d'arrêts. Sa punition sera toutefois levée en abattant sa deuxième victoire, un biplace Albatros le 28 novembre 1915.
Mais en février 1916, il est très grièvement blessé en essayant un prototype d'avion de chasse de type Ponnier, en s'écrasant au décollage. Le manche à balai lui traverse le palais, et il a la mâchoire fracassée, les deux jambes brisées. Il sort sur des béquilles de l'hôpital le 28 mars, refuse sa réforme, et retourne à son escadrille. Il doit se faire porter et extraire de son avion pour pouvoir combattre.
Il participe alors à la bataille de Verdun et y remporte 10 victoires jusqu'au 22 juillet 1916, avant de survoler le front de la Somme. C'est là qu'il fait peindre sans doute pour la première fois son insigne personnel sur son Nieuport 17, une tête de mort aux tibias entrecroisés, surmontant un cercueil entouré de deux chandeliers, le tout dessiné dans un cœur noir. Il remportera neuf autres victoires homologuées sur la Somme jusqu'à la fin de l'année 1916, portant son total à 21, avec notamment un "triplé" le 26 septembre.
Mais son état de santé est très précaire depuis son accident de février 1916, auquel se rajoutent diverses blessures en combat. Il doit repartir à l'hôpital et parvient à s'en "échapper" qu'après avoir négocié un accord avec ses médecins et l'état major : il devra retourner à l'hôpital après chacun de ses vols pour y suivre son traitement. C'est ainsi qu'il est détaché à l'escadrille VB 116, une escadrille de bombardement, qu'il rejoint avec son chasseur Nieuport à Dunkerque au mois de mai 1917. Cette escadrille a la particularité d'être à côté d'un hôpital… Il remportera 9 autres victoires jusqu'à la fin de l'année 1917.
Son état de santé s'améliorant, il peut rejoindre son escadrille, la N 65. Mais à peine est-il de retour qu'il est victime d'un grave accident de voiture en octobre 1917 dans lequel périt son fidèle mécanicien Roger Pochon, qui était au volant. Nungesser retourne à l'hôpital… Jusqu'à la fin de la guerre, malgré ses lourds handicaps physiques, va continuer d'accumuler les succès, mais se fera dépasser par René Fonck.
Le 15 août 1918, il abat plusieurs Drachens et remporte sa 43ème victoire homologuée (la dernière).
Le pilote de l'après-guerre
Sur proposition du sous-secrétaire d'État à l'Aéronautique, il monte une école de pilotage à Orly : celle-ci fait faillite. Il part alors en tournée exhibition (55 représentations aux États-Unis) où il reconstitue ses principaux combats.
La traversée de l'Atlantique
En 1927, dévoré par le besoin de se surpasser, il forme avec François Coli le projet de franchir l'Atlantique nord, sans même s'inscrire au prix offert par Raymond Orteig DE 25 000 dollars à qui réalisera l'exploit le premier. Le constructeur Levasseur fournit un prototype du PL 8, un avion biplan équipé du moteur Lorraine Dietrich 12 Eb en W de 450 chevaux. Voici les caractéristiques de l'avion que Nungesser rebaptise l'Oiseau Blanc :
Envergure : 14,60 m ; Longueur : 9,75 m ; Hauteur : 3,89 m ; Surface portante : 61 m² ; Masse à vide : 1 905 kg ; Masse totale : 5 030 kg. On le déleste de tout poids inutile : c'est ainsi que Nungesser et Coli partent sans radio. L'avion l'Oiseau Blanc atteint le poids de 5 tonnes et doit prendre un kilomètre d'élan avant de décoller, le 8 mai.
Le journal La Presse avait annoncé prématurément leur victoire au soir du 9 mai. Cette fausse nouvelle provoqua sa faillite.
L'avion a survolé Étretat avant de disparaître (on trouve sur la falaise nord d'Etretat un musée et un monument dédié à Nungesser et à son avion). On sait maintenant qu'il a survolé l'Irlande, puisqu'un officier de la marine britannique a consigné dans son journal de bord avoir vu l'appareil. Il est probable qu'une dépression les a emporté plus au Nord de leur route, leur faisant consommer trop d'essence, et qu'ils aient voulu rejoindre Québec (qui était prévu dans leurs différentes options de route) pour se poser sur le Saint-Laurent. Leur altimètre, après le passage dans la dépression, a pu être faussé, ce qui les aurait fait heurter des collines dans le Maine. Des traces de leur carlingue ont été aperçues par un vol d'observation de l'USAF dans les années 30, et on aurait retrouvé les débris du moteur.
Décorations
Légion d'honneur (officier), la Military Cross, la Croix de Guerre avec vingt-huit palmes et deux étoiles, l'ordre de Léopold et la Croix de Guerre belges, le Distinguished Service Order américain, la Croix de Michel le Brave roumaine, la Croix de la Bravoure serbe.
Postérité
Outre les nombreuses écoles et éléments de voirie qui portent son nom, associé le plus souvent à celui de François Coli, Nungesser a reçu un hommage de deux aviateurs français. Dieudonné Costes et Joseph Le Brix nommèrent en effet le Breguet 19 GR avec lequel ils réalisèrent leur tour du monde en 39 étapes (57 000 km) le Nungesser et Coli.
A Valenciennes, le club de football évolue dans un stade qui porte son nom.
14 Mars 1993 : adoption par référendum de la première constitution d'Andorre
Andorre
La Principauté d’Andorre (Principat d’Andorra en catalan) - ou l’Andorre - est un petit pays du Sud-Ouest de l’Europe situé dans les Pyrénées, entre l’Espagne (Catalogne) et la France (Ariège et Pyrénées-Orientales).
Histoire
Selon une légende du XIe siècle, Charlemagne aurait accordé une charte aux Andorrans pour les récompenser de leur combats contre les Maures. Le contrôle du territoire passa au Comte d'Urgell puis à l’Évêque du Diocèse d’Urgell, en partage avec la famille de Caboet, puis l’héritage passa au Vicomtes de Castellbó, puis aux Comtes de Foix. Les deux co-Seigneurs (laïc et ecclésiastique) s’affrontèrent souvent à propos de leurs droits sur les Vallées d’Andorre.
En 1278, le conflit fut résolu par la signature d'un traité instaurant la souveraineté partagée de l’Andorre entre le Comte de Foix et l’évêque d'Urgell, en Catalogne. Ceci donna à la petite principauté son territoire et sa forme politique.
Les années passant, le titre fut transmis aux Rois du Royaume de Navarre puis au Roi de France Henri IV de France. Un édit en 1607 établit le chef de l'État français et l’évêque d’Urgell comme co-princes d’Andorre.
Au cours de la période 1812-1814, l'empire français annexa la Catalogne espagnole, la divisa en quatre départements (Segre, Ter, Montserrat et Boques de l’Èbre). L’Andorre fut aussi annexée et rattaché du district de Puigcerdà (département de Segre).
Le 6 juillet 1934,le russe Boris Skossyreff fut proclamé Roi du Gouvernement d’Andorre. Le 14 juillet, un groupe de la Guardia Civil (la Police Militaire espagnole) dirigé par le marquis Silva de Balboa, entra en Andorre, l'arrêta pour l'expédier vers Barcelone, plus tard vers Madrid pour être expulsé vers le Portugal.
Le 25 septembre 1939, l’Andorre signa un traité de paix avec l’Allemagne, car sa non-ratification du traité de Versailles l’avait laissé légalement en guerre avec ce pays. Ainsi,le petit pays resta neutre pendant la Seconde Guerre mondiale.
Étant donné son relatif isolement, l’Andorre est restée en marge de l’histoire européenne pendant longtemps, cultivant un certain mystère. Dans les années 1950, le pays a commencé à attirer les visiteurs. Depuis, son tourisme prospère ainsi que le développement de ses moyens d’accès, d’hébergement ont sorti le pays de son anonymat.
Politique
La première Constitution de l'Andorre a été adoptée par référendum le 14 mars 1993. Le régime de l’Andorre est la coprincipauté parlementaire, héritage lointain du pareatge (paréage) de 1278 entre l’Évêché d’Urgell et le Comte de Foix. D’après la Constitution, « les Coprinces sont, conjointement et de manière indivise, le Chef de l’État et en incarnent la plus haute représentation. » Ils sont :
l’Évêque d’Urgell (La Seu d’Urgell - Catalogne / Espagne),
le Président de la République française, « héritage » du Comte de Foix (France - Occitanie) et des successifs Rois de France.
« Sauf dans les cas prévus par la […] Constitution, les Coprinces ne sont pas responsables. La responsabilité de leurs actes incombe aux Autorités [d’Andorre] qui les contresignent. »
Paroisses
Le pays est divisé en sept Paroisses (Parròquies = Régions, Territoires), dans l'ordre protocolaire :
Canillo, la plus étendue ;
Encamp,
Ordino, paroisse la plus au nord ;
La Massana ,
Andorra la Vella, paroisse la plus peuplée et dont la principale ville (Andorra La Vella) est la Capitale ;
Sant Julià de Lòria, la plus au sud, limitrophe de la Catalogne (Province de Lleida);
Escaldes-Engordany, la plus récente (création en 1978, de la division de la Parròquia d'Andorra La Vella).
Géographie
En raison de sa localisation dans le massif des Pyrénées orientales, l'Andorre est constituée principalement de montagnes élevées d'une hauteur moyenne de 1 997 m dont le point le plus élevé est la Coma Pedrosa à 2 946 m. Celles-ci sont séparées par trois vallées étroites en forme de Y qui se regroupent en une seule suivant le courant principal, la rivière Valira, coulant vers la Catalogne espagnole (au point le plus bas de l'Andorre qui est à 870 m).
Le climat de l'Andorre est similaire au climat tempéré de ses voisins, mais sa haute altitude signifie qu'il y a en moyenne plus de neige en hiver et qu'il fait légèrement plus frais en été.
La route qui mène de la France (Catalogne française et Occitanie française) à la capitale (Andorra La Vella) passe par Le Port d'Envalira (2 409 m) qui est le plus haut col routier des Pyrénées (mais aussi le plus haut d'Europe maintenu ouvert toute l'année). Ce col est doublé d'un tunnel, ouvert à la circulation depuis le 29 septembre 2002.
L'Andorre abrite 5 stations de ski (62 sommets de plus de 2 000 m).
liste des lacs d'Andorre
Estanys Clots
Estany de Les Truites
Estanys Forcats
Estany de l'Angonella
Estanys de Tristaina
Estany de Tristaina d'El Mig
Estany de Tristaina Primer
Estany Esbalçat
Estany de Sortany
Estany d'Engolasters
Estany Ensagents
Estanys de Griu
Estany de Cubil
Lacs des Pessons
Estany de Montmalus
Estany d'en Cuit
Estany d'Incles
Estanys de Siscaro
Estanys de Juclar
Estanys de la Vall del Riu
Estany de Pala Alta
Estanys de Ransols
Estanyo de Queral
Estany de Cabana Sorda
Estany Enrodat
Estany de la Nou
Estany Perafita
Estany Perafita supérieur
Estany Blau
Estany Forcat
Estany Bova
Estany Rodo
Estany de l'Illa
Estany de Montmalus
Économie
L'Andorre, bien que « coincée » entre la France et l’Espagne et bien qu'utilisant comme elles l’euro, ne fait pas partie de l'Union Européenne, tout en ayant des relations et certains accords avec elle. Ceci étant, les produits y sont vendus avec une taxation moindre.
L'Andorre est considérée par certains pays à haute fiscalité comme un paradis fiscal, parce qu'elle ne lève ni TVA ni impôt sur le revenu ou sur la fortune, qu'elle a seulement 2% de fonctionnaires et qu’elle pratique une fiscalité légère, l’essentiel des ressources de l'État provenant d'un impôt sur les importations (impost de mercaderies indirecte). Ceci étant, plusieurs taxations modérées sont depuis peu en vigueur ou en projet...
L'économie repose principalement sur deux formes de tourisme ; le tourisme de passage qui profite des prix (un peu) plus bas qu'en Espagne ou en France (tabac et alcool 2.5 fois moins cher qu'en France tout de même) et le tourisme 'blanc', qui tout en profitant de ces quelques avantages tarifaires, vient surtout pour l'offre des sports d'hiver. Ces derniers y sont pratiqués dans 4 stations de ski alpin : Pas De La Casa-Grau Roig et Soldeu-El Tarter (aujourd'hui 2 domaines skiables réunis sous la marque Gran Valira), Pal-Arinsal et Ordino-Arcalis (2 domaines réunis sous la marque VallNord) et 1 station de ski de fond : La Rabassa. Par ailleurs, le patrimoine architectural, religieux notamment, est remarquable et est une des autres motivations touristiques. De nombreuses petites églises aux belles peintures d'inspiration romane (Sant Joan de Caselles, La Cortinada, Sant Roma de Les Bons, ...) parsèment le pays. Elles témoignent de la ferveur traditionnelle et de l'attachement de la population à ses différents terroirs. La relance récente du thermalisme (Les Escaldes) complète une offre riche en loisirs et découvertes variés (gastronomie).
Démographie
L’Andorre aurait une des espérances de vie les plus élevées au monde.
Les données suivantes, sauf mention contraire, sont des estimations datant de 2004 :
Population : 77 149 habitants
0-14 ans : 15,0 % (hommes : 5 478 ; femmes : 4 988) (proportions de 2002)
Le site officiel du Govern d'Andorra (Gouvernement d'Andorre)
Le site du Consell General (Conseil Général - Parlement)
La Constitution Andorrane traduite en français
Photos d’Andorre
Timbres d'Andorre
Le drapeau andorran (la bandera) à travers les âges...
La monnaie andorrane
Les Légendes d'Andorre
Aqui Radio Andorra
Alliance française d'Andorre
KWFM.net > WebRadio ROCK International depuis Andorra La Vella (Site Web en català, english, castellano et français)
13 Mars 1930 : découverte de la planète naine Pluton.
Planète naine
Une planète naine, depuis la nouvelle définition de l'Union astronomique internationale d'août 2006, est un corps céleste en orbite autour du Soleil qui possède :
une masse suffisante pour que sa gravité l'emporte sur les forces de cohésion du corps solide et le maintienne en équilibre hydrostatique (sous une forme presque sphérique),
qui n'est pas un satellite, mais qui n'a pas fait place nette dans son voisinage orbital.
Selon cette dernière, trois corps accèdent au statut de planète naine : Pluton, Éris et Cérès. D'autres corps devraient prochainement rejoindre cette nomenclature.
Une planète naine n'est pas tout à fait une planète, selon la récente décision de l'UAI, la communauté scientifique étant partagée sur cette question dans les faits.
Sans tenir compte de cette nouvelle classification, les autres termes tels ceux d'astéroïde ou d'objet de la ceinture de Kuiper continuent à s'appliquer. Ces termes sont basés sur la situation de l'objet dans le système solaire ou sa composition. Cérès continue à être le plus grand astéroïde et Pluton est toujours un objet de la ceinture de Kuiper malgré leur classification comme planète naines.
Le statut de Charon, actuellement considéré comme un satellite de Pluton, est incertain. En effet, il n'existe pas de définition claire de ce qui constitue un système satellitaire ou un système binaire. Charon est largement plus grand que les autres satellites en comparaison de Pluton et Pluton et Charon orbitent tous les deux autour d'un point situé dans l'espace plutôt qu'à l'intérieur de Pluton. En conséquence, le système pourrait être désigné dans le futur comme un système planétaire double, faisant de Charon une planète mineure.
Le deuxième plus gros astéroïde, Vesta, semble également à peu près sphérique, mais possède cependant une face plane significative. Pallas et Hygée sont plus irréguliers, mais néanmoins partiellement arrondis par leur propre gravité. Potentiellement, tous les trois pourraient remplir les critères définis par l'UAI. Tout comme Cérès, ces objets furent considérés comme des planètes depuis leur découverte jusqu'aux années 1850.
Selon certains astronomes, cette nouvelle définition pourrait impliquer l'ajout de jusqu'à 45 nouvelles planètes naines.
La liste de planètes naines pourraient donc être dans l'avenir très largement étendue, avec l'introduction de corps de la ceinture de Kuiper.
Les limites supérieures et inférieures en taille et en masse des planètes naines ne sont pas spécifiées dans la résolution 5A de l'Union astronomique internationale. À proprement parler, il n'existe aucune limite supérieure et un objet plus grand et plus massif que Mercure et qui n'a pas « nettoyé son voisinage autour de son orbite » peut être catégorisé comme une planète naine.
La limite inférieure est déterminée par le concept d'« équilibre hydrostatique », mais les dimensions auxquelles un objet atteint un tel état ne sont pas déterminées ; des observations empiriques suggèrent qu'elles varient suivant la composition et l'histoire de l'objet. La version initiale de la résolution 5 définissait l'équilibre hydrostatique comme s'appliquant « aux objets dont la masse dépasse 5×1020 kg (soit 500 millions de milliards de tonnes) et le diamètre 800 km », mais ceci ne fut pas retenu dans la résolution finale.
(134340) Pluton
Pluton, dont la désignation officielle est (134340) Pluton, est la seconde planète naine du système solaire par la taille. Elle orbite autour du Soleil à une distance variant entre 29 et 49 unités astronomiques et appartient à la ceinture de Kuiper, il s'agit du premier objet transneptunien à avoir été découvert.
Depuis sa découverte par Clyde Tombaugh en 1930, Pluton était considérée comme la neuvième planète du système solaire. À la fin du XX siècle et au début du XXIe siècle, de plus en plus d'objets similaires furent découvert dans le système solaire externe, en particulier (136199) Éris, légèrement plus grand que Pluton. Cette évolution amena l'union astronomique internationale (UAI) à redéfinir la notion de planète en août 2006, Cérès, Pluton et Éris étant depuis cette date classées comme des planètes naines. L'UAI a également décidé de faire de Pluton le prototype d'une nouvelle catégorie d'objet transneptunien. De fait, le système solaire, qui comptait neuf planètes depuis 1930, n'en contient officiellement plus que huit depuis août 2006. Suite à cette modification de la nomenclature, Pluton a été ajoutée à la liste des objets mineurs du système solaire et s'est vue attribuer le numéro 134340 dans le catalogue des objets mineurs.
Pluton est principalement composée de roche et de glace de méthane. Son diamètre est d'environ les deux tiers de celui de la Lune. Pluton et son plus grand satellite, Charon, sont généralement considérés comme appartenant à un système double, le couple Pluton/Charon, puisque la différence de masse entre les deux objets est l'une des plus faible de tous les couples planétoïdes/satellites du système solaire, et surtout parce que le barycentre de leurs orbites ne se situe pas à l'intérieur d'un des deux corps. Deux autres satellites naturels nettement plus petits, Nix et Hydra, ont également été découverts en 2005.
Aucune sonde spatiale n'a jamais survolé Pluton, mais la sonde New Horizons a été lancée en janvier 2006 par la NASA pour explorer le système plutonien, le survol étant prévu pour l'été 2015 après un voyage de 6,4 milliards de kilomètres.
Découverte
Pluton fut découvert en 1930 lors de la recherche d'un corps céleste permettant d'expliquer les perturbations orbitales d'Uranus et Neptune, hypothèse proposée par Percival Lowell comme étant la Planète X.
Ayant fait fortune dans les affaires, Lowell se fait construire en 1894 un observatoire à plus de 2 000 mètres d'altitude dans l'Arizona et entreprend la recherche d'une neuvième planète au-delà de Neptune. Il pense suivre la même méthode que celle qui avait conduit à la découverte de cette dernière en étudiant son orbite, mais la précision des instruments de l'époque ne permettant pas de mesurer de façon précise les anomalies orbitales, il doit se rabattre sur celles d'Uranus. Sa planète (baptisée « X ») serait située à 47,5 ua, aurait une période de 327 ans et une masse de deux cinquièmes de celle de Neptune. En 1905, il lance une première campagne photographique de trois ans, mais celle-ci ne donne rien de concluant, notamment, comme il fut démontré par la suite, parce que ce programme était focalisé sur l'écliptique et que l'orbite fortement incliné de Pluton la plaçait à cette époque en dehors du champ des photographies. Lowell ne baisse pas les bras pour autant et décide de redoubler d'efforts, notamment lorsqu'il voit apparaître un concurrent : William Pickering. Celui-ci annonce en 1908 la présence d'une planète qu'il nomme « 0 » de deux masses terrestres, à une distance de 52 ua et d'une période de 373 ans. En 1911, Lowell fait l'acquisition d'une machine destinée à l'analyse photographique lui permettant de comparer les clichés beaucoup plus vite (deux séries de photos sont prises à quelques jours d'intervalle pour repérer le mouvement éventuel d'un astre) et entame une nouvelle série de photographies. Un nouvel échec qui le mènera à se désintéresser de sa planète X.
Percival Lowell meurt en 1916 mais laisse dans son testament de quoi poursuivre les recherches sans se soucier des problèmes d'argent, bien que des problèmes d'héritage avec sa femme finissent par réduire le budget de l'observatoire. Or dix ans plus tard, l'observatoire nécessite un nouvel instrument. Abott Lawrence Lowell, le frère de Percival Lowell, accepte de donner dix mille dollars pour la construction d'un télescope de 13 pouces que Clyde W. Tombaugh sera chargé de piloter pour cette lourde tâche qu'est la cartographie minutieuse du ciel, à la recherche de la planète X. Tombaugh réorganise son plan de travail et procède à trois prises au lieu de deux afin d'augmenter les chances de percevoir le mouvement de la planète. La troisième série de clichés prend fin le 29 janvier 1930 et commence alors l'analyse des plaques photographiques. Le 18 février à 16 heures, il remarque un point de magnitude +15 bouger d'une plaque à l'autre sur deux photographies prises les 23 et 29 janvier. L'équipe de l'observatoire Lowell, après avoir pris d'autres photographies permettant de confirmer la découverte, télégraphie la nouvelle au Harvard College Observatory le 13 mars 1930.
La planète est nommée à la fois en référence au dieu romain des enfers et à Percival Lowell dont les initiales forment les deux premières lettres de Pluton. Ses initiales forment le symbole de Pluton. Le nom fut suggéré par Venetia Burney, une jeune fille de onze ans d'Oxford, en Angleterre.
De nombreux observatoires se mettent alors à observer cette nouvelle planète, afin de déterminer son orbite le plus précisément possible. En revenant en arrière, Pluton est rétroactivement observée sur des plaques photographiques remontant jusqu'à 1909
. Pluton et la planète X
La découverte de Pluton est à l'origine liée à la recherche systématique d'une planète permettant d'expliquer les perturbations observées dans les orbites d'Uranus et Neptune, mais le doute est très vite jeté sur le fait que Pluton soit la planète X que Percival Lowell recherchait.
À cette époque, Pluton est si lointain que son diamètre ne peut pas être déterminé avec précision, mais sa faible luminosité et son absence de disque apparent laissent présager un corps plutôt petit, comparable en taille aux planètes telluriques déjà connues, probablement plus grand que Mercure mais pas plus que Mars, pense-t-on à l'époque. Il devient donc rapidement clair que Pluton ne peut pas être la source des perturbations dans les orbites de Neptune et Uranus, et les astronomes sont amenés à imaginer que de nombreux autres corps similaires à Pluton puissent orbiter autour du Soleil au-delà de Neptune. On pense alors que le système solaire pourrait être constitué de plusieurs zones regroupant les corps célestes par familles, planète tellurique, planète géante, « objets ultra-neptuniens ». Cette hypothèse sera formalisée plus tard au cours des années 1940 et 1950 par Kenneth Edgeworth puis Gérard Kuiper, et est désormais connue sous le nom de ceinture de Kuiper.
Afin de réconcilier la petite taille de Pluton avec la planète X, la masse de la première étant en contradiction avec les caractéristiques que devait posséder la seconde, certains astronomes envisagèrent également une théorie de réflexion spéculaire : ce que les observateurs mesuraient pourrait n'être qu'une tache brillante à la surface très réfléchissante d'une planète en réalité plus grosse qui pourrait ainsi être massive sans être pour autant exceptionnellement dense.
La découverte de Charon, son satellite, en 1978 permettra de résoudre bien des problèmes quant à la masse et la taille de Pluton. Cela permit de revoir encore à la baisse la masse du système Pluton/Charon, plus faible même que les estimations minimales fournies par les opposants à la théorie de la réflexion spéculaire (qui fut dès lors totalement invalidée). Les astronomes sont d'accord aujourd'hui pour donner à Pluton un diamètre bien inférieur à celui de la Lune, avec seulement une fraction de sa masse, en accord avec sa composition (de la glace en grande partie). Dans les années 1970, les calculs des trajectoires des sondes Voyager ont montré que Neptune avait une masse inférieure aux hypothèses précédentes, et en tenant compte de cette nouvelle mesure, les divergences dans les mouvements des planètes Uranus et Neptune deviennent négligeables devant l'incertitude de la mesure liée à la précision des instruments.
Statut de planète
Vers la fin du XXe siècle, le statut de planète de Pluton est de plus en plus souvent remis en question.
D'une part, de très nombreux corps sont découverts qui possèdent une orbite très proche de celle de Pluton, et sont comme elle en résonance 2:3 avec Neptune. Environ 150 objets de ce type, connus sous le nom de plutinos, étaient recensés en février 2006, ce qui tend à montrer que Pluton n'est finalement que le plus grand représentant d'une vaste famille de corps plus ou moins massifs.
La découverte en 2005 de (136199) Éris, d'un diamètre légèrement supérieur à celui de Pluton, contribue à relancer le débat. Le diamètre d'Éris, qui avait initialement été estimé à 3 600 km (il était alors notablement plus grand que Pluton) reste toujours actuellement (2006) du même ordre de grandeur que celui de Pluton, même s'il a été revu à la baisse (2 400 km ± 100 km). De nombreux autres corps ont également été découverts à cette époque, tels que 2005 FY9, (90482) Orcus ou (90377) Sedna, régulièrement annoncés comme étant la dixième planète du système solaire.
Certains scientifiques proposent alors de reclasser Pluton en planète mineure ou en objet transneptunien. D'autres, comme Brian Marsden du Minor Planet Center, penchent pour lui attribuer les deux statuts, en raison de l'importance historique de sa découverte. Marsden annonce le 3 février 1999 que Pluton serait classée comme le 10 000e objet du catalogue recensant justement 10 000 planètes mineures. Le nombre rond de 10 000 serait attribué à Pluton en son honneur pour la « célébration » de ce compte atteint.
Il est intéressant de noter que, historiquement, les quatre premiers astéroïdes découverts (1) Cérès, (2) Pallas, (3) Junon et (4) Vesta) furent eux aussi considérés comme des planètes pendant plusieurs décennies (leurs dimensions n'étaient pas connues avec précision à l'époque). Certains textes astronomiques du début du XIXe siècle font référence à onze planètes (incluant Uranus et les quatre premiers astéroïdes). Le cinquième astéroïde ((5) Astrée) fut découvert en 1845 peu de temps avant la découverte de Neptune, suivi de plusieurs autres dans les années suivantes. Bien qu'ils soient toujours appelés « planètes mineures », ils ne sont plus aujourd'hui considérés comme des « planètes ».
Le dernier mot revenant à l'Union astronomique internationale, l'organisme coordinateur de l'astronomie au niveau international, en charge de la dénomination des corps célestes ainsi que de leur statut, celle-ci, lors de son XXVIe congrès tenu le 24 août 2006 en République tchèque, a décidé au terme d'une semaine de débats de reclasser Pluton en planète naine plutôt que planète. Le numéro d'objet mineur 134340 lui fut attribué le 7 septembre 2006.
Néanmoins, suite au vote, une pétition ayant réuni en cinq jours les signatures de plus de 300 planétologues et astronomes majoritairement américains a été lancée pour contester la validité scientifique ainsi que le mode d'adoption de cette nouvelle définition et inviter à la réflexion sur une autre définition plus appropriée.
Exploration de Pluton
Pluton est un objectif difficile pour l'exploration spatiale, à cause de la grande distance la séparant de la Terre et de sa très faible masse, et n'a donc jusqu'à présent été visité par aucune sonde spatiale, ce qui explique en partie le peu de données disponibles.
La sonde Voyager 1 aurait éventuellement pu l'atteindre, mais l'exploration de Titan (le satellite de Saturne) et des anneaux de Saturne fut jugée plus importante, résultant dans une trajectoire incompatible pour un rendez-vous avec Pluton. Voyager 2 aurait théoriquement pu y parvenir également, mais la trajectoire aurait traversé la planète Neptune...
En 2000 la NASA annula, pour des raisons budgétaires, la mission Pluto Kuiper Express, qui aurait eu pour but le survol vers 2012 du couple Pluton/Charon, et d'au moins un objet de la ceinture de Kuiper. Elle a finalement été remplacée par une mission similaire, New Horizons. La sonde New Horizons, lancée le 19 janvier 2006, sera donc la première sonde spatiale à visiter Pluton, bénéficiant de l'assistance gravitationnelle de Jupiter pour arriver au plus près de la planète naine à l'été 2015, après un voyage de 6,4 milliards de kilomètres. Les observations débuteront environ cinq mois avant le plus proche passage et devraient continuer environ un mois après. L'engin spatial emporte à son bord des instruments d'imagerie, spectrométrie et autres appareils de mesure, afin de déterminer les caractéristiques géologiques et morphologiques de Pluton et de sa lune Charon, mais aussi cartographier les éléments composant leur surface et étudier l'atmosphère de Pluton (composition et taux d'évasion). La mission prévoit également un survol des objets de la ceinture de Kuiper vers 2022.
Caractéristiques
En comparaison des planètes classiques du système solaire, l'orbite de Pluton est fortement inclinée par rapport au plan de l'écliptique (17,14175°) et excentrique (0,24880766). Les orbites des planètes classiques sont quasi-circulaires et co-planaires de l'écliptique (seule Mercure possède une orbite inclinée (7°) et excentrique (0,2) de manière significative). En conséquence, le périhélie de Pluton est situé à plus de 8,0 ua du plan de l'écliptique et la planète naine se trouve, à certains moments de son orbite, plus proche du Soleil que Neptune.
Une autre caractéristique du système plutonien est que le barycentre du couple Pluton/Charon n'est pas situé à l'intérieur du premier mais dans le vide, entre les deux corps.
L'orbite de Pluton étant très excentrique, elle croise celle de nombreux autres objets ; parmi les astéroïdes numérotés, ces hadéocroiseurs comptaient (en juillet 2004) 10 frôleurs intérieurs (dont (5145) Pholus), 24 frôleurs extérieurs (dont (19521) Chaos), 17 croiseurs (dont (38628) Huya) et 37 co-orbitaux (dont (20000) Varuna, (28978) Ixion et (50000) Quaoar).
Distance au Soleil
Du fait de l'excentricité prononcée de son orbite, la distance entre Pluton et le Soleil varie entre 29 ua au périhélie et 49 ua à l'aphélie.
Au voisinage de son périhélie, Pluton est plus proche du Soleil que Neptune. Toutefois, le périhélie de Pluton, vue l'inclinaison de son orbite, ne se trouve pas à l'intérieur de l'orbite de Neptune, mais largement au-dessus de l'écliptique. Ce fut le cas entre le 7 février 1979 et le 11 février 1999. Des calculs mathématiques montrent que le phénomène s'est produit pendant seulement 14 ans entre le 11 juillet 1735 et le 15 septembre 1749 et pendant 20 ans entre le 30 avril 1483 et le 23 juillet 1503. Des études récentes suggèrent que chaque passage de Pluton à l'intérieur de l'orbite de Neptune dure alternativement et approximativement 13 et 20 ans, avec des variations minimes.
Résonance orbitale
Bien que Pluton soit parfois plus proche du Soleil que Neptune, les orbites des deux objets ne se croisent jamais. Les nœuds de l'orbite de Pluton (les points où l'orbite traverse le plan de l'écliptique) sont situés à l'extérieur de l'orbite de Neptune ; de fait, les points les plus proches des deux orbites sont distants de 6,4 ua.
Pluton orbite le Soleil en résonance orbitale 3:2 par rapport à Neptune, c'est-à-dire que Pluton effectue deux révolutions autour du Soleil pendant que Neptune en réalise trois. Cette résonance est stable : une perturbation de l'orbite de Pluton serait corrigée par l'attraction de Neptune. À cause de ce phénomène, Pluton et Neptune ne sont jamais plus proches que 18,9 ua : Pluton est toujours aussi éloigné de Neptune que, par exemple, de Saturne. Quand Neptune dépasse le point où les deux orbites sont les plus proches, la résonance maintient une séparation angulaire supérieure à 50° et Pluton reste près de 30 ua derrière Neptune. Le vrai point de rapprochement se situe de l'autre côté de l'orbite. Neptune « dépasse » toujours Pluton quelque 30 ans après l'aphélie de ce dernier.
D'autres objets transneptuniens possèdent une telle résonance orbitale 3:2 avec Neptune et sont appelés des plutinos, par référence à Pluton.
Caractéristiques physiques
Rotation
Pluton tourne sur elle-même en 6,387 jours, son axe de rotation étant incliné de 122,53° par rapport à son plan orbital – sa rotation est donc rétrograde : le pôle nord de rotation se situe dans l'hémisphère sud du plan orbital, on pourrait dire qu'elle tourne « la tête en bas ». Seuls deux autres corps du système solaire sont dans cette situation : Vénus et Uranus.
L'action des forces de marée a contraint la période de rotation de Pluton jusqu'à la synchroniser avec la période de révolution de son principal satellite, Charon : les deux périodes étant égales, Charon se trouve donc toujours à la verticale du même point de la surface de Pluton, et Charon paraît donc immobile dans le ciel plutonien.
Masse et dimensions
Le diamètre de Pluton est l'un des paramètres physiques les moins bien connus et les plus difficiles à mesurer, et la source principale d'incertitude sur les autres paramètres dérivés, tels que la masse volumique. Sa très grande distance combinée à sa petite taille font qu'il est impossible de résoudre avec précision le disque de Pluton, et empêche donc les mesures « directes » de ses dimensions, que ce soit avec le télescope spatial Hubble ou avec les instruments terrestres dotés d'optiques adaptatives. Les mesures actuelles se fondant sur les occultations d'étoile par Pluton et les occultations de Pluton par Charon ne concordent pas exactement, et les explications permettant d'expliquer ces différences dépendent des modèles utilisés pour analyser les données, notamment concernant l'atmosphère de la planète naine. La valeur et la marge d'erreur généralement retenue de 2 306±20 kilomètres de diamètre incluent en fait les différences de résultat des différentes méthodes de mesure.
La masse de Pluton, tout comme son diamètre, ont été largement surestimés durant les décennies suivant sa découverte. Les premières estimations, qui tablaient sur une taille comprise entre celles de Mercure et de Mars, ont continuellement été revues à la baisse avec l'amélioration des instruments d'observations. La découverte de Charon en 1978 a permis, par application de la troisième loi de Kepler, de déterminer beaucoup plus précisément la masse totale du couple planétaire. La masse de Pluton est désormais estimée à 1,314×1022 kg[1], soit 5,6 fois moins que celle de la Lune.
Compte tenu de sa masse et de son diamètre, Pluton est plus petite et moins massive que la Lune et six des satellites naturels de Jupiter, Saturne et Neptune : Ganymède, Titan, Callisto, Io, Europe et Triton.
Composition interne
La composition interne de Pluton est pour l'instant inconnue. S'il y a eu différentiation, il pourrait y avoir un noyau rocheux. Sur sa surface, de la glace de méthane (CH4) a été détectée aux pôles par une observation dans l'infrarouge, en calottes dont la taille varie selon l'éloignement de la planète par rapport au Soleil.
Atmosphère
Pluton ne possède pas d'atmosphère significative. Elle est entourée d'une mince enveloppe de gaz qui serait composée d'azote (N2) à 90 % et de monoxyde de carbone (CO) à 10 %, avec des traces de méthane (CH4) et qui serait en équilibre thermodynamique avec l'azote solide et les glaces de monoxyde de carbone de la surface quand l'objet approche du Soleil. Lorsque Pluton s'écarte de son périhélie, une partie de son atmosphère gèle et retombe à la surface. Quand elle s'en rapproche, la température de la surface augmente et l'azote se sublime. À la manière de la sueur qui s'évapore sur la peau, cette sublimation refroidit la surface et des recherches ont montré que la température de Pluton est 10 K inférieure à ce qui était attendu.
L'atmosphère de Pluton a été découverte lors d'une occultation stellaire en 1985 et confirmée par une autre occultation en 1988. Lorsqu'un objet dépourvu d'atmosphère passe devant une étoile, cette étoile d'arrière-plan disparaît de manière brutale ; dans le cas de Pluton, la luminosité de l'étoile masquée a graduellement diminuée. De l'évolution de cette courbe de luminosité, une mince atmosphère de 0,15 Pa a été déterminée, soit environ 1/700 000e de celle de la Terre. Cette atmosphère pourrait n'exister que lorsque la planète est à son périhélie et geler lorsqu'elle s'éloigne du Soleil.
En 2002, une autre occultation stellaire par Pluton a été observée par plusieurs équipes dirigées par Bruno Sicardy, Jim Elliot et Jay Pasachoff. De manière surprenante, la pression atmosphérique a été estimée à 0,30 Pa, bien que Pluton soit plus éloignée du Soleil qu'en 1988 et donc plus froide. L'hypothèse privilégiée à l'heure actuelle est que le pôle sud de Pluton serait sorti de l'ombre en 1987 pour la première fois depuis 120 ans et qu'un surplus d'azote aurait alors sublimé de la calotte polaire sud. Cet excès d'azote devrait mettre vraisemblablement des décennies avant de se condenser à l'autre pôle.
Système planétaire : Description
Pluton possède trois satellites naturels, le plus grand étant Charon qui fut identifié dès 1978. Deux satellites plus petits nommés Nix et Hydra (connus jusqu'en juin 2006 par leurs désignations provisoires S/2005 P 1 et S/2005 P 2), ont été découverts en 2005.
La distribution des satellites de Pluton est concentrée au centre du système. Potentiellement, un satellite pourrait orbiter Pluton jusqu'à 53 % du rayon de sa sphère de Hill (soit environ 6,0 millions de km) dans le sens direct et 69 % dans le sens rétrograde, mais le système plutonien est resserré dans les 3% interne de cette zone. À titre de comparaison, Psamathée orbite Neptune à 40% du rayon de sa sphère de Hill. Selon les termes des découvreurs de Nix et Hydra, le système plutonien est « hautement compact et largement vide ».
Système planétaire : Charon
Charon fut découvert en1978. Comparativement à Pluton, Charon est un très gros satellite (son diamètre est la moitié de celui de Pluton), et le barycentre des deux corps se trouve au-delà de la surface de Pluton (à un peu plus de deux rayons plutoniens). Il s'agit du plus grand système de ce genre dans le système solaire (certains astéroïdes binaires possèdent également ce trait, comme (617) Patrocle ; le barycentre du Soleil et de Jupiter est également situé à l'extérieur du premier) et il y est parfois fait référence comme une planète double.
Pluton et Charon sont également tous les deux en rotation synchrone : Charon présente toujours la même face à Pluton et Pluton la même face à Charon, un fait inhabituel dans le système solaire pour deux objets de cette taille (là encore, certains astéroïdes binaires possèdent cette propriété).
La découverte de Charon a permis de préciser la masse totale du système double et de déterminer que celle-ci était inférieures aux estimations précédentes. En fait, elle a amené les astronomes à revoir totalement leur estimation de la taille de Pluton. À l'origine, on pensait que Pluton était plus grande que Mercure (on lui donnait environ 6 800 km de diamètre) et plus petite que Mars, mais les calculs étaient fondés sur le fait qu'un seul objet était observé (on ne distinguait pas Charon de Pluton). Une fois le système double découvert, l'estimation de la taille de Pluton a été revue à la baisse. Il est possible aujourd'hui, avec des instruments modernes, de distinguer le disque de Pluton et ainsi déterminer sa taille directement.
En conséquence, l'albédo de Pluton a dû aussi être recalculé et revu à la hausse : la planète étant bien plus petite que les premières estimations, sa capacité à réfléchir la lumière devait être plus importante que ce que l'on pensait. Les estimations actuelles lui donnent une valeur légèrement inférieure à celle de Vénus, qui est déjà assez élevée. Charon, à la différence de Pluton, n'a pas retenu de méthane et apparaît beaucoup plus sombre.
Certains chercheurs ont suggéré que Pluton et Charon sont des satellites de Neptune qui auraient été éjectés de son orbite ; l'orbite rétrograde de Triton laisse penser que celui-ci était à l'origine un objet de la ceinture de Kuiper sur une orbite solaire qui fut capturé par Neptune. Triton semble en outre partager certaines caractéristiques atmosphériques et géologiques avec Pluton. Même si ces deux points ont été évoqués pour soutenir une origine neptunienne de Pluton, le consensus actuel est que cette dernière n'a jamais fait partie des satellites de la planète géante.
Système planétaire : Nix et Hydra
Pluton possède deux autres satellites, qui furent photographiés le 15 mai 2005 lors d'une campagne d'observation du télescope spatial Hubble, temporairement nommés S/2005 P 1 et S/2005 P 2 puis baptisés Nix et Hydra. Ils ont été repérés par une équipe du Southwest Research Institute sur des clichés pris pour préparer la nouvelle mission d'exploration lointaine du système solaire, New Horizons. Leur existence fut confirmée par l'examen de photographies prises par le télescope spatial Hubble et datant du 14 juin 2002.
D'après les premières observations, le demi-grand axe de l'orbite de Nix mesure 49 000 km et celui de l'orbite d'Hydra 65 000 km. Les deux satellites semblent orbiter dans le sens prograde dans le même plan que Charon et sont deux et trois fois plus éloignés que celui-ci, avec une résonance orbitale proche de (mais pas égale à) 4:1 et 6:1.
Les observations se poursuivent pour déterminer les caractéristiques des deux astres. Hydra est parfois plus brillant que Nix, soit parce qu'il est plus grand, soit parce que la luminosité de sa surface varie suivant les zones. Le spectre des satellites est similaire à celui de Charon, ce qui suggère un albédo similaire d'environ 0,35 ; dans ce cas, le diamètre de Nix est estimé à 46 km et celui d'Hydra à 61 km. Une limite supérieure peut être déterminée en supposant un albédo de 0,04 similaire aux objets les plus sombres de la ceinture de Kuiper : 137 ± 11 km pour Nix et 167 ± 10 km pour Hydra. Dans ce cas, la masse des satellites serait 0,3 % de celle de Charon (0,03 % de la masse de Pluton.
Autres satellites possibles
Les observations effectuées par le télescope spatial Hubble ont placé des limites quant à l'existence de satellites additionnels dans le système plutonien. Avec une probabilité de 90%, aucune lune de plus de 12 km et d'un albédo similaire à celui de Charon (soit 0,38) n'existe dans une zone de 5" autour de Pluton. Pour un albédo plus sombre de 0,041, cette limite est portée à 37 km. Avec une probabilité de 50%, cette limite descend à 8 km.
Anneaux éventuels
Dans un article publié dans la revue Nature, une équipe de scientifiques américains conduite par S. Stern (du Southwest Research Institute) a annoncé que Nix et Hydra se sont très probablement formées lors du même impact géant qui a donné naissance à Charon.
L'équipe a émis l'hypothèse que d'autres grands objets binaires de la ceinture de Kuiper pourraient également abriter de petites lunes et que celles qui gravitent autour de Pluton pourraient générer des anneaux de débris autour de la planète naine.
À l'heure actuelle, les données provenant de la caméra de prospection avancée du télescope spatial Hubble suggèrent qu'aucun anneau n'existe. Dans le cas contraire, il s'agit d'un anneau ténu comme ceux de Jupiter ou de moins de 1 000 km de large.
9 Mars1961 : Le Dalaï Lama lance un appel aux Nations unies en faveur d'une restauration de l'indépendance du Tibet.
Le Dalaï Lama
Le dalaï lama ( tala'i blama ) est le plus haut chef spirituel de la branche Guélougpa (école dite des bonnets jaunes) du bouddhisme tibétain, fondée par le réformateur Tsongkhapa (1357-1419). Ce titre, composé de dalaï, « océan » en mongol, et de lama, « sagesse » en tibétain, signifie « océan de sagesse ». Le dalaï lama était le principal dirigeant politique du régime théocratique tibétain jusqu'à ce que la Chine envahisse le Tibet en 1959 et entame une grande répression. Les dalaï lamas sont considérés comme les manifestations du bodhisattva de la compassion, dont le nom est Chenrezig en tibétain et Avalokiteshvara en sanskrit. Les bodhisattvas sont des êtres éclairés qui ont retardé leur propre nirvāna et choisi de renaître pour servir l'humanité.
Les dalaï lamas constituent une lignée de tulkus, maîtres réincarnés. Au décès d'un dalaï lama, ses moines commencent une recherche de sa réincarnation. Celle-ci se manifeste par des signes tels que la reconnaissance des possessions du précédent dalaï lama. La réincarnation est alors amenée à un monastère pour être instruite par les autres lamas.
Bien que le dalaï lama soit le chef spirituel de l'école des Gelugpa, il a reçu les plus hauts enseignements et pouvoirs de toutes les principales écoles du bouddhisme tibétain. Il présente aussi le cœur de l'enseignement de toutes ces écoles.
Tenzin Gyatso
Tenzin Gyatso est le 14e dalaï lama, le plus haut chef spirituel du bouddhisme tibétain. C'est un moine bouddhiste issu de la tradition Guélougpa (école dite "des bonnets jaunes"et lignée dite des"vertueux"). Il vit en exil dans le nord de l'Inde à Dharamsala(au lieu dit mc leod Ganj), mais effectue de nombreux voyages à travers le monde pour plaider la cause tibétaine et diffuser un message de paix et de non-violence.
En 1949, les communistes arrivent au pouvoir en Chine et, niant les revendications récentes de l’indépendance du Tibet, y envoient leurs troupes en 1950 pour « libérer », opposés au servage et à la théocratie et « civiliser » la population. C’est en 1950, à l’âge de seize ans, que le dalaï lama devient chef d'État et du gouvernement. Il passe les neuf années qui suivent à la recherche d’une solution pacifique à la crise, avant d’être obligé de fuir en Inde, où il établit, à Dharamsala, le gouvernement tibétain en exil. Pendant la Révolution culturelle, la persécution de la population est à son comble. Comme dans toute la Chine à cette période, les monastères sont détruits, moines et nonnes emprisonnés et torturés. Malgré cela, le dalaï lama est persuadé que la solution se trouve dans un compromis politique avec la Chine. Le 9 mars 1961, il lance un appel aux Nations unies en faveur d'une restauration de l'indépendance du Tibet. Sans relâche et toujours dans la voie de la non-violence, il propose un Tibet démocratique et autonome au sein d’une union avec la Chine. Non seulement les Tibétains sont sévèrement réprimés et empêchés de s'exprimer, mais en plus, ils subissent la très forte pression d'une colonisation chinoise qui emporte tout sur son passage. La population tibétaine risque véritablement de disparaître face à cette vague déferlante.
Aujourd'hui en Chine le culte bouddhiste tibétain de la secte des bonnets rouge à été remis en place par le gouvernement central de Pékin et peut de nouveau pratiquer ses offices religieux, même en plein Pékin dans le très ancien temple de Yonghe, situé en centre ville. Certains organismes internationaux dénoncent cependant l'enfermement du jeune Lama des bonnets rouges.
Le gouvernement Tibétain a déclaré que le prochain dalaï Lama naîtra en Chine et sera choisi par la Chine. Le dalaï Lama a affirmé qu'il ne renaîtrait pas en Chine si la situation est la même qu'aujourd'hui, car il ne veut pas être soumis à l'autorité chinoise.
Le dalaï lama a reçu le Prix Nobel de la paix en 1989.
Tibet
Le Tibet désigne trois entités géographiques se recouvrant :
La Région autonome du Tibet, appelée Bod rang skyong ljong en tibétain et Xizang Zizhiqu en chinois, qui est une région administrative de la Chine au statut particulier, comme le Xinjiang ou Turkestan chinois, ou la Mongolie-Intérieure ;
le plateau du Tibet, zone géographique située au nord de l'Himalaya, qu'on appelle le « toit du monde », formée de hauts plateaux désertiques dominés par de puissantes chaînes d’ouest en est (Kunlun Shan (Kouen-louen), Transhimalaya) ;
la zone de peuplement des Tibétains, enfin, correspondant à une aire linguistique où le tibétain est la langue majoritairement utilisée, ainsi qu'à une aire culturelle à la spécificité marquée, avec une religion commune : le Bouddhisme dans sa forme vajrayâna.
La superficie du Tibet varie de 1 221 600 km², pour la région administrative, à 2 500 000 km² pour le Tibet historique. La population de la Région autonome compte 2 540 000 Tibétains auxquels s'ajoutent 160 000 Chinois Han. La capitale historique, centre qui, traditionnellement, concentre l'autorité religieuse et temporelle du Tibet, est Lhassa.
Généralités
Il était composé de trois régions :
le dBus-gTsang (prononcé [ytsaŋ] en tibétain central), en chinois « Wei-Zang », correspond à la région administrative autonome,
l‘A-mdo, en chinois Anduo au nord, faisant partie aujourd'hui de la province chinoise du Qinghai du Gansu et du nord du Sichuan (district de rNga-ba ),
le Khams, en chinois Kang , à l'est et au sud-est, qui fait aujourd'hui partie de la partie est de la région autonome et de deux provinces chinoises : le Yunnan et le Sichuan (district de dKar-mdzes ).
Les Tibétains parlent le tibétain, une langue de la famille tibéto-birmane, et sont majoritairement bouddhistes, plus précisément le bouddhisme vajrayâna.
L'économie du Tibet est peu développée. Les principales activités sont l'élevage du mouton, de la chèvre et du yack, la culture des céréales (dans les vallées du Sud et du Sud-Est) et l'exploitation du bois (dans le Sud). Le tourisme est aujourd'hui possible, bien qu'encore encadré, et représente une part importante de l'économie.
Histoire
Le Tibet a une histoire aussi riche que longue. Les évènements de ces 100 dernières années ont donné une double interprétation à son histoire (domaine de l'historiographie). Ajouté à l'intérêt de tous pour cette culture millénaire et mystérieuses, son histoire soulève beaucoup de passion.
Depuis 1710, après une longue suzeraineté mongole, le Tibet a vu successivement la Mandchourie, la Grande-Bretagne et la Chine interférer dans ses affaires intérieures.
Après la mort de l'empereur mandchou Qianlong en 1795, le Tibet retrouve de son indépendance. En 1911, la dynastie mandchoue des Qing s'effondre, la première République chinoise est proclamée.
De 1643 à 1949, le Tibet était gouverné par le Dalaï-lama, parfois en tant que chef d'État, parfois en tant que suzerain et soit comme 1er grand Lama ou partageant le pouvoir avec le Panchen-lama.
En 1949, l'Armée populaire de libération entre au Tibet et rencontre peu de résistance de la part d'une armée tibétaine faible et mal équipée.
En 1959, une insurrection éclate à Lhassa, le Dalaï-lama quitte le Tibet pour se réfugier en Inde.
En 1989, une manifestation de Tibétains finit dans un bain de sang.
Rapports entre la République populaire de Chine et les Tibétains
Les Tibétains, ceux en exil, restés ou revenus d'Inde et du Népal, se plaignent d'une perte de leur identité culturelle. De nombreux Chinois Han, l'ethnie majoritaire de la Chine, viennent s'installer au Tibet, alors qu'en même temps, les groupes indépendantistes tibétains sont fermement combattus par le pouvoir central. Les tibétains ont également migré dans toute la Chine, on en rencontre notamment parfois à Pékin. Un temple lamaïque tibétain, le temple de Yonghe en activité aujourd'hui est d'ailleurs une des principales attractions touristiques, et a même une station de métro qui porte son nom. La majorité des bâtiments impériaux chinois comportent depuis plusieurs centaines d'années, ce qu'ils considèrent comme les 4 principales écritures nationales que sont les sinogrammes, le mandchou, le mongole et le tibétain. Il est important de rappeler qu'en Chine, les religieux ont subi des interdictions et répression depuis la prise de pouvoir du parti communiste, et surtout pendant la révolution culturelle. A l'inverse par contre, avant la prise de pouvoir des communistes, le servage était légal et pratiqué dans toute la Chine et même au Tibet. Les communistes ont défendu cet argument lors du renversement du pouvoir du Dalaï Lama.
La division de l'aire de peuplement tibétaine en plusieurs provinces et régions autonomes pose aussi problème. Les Chinois Han plaident qu'ils respectent la différence culturelle tibétaine (par exemple en assouplissant pour les minorités le contrôle démographique sévère imposé aux Hans), que la liberté religieuse est de nouveau assurée. Enfin, le développement économique du Tibet a permis de désenclaver le pays (notamment grâce à la construction de voies ferrées, qui vont servir à sortir les ressources minières du Tibet). La Région autonome du Tibet est sous la surveillance du pouvoir central et la présence de l'armée et de la police généralement assez forte en Chine s'y ferait sentir plus que dans d'autres parties de la Chine
Liaison ferroviaire directe Pékin-Lhassa
Le 1er juillet 2006, Hu Jintao inaugure le premier train pour Lhassa au Tibet dans la gare de Golmud, dans la province du Qinghai. Cette nouvelle liaison ferroviaire (la ligne ferroviaire Qing-Zang), qui est dans le prolongement de la ligne de chemin de fer en provenance de Pékin devrait accélérer le développement économique et touristique du Tibet, et d'après Bruno Philip, accélérer la sinisation du Tibet. Des efforts sont également accomplis dans la préservation de l'environnement au Tibet, pour y compenser l'essor industriel. Les rives des lacs entourant Lhassa, source importante d'eau potable et comportant une faune spécifique et variée ont notamment été interdits à l'agriculture intensive.
Certains groupes de pression sensibles à la cause nationaliste tibétaine et actifs sur la scène internationale craignent que cette nouvelle ligne ferroviaire contribue à accélérer l'immigration chinoise au Tibet ainsi qu'à le vider plus rapidement de ses ressources naturelles déjà surexploitées.
Droits de la personne au Tibet
La Commission internationale des juristes a qualifié dans un rapport de 1959 les massacres perpétrés au Tibet par les autorités chinoises de génocide, le bilan de l'invasion chinoise est estimé à 1,2 million de victimes depuis 1949.
Reuters rapporte que les autorités chinoises sont actuellement poursuivies par la cour de justice espagnole pour génocide à l'encontre du peuple tibétain.
Par ailleurs, outre la torture dans les prisons et le fait que celle-ci n'épargnerait pas les mineurs, les ONG font également état de méthodes particulières appliquées aux femmes tibétaines. Alors que les autres minorités ne font pas partie de la politique de contrôle des naissances en Chine, les femmes tibétaines y sont incluses et seraient stérilisées et obligées à avorter au delà du premier enfant, d'après la commission des droits de l'Homme, rapport de 1999.
Le droit de pratiquer librement sa religion est bafoué par le gouvernement de Pékin : les photos du Dalaï-Lama sont interdites, sous peine de prison, mais pas celles du Panchem-Lama (celui désigné par le gouvernement central de Pékin, et non celui reconnu par le Dalaï Lama), qui a été remplacé et qui est maintenant de culture chinoise. Les manifestations pour l'indépendance du Tibet sont violemment réprimées : deux nonnes bouddhistes qui avaient réclamé la libération du Tibet ont été enfermées dans la prison de Drapchi, à Lhassa en 1990. Lhundrub Sangmo et Rizin Choekyi ont été libérées respectivement en 1999 et en 2002, après avoir vécu un véritable calvaire dans leurs geôles (tortures, brimades et manque de nourriture). 140 prisonniers d'opinion tibétains sont aujourd'hui détenus dans la prison de Drapch.
Le lamaïsme tibétain de la secte des bonnets rouges est interdite, mais pas celle de la secte des bonnets jaunes qui est même pratiquée en plein Pékin, cette secte est liée au gouvernement chinois depuis sa tentative de coup d'état peu avant l'invasion chinoise.
Depuis 1987, d'importantes manifestations ont eu lieu en faveur de l'indépendance. Durement réprimées (des centaines de morts), elles furent suivies d'un an de loi martiale (1989-90). Aujourd'hui, les autorités chinoises poursuivent leur « normalisation » et intensifient la colonisation. Le peuple tibétain résiste toujours...
S'étendant d'est en ouest sur une distance d'environ 2400 km, et du nord au sud sur environ 1 000 km, le plateau du Tibet est situé entre les longitudes 78°24' et 104°47' Est et les latitudes 26°2' et 40°3' Nord au cœur du continent asiatique. C'est un pays gigantesque d'environ 2,5 millions de km² (soit 5 fois la France) avec une altitude moyenne de 4 200 mètres, qui rassemble les plus hautes montagnes du monde.
Le nom occidental Tibet, apparenté au nom mongol Töbüt n'est pas lié au nom indigène bod. En chinois, le nom ancien du Tibet est Tufan (incorrectement prononcé Tubo par beaucoup de Chinois), mais le nom actuel de la région Xizang signifie littéralement gTsang occidentale, faisant référence à cette région du Tibet.
Les noms de lieux tels que gZhi-ka-rtse ont été changés en Xigaze depuis la promulgation du système unifié de romanisation par la RPC : le Pinyin. Aussi, un même lieu au Tibet peut avoir de nombreuses « orthographes » : le nom en caractères chinois, dont la transcription peut être en pinyin ou en Wade-Giles (anglo-saxons) et le nom en tibétain, qui peut aussi être translittéré de différentes façons. La meilleure solution est d'utiliser la translittération Wylie de l'orthographe tibétaine, selon l'usage des tibétologues aussi bien occidentaux que chinois, bien que celle-ci rende compte de l'orthographe et non de la prononciation.
Environnement
Le Tibet est incroyablement sensible et contient une étourdissante diversité d'habitats, une faune et une biodiversité comparables à celles de la forêt amazonienne, et des régions climatiques s'étendant de la haute steppe glacée jusqu'aux déserts des hauts plateaux, aux forêts tropicales, et aux prés alpestres. Le Tibet est également la source de tous les plus grands fleuves d'Asie, comprenant le Mékong, le Brahmapoutre, le Chang Jiang (ou Yang-tseu-kiang) et l'Indus ; ils sont alimentés par une précipitation moyenne de 100 mm dans le nord du pays jusqu'à plus de 1 000 mm dans le sud-est.
Ressources naturelles
Le Tibet a de nombreuses ressources naturelles notamment en minerais (réserves d'or considérables), de pétrole, de gaz, de bauxite, de cuivre, d'étain et de lithium. Décidées par Pékin, l'ouverture des voies d'accès et l'exploitation des gisements miniers ont souvent été réalisées sans considération pour l'environnement. Le résultat : des niveaux alarmants de pollution qui affectent l'hydrographie, l'atmosphère et les sols.
Des zones forestières autrefois verdoyantes comme le Kongpo au sud-est du Tibet, ont été transformées en un paysage lunaire. En 1949, les forêts recouvraient 221 800 kilomètres carrés, soit près de la moitié de la superficie de la France. En 1985, la moitié de la surface de la forêt était rasée. Selon une étude récente du World Watch Institute, la déforestation atteindrait maintenant 85%.
Le déboisement cause de sévères problèmes d'érosion et de glissements de terrain, tandis que le niveau de vase dans des fleuves tels que le Yangzi Jiang (Yang-tseu-kiang) ont atteint des niveaux sans équivalent dans le monde. Les effets dépassent maintenant le Tibet et se traduisent par des inondations dévastatrices en Chine, Inde et Bangladesh. Le gouvernement chinois a reconnu le rôle de cette déforestation massive dans les inondations catastrophiques de ces dernières années : en 1998, plus de 10 000 morts, 250 millions de sinistrés, et des millions de sans-abris suite aux crues du Yang-tseu-kiang.
Climat
Le climat du Tibet est très continental, froid et sec. Paradoxalement, la température moyenne annuelle est supérieure à celle de l'atmosphère à une altitude équivalente (rayonnement de la terre). Cet effet provoque d'importants gradients nord-sud de pression, et participe activement au phénomène de mousson.
Géologie
Le plateau tibétain résulte de la collision depuis 50 millions d'années entre les plaques indienne et Eurasienne. Il est de loin le plus haut (plus de 5 000 m) et le plus vaste plateau au monde (plus de cinq millions de km²). Il est bordé par différentes chaînes de montagnes (Tien Shan au NW, Qilian Shan au NE, Himalaya au Sud. Sa taille exceptionnelle résulte directement de la collision de l'Inde et de l'Eurasie, à une vitesse rapide (15 cm/an avant la collision, 5 cm/an actuellement). Les déformations associées à cette collision se retrouvent dans une grande partie de l'Asie, jusqu'en Sibérie. Le très faible relief du plateau, malgré la haute altitude est lié aux limites rhéologique de la croûte continentale : la collision provoque son épaississement (60 à 90 km d'épaisseur, soit plus du double d'une croûte normale. La croûte continentale contient des isotopes radioactifs du thorium, de l'uranium et du potassium qui produisent de la chaleur. Cette plus forte concentration d'isotopes radioactifs provoque un réchauffement de la croûte : elle devient « molle », et ne permet plus de supporter un épaississement plus important. On observe alors une déformation extensive (failles normales au sein même de la zone en compression) et la propagation de la déformation horizontalement.
8 mars 1982 : Statut officiel de la Journée de la Femme en France.
Le 8 mars est célébrée la Journée internationale des Femmes.
Cette journée trouve son origine dans les manifestations de femmes au début du XXe siècle en Europe et aux États-Unis, réclamant des meilleures conditions de travail et le droit de vote. Elle a été officialisée par les Nations unies en 1977, invitant chaque pays de la planète à célébrer une journée pour les droits des femmes.
C’est une journée de manifestations à travers le monde : l’occasion de revendiquer l'égalité, et de faire un bilan sur la situation des femmes. Traditionnellement les groupes et associations de femmes militantes préparent des manifestations partout dans le monde, pour faire aboutir leurs revendications, améliorer la situation des femmes, fêter les victoires et les avancées.
Historique
Au début du XXe siècle, des femmes de tous pays s’unissent pour défendre leurs droits et réclamer le droit de vote. La création d’une « Journée internationale des femmes » a été proposée pour la première fois en 1910, lors de la conférence internationale des femmes socialistes, par Clara Zetkin, et s’inscrivait alors dans une perspective révolutionnaire. Dès 1911, des manifestations sont organisées en Autriche-Hongrie, Danemark, Suisse, Allemagne, puis les années suivantes en France, aux Pays-Bas, en Russie et en Suède.
La date n’est tout d’abord pas fixe, et ce n’est qu’à partir de 1917, avec la grève des ouvrières de Saint Pétersbourg, que la tradition du 8 mars se met définitivement en place. Après 1945, la Journée internationale des femmes devient une tradition dans le monde entier.
Une légende veut que l’origine du 8 mars remonte à une manifestation d’ouvrières américaines du textile en 1857, événement qui n’a en réalité jamais eu lieu ! Par contre l’origine de cette journée s’ancre bel et bien dans les luttes ouvrières et les nombreuses manifestations de femmes réclamant le droit de vote, de meilleures conditions de travail et l’égalité entre les hommes et les femmes, qui agitèrent l’Europe, au début du XXe siècle.
La Journée internationale des femmes est reconnue officiellement par les Nations unies en 1977, et en France en 1982.
Quelques dates
1910 : C'est à Copenhague, lors de la conférence internationale des femmes socialistes, que l'idée d'une « Journée internationale des Femmes » est décidée, sur une proposition de Clara Zetkin, représentante du Parti socialiste d'Allemagne.
mars 1911 : Un million de femmes manifestent en Europe.
8 mars 1913 : Des femmes russes organisent des rassemblements clandestins.
8 mars 1914 : Les femmes réclament le droit de vote en Allemagne.
8 mars 1915 : À Oslo, des femmes défendent leurs droits et réclament la paix.
8 mars 1917 : : Début de la « Révolution de février » en Russie. À Saint Pétersbourg, des ouvrières manifestent pour réclamer du pain et le retour de leurs maris partis au front.
8 mars 1921 : Lénine décrète le 8 mars journée des femmes.
1924 : La journée est célébrée en Chine.
1946 : La journée est célébrée dans les pays de l'Est.
8 mars 1947 : Léon Blum salue la place importante des femmes dans la Résistance.
8 mars 1977 : Les Nations unies officialisent la Journée Internationale des Femmes.
8 mars 1982 : Statut officiel de la Journée en France.
Particularités locales
Au Burkina Faso, en Colombie, au Laos et en Russie, la Journée internationale des Femmes est décrétée jour férié.
Liens externes
(fr.) Journée de la Femme
(fr.) Journée Internationale des Femmes : historique du 8 mars, portraits de femmes, et programme du 8 mars prochain, en France.
(fr.) Journée internationale des femmes 2007 au Québec et au Canada
Global Women’s Strike (Grève Mondiale des Femmes)
Journée internationale de la femme 2005
Journée internationale de la femme 2006
Journée internationale de la femme (Site de l'ONU)
7 Mars 1765 : Joseph Nicéphore Niépce, physicien français, considéré comme l'un des inventeurs de la photographie, († 5 juillet 1833).
Joseph Nicéphore Niépce Né le 7 mars 1765 et mort le 5 juillet 1833,
Joseph Nicéphore Niépce, pionnier de la photographie, est l'auteur du tout premier cliché.
Biographie
Joseph Nicéphore Niépce voit le jour le 7 mars 1765 (sous le règne de Louis XV) à Chalon-sur-Saône en Bourgogne, dans ce qu'il est convenu d'appeler une « bonne famille ». Son père est avocat et gérant de biens, conseiller du Roi ; sa mère est la fille d'un célèbre avocat. La famille est très aisée et possède des propriétés autour de Chalon dont les revenus sont élevés. De 1780 à 1788, ses études aux collèges des Oratoriens à Chalon, Angers et Troyes font entrevoir pour Joseph une carrière ecclésiastique ; mais il semble que la vocation du jeune homme se soit émoussée. Il renonce à la prêtrise et s'engage dans l'armée révolutionnaire en 1792. Il s'installe à Nice et s'y marie avec Agnès Roméro qui met au monde Isidore en 1795.
Six ans plus tard, il est de retour en Bourgogne. La vie lui a apporté son lot de joies (une vie publique honorable et reconnue au service de son pays) et de drames (son second fils, Agénor, meurt à 2 ans et demi).
À 36 ans, Niépce retrouve donc sa terre natale, sa mère et ses deux frères, Claude, l'aîné et Bernard. Les années suivantes sont consacrées à la mise en valeur de ses propriétés et à ses inventions :
le « pyréolophore » (sorte de moteur marin à explosion) qui, bien que jamais commercialisé apporte une notoriété nationale à ses talents d'inventeur, partagée avec Claude. Il y a également un projet de machine hydraulique de Marly, la culture du pastel dont le développement est favorisé par le blocus. Tous ces travaux, l'état de guerre permanent (nous sommes maintenant sous le premier Empire), le renchérissement de toutes choses amènent leur cortège de difficultés financières et Niépce contracte le premier d'une longue série d'emprunts.
1816 est l'année des premières recherches « héliographiques », menées conjointement à celles du pyréolophore. Fin 1817, Claude part en Angleterre tenter de vendre leur moteur et continuer ses propres travaux sur le « mouvement perpétuel ». La correspondance des deux frères durant les onze années à venir sera un véritable almanach de l'avancement des recherches et des premiers succès photographiques. En 1824, enfin, Nicéphore peut écrire à son frère : « La réussite est complète ».
Hélas la situation de la famille est catastrophique ; les dettes s'élèvent à 1 800 000 francs (équivalent 1987) et on songe sérieusement à vendre des propriétés pour rembourser des créanciers devenus impatients.
L'année suivante, Niépce lie ses premières relations avec le graveur Lemaître et l'opticien Chevalier, de Paris.
C'est grâce à ce dernier que Daguerre écrit une première lettre à Niépce en 1826. Les contacts entre les deux hommes sont peu fréquents : Niépce est assez méfiant, Daguerre plutôt pressant. Nicéphore envoie avec parcimonie des échantillons (parfois tronqués) de ses réussites tandis que Daguerre, lui, n'envoie que des promesses…
1827 est une année décisive. Bien que miné par des difficultés de tous ordres, Niépce prend conscience du degré d'achèvement de son invention et cherche des contacts pour la faire reconnaître et la perfectionner. Mais Claude tombe gravement malade et il faut partir pour l'Angleterre où la situation est là aussi calamiteuse : épuisé par ses recherches, n'ayant pas réussi à négocier le pyréolophore, Claude sombre dans la démence et meurt peu après. Lors de leur passage à Paris, Niépce et sa femme nouent des relations avec des scientifiques, mais sans suite. Mêmes résultats en Angleterre malgré de flatteuses rencontres avec des membres de l'Académie Royale.
Début 1828, retour à Chalon : Daguerre se montre de plus en plus désireux de connaître de nouveaux résultats. Le premier projet d'association entre Niépce et Daguerre voit le jour en octobre 1829. Le but de l'association est de commercialiser les fruits de la nouvelle découverte, à parts égales. Niépce apporte son invention, Daguerre ses relations et son « industrie ». Au cours des années suivantes, la collaboration devient plus étroite : une correspondance s'établit entre Chalon et Paris. On use même, pour préserver le secret, d'un code chiffré désignant les éléments utilisés (13=la chambre noire, 56=le soleil, 5=le bitume de Judée, etc.). Ce code compte jusqu'à 101 références ! Les lettres échangées montrent que Daguerre est surtout préoccupé de la gestion de son « diorama » et que les recherches sont essentiellement le fait de Niépce (bien que Daguerre parle de « nos » recherches).
En 1832 enfin, Daguerre réalise pour Niépce un bilan de ses propres travaux d'où il ressort que l'un et l'autre, avec les mêmes produits, obtiennent des résultats différents ; il est toutefois à noter — et cela n'est pas sans importance — que jamais Daguerre n'a pu montrer à Niépce le moindre résultat de ses essais. Mais les choses avancent.
Début 1833, cependant, Daguerre, malade, suggère la remise à plus tard de certains essais.
Le 5 juillet 1833 à sept heures du soir, Nicéphore Niépce meurt subitement à Saint loup de varennes. Il repose au cimetière de Saint loup de varennes.
De nos jours, un lycée de Chalon-sur-Saône porte son nom.
Biographie
Jean-Louis Marignier, Niépce, l'invention de la photographie, Belin, Paris, 1999 (ISBN 2-7011-2433-6)
Manuel Bonnet, Jean-Louis Marignier (éd.), Niépce, correspondance et papiers, Maison Nicéphore Niépce, Saint loup de varennes, 2003 (ISBN 2952092109)
Liens externes
Musée Nicéphore Niépce à Chalon-sur-Saône
Maison Nicéphore Niépce à Saint loup de varennes
N. Niepce : Notice sur l'Héliographie
Niépce et Erato: la musique dans l’œil de la photographie par Daniel Girardin.
5 Mars 1871 : Naissance de Rosa Luxembourg, communiste polonaise († 15 janvier 1919).
Rosa Luxemburg
Rosa Luxemburg est une militante communiste et révolutionnaire allemande, née en Pologne le 5 mars 1870 et morte le 15 janvier 1919 lors de la révolution spartakiste en Allemagne.
Biographie
Rosa Luxemburg (ou Róża Luksemburg) est née le 5 mars 1870 dans la ville polonaise de Zamość, non loin de Lublin. Elle est issue d'une famille de commerçants juifs et fait des études brillantes au lycée de Varsovie.
Elle milite au sein d'un parti socialiste révolutionnaire polonais : « Prolétariat ». Son activité politique la contraint à fuir en Suisse. Elle n'a pas 18 ans.
A Zurich, elle reprend ses études qu'elle conclut par une thèse d'économie politique sur l'industrialisation de la Pologne. En 1893, elle lance le premier numéro du journal "La cause ouvrière" qui parait à Paris, puis elle cofonde avec Léo Jogiches le SDKPiL, Parti social-démocrate du Royaume de Pologne et de Lituanie (gauche polonaise). Le SDKPiL est fondé quelques mois après le congrès de Zurich de la Deuxième Internationale au cours duquel la délégation du journal "La cause ouvrière" s'est opposé au Parti Socialiste Polonais et à ses soutiens.
Elle acquiert la nationalité allemande et s'installe, en 1898, dans ce pays où elle milite au sein du Parti Social Démocrate (SPD) et de la Deuxième Internationale. Elle y anime l'aile gauche se faisant héritière des théories de Karl Marx. Elle affirme ses qualités de théoricienne du socialisme par la cohérence et la rigueur de ses analyses, en polémiquant contre les réformistes menés par Eduard Bernstein en Allemagne ou Alexandre Millerand en France.
En 1905, quand la Révolution éclate en Russie, Rosa Luxemburg regagne Varsovie et y participe. Arrêtée, elle est démasquée et frôle l'exécution. Quelque temps plus tard elle est libérée et assignée à résidence en Finlande.
Elle rentre en Allemagne en 1906. Dans les années qui suivent elle se retrouve marginalisée et censurée au sein de son parti qui opte de plus en plus pour l'intégration de la classe ouvrière au sein de la société capitaliste.
Évolution qui aboutit au vote des crédits de guerre en 1914.
Rosa Luxemburg, aux côtés de Karl Liebknecht, s'oppose à cette dérive guerrière. Elle est arrêtée pour cela en février 1915. Libérée en février 1916, elle est de nouveau arrêtée en juillet et reste en prison jusqu'au 8 novembre 1918, date à laquelle elle est libérée par la révolution allemande.
Pendant cette période, elle est exclue du SPD et organise de façon clandestine le mouvement révolutionnaire spartakiste, ancêtre du Parti Communiste Allemand (KPD). Elle rédige le programme et précise la tactique de ce Parti. Elle écrit de nombreux textes où elle admire et critique la Révolution russe.
L'insurrection spartakiste se déclenche le 5 janvier 1919, Rosa Luxemburg dirige le journal de sa formation politique « Die Rote Fahne ».
Elle est arrêtée avec Karl Liebknecht et assassinée le 15 janvier 1919 par une unité de "corps francs", sur ordre de Gustav Noske « commissaire du peuple » social-démocrate chargé de la répression de l'insurrection.
Apports Rosa Luxemburg est une exégète du marxisme. Elle maîtrise parfaitement les concepts développés par Karl Marx ; elle se sert de cette démarche pour fonder sa propre analyse. Elle étudie les aspects nouveaux du capitalisme de l'époque : colonialisme, accumulation des capitaux...
Elle réfléchit aux moyens de créer une alternative à ce mode de développement économique et politique, et théorise notamment l'internationalisme. Dans ce cadre, elle développe une critique du nationalisme et des luttes de « libération nationale », qui sera reprise par la suite par les communistes de conseils :
« ...le fameux "droit de libre disposition des nations" n'est qu'une phraséologie creuse... » - La Révolution russe, 1918.
En pratique, elle s'oppose avec le SDKPiL à l'indépendance de la Pologne et à la lutte nationale en général.
Elle considère que la révolution sera l'œuvre des masses et non le produit d'une "avant garde éclairée" qui ne peut que se transformer en une dictature "celle d'une poignée de politiciens, non celle du prolétariat".
« Considérer qu'une organisation forte doit toujours précéder la lutte est une conception tout à fait mécaniste et non-dialectique » - Gesammelte Werk, IV, Berlin, p. 397.
Elle reste une référence du socialisme révolutionnaire et du communisme démocratique. Le luxembourgisme s'inspire de sa pratique et de sa théorie.
Adaptations de sa vie
Pierre Bourgeade a consacré, en 1977, une pièce à Rosa Luxemburg : Etoiles rouges. En jumelant son destin tragique à celui de Marilyn Monroe, suicidée préméditée, le dramaturge trouve des convergences entre deux itinéraires de vie a priori désaccordés.
Un film sorti en 1985 (simplement intitulé Rosa Luxemburg) et réalisé par Margarethe von Trotta évoque avec précision la vie de Rosa Luxemburg. Le rôle joué par Barbara Sukowa lui a valu le prix d'interprétation féminine à Cannes en 1986. Otto Sander jouait le rôle de Karl Liebknecht.
En 2006, Anouk Grinberg lit des lettres de Rosa Luxemburg écrites à ses amies (Louise Kautsky, Sonia Liebknecht...) pendant ses détentions, sous le titre de "Rosa, la vie" au théâtre de l'Atelier.
Bibliographie partielle
Réforme sociale ou révolution ? (1898-1899)
Masse et chefs (1903)
Centralisme et démocratie (1904)
Grève de masse, parti et syndicat (1906)
L'Accumulation du capital, contribution à l'explication économique de l'impérialisme (1913)
La Crise de la social-démocratie (1915)
La Révolution russe (1918)
Citations
« Quiconque souhaite le renforcement de la démocratie devra souhaiter également le renforcement et non pas l’affaiblissement du mouvement socialiste ; renoncer à la lutte pour le socialisme, c’est renoncer en même temps au mouvement ouvrier et à la démocratie elle-même. » (Réforme sociale ou révolution ?, 1899)
« Quiconque se prononce en faveur de la voie des réformes légales, au lieu et à l’encontre de la conquête du pouvoir politique et de la révolution sociale, ne choisit pas en réalité une voie plus tranquille, plus sûre et plus lente, conduisant au même but, mais un but différent, à savoir, au lieu de l’instauration d’une société nouvelle, des modifications purement superficielles de l’ancienne société […] non pas la suppression du salariat, mais le dosage en plus ou en moins de l’exploitation » (Réforme sociale ou révolution ?, 1899)
« La suppression du capitalisme et de la propriété privée ne pourra pas s’effectuer dans un seul pays. […] Le régime socialiste mettra fin à l’inégalité entre les hommes, à l’exploitation de l’homme par l’homme, à l’oppression d’un peuple par un autre ; il libérera la femme de l’assujettissement à l’homme ; il ne tolérera plus les persécutions religieuses, les délits d’opinion » (Ce que nous voulons, 1906)
« Les guerres sont un phénomène barbare, profondément immoral, réactionnaire et contraire aux intérêts du peuple » (Déclaration devant le tribunal de Francfort, février 1914)
« La chair à canon, embarquée en août et septembre toute gorgée de patriotisme, pourrit maintenant en Belgique, dans les Vosges, en Masurie, dans des cimetières où l'on voit les bénéfices de guerre pousser dru. » (La Crise de la social-démocratie, 1915)
« C'est un fait absolument incontestable que, sans une liberté illimitée de la presse, sans une liberté absolue de réunion et d'association, la domination des larges masses populaires est inconcevable. […] La liberté seulement pour les partisans du gouvernement, pour les membres d'un parti, aussi nombreux soient-ils, ce n'est pas la liberté. La liberté, c'est toujours la liberté de celui qui pense autrement. » (La Révolution russe, 1918)
Lien externe Rosa Luxemburg dans Les archives marxistes sur Internet
Rosa Luxemburg dans les Classiques des sciences sociales, une bibliothèque numérique francophone en sciences sociales et humaines
3 Mars 2005 : L'Américain Steve Fossett a réussi le premier tour du monde en avion en solitaire, sans escale ni ravitaillement, à bord de l'appareil expérimental Virgin Atlantic GlobalFlyer en soixante-sept heures et une minute.
Steve Fossett
Steve Fossett est un richissime aventurier américain, né le 22 avril 1944 à Jackson (Tennessee). Il a fait fortune sur les marchés financiers mais est surtout célèbre pour ses 5 tours du monde.
Liste des exploits
Le 21 février 1995, il traverse l’océan Pacifique en montgolfière.
Le 10 octobre 2001, il établit un record de la traversée de l'Atlantique en 4 jours et 17 heures, 28 minutes et 6 secondes à bord du maxi - catamaran Play-Station. Il remportera ensuite la même année le record du tour de l’île de Wight puis en 2002, le record du tour des îles britanniques avec le même bateau.
Le 2 juillet 2002, en Australie il effectue la première circumnavigation en mongolfière en solitaire sans escale après un périple de quatorze jours.
En 2005, en tant que skipper à bord du bateau Cheyenne, il établit le record du monde de la circumnavigation à la voile et en équipe la plus rapide.
Le 27 octobre 2004 il établit le record de vitesse en dirigeable à 111,8 km/h;
Le 3 mars 2005, il réussit le premier tour du monde en avion en solitaire, sans escale ni ravitaillement, à bord de l'appareil expérimental Virgin Atlantic GlobalFlyer en soixante-sept heures et une minute. Il a effectué sa circumnavigation d’ouest en est pour bénéficier des vents dominants.
Le 11 février 2006, un nouveau tour du monde lui permet d'établir le record du plus long vol sans escale en avion, avec 42,450 km parcourus. Parti de Floride à bord de son avion Global Flyer, il a atterrit sur l'aéroport de Bournemouth après un voyage d'Ouest en Est et deux traversées de l'Atlantique.
Le 29 août 2006, il bat le record absolu d'altitude de planeur, avec Einar Enevoldson (sur un DG 505/22), a une altitude de 15.447m, il s’agit du premier vol stratosphérique de l'Histoire en planeur. Il réalisa ce record dans la cordillère des Andes, il mit 4h30 de vol, a une température de -57°, évidement ils n'y ont pas été en pull-over mais en tenue spéciale.
Il a, entre autres, traversé la Manche à la nage ou participé aux 24 heures du Mans. Il détient le record mondial du nombre de records mondiaux détenus, avec un total de 62, dont de nombreux records de distance parcourue et d'altitude en planeur.
Le Tour du Monde
Un tour du monde est un voyage consistant à parcourir complètement et dans un sens donné le globe terrestre jusqu'à revenir à son point de départ. Il ne s'envisage le plus souvent que comme un voyage à des latitudes relativement faibles d'ouest en est ou inversement.
Le premier homme à avoir réalisé un tour du monde serait Enrique de Malacca, esclave et interprète de Ferdinand Magellan.
À sa suite, de nombreux navigateurs ont effectué leur tour du monde à la voile avec pour objectif l'exploration de la planète. Ces expéditions portent le nom particulier de circumnavigations.
Circumnavigation
La circumnavigation désigne la navigation en bateau autour d'un lieu, couramment une île, un continent, ou la Terre entière. Plus récemment, on parle aussi de circumnavigation pour des voyages aériens ou sous-marins.
1 Mars 1810 : Naissance de Frédéric Szopen (Chopin), compositeur et pianiste polonais, († 17 octobre 1849).
Frédéric Chopin
Frédéric Chopin est un compositeur et pianiste polonais né le 1er mars 1810 et mort le 17 octobre 1849 de la tuberculose pulmonaire.
Son nom de naissance est Fryderyk Franciszek Chopin, il adopta ses prénoms francisés Frédéric-François lorsqu'il quitta définitivement la Pologne pour Paris. Les Polonais écrivent parfois son nom Szopen par analogie avec la phonétique française.
Biographie : La Pologne
Chopin est né à Żelazowa Wola le 1er mars 1810 (les registres paroissiaux mentionnent cependant la date du 22 février) près de Varsovie. Son père Nicolas Chopin (1771 Marainville-sur-Madon — 1844 Varsovie) quitte la France pour la Pologne en 1787 et épouse Justyna Krzyzanowska, dame d’honneur de la comtesse Skarbek, en 1806. Frédéric est le second de quatre enfants ; ses trois sœurs sont prénommées Ludwika, Izabella et Emilia, qui disparaîtra à l’âge de quatorze ans.
Chopin a révélé très tôt de grandes dispositions pour la musique. Il possédait l'oreille absolue et faisait preuve d'une sensibilité exceptionnelle à la musique. Il commença donc son éducation musicale à six ans (1816) et composa sa première œuvre, la polonaise en sol mineur, à l'âge de sept ans (1817). Il fit sa première apparition sur scène à huit ans, dans un salon aristocratique de Varsovie (1818).
Par son don prodigieux, le petit Chopin, qui connaissait déjà dans son pays une certaine renommée, fut rapidement comparé à Mozart. Il étudia la musique tout d'abord avec Wojciech Żywny qui lui fit découvrir Jean-Sébastien Bach, et ensuite, à partir de 1826, au Conservatoire de Varsovie, principalement avec Wilhelm Wurfel pour le piano et l'orgue et Józef Elsner pour la composition et le contrepoint.
Elève du Conservatoire et du Lycée de Varsovie (où son père était professeur), il se familiarisa avec la musique populaire polonaise en passant ses vacances dans différentes régions rurales de Pologne. Il termina ses études musicales en 1829.
Voyage en Europe
Il planifia par la suite un long voyage en Europe, afin de se familiariser plus profondément avec la vie musicale européenne et pour acquérir une certaine réputation. Il s'installa d'abord à Vienne en Autriche où il vivra 8 mois. Connaissant des difficultés financières et ayant du mal à se faire connaître, Chopin pensa rapidement à aller vers d'autres villes. C'est pendant cette période viennoise qu'eut lieu l'insurrection de Varsovie accompagnée de la répression sanglante de l'armée Russe. Chopin était profondément patriote et fut très affecté par cet événement qui a certainement inspiré son imagination créatrice. On retrouvera dans les lignes de son journal intime écrites à Stuttgart ainsi que dans différentes lettres, un cri de révolte et de grand désarroi. De ces années datent le premier des Scherzo ainsi que les Études op. 10.
La vie Parisienne
C'est avec un passeport pour Londres que Chopin se dirigea vers la France où il vécut le restant de sa vie. À Paris, il fit la connaissance de compatriotes polonais exilés suite à la défaite polonaise et découvrit l'intense activité culturelle et musicale, notamment l'Opéra italien (Rossini, Bellini). Sa grande sociabilité mondaine ainsi que sa réputation de virtuose lui permettront très rapidement de devenir le professeur le plus recherché dans les milieux aristocratiques parisiens. Kalkebrenner, un des plus grands pianistes de son époque, lui aurait fait ce compliment : « Vous avez le style de Cramer et le toucher de Field ». Il arrivera aussi à faire publier ses compositions chez un grand éditeur, ce qui lui permettra de se faire enfin connaître en Europe. Ainsi, Schumann à Leipzig ayant découvert les variations sur un thème de Mozart Op. 2, publia en 1831 un article dans lequel il exprima son admiration pour son contemporain (« Chapeau bas, messieurs, un génie ! »). D'autre part, il se lia d'amitié avec d'autres grands artistes de son époque tels Delacroix, Berlioz ou Liszt. Ce dernier restera comme Schumann un très grand admirateur et un fervent défenseur des compositions de Chopin.
Pendant les années suivantes, le compositeur publia des chefs d'œuvres comme la 1ère Ballade (publiée en 1835) ou le 2ème Cycle d'études Op. 25 (publié en 1837) qui contribuèrent à lui assurer sa grande notoriété. Lors de cette période fructueuse, Chopin connut pourtant des passages difficiles à travers son amour déçu pour Maria Wodzinska, et le choix difficile qu'il avait pris en 1834. Pendant cette année, il refusa en effet des invitations auprès de l'ambassade russe et fit savoir que, malgré son départ avant l'insurrection, il était à Paris en émigré politique et non en sujet loyal du tsar. Ce choix l'interdisait à tout jamais de rentrer dans sa Pologne natale qu'il aimait tant.
Amour avec George Sand
De 1838 à 1847, il fut le compagnon de l'écrivain George Sand (pseudonyme d'Aurore Dupin). Ils menèrent ensemble une vie mondaine, nourris d'admirations réciproques. Après un séjour hivernal dans de mauvaises conditions au monastère de Valldemossa (à Majorque, Espagne), durant lequel il composa entre autres son cycle des 24 préludes Op. 28 et sa 2e Ballade, la santé de Chopin, qui était tuberculeux, se dégrada considérablement malgré les soins et le dévouement inconditionnel de Sand. De retour en France, Chopin retrouva une bonne santé et de 1839 à 1846 et il séjourna souvent à Nohant, la magnifique résidence de campagne de George Sand non loin de La Châtre. Ce fut une période heureuse pour le pianiste qui y composa quelques unes de ses plus belles œuvres : la Polonaise Héroïque, la 4e Ballade, la Barcarolle, les dernières Valses …
Pendant le mois de juillet 1847, le couple, qui ne connaissait plus depuis un certain temps la passion de leurs débuts, se sépara définitivement après que Chopin eut pris le parti de Solange, la fille de George Sand, dans une violente dispute familiale qui éclata à Nohant en l'absence du pianiste. Il ne reverra George Sand qu'une seule et dernière fois par hasard en 1848, mais restera jusqu'à la fin de sa vie très proche de Solange et de son mari Auguste Clesinger.
Les deux dernières années
Particulièrement affaibli après cette rupture douloureuse, il fit quand même une dernière tournée en Angleterre et en Écosse organisée par son élève Jane Stirling. Ce voyage fut pour lui épuisant physiquement et moralement.
Il rentra à Paris, très malade, et mourut quelques mois plus tard, le 17 octobre 1849, au 12 place Vendôme, des suites de sa maladie pulmonaire, à l'âge de 39 ans. Il fut enterré au cimetière du Père Lachaise. Selon ses dernières volontés, sa sœur Ludwika qui était venue de Pologne juste avant qu'il meure, ramena à Varsovie son cœur qui se trouve actuellement dans un cénotaphe de l'église Sainte-Croix.
Précisions diverses
A travers des monuments comme les Cycles d'Études Op. 10 et Op. 25, les 4 Ballades, les Nocturnes, les 24 Préludes Op. 28, ou encore les 4 Scherzos, Chopin a révolutionné le piano et a inventé une véritable école avec l'apport de nouvelles sonorités ainsi qu'une nouvelle vision de l'instrument. Sa musique mélodieuse reste une des plus atypiques et adulées du répertoire classique. Chopin est considéré par beaucoup de pianistes comme le plus grand compositeur de piano de l'histoire de la musique.
Il avait pour amis célèbres Eugène Delacroix, l'extravagant Astolphe de Custine, le violoncelliste Franchomme, Franz Liszt, Vincenzo Bellini (près duquel il est enterré au cimetière du Père-Lachaise). Il fut aussi l'ami des compositeurs Hector Berlioz et Robert Schumann, mais il n'appréciait que modérément leur musique, bien qu'il leur ait dédié certaines de ses compositions. Chopin idolâtrait Jean Sébastien Bach et jouait quotidiennement "le clavier bien tempéré", il vouait aussi une très grande admiration à la musique de Mozart. Selon le vœu de Chopin, le Requiem de Mozart (extrait de la sonothèque Wikipedia), considéré par le Polonais comme étant d'une beauté exceptionnelle, fut d'ailleurs interprété intégralement lors de ses obsèques, en l'église de la Madeleine à Paris (la petite histoire retiendra qu'une dérogation fut accordée à cette occasion par le clergé car à cette époque les voix féminines n'étaient pas admises aux offices religieux).
Ses œuvres, toutes sans exception, concernent le piano avec ou sans accompagnement. La grande majorité est composée pour le piano seul. L'œuvre symphonique se limite à deux concertos, une polonaise, un rondo et des variations (ces œuvres ont été écrites pour piano et orchestre, mais dans celles-ci, l'orchestre joue un rôle limité et plutôt « accessoire »). Sa musique de chambre se limite à cinq pièces : les quatre premières sont des œuvres de jeunesse, la dernière est sa sonate pour violoncelle et piano et elle est la dernière œuvre qu'il ait jouée en public, avec son ami Auguste Franchomme, violoncelliste de renom. Cette amitié explique une relative affinité pour cet instrument, puisque quatre des cinq partitions de musique de chambre utilisent le violoncelle. Il existe également un cycle de 17 Lieder (Chants Polonais).
À noter qu'un concours international de piano portant son nom a lieu tous les cinq ans à Varsovie (le dernier en date est celui d'octobre 2005), où de nombreuses nationalités sont représentées. Ce concours réputé pour sa très grande difficulté a permis de révéler des pianistes comme Martha Argerich, Maurizio Pollini, Krystian Zimerman, Yundi Li ou encore Rafał Blechacz.
En 2004 la Société Chopin à Paris a organisé le Concert Reconstitution du Dernier Concert de Chopin à Paris. Le pianiste Maciej Pikulski a été choisi pour jouer le rôle-titre.
28 Février 1533 : Naissance de Michel de Montaigne, penseur et humaniste français.
Michel de Montaigne Michel Eyquem de Montaigne ou plus simplement Michel de Montaigne, (né le 28 février 1533,château de Montaigne, dans le Périgord- mort le 13 septembre 1592 au château de Montaigne, dans le petit village de Saint-Michel-de-Montaigne, en Dordogne) était un penseur, un moraliste et un homme politique français de la Renaissance. Il est l'auteur des Essais, premier ouvrage de ce genre.
Biographie : Origine et études
Michel de Montaigne est issu d'une famille de négociants bordelais anoblie deux générations auparavant. Son arrière-grand-père, Ramon Eyquem, avait fait l'acquisition en 1477 d'une maison forte du XIVe siècle, à Saint-Michel-de-Montaigne, dans le Périgord, et accéda ainsi au noble statut de « Seigneur de Montaigne » qu'il transmit à ses enfants et petits-enfants.
Parmi ceux-ci, Pierre Eyquem est le premier à venir s'installer de manière permanente dans la demeure périgourdine qu'il fait aménager et fortifier. Il s'affirme malgré tout régulièrement dans son oeuvre comme gascon, identité attachée alors aux Bordelais. Il avait fait la guerre en Italie, et épousé en 1528 Antoinette de Louppes, fille d'un marchand toulousain et d'origine marrane. Les deux premiers enfants du couple meurent en bas âge ; Michel, né le 28 février1533, est le premier qui survit. Il sera l'aîné de sept frères et sœurs.
Pierre Eyquem, qui est nommé maire de Bordeaux en 1544, donne à son fils aîné une éducation dans les principes humanistes. Selon Montaigne, il est envoyé en nourrice « à un pauvre village des siens » pour s'y accoutumer « à la plus basse et commune façon de vivre » (Essais, III, 13). À l'âge de trois ans, il peut retourner au château. On lui donne alors comme précepteur un médecin allemand nommé Hortanus, qui a pour ordre de ne parler à Michel qu'en latin, règle à laquelle doit se plier également le reste de la famille. À treize ans, Michel de Montaigne, ne sachant que le latin, est scolarisé au collège de Guyenne à Bordeaux, haut lieu de l'humanisme bordelais, où il apprend le français, le grec, la rhétorique et le théâtre. Il y brille rapidement par son éloquence, par son aisance à pratiquer la joute rhétorique et par son goût pour le théâtre.
On ne sait si c'est à Toulouse ou à Paris qu'il poursuit, probablement entre 1546 et 1554, les études de droit indispensables à ses activités futures. En 1557, on retrouve le jeune Montaigne conseiller à la cour des Aides de Périgueux qui est ensuite réunie au Parlement de Bordeaux. Il y exerce treize ans ses fonctions qui lui valent plusieurs missions à la cour de France.
Biographie : Jeunesse et premières œuvres
Le 23 septembre 1565, il épouse Françoise de La Chassaigne, fille de l'un de ses collègues au Parlement de Bordeaux, Joseph de La Chassaigne (1515-1572), écuyer, chevalier, soudan de Pressac, seigneur de Javerlhac, conseiller du Roi au Parlement en 1538 et 1543, président au Parlement de Bordeaux en 1569. De douze ans sa cadette, Françoise lui donne six filles, dont une seule — Léonor de Montaigne — survécut. Il semblerait que le mariage n'ait pas eu une grande importance dans la vie affective de Montaigne. Les époux faisaient chambre à part, ce qui était courant à l'époque, et Montaigne, préoccupé par d'autres activités, laissait volontiers la gestion de ses propriétés à sa femme. Par contre, très au fait des humanités grecques et par conséquent du Banquet de Platon, il était fidèle ami d'Etienne de La Boétie : à l'origine, il avait écrit les Essais comme écrin pour le Discours de la servitude volontaire de son meilleur ami, qui y faisait l'éloge de l'amitié contre la corruption du pouvoir et des courtisans.
Admirateur de Virgile et de Cicéron, il est un humaniste qui prit l'homme, et en particulier lui-même, comme objet d'étude dans son principal travail, Les Essais, entrepris à partir de 1571 à l'âge de 37 ans. Il y annonce « Je veux qu'on m'y voie en ma façon simple, naturelle et ordinaire, sans contention et artifice : car c'est moi que je peins » (« Avertissement au lecteur »). Le projet de Montaigne était de lever les masques, de dépasser les artifices pour se découvrir lui-même.
Travail sans précédent dans sa sincérité et sa saveur personnelle, c'est celui d'un sceptique pour qui sont à bannir les doctrines trop figées et les certitudes aveugles. Son influence a été colossale sur la philosophie française, occidentale et même mondiale.
Durant le temps des guerres de Religion, Montaigne, lui-même catholique, a agi comme un modérateur, respecté par le catholique Henri III et le protestant Henri de Navarre, à qui le liait une solide amitié. En 1577, ce dernier, alors seulement roi de Navarre, nomme — par lettres patentes — Montaigne gentilhomme de sa Chambre.
À partir de 1578, il souffre de la « maladie de la pierre » (calcul rénal).
De 1580 à 1581, il a voyagé en France, en Allemagne, en Autriche, en Suisse et en Italie, tenant un journal détaillé qui décrivait les différences d'une région traversée à l'autre et qui ne fut publié qu'en 1774 sous le titre de "Journal de voyage".
Biographie : Montaigne à la Mairie de Bordeaux
Tandis qu'il était à Rome, en 1581, il apprit qu'il avait été élu maire de Bordeaux. Son père Pierre Eyquem avait déjà rempli cette fonction dans cette ville que Michel de Montaigne servit jusqu'en 1585 : il tenta d'y modérer les relations entre catholiques et protestants. Vers la fin de son mandat, la peste sévit dans sa ville.
Lorsque le nouveau roi Henri IV, avec qui Montaigne avait toujours entretenu un lien d'amitié, invite ce dernier à venir à sa cour comme conseiller, le philosophe décline cette généreuse proposition, refusant par là même de jouer le rôle qu'avait tenu Platon pour conseiller le tyran Denys de Syracuse :
« Je n'ai jamais reçu bien quelconque de la libéralité des rois, non plus que demandé ni mérité, et n'ai reçu nul paiement des pas que j'ai employé à leur service (...) Je suis, Sire, aussi riche que je me souhaite. »
Il continua d'étendre et de réviser les Essais jusqu'à sa mort, en 1592, au château de Montaigne.
Son œuvre
Le style de Montaigne est allègre et affranchi : il virevolte d'une pensée à l'autre, « à sauts et à gambades ». Ses considérations sont en permanence étayées de citations de classiques grecs et romains. Il s'en explique par l'inutilité de « redire plus mal ce qu'un autre a réussi à dire mieux avant lui ». Soucieux d'éviter le pédantisme, il évite néanmoins de rappeler à chaque fois l'auteur ou l'œuvre citée, de toute façon connus à son époque. Les annotateurs futurs de son œuvre s'en chargeront.
Il déclare que son but est de « décrire l'homme, et plus particulièrement lui-même (...) et l'on trouve autant de différence de nous à nous-même que de nous à autrui ». Il estime que la variabilité et l'inconstance sont deux de ses caractéristiques premières. « Je n'ai vu, dit-il, un plus grand monstre ou miracle que moi-même ». Il décrit sa pauvre mémoire, sa capacité à arranger des conflits sans s'y impliquer émotionnellement, son dégoût pour les hommes poursuivant la célébrité et ses tentatives pour se détacher des choses du monde pour se préparer à la mort. Sa célèbre devise « Que sais-je ? » apparaît comme le point de départ de tout son étonnement philosophique.
En 1569, il publie à Paris, chez Michel Sonnius, la « Théologie naturelle de Raymond Sebon » dans laquelle il tente de « démontrer la vérité de la foi chrétienne et catholique », en utilisant un procédé littéraire laissant croire qu'il s'agissait d'une traduction du latin en français.
Il montre son aversion pour la violence et pour les conflits fratricides entre catholiques et protestants (mais aussi entre Guelfes et Gibelins) qui avaient commencé à se massacrer conjointement à l'apparition de la Renaissance, décevant l'espoir que les humanistes avaient fondé sur elle. Pour Montaigne, il faut éviter la réduction de la complexité à l'opposition binaire, à l'obligation de choisir son camp, privilégier le retrait sceptique comme réponse au fanatisme. Dans l’un des plus beaux textes qui aient été écrits à son sujet — un passage du dernier livre qu'il ait écrit peu de temps avant de se donner la mort au Brésil, en 1942 — Stefan Zweig disait de lui :
« Que malgré sa lucidité infaillible, malgré la pitié qui le bouleversait jusqu'au fond de son âme, il ait dû assister à cette effroyable rechute de l'humanisme dans la bestialité, à un de ces accès sporadiques de folie qui saisissent parfois l'humanité (...) c'est là ce qui fait la vraie tragédie de la vie de Montaigne. »
Les humanistes avaient cru retrouver dans le Nouveau Monde le Jardin d'Éden, alors que Montaigne déplore que la conquête de celui-ci apporte des souffrances à ceux qu'on tente de réduire en esclavage. « Viles victoires. » Il était plus horrifié par la torture que ses semblables infligeaient à des êtres vivants que par le cannibalisme de ces Indiens qu'on appelait sauvages, et il les admirait pour le privilège qu'ils donnaient à leur chef de marcher le premier à la guerre.
Comme beaucoup d'hommes de son temps (Érasme, Thomas More, Guillaume Budé...), Montaigne constatait un relativisme culturel, reconnaissant que les lois, les morales et les religions des différentes cultures, quoique souvent fort diverses et éloignées, ont toutes quelque fondement. « De ne changer aisément une loi reçue » constitue l'un des chapitres les plus incisifs des Essais. Par-dessus tout, Montaigne est un grand partisan de l'humanisme. S'il croit en Dieu, il se refuse à toute spéculation sur sa nature et, parce que le moi se manifeste dans ses contradictions et ses variations, il pense qu'il doit être dépouillé des croyances et des préjugés qui l'entravent.
Ses écrits sont marqués d'un pessimisme et d'un scepticisme rares du temps de la Renaissance. Citant le cas de Martin Guerre, il pense que l'humanité ne peut atteindre la certitude et il rejette les propositions absolues et générales. Son scepticisme est le mieux exposé dans le long essai Apologie de Raymond Sebond (Chapitre 12, livre 2) fréquemment publié séparément des Essais. Pour lui nous ne pouvons pas croire nos raisonnements car les pensées nous apparaissent sans acte de volition : nous ne les contrôlons pas. Nous n'avons pas de raison de nous sentir supérieurs aux animaux. Nos yeux ne perçoivent qu'à travers nos connaissances :
« Si vous demandez à la philosophie de quelle matière est le ciel et le Soleil, que vous respondra-t-elle, sinon de fer ou, avec Anaxagoras, de pierre, et telle étoffe de notre usage ? (Essais, Livre II, chapitre 12) »
« Que ne plaît-il un jour à la nature de nous ouvrir son sein et de nous faire voir au propre les moyens et la conduite de ses mouvements, et y préparer nos yeux ! O Dieu ! Quels abus, quels mécomptes nous trouverions en notre pauvre science. »
Il considère le mariage comme une nécessité pour permettre l'éducation des enfants, mais pense que l'amour romantique est une atteinte à la liberté de l'individu :
« Le mariage est une cage ; les oiseaux en dehors désespèrent d'y entrer, ceux dedans désespèrent d'en sortir. »
Enfin, en éducation, il prônait l'entrée dans le savoir par les exemples concrets et l'expérience, plutôt que les connaissances abstraites acceptées sans aucune critique. Mais il se refuse lui-même en guide spirituel, en maître à penser ; il n'a pas de philosophie à faire prévaloir, se considérant seulement en compagnon de celui qui entame une quête d'identité.
La liberté de penser ne se pose pas en modèle, ni en mètre étalon, elle offre seulement aux hommes la possibilité de faire émerger en lui cette liberté, le pouvoir de penser et de s'assumer jusqu'à la liberté ultime :
« Qui apprendrait aux hommes à mourir leur apprendrait à vivre ! (Essais, Livre I, chapitre 20) »
Quelques citations célèbres
Toutes les citations qui suivent sont extraites des Essais de Michel de Montaigne :
« La vraie liberté, c'est de pouvoir faire toute chose sur soi ». (Livre III, chapitre 12)
« J'aime mieux forger mon âme que la meubler ».
« Qui se connaît, connaît aussi les autres, car chaque homme porte la forme entière de l'humaine condition ». (Livre III, chapitre 2)
« Les plus belles âmes sont celles qui ont plus de variété et de souplesse ». (Livre III, chapitre 3)
« Il ne se voit point d'âmes, ou fort rares, qui en vieillissant ne sentent l'aigre et le moisi ». (Livre III, chapitre 2)
« La vieillesse nous attache plus de rides en l'esprit qu'au visage ». (Livre III, chapitre 2)
« La plus subtile folie se fait de la plus subtile sagesse ». (Livre II, chapitre 12)
« J'ai vu en mon temps cent artisans, cent laboureurs, plus sages et plus heureux que des recteurs de l'université ».
« Penser, c'est être à la recherche d'un promontoire ».
« Il n'est aucune si douce consolation en la perte de nos amis que celle que nous apporte la science de n'avoir rien oublié à leur dire, et d'avoir eu avec eux une parfaite et entière communication ». (Livre II, chapitre 8)
« Qui veut guérir de l'ignorance, il faut la confesser. Iris est fille de Thaumantis. L'admiration est fondement de toute philosophie, l'inquisition le progrès, l'ignorance le bout ». (Livre III, chapitre 11)
« La perfidie peut être en quelque cas excusable : lors seulement elle l'est, qu'elle s'emploie à punir et trahir la perfidie. Il se trouve assez de trahisons non seulement refusées, mais punies par ceux en faveur desquels elles avaient été entreprises ». (Livre III, chapitre 1)
« Nos raisons et nos discours humains, c'est comme la matière lourde et stérile : la grâce de Dieu en est la forme ; c'est elle qui y donne la façon et le prix ». (Livre II, chapitre 12)
« Les lois se maintiennent en crédit non parce qu'elles sont justes, mais parce qu'elles sont lois ». (Livre III, chapitre 13)
« Je me fais plus d'injure en mentant que je n'en fais à celui à qui je mens ». (Livre II, chapitre 17)
« Personne n'est exempt de dire des fadaises. Le malheur est de les dire curieusement » (Livre III, chapitre 1)
« L'accoutumance est une seconde nature, et non moins puissante ».
« Je ne peint pas l'estre. Je peint le passage : non un passage d'age en autre, ou, comme dit le peuple, de sept en sept ans, mais de jour en jour, de minute en minute […] » (Livre III, chapitre 2)
« J'accuse toute violence en l'éducation d'une âme tendre, qu'on dresse pour l'honneur, et la liberté. Il y a je ne sais quoi de servile en la rigueur, et en la contrainte : et tiens que ce qui ne se peut faire par la raison, et par prudence, et adresse, ne se fait jamais par la force ». (Livre II, chapitre 8)
« Les plaisirs de l'amour sont, selon moy, les seuls vrais plaisirs de la vie corporelle ». (Livre II, chapitre 2)
« La plus utile et honorable science et occupation à une femme, c'est la science du ménage ». (Livre III, chapitre 9)
« Le monde n'est qu'une branloire pérenne ».
« Il est peu d'hommes qui osassent mettre en évidence les requêtes secrètes qu'ils font à Dieu ». (Livre I, chapitre 26)
« La préméditation de la mort est préméditation de la liberté. Le savoir mourir nous affranchit de toute subjection et contrainte ».
« Tous les jours vont à la mort, le dernier y arrive ». (Livre I, chapitre 20)
« Si on me presse de dire pourquoi je l'aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu'en répondant : "Parce que c'était lui, parce que c'était moi." » (Evoquant son amitié avec Etienne de La Boétie - Livre Ier, chapitre 28)
« Penser par soi-même c’est surtout le chemin le plus sûr pour penser à la fois tout seul et comme tout le monde, que de penser par autrui. »
« Toute science est dommageable à celui qui n'a la science de la bonté. » (Livre I, chapitre 25)
« Le vrai miroir de nos pensées est le cours de nos vies. » (Livre I, chapitre 26)
« Qui craint de souffrir, il souffre déjà de ce qu'il craint. » (Livre III, chapitre 13)
« L'ambition n'est pas un vice de petits compagnons, et de tels efforts que les nostres » (Livre III, chapitre 10)
« Puis que ce n'est par conscience, au moins par ambition refusons l'ambition ; Desdaignons ceste faim de renommée et d'honneur, basse et belistresse, qui nous le fait coquiner de toute sorte de gens » (Livre III, chapitre 10)
Publications
Les Essais de Michel Seigneur de Montaigne. À Paris chez Abel Langelier, au premier pilier de la grande salle du Palais. 1595. Édition nouvelle, trouvée après le décès de l’Auteur, revue & augmentée par l’un d’un tiers plus qu’aux précédentes Impressions. L’édition fut partagée entre les éditeurs Abel l’Angelier (éditeur principal) et Michel Sonnius, Paris, Abel l'Angelier, 1598. Cette édition de 1598 est très rare et importante car elle comporte une préface dans laquelle Mademoiselle de Gournay rétracte celle de 1595 et une préface de Montaigne "corrigée de la dernière main de l'auteur". Elle présente le texte des "Essais" considéré comme définitif par Marie de Gournay, car corrigé en 1596 lors de son séjour au château de Montaigne, sur l'exemplaire autographe différent de l'exemplaire de Bordeaux.
1723, Nouvelle édition par Pierre Coste, qui donne cinq éditions des Essais entre 1724 et 1745. Après sa mort en 1747, ils sont réimprimés huit fois jusqu'en 1801. Coste s'est efforcé de rendre le texte de Montaigne plus exact et plus accessible. Il a suivi l'édition l'Angelier de 1595 non sans en corriger les fautes ; il y a joint des notes et des pièces annexes, notamment des lettres de Montaigne, dont le nombre augmente au fil des éditions. La seconde édition donnée par Pierre Coste, est meilleure que la première de Londres 1724, car elle contient en plus L'Epître dedicatoire adressée à Richelieu par Mademoiselle de Gournay, la préface de Melle de Gournay, et la vie de Montaigne, deux épitaphes qui n'avaient jamais paru ; et les 29 sonnets d'Etienne de La Boétie qui ne se trouvaient que dans l'édition L'Angelier de 1588. Au XVIIIe siècle et jusqu'en 1781, les éditions Coste restent les seules éditions des Essais.
Bibliographie Montaigne : Les Essais, mis en Français moderne par Claude Pinganaud - éd. Arléa 2002, (édition aisée à lire mais pas dénaturée)
Œuvres complètes :Montaigne : Les Essais - 1824 pages, éd. La Pléiade, Gallimard, 1962, (édition bréviaire comportant Les Essais, la correspondance et le journal de voyage, ainsi qu'un appareil critique) — Réédition, 2001, ISBN 2-0701-0363-3
Montaigne : Essais, préface d’André Gide, édition établie par Pierre Michel - éd. Folio Classique
Montaigne à cheval, Jean Lacouture - éd. Seuil (Collection Points) (Sympathique initiation à Montaigne)
Les Commerces de Montaigne par Philippe Desan, Paris, Nizet, 1992
Montaigne, une vie, une œuvre, par D. Frame, tr. p. J.-C. Arnould, N. Dauvois et P. Eichel, Paris, Champion, 1994.
Montaigne, notre nouveau philosophe par Joseph Macé-Scaron - éd. Plon
Montaigne en mouvement par Jean Starobinski - éd. Folio Essais
Montaigne par Stefan Zweig - éd. PUF collection « Quadrige »
Montaigne ou la conscience heureuse par Marcel Conche, éd. PUF, 2002
Michel de Montaigne, biographie, par Madeleine Lazard, Editions Fayard, 2002, ISBN 2-2136-1398-2
Descartes et Pascal, lecteurs de Montaigne, par Léon Brunschvicg, éd. de la Baconnière, 1945.
Dictionnaire de Michel de Montaigne dirigé par Philippe Desan, Paris,
Champion, 2004, — ISBN 2-7453-1142-5. éd. augmentée, 2007.
Liens externes
(fr) Le site de la Société Internationale des Amis de Montaigne
(fr) Le site officiel du Château de Montaigne
(en) Revue « Montaigne Studies », publiée par l'Université de Chicago
(fr) Archive complète, avec un moteur de recherche, de l'édition Villey-Saulnier appartenant a l'université de Chicago
(fr) Texte intégral du Journal du voyage de Michel de Montaigne en Italie, sur le site de l'Université de Chicago
Jugement de Malebranche sur les Essais de Montaigne : critique de sa pédanterie, et de sa méconnaissance de l'esprit humain
27 Février 1933 : Incendie du Reichstag, prétexte permettant à Hitler de commencer sa dictature.
Le palais du Reichstag est un bâtiment de Berlin en Allemagne, qui accueillit l'assemblée du Reichstag de 1894 jusqu'à l'incendie du 27 février 1933, puis le Bundestag de la République fédérale d'Allemagne à partir de 1999 au retour de l'institution à Berlin.
Sa construction d'après un projet de Paul Wallot s'est achevée en décembre 1894. Le bâtiment de style de la Haute Renaissance italienne est surmonté d'une coupole culminant à 75 mètres au-dessus du sol. La dédicace « Dem Deutschen Volke » (Au peuple allemand) a été apposée pendant la Première Guerre mondiale.
Le 9 novembre 1918, depuis une fenêtre du palais, le politicien social-démocrate Philipp Scheidemann annonce la fin de la monarchie des Hohenzollern et proclame la République.
Dans la nuit du 27 au 28 février 1933, le Reichstag est incendié. La culpabilité du jeune conseilliste hollandais du nom de Marinus Van der Lubbe n'a jamais été prouvée. Les nazis présentent l'évènement comme un complot communiste et lancent une campagne de terreur et de répression des partis politiques qui leur sont opposés, à commencer par les membres du Parti communiste allemand. Le parlement allemand se réunit désormais dans le Kroll Oper (Opéra Kroll).
C'est sur le faîte du palais que l'Armée rouge soviétique hisse un drapeau rouge le 30 avril 1945 lors de la prise de Berlin à la fin de la Seconde Guerre mondiale. La célèbre photographie de l'événement fut retouchée pour frapper le drapeau d'une faucille et d'un marteau pour bien reconnaître le drapeau de l'URSS, mais également pour effacer les montres surnuméraires que portait un des soldats.
Le bâtiment est rénové entre 1961 et 1973 par la République fédérale d'Allemagne sans la coupole.
Après la réunification allemande du 3 octobre 1990, le parlement allemand (Bundestag) décide le 20 juin 1991 le déménagement du parlement et du gouvernement fédéral de Bonn à Berlin, et sa réintégration dans le palais du Reichstag.
C'est l'architecte Sir Norman Foster qui emporte le concours pour la rénovation du bâtiment. Pendant les travaux, les artistes Christo et Jeanne-Claude « emballent » le palais. Symbole du Reichstag, la coupole est reconstruite en verre.
Lors de l'inauguration, un débat surgit autour d'une œuvre végétale. Les députés allemands furent invités à apporter de la terre de leur circonscription ainsi qu'une graine pour fournir une végétation autour d'un mot « Der Bevölkerung » (À la population). Ce mot, placée dans la cour intérieure nord, est un pendant à la phrase qui orne le fronton du Reichstag (« Dem Deutschen Volke ») (Au peuple allemand) jugé nationaliste. Il faut comprendre cette initiative comme la volonté des députés de travailler pour l'ensemble de la société, composée de nationaux et d'étrangers. Une députée issue du parti des verts fit scandale en profitant de l'occasion pour y planter une graine de cannabis. Aujourd'hui, la végétation recouvre partiellement le mot; on peut pourtant encore nettement le voir de nuit, lorsqu'il s'illumine.
Reichstag (institution)
Le Reichstag (« Diète impériale ») était le nom du parlement de l'Allemagne de 1867 à 1942 (notamment sous l'Empire allemand et la République de Weimar). La Diète d'Empire du Saint-Empire romain germanique est également appelée Reichstag en allemand. Le Reichstag était une assemblée élue et démocratique, ayant un pouvoir réel, à part dans sa dernière période (à partir de 1930 et surtout de 1933), qui vit l'émergence du totalitarisme nazi. Il a été remplacé par le Bundestag.
Reichstag (nom) Le terme Reichstag (en français : Diète impériale) est une composition de l'allemand Reich (Empire) et Tag (qui ne signifie pas ici « jour » mais est dérivé du verbe tagen qui signifie « s'assembler pour débattre »). C'est la traduction littérale du terme latin curia imperialis. Aujourd'hui, Les parlements aux divers niveaux fédéraux sont appelés Bundestag, Landtag, etc.
Reichstag (histoire)
Le Reichstag de 1849 La constitution élaborée par le Parlement de Francfort entre octobre 1848 et avril 1849 prévoyait un Reichstag bicaméral, composé du Staatenhaus (« Chambre des états », représentation des différents états allemands, comparable au Bundesrat allemand actuel) et du Volkshaus (« Chambre du peuple », représentation directe du peuple). Comme la constitution n'entra pas en vigueur, ce parlement n'a jamais vu le jour.
Le Reichstag pendant la Confédération de l'Allemagne du Nord (1867–1871)
La Confédération de l'Allemagne du Nord (Norddeutscher Bund) disposait d'un Reichstag élu en suffrage direct (masculin). Les premières et uniques élections ont eu lieu le 12 février 1867. Son premier président était Eduard Simson qui avait déjà présidé au Parlement de Francfort.
Le Reichstag pendant l'Empire allemand (1871–1918)
La constitution de l'Empire allemand du 16 avril 1871 ressemblait beaucoup à celle de la Confédération de l'Allemagne du nord. Le Reichstag est élu au suffrage direct (scrutin majoritaire) par tous les hommes allemands majeurs (plus de 25 ans à l'époque). Les 397 députés (382 avant 1874) sont d'abord élus pour trois ans, à partir de 1890 pour cinq ans.
Cette période voit aussi la construction du palais du Reichstag, inauguré en 1894, qui accueille depuis 1999 (après une reconstruction avec l'ajout d'une grande verrière) le parlement allemand actuel, le Bundestag.
Le Reichstag pendant la République de Weimar (1919–1933)
Les premières élections ont lieu le 19 janvier 1919. Pour la première fois en Allemagne, les femmes ont le droit de vote. Les députés sont élus en suffrage universel direct (représentation proportionnelle) pour une période de quatre ans. Dans la république de Weimar de 1919 le chancelier d'Allemagne Reichskanzler était responsable devant le Reichstag qui était élu démocratiquement.
À partir de 1930, le système politique est déstabilisé et le Reichstag perd des pouvoirs au profit du Reichspräsident. Avec la nomination d'Adolf Hitler au poste de Reichskanzler le 30 janvier 1933 commence la période national-socialiste. Au mois de février, le Reichstag est incendié par un militant conseilliste néerlandais de vingt-trois ans, Marinus Van der Lubbe (qui sera condamné et exécuté, le 10 janvier 1934). Alors commença le processus de Gleichschaltung avec le décret de l'incendie du Reichstag et surtout la Loi des pleins pouvoirs (Ermächtigungsgesetz, le 23 mars 1933), qui met définitivement fin à la fonction législative du Reichstag. À partir de ce moment, il ne fonctionna plus que comme un corps d'acclamation pour les actions du dictateur. Même dans ce rôle, sa dernière session eut lieu en 1942.
26 Février 1981 : Le TGV atteint les 380km/h, pulvérisant ainsi le record de vitesse sur rail, datant de 1955.
Le TGV ou Train à Grande Vitesse est une rame automotrice électrique apte à circuler à grande vitesse mise au point par la SNCF et construite par la société Alsthom (devenue Alstom en 1998). Le terme « TGV » désigne au sens large le système ferroviaire constitué par ce matériel et la ligne dédiée (LGV ou Ligne à Grande Vitesse) lui permettant d’atteindre ses performances optimales.
« TGV » est également une marque déposée de la SNCF. Le logo de la marque TGV, à l’aspect métallisé, est censé évoquer la fluidité, la vitesse et la puissance du train (bien qu'interprété différemment, il évoque curieusement un escargot). Le slogan du TGV est « TGV, prenez le temps d’aller vite ».
C'est en 1981 que fut lancé le premier service TGV entre Paris et Lyon, utilisant une partie de la « LGV Sud-Est » dite « Ligne Nouvelle 1 » (LN1) encore partiellement en construction (achèvement 1983, avec un temps de parcours entre les deux villes porté de 2h40 à 2h00).
Dès l'origine le service TGV continuait par voie classique vers quelques autres villes du sud-est : Marseille, Montpellier et gares intermédiaires. Depuis, le réseau TGV centré sur Paris s’est étendu jusqu’à relier désormais de nombreuses villes françaises, en partie grâce à la construction de lignes nouvelles à grande vitesse vers le sud, l’ouest, le nord et bientôt l'est de la France (juin 2007). Aujourd'hui encore le TGV n'atteint de nombreuses villes qu'en poursuivant son parcours sur ligne ferroviaire classique ou aménagée, à des vitesses allant de 160 à 220 km/h (cas de Rennes, Bordeaux, Toulouse, etc.).
Désireux de partager le succès du réseau français, des pays voisins comme la Belgique, l’Allemagne ou la Suisse ont raccordé leur réseau avec celui-ci. Le TGV dessert également l’Allemagne et les Pays-Bas sous la marque Thalys, et le Royaume-Uni sous la marque Eurostar.
Hormis trois TGV utilisés par La Poste entre Paris et Lyon, le TGV est exclusivement un service de transports de voyageurs. Il a fêté son premier milliard de voyageurs transportés depuis l’inauguration du premier service en septembre 1981, le 28 novembre 2003. Le deuxième milliard est attendu pour 2010.
La conquête de la vitesse
Le TGV ne fut pas le premier train à grande vitesse à entrer en service commercial dans le monde. Le Shinkansen japonais relia Tōkyō à Ōsaka dès le 1er octobre 1964, près de dix-sept ans avant les premiers TGV.
Le 26 février 1981, la rame 16 du TGV obtint un premier record de vitesse sur la LGV Sud-Est à 380 km/h. Ce record de vitesse, pour lequel des dizaines de journalistes avaient été conviés, n’avait pas pour but d’ajouter un nouveau record au palmarès de la SNCF, mais plutôt de rassurer les futurs voyageurs, en leur montrant que les 260 km/h auxquels ils seraient bientôt transportés pouvaient être atteints en toute sécurité. Après qu'une rame d'essais allemande InterCityExpress (ICE-V) de la Deutsche Bahn (DB) ait roulé à 406,9 km/h sur la ligne à grande vitesse Hanovre–Würzburg le 1er mai 1988, la SNCF améliora officieusement ce record le 12 décembre 1988 en faisant rouler la rame TGV PSE 88 à 408,4 km/h sur la LGV Sud-Est au cours d’essais de la chaîne de traction synchrone des futurs TGV Atlantique.
Le 18 mai 1990, le TGV a obtenu le record du monde de vitesse, à 515,3 km/h sur la LGV Atlantique, avec une rame d’essai Atlantique numérotée 325 raccourcie à trois caisses intermédiaires au lieu de dix.
C'est le dernier record homologué du TGV, toujours inégalé. Le 13 Février 2007 sur la LGV Est-Européenne, la SNCF est parvenue durant des marches d'essais à faire rouler un TGV Duplex spécialement préparé à la vitesse de 554,3 Km/h (non homologué). Ces essais s'inscrivent dans un programme visant à établir un nouveau record de vitesse, officiel celui-là, durant le second trimestre de l'année 2007.
Quant au Japon, il détient le record de vitesse pour les trains à sustentation magnétique (Maglev).
Le TGV a également établi un record d’endurance, parcourant le 26 mai 2001 le parcours Calais - Marseille (1067,2 km) en 3 h 29, à l’occasion de l’inauguration de la LGV Méditerranée.
Le TGV reste, en 2007, le train le plus rapide au monde en service commercial. Récemment, un parcours type moyen s’établissait à 263,3 km/h de vitesse moyenne de gare à gare.
Aux origines du TGV
L’idée de créer un train à grande vitesse pour relier les principales villes françaises a émergé au cours des années 1960, après que le Japon eut commencé la construction du Shinkansen en 1959. À l’époque, la SNCF cherchait un moyen de redresser la fréquentation de ses trains, qui baissait inexorablement. Une augmentation substantielle de la vitesse apparût comme la solution qui lui permettrait de concurrencer efficacement l’automobile et l’avion. Elle était stimulée par les expérimentations du projet d’aérotrain qui faisait appel à la technologie du coussin d’air radicalement différente du contact roue/rail du chemin de fer classique. Elle expérimentait également la voie des turbotrains légers testant dès 1967 le prototype TGS.
Dans sa première version, le TGV devait être mû par des turbines à gaz. Ce choix était motivé par la taille relativement petite des turbines, leur puissance massique élevée et leur capacité à délivrer une puissance élevée pendant un temps important. Le premier prototype, TGV 001, fut la seule rame de ce type jamais construite.
Les essais du TGV 001 apportèrent cependant beaucoup d’enseignements utiles à la suite du projet, notamment dans le domaine du freinage à haute vitesse, qui nécessitait de dissiper une importante quantité d’énergie cinétique, de l’aérodynamique et de la signalisation. La rame était articulée, deux caisses adjacentes s’appuyant sur un bogie commun tout en conservant une possibilité de mouvement relatif. Ce prototype atteignit la vitesse de 318 km/h, qui reste à ce jour le record du monde de vitesse ferroviaire en traction thermique. Le style du TGV, tant intérieur qu’extérieur avec le nez caractéristique des motrices, est dû au designer d’origine britannique Jacques Cooper et a marqué les générations suivantes de matériel.
La naissance du TGV actuel
A la suite de la crise pétrolière de 1973, le choix fut fait de revenir à la traction électrique, avec acheminement du courant par caténaires et captage par pantographe. Les raisons de ce choix furent autant politiques que techniques ou économiques : en effet, le coût de l’énergie ne représentait alors que 5 % environ du coût de traction, soit 20 francs de l’époque par rame/km (16 €uros équiv. 2007), et le coût d’une rame électrique était d’environ 10 % plus élevé que celui d’une rame à turbines, pour une capacité inférieure, sans compter le coût des installations fixes.
Le passage à la traction électrique imposa de reprendre le programme de recherches et d’essais dans nombre de domaines. La SNCF transforma en 1974 une automotrice Z 7100 pour construire le prototype Z 7001 (surnommé Zébulon) qui permit de tester plusieurs innovations : pantographes à deux étages, moteurs de traction suspendus à la caisse pour alléger (2,95 t en moins) les masses non suspendues des bogies et réduire ainsi les efforts sur la voie, nouvelles dispositions en matière de suspension et de freinage. Zébulon parcourut environ un million de kilomètres en marches d’essais.
En mars 1974, le président Pompidou décida du lancement du projet, et le gouvernement approuva la construction d’une première ligne entre Paris et Lyon, la LGV Sud-Est (LN1). Le projet fut entièrement financé par la SNCF, essentiellement sur emprunts. Cela entraîna une explosion de l’endettement de la société nationale. Cet endettement conduira avec d’autres motifs (directives votées par le Parlement européen notamment) à la réforme de 1997 qui verra la création de RFF.
Suivant une campagne d’essais menée avec deux rames de présérie, la première commande fut livrée à partir du 25 avril 1980. Le service TGV ouvrit au public entre Paris et Lyon le 27 septembre 1981. La cible initiale était les voyages d’affaires entre ces deux villes, mais dès l’origine, la grande majorité des rames étaient ouvertes à la deuxième classe. Le temps de parcours considérablement réduit par rapport à la situation antérieure (grâce aussi au tracé plus direct de la ligne) permit d’acquérir une nouvelle part de marché au détriment de l’automobile et de l’aviation. L’innovation était non seulement technique, mais aussi commerciale avec la simplicité tarifaire (suppression des suppléments), l’obligation de réservation et plus tard l’introduction du cadencement.
L’extension du service
Après l’ouverture en 1981 de la LGV sud-est permettant des liaisons entre Paris et le Sud-Est de la France, le réseau de lignes nouvelles ne cessa de s’étendre, tandis que les dessertes grâce à la compatibilité avec le réseau classique allaient bien au delà. Les premiers TGV « province-province » furent lancés en 1984 (Lille-Lyon via la Ligne de Grande Ceinture) et en 1986 (Rouen-Lyon).
En 1989 et 1990, la LGV Atlantique permit au TGV de desservir une cinquantaine de nouvelles villes. En 1993, c’est au tour de la LGV Nord d’ouvrir plus largement le TGV au trafic international, avec l’Eurostar vers Londres et le Thalys vers le Benelux, sans compter les nouvelles gares desservies en France. La LGV Interconnexion Est permit en 1994 de raccourcir les trajets « province-province », et de desservir d’autres gares franciliennes que les seules gares parisiennes.
Enfin, la LGV Méditerranée permit en 2001 de rapprocher la Méditerranée de Paris, et d’étendre une nouvelle fois le réseau TGV. Des TGV vont également en Suisse et en Italie. La prochaine étape est l’ouverture en 2007 de la LGV Est européenne, qui permettra d’étendre encore le réseau vers l’Est de la France, l’Allemagne, le Luxembourg et même la Suisse. Dès 2009 le TGV relira Perpignan à Barcelone.
Les LGV représentent, en 2006, une longueur totale de 1547 km, soit 5 % environ du réseau en exploitation en France.
Le matériel : Conception
La particularité des rames automotrices TGV est qu’elles sont constituées de deux motrices à deux bogies encadrant un tronçon articulé, composé de remorques dont les bogies intermédiaires sont communs à deux caisses adjacentes. L’articulation entre deux caisses fait appel à un dispositif original qui permet de solidariser avec amortissement les deux caisses. Cette disposition présente plusieurs avantages :
Pour la consommation énergétique, cette disposition ayant permis de diminuer le nombre d’essieux, d’abaisser le centre de gravité de la rame et le maître-couple ;
Pour le confort, aucun voyageur ne se retrouvant assis au niveau des essieux, et l’amortissement des caisses entre elles limitant la transmission de vibrations depuis les bogies ;
Pour la sécurité, la rame articulée mais rigide en torsion résiste mieux en cas de déraillement qu’un train classique qui a tendance à se désarticuler. Cela ne garantit naturellement pas du risque de collision avec un autre train sur une voie adjacente.
Deux rames peuvent être couplées en unité multiple ce qui permet de doubler la capacité offerte par un train. L’impossibilité de séparer facilement les remorques du tronçon central nécessite des installations de levage capables de soulever une rame entière dans les ateliers d’entretien. Roulant sur des voies ferrées classiques, le TGV est parfaitement compatible avec les installations existantes, dès lors qu’elles sont électrifiées. Cependant, les ondes générées par le frottement du pantographe se déplacent, sur une caténaire classique, à une vitesse proche de 350 km/h Lorsque le train roule à une vitesse proche de ces ondes (ou supérieure), il peut les rattraper. Le pantographe n’est alors plus en contact que par moments avec la caténaire, ce qui provoque une alimentation électrique par intermittence, empêchant une circulation normale de la rame. Il est donc nécessaire de tendre davantage la caténaire pour faire face à des circulations à des vitesses supérieures à 350 km/h, ce qui accélère son usure.
Le matériel : Motorisation
Les premiers TGV fonctionnaient à l’aide de moteurs à courant continu alimentés par des redresseurs réversibles.
À la fin des années 1980, le développement de l’électronique de puissance a permis de substituer le moteur synchrone au moteur à courant continu. Ces moteurs sont d’abord alimentés à l’aide d’onduleurs de courant à thyristor (1988). À cette époque l’électronique de puissance nécessaire à leur alimentation est beaucoup plus simple que celle requise par les moteurs asynchrones.
L’utilisation de moteurs synchrones présentait plusieurs avantages :
Moteur plus simple et plus léger à puissance égale :
TGV-SE : 12 moteurs à courant continu de 535 kW et 1560 kg.
TGV-A : 8 moteurs de 1100 kW et 1450 kg.
Couple au démarrage élevé
Absence de collecteurs donc pas de problèmes de commutation.
Amélioration du facteur de puissance (toujours inférieur à 0,8 pour une rame TGV-SE, toujours supérieur à 0,95 pour une rame TGV-A).
Néanmoins, le moteur synchrone est plus coûteux et nécessite plus d’entretien que le moteur asynchrone. Avec les progrès de l’électronique de puissance (onduleur de tension à IGBT), ce dernier va supplanter le moteur synchrone dès le milieu des années 1990 dans quasiment tous les domaines de la traction. Ce type de motorisation est installé sur les motrices de l’Eurostar, mais avec des thyristors GTO.
Le matériel : Circuits électriques de commande
Le TGV-A a inauguré la gestion de la rame par ordinateurs reliés en réseau ; baptisé TORNAD (TOken Ring Network Alsthom Device), le système est composé de 18 équipements (ordinateurs).
Pour les générations suivantes de TGV (TGV-R TGV-DUPLEX TGV-POS), les ordinateurs sont reliés entre eux par le réseau TORNAD*. Il s’agit d’un réseau de type token bus (802.4).
Prix
La valeur d’une rame TGV classique est aux environs de 15 millions d’euros, celle d’une rame de type Duplex à l’achat est estimée entre 24 et 28 millions d’euros (valeur 2005) tandis qu’un Eurostar pouvait lui coûter jusqu’à 32 millions d’euros.
L’infrastructure : Les lignes à grande vitesse (LGV)
Ce train emprunte des voies spécialement construites à son intention (les LGV ou Lignes à grande vitesse) à des vitesses de l’ordre de 300 km/h. Les rayons de courbure des lignes sont adaptés (supérieurs ou égaux à 4000 m, 6000m sur la LGV Est européenne), de même que la signalisation (il s’agit d’une signalisation embarquée ou CAB-Signal) qui autorisera prochainement 320 km/h sur les lignes les plus modernes (LGV Est Européen). Ces lignes dites nouvelles sont clôturées par des grillages, pour éviter des heurts avec les animaux, et ne comportent aucun passage à niveau.
Le record mondial de vitesse sur rail du 18 mai 1990 (515,3 km/h) puis celui de 2007, non officiel (554 km/h) ont montré que la LGV était mécaniquement capable de supporter des vitesses beaucoup plus élevées, la géométrie de la voie n’ayant pas souffert des marches d’essai à plus de 500 km/h. Les principaux obstacles à la progression des vitesses commerciales sont aujourd’hui :
Le freinage, qui devient problématique dès 350 km/h du fait de l’énergie à dissiper ;
La résistance aérodynamique, proportionnelle au carré de la vitesse, qui a une incidence sur la consommation énergétique ;
Le coût de maintenance des voies, qui devient prohibitif au-delà d’une certaine vitesse ;
Le bruit qui augmente avec la vitesse et qui fait l’objet d’une réglementation de plus en plus stricte ;
Le captage de courant via le pantographe, qui nécessite une tension mécanique élevée des caténaires et conduit à leur usure accélérée ;
Et dans une moindre mesure le contact rail-roue.
Le TGV peut aussi emprunter les autres voies (réseau classique), à la vitesse maximale autorisée par ces lignes, jusqu’à 220 km/h selon le tracé et le type de signalisation.
L’infrastructure : Les gares
L’un des avantages du système TGV sur d’autres systèmes comparables tels que les trains à sustentation magnétique est sa compatibilité avec le réseau classique. Cela permet de desservir les gares situées au centre des villes (comme la gare de Lyon à Paris ou Perrache à Lyon) sans qu’il soit nécessaire d’investir dans de coûteuses infrastructures nouvelles en zone urbaine. Sa consommation énergétique par passager est moindre, à vitesse égale. L'élimination des frottements mécaniques que permet la sustentation est en effet assez vite dépassée par la traînée aérodynamique et la sustentation en elle-même est consommatrice d'énergie.
Pour la desserte des villes moyennes, le choix a été fait de construire des gares de passage sur les lignes à grande vitesse à l’écart des villes desservies, et souvent accessibles seulement par des moyens routiers. C’est le cas par exemple de la gare desservant Montceau-les-Mines et Le Creusot située à mi-distance de ces deux villes (à Montchanin, des navettes la reliant à des villes aussi éloignées que Roanne située 70 km au sud ou Autun, 30km au nord). Ce choix a permis d’optimiser le temps de parcours entre Paris et Lyon. Un cas plus controversé est celui de la gare de TGV Haute-Picardie qui a été surnommée la « gare des betteraves » par ses détracteurs stigmatisant sa situation isolée loin d’Amiens et de Saint-Quentin, et sans correspondance avec le réseau ferroviaire local (TER).
Alors que les premières de ces gares n’exprimaient aucune ambition sur le plan architectural, il n’en est plus de même pour les plus récentes. On peut citer notamment parmi les plus spectaculaires celle de Lyon-Saint-Exupéry, œuvre de l’architecte espagnol Santiago Calatrava, celle de Roissy-Charles-de-Gaulle et la gare d’Avignon TGV. Ouverte en 2001, cette dernière est considérée comme l’une des plus remarquables du réseau, avec son toit vitré spectaculaire de 340 mètres de long qui a été comparé à celui d’une cathédrale.
Les services
Les dessertes en TGV empruntent les lignes nouvelles sur une partie de leurs parcours et continuent sur le réseau classique sur des distances parfois assez longues, y compris dans les pays voisins de la France. La plupart sont des dessertes radiales partant de Paris ou y arrivant, certaines suivent des relations transversales évitant Paris intra-muros en empruntant la ligne d’interconnexion à l’est de la capitale ou la Grande Ceinture au sud. Les TGV desservent plus de 150 gares en France, dont huit en Île-de-France et plus d’une trentaine dans les pays limitrophes.
Nouveauté en France hors des liaisons suburbaines, les axes Paris-Bruxelles, Paris-Lille et Paris-Lyon ont des horaires cadencés (départs et arrivées aux mêmes minutes de chaque heure pendant toute la journée).
Les régions oubliées
On voit que le TGV laisse pour l’instant à l’écart la Basse-Normandie, et le Massif Central (Auvergne, Limousin, et du Midi-Pyrénées) . C’est un des grands reproches fait au TGV. Le TGV n’y circule pas ce qui provoque la colère des régions concernées; en effet elles considèrent que le TGV doit être un moteur de développement économique, or, on ne le fait circuler que dans des régions déjà économiquement développées au lieu de desservir des régions en retard comme le Limousin. Les projets actuellement les plus avancés ne concernent pas non plus ces régions, même si quelques collectivités locales et associations défendent des projets comme la LGV Massif Central, la Transversale Alpes Auvergne Atlantique, la LGV des Estuaires et la LGV Normandie. Ne pas être relié au TGV constitue un frein au développement économique d’une région. Il y a un véritable effet TGV sur l’attractivité d’une ville. De plus, même lorsque des LGV existent, les gares des villes moyennes situées sur les lignes classiques qu’elles doublent perdent souvent leurs liaisons "Grandes Lignes". C’est par exemple le cas de Sens et Villefranche-sur-Saône suite à l’ouverture de la LGV Sud-Est, ou encore de Miramas après l’ouverture de la LGV Méditerranée.
Cet "oubli" des régions proches de Paris (Normandie) ou à faible densité de population (Massif Central) tient aux conditions de rentabilité économique de la grande vitesse ferroviaire : La construction des infrastructures dédiées aux trains à grande vitesse étant très coûteuse, il est nécessaire de disposer de flux massifs de voyageurs sur les parcours pour pouvoir rentabiliser les lignes par leur usage intensif (plus de 10 trains par heure en moyenne dans chaque sens entre 6 h et 22h). De plus, il est nécessaire de disposer d’un parcours sans arrêt suffisamment long pour bénéficier pleinement des effets positifs de la grande vitesse ferroviaire, faute de quoi le bilan coût avantage de la grande vitesse devient contestable.
Il ne faut pas non plus oublier que la construction d’une ligne à grande vitesse ferroviaire traversant une région peu peuplée ne constitue pas en elle-même nécessairement une bonne nouvelle dans la mesure ou le TGV peut constituer autant un évitement ou un appauvrissement des dessertes afin de protéger le gain en vitesse de la nouvelle ligne qu’une solution pour le désenclavement. Le TGV a pour vocation première de rapprocher les pôles structurant du territoire français (Paris, Lille, Nantes, Bordeaux, Lyon, Marseille… ) ou européens (Londres, Bruxelles, Genève, Amsterdam, Francfort… ) et non de changer les caractéristiques propres de chaque territoire souvent héritées du passé. En poussant le paradoxe jusqu’au bout on pourrait presque affirmer qu’il est un outil de repolarisation de l’espace national et européen autour de ses pôles de force.
Les accidents les plus graves
En 25 ans, le TGV a connu plusieurs accidents dont trois déraillements à grande vitesse, ne causant toutefois que quelques blessés légers. Des morts ont cependant été déplorés lors de collisions sur ligne classique avec des véhicules routiers à des vitesses plus modestes. Les rames, mêmes partiellement déraillées, sont toujours restées dans leur position normale, dans un seul cas, en octobre 2001 dans les Landes, une motrice s’est couchée sur le côté à la suite de la cassure d’un rail. Cette stabilité est attribuée en partie à la rigidité que sa structure articulée donne à la rame.
Sur ligne à grande vitesse
Décembre 1992, le TGV 920 Annecy-Paris, assuré par la rame 56, déraille à 270 km/h au passage dans la gare de Mâcon-Loché TGV (Saône-et-Loire) ; Cause matériel : blocage des roues d’un bogie par suite de la défaillance d’un composant électronique ; le bogie défaillant dérailla en franchissant les aiguillages à l’entrée de la gare ; aucun blessé dans le train, 25 personnes qui attendaient un autre TGV sur le quai sont légèrement blessées par des projections de ballast.
21 décembre 1993, le TGV 7150 Valenciennes-Paris, assuré par la rame 511, déraille à 300 km/h à hauteur d’Ablaincourt-Pressoir (Somme) ; la motrice de tête et les quatre premières voitures déraillent mais restent dans l’axe de la voie ; cause voie : affaissement de la plate-forme au droit d’une ancienne galerie datant de la Première Guerre mondiale, non détectée ; sur les 200 passagers, un seul fut légèrement blessé.
5 juin 2000, l’Eurostar 9047 Paris-Londres, assuré par la rame 3101/2 appartenant à la SNCB, déraille à 250 km/h près de la bifurcation de Croisilles (Pas-de-Calais), à proximité d’Arras ; quatre bogies (sur 24) sont sortis des rails ; Sur les 501 passagers, une dizaine furent légèrement commotionnés ; Cause matériel : Une bielle de réaction du bogie moteur arrière de la motrice de tête retrouvée détachée serait à l’origine de l’accident.
Sur ligne classique
Décembre 1983, une bombe explose dans le TGV Marseille-Paris à hauteur de Tain-l’Hermitage ; deux morts (attentat attribué à Carlos).
28 septembre 1988, le TGV 736 Grenoble-Paris heurte à 105 km/h un transport exceptionnel routier, transportant un transformateur électrique de 100 tonnes, bloqué sur un passage à niveau à Voiron (Isère) ; la DDE (Direction départementale de l’équipement) n’avait pas autorisé le convoi exceptionnel à passer sur ce passage à niveau ; le choc fut très violent à cause de la masse du poids-lourd ; deux morts (le conducteur du TGV et un voyageur), 25 blessés légers parmi les voyageurs. Le TGV transportait 300 personnes. La rame 70, baptisée « Melun » fut détruite, à l’exception de la motrice 23 140, qui sert actuellement de motrice de réserve pour les rames PSE bicourant.
4 janvier 1991, suite à une défaillance des freins, la rame 360, vide, se mit en marche au dépôt de Châtillon. La rame fut dirigée sur une voie inoccupée et vint s’encastrer à 60 km/h dans une rampe de chargement de voitures de la gare de Paris-Vaugirard. La motrice 24 119 fut détruite et les voitures 1 et 2 gravement endommagées. Il n’y eut aucune victime et la rame fut reconstruite.
25 septembre 1997, le TGV 7119 Paris-Dunkerque, assuré par la rame 502, percuta à 130 km/h une goudronneuse de 70 tonnes immobilisée sur un passage à niveau à Bergues (Nord). Il y eut 7 blessés. La motrice 28 004 fut radiée.
31 octobre 2001, le TGV 8515 Paris-Irùn, assuré par la rame 363, déraille à Saubusse (Landes) entre Dax et Bayonne à 130 km/h ; les 10 voitures ont déraillé et la motrice arrière 24 125 s’est couchée sur la voie ; cause voie : rail cassé ; sur les 422 passagers, six furent blessés légèrement.
30 janvier 2003, le TGV Dunkerque-Paris heurte à 106 km/h un poids lourd bloqué sur le passage à niveau d’Esquelbecq ; gros dégâts sur la motrice mais seul un essieu a déraillé ; aucun blessé parmi les voyageurs, le conducteur du TGV est légèrement blessé. Pourtant, des efforts avaient été faits depuis le premier accident de ce type pour essayer de supprimer tous les passages à niveau des voies empruntées par le TGV. C’est notamment le cas pour le TGV Atlantique circulant sur ligne classique entre Tours et Bordeaux via Poitiers et Angoulême.
23 décembre 2006, deux personnes sont mortes et une gravement blessée dans une collision sur un passage à niveau aux abords de Langon (Gironde).
25 Février 1830 : « Hernani » pièce de théâtre de Victor Hugo est présenté au public è la Comédie-Française et déclenche Bataille d'Hernani.
Bataille d'Hernani
La Bataille d'Hernani, combat purement esthétique mais féroce, a pour cadre la première représentation, le 25 février 1830 de la pièce de Victor Hugo, Hernani, à la Comédie-Française de Paris.
Cette pièce, œuvre d'un jeune auteur déjà connu, brise les règles classiques des trois unités et emploie un vocabulaire inhabituel au théâtre, mêlant lyrisme et trivialité. Elle met en scène les amours malheureuses d'un proscrit, Hernani, pour la jeune infante doña Sol.
La représentation elle-même a été précédée de plusieurs lectures entre les membres du Cénacle romantique, chez l'auteur, si bien que les partisans d'Hugo, comme ses adversaires, se préparent à en découdre. Dans le public, parmi les « modernes », l'excentrique Théophile Gautier et son gilet vermillon provocateur ainsi que Gérard de Nerval apportent leur soutien à Hugo face aux « anciens ». Sur scène, Mademoiselle Mars, qui avait quelques réticences sur les libertés qu'Hugo prenait avec le classicisme, et ses partenaires tentent de continuer la représentation, malgré la bataille qui fait rage dans la salle.
On s'insulte copieusement, quelques échauffourées éclatent, l'œuvre emblématique du romantisme français est née.
Hernani
L'action principale se situe en Espagne en 1519 (de février à août)où Hernani et Juan Carlos se battent pour l'amour de Doña Sol. Le roi renonce à sa bien-aimée au profit de son rival, que l'on apprend être en fait Jean d'Aragon. Mais ce dernier avait offert sa vie à l'oncle de Doña Sol, Don Ruy Gomez, qui décide de la lui prendre le soir des noces du jeune couple. Doña Sol décide de suivre son amant dans la mort.
Victor Hugo
Victor-Marie Hugo, né le 26 février 1802 à Besançon, mort le 22 mai 1885 à Paris, est un écrivain, homme politique et intellectuel engagé français du XIXè siècle. Il est considéré comme le plus important des écrivains romantiques de langue française.
Son œuvre est très diverse : romans, poésie lyrique, drames en vers et en prose, discours politiques à la Chambre des Pairs, correspondance abondante.
Biographie
Enfance et jeunesse
Il est né à Besançon le 26 février 1802, mais passe son enfance à Paris. Il est le dernier des trois fils de Sophie Trébuchet (1772–1821) et de Joseph Léopold Sigisbert Hugo (1773–1828). Ses grands frères étaient Abel Joseph Hugo (1798–1855) et Eugène Hugo (1800–1837). De fréquents séjours à Naples et en Espagne, à la suite de son père, général de Napoléon, marqueront ses premières années. Vers 1813, il s’installe à Paris avec sa mère qui s’est séparée de son mari, car elle entretient une liaison avec le général d'empire Victor Fanneau de la Horie. Elle dispense à son fils une éducation assez libre avec l'aide de Fanneau de la Horie, son parrain et précepteur, qui accorde une grande place à toutes les formes de lecture. Âgé de quatorze ans à peine, Victor, en juillet 1816, note sur un journal : « Je veux être Chateaubriand ou rien »
Sa vocation est précoce et ses ambitions sont immenses.
Avec ses frères Abel et Eugène, il fonde en 1819 une revue, le Conservateur littéraire, qui attire déjà l'attention sur son talent. La même année, il remporte le concours de l'Académie des Jeux floraux (voir Clémence Isaure). Deux fois lauréat (1819 et 1820), également primé par l’académie, Victor Hugo délaisse les mathématiques, pour lesquelles il a un goût marqué (il suit les cours des classes préparatoires), et embrasse la carrière littéraire. Son premier recueil de poèmes, Odes, paraît en 1821 : il a alors dix-neuf ans et ses études au lycée Louis-le-Grand lui permettent de faire connaître rapidement cet ouvrage. Il participe aux réunions du Cénacle de Charles Nodier à la Bibliothèque de l'Arsenal, berceau du Romantisme, qui auront une grande influence sur son développement. Dès cette époque, Hugo est tout à la fois poète, romancier, dramaturge et même journaliste : Hugo entreprend tout et réussit beaucoup.
Le jeune écrivain
C’est avec Cromwell, publié en 1827, qu’il fera éclat. Dans la préface de ce drame, il s’oppose aux conventions classiques, en particulier à l’unité de temps et à l’unité de lieu. Il met véritablement en pratique ses théories dans la pièce Hernani. Cette œuvre est la cause d’un affrontement littéraire fondateur entre anciens et modernes, ces derniers, au premier rang desquels Théophile Gautier, s’enthousiasmant pour cette œuvre romantique — combat qui restera dans l’histoire de la littérature sous le nom de « bataille d’Hernani. » Dès lors, la production d’Hugo ne connaît plus de limites : romans (Notre-Dame de Paris, 1831) ; poésie (Les Chants du crépuscule, 1835) ; Théâtre (Ruy Blas, 1838).
De 1826 à 1837, il séjourne fréquemment au Château des Roches à Bièvres, propriété de Bertin l'Aîné, directeur du Journal des débats. Au cours de ces séjours, il y rencontre Berlioz, Chateaubriand, Liszt, Giacomo Meyerbeer et rédige des recueils de poésie dont le célèbre ouvrage des Feuilles d'automne.
Il épouse, le 12 octobre 1822, Adèle Foucher qui lui donne plusieurs enfants :
Léopold (16 juillet 1823–10 octobre 1823)
Léopoldine (28 août 1824–4 septembre 1843)
Charles (4 novembre 1826–13 mars 1871)
François–Victor (28 octobre 1828–26 décembre 1873)
Adèle Hugo (24 août 1830–21 avril 1915), la seule qui survivra à son illustre père mais dont l'état mental, très tôt défaillant, lui vaudra de longues années en maison de santé.
Il aura, jusqu’à un âge avancé, de nombreuses maîtresses. La plus célèbre sera Juliette Drouet, actrice rencontrée en 1833, qui lui consacrera sa vie et le sauvera de l’emprisonnement lors du coup d’état de Napoléon III. Il écrira pour elle de nombreux poèmes. Tous deux passent ensemble l'anniversaire de leur rencontre et remplissent, à cette occasion, année après année, un cahier commun qu'ils nomment tendrement le « Livre de l’anniversaire »
Hugo accède à l’Académie française en 1841.
En 1843, Léopoldine meurt tragiquement à Villequier, noyée avec son mari Charles Vacquerie dans le naufrage de leur barque. Hugo sera terriblement affecté par cette mort qui lui inspirera plusieurs poèmes des Contemplations — notamment, son célèbre « Demain, dès l'aube... »
L’Exil
Élevé par sa mère vendéenne dans l’esprit du royalisme, il se laisse peu à peu convaincre de l’intérêt de la démocratie (« J’ai grandi », écrit-il dans un poème où il s’en justifie). Son idée est que « là où la connaissance n’est que chez un homme, la monarchie s’impose. Là où elle est dans un groupe d’hommes, elle doit faire place à l’aristocratie. Et quand tous ont accès aux lumières du savoir, alors le temps est venu de la démocratie ». Devenu partisan d’une démocratie libérale et humanitaire, il est élu député de la deuxième République en 1848, et soutient la candidature de Louis-Napoléon Bonaparte élu Président de la République en décembre, avec qui il rompt en 1849, le Président n'ayant pas répondu favorablement aux ambitions ministérielles de l'écrivain. Hugo s’exile après le coup d'État du 2 décembre 1851 qu’il condamne vigoureusement pour des raisons morales (Histoire d'un crime). Sous le Second Empire, opposé à Napoléon III, il vit en exil à Bruxelles, puis à Jersey et enfin à Guernesey. Il fait partie des quelques proscrits qui refusent l’amnistie décidée quelque temps après (« Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là »). Pendant ces années difficiles, il publiera notamment Les Châtiments (1853), œuvre en vers qui prend pour cible le Second Empire ; Les Contemplations, poésies (1856) ; La Légende des Siècles (1859), ainsi que Les Misérables, roman (1862). Le souvenir douloureux de Léopoldine — ainsi que sa curiosité — le pousse à tenter à Jersey, d’étranges expériences de spiritisme consignées dans Les Tables tournantes de Jersey.
Pendant les années 1860, il traverse plusieurs fois le Grand-Duché de Luxembourg comme touriste, alors qu'il se rend sur le Rhin allemand (1862, 1863, 1864, 1865). En 1871, après la Commune de Paris, tandis qu'il est expulsé de Belgique pour y avoir offert asile aux communards poursuivis dans la capitale française, il trouve refuge pendant trois mois et demi dans le Grand-Duché (1er juin–23 septembre). Il séjourne successivement à Luxembourg, à Vianden (deux mois et demi), à Diekirch et à Mondorf, où il suit une cure thermale.
Le retour en France
Après la chute du Second Empire consécutive à la guerre franco-prussienne de 1870, c’est l’avènement de la Troisième République : Hugo peut enfin rentrer après vingt années d’exil. Jusqu'à sa mort, en 1885, il restera une des figures tutélaires de la république retrouvée — en même temps qu'une référence littéraire incontestée. Il décède le 22 mai 1885. Conformément à ses dernières volontés, c'est dans le « corbillard des pauvres » qu'eut lieu la cérémonie. Il est d'abord question du Père Lachaise mais le premier juin il sera finalement conduit au Panthéon, la jeune Troisième République profitant de cet événement pour retransformer l'église Sainte-Geneviève en Panthéon. On considère que trois millions de personnes se sont déplacées alors pour lui rendre un dernier hommage. Il est à noter que la nuit suivant son décès, les prostituées de Paris travaillèrent gratuitement.
Une œuvre monumentale
L'ensemble de ce qui a survécu des écrits de Victor Hugo (plusieurs lettres personnelles ont été volontairement détruites par ses exécuteurs testamentaires Paul Meurice et Auguste Vacquerie) a été publié chez Jean-Jacques Pauvert et représente presque quarante millions de caractères !
« L’ensemble de mon œuvre fera un jour un tout indivisible. [...] Un livre multiple résumant un siècle, voilà ce que je laisserai derrière moi [...]. » (Lettre du 9 décembre 1859)
À travers ces mots, on devine une volonté farouche de pratiquer tous les genres : roman, poésie, théâtre, essai, etc. — autant qu’une passion du Verbe, à condition toutefois que ce dernier soit ancré dans l’Histoire. Par conséquent, distinguer la fiction proprement dite de l’engagement politique est, chez Hugo plus que chez tout autre écrivain, une gageure.
Un romancier inclassable
Hugo a laissé neuf romans. Le premier, Bug-Jargal a été écrit à seize ans ; le dernier, Quatre-vingt-treize, à soixante-douze. L’œuvre romanesque a traversé tous les âges de l’écrivain, toutes les modes et tous les courants littéraires de son temps sans jamais se confondre totalement avec aucun. En effet, on trouve toujours chez Hugo une volonté de parodie et de décalage : Han d'Islande en 1823, Bug-Jargal publié en 1826, Notre-Dame de Paris en 1831 ressemblent aux romans historiques en vogue au début du XIXe siècle mais n’en sont pas vraiment ; c'est que Hugo n’est certainement pas Walter Scott ; chez lui en effet, les temps modernes pointent toujours derrière l’Histoire.
Le Dernier Jour d'un condamné en 1829 et Claude Gueux en 1834 ne sont pas plus aisés à définir. Ce sont des romans à la fois historiques et sociaux qui sont, surtout, engagés dans un combat — l’abolition de la peine de mort — qui dépasse de loin le cadre de la fiction. On pourrait en dire autant des Misérables qui paraît en 1862, en pleine période réaliste, mais qui lui emprunte peu de caractéristiques. Ce succès populaire phénoménal embarrassera d'ailleurs la critique car il louvoie constamment entre mélodrame populaire, tableau réaliste et essai didactique…
De la même façon, dans Les Travailleurs de la mer (1866) et dans L'Homme qui rit (1869), Hugo se rapproche davantage de l’esthétique romantique du début du siècle, avec ses personnages difformes, ses monstres et sa Nature effrayante.
Enfin, en 1874, Quatre-vingt-treize — l'ultime roman — signe la concrétisation romanesque d’un vieux thème hugolien : le rôle fondateur de la Révolution française dans la conscience littéraire, politique, sociale et morale du dix-neuvième siècle.
Une œuvre de combat
Le roman hugolien n’est pas un « divertissement » : il est — presque toujours — au service du débat d’idées. On l’a vu avec les romans abolitionnistes de sa jeunesse, on le voit encore dans sa maturité, à travers de nombreuses, et parfois envahissantes, digressions sur la misère matérielle et morale, dans Les Misérables. Ses héros sont, comme les héros de tragédie (le dramaturge n’est pas loin), aux prises avec les contraintes extérieures et une implacable fatalité tantôt imputable à la société (Jean Valjean ; Claude Gueux ; le héros du Dernier jour d’un condamné), tantôt à l’Histoire (Quatre-vingt-treize) ou bien à leur naissance (Quasimodo). C’est que le goût de l’épopée, des hommes aux prises avec les forces de la Nature, de la Société, de la fatalité, n’a jamais quitté Hugo ; l’écrivain a toujours trouvé son public sans jamais céder aux caprices de la mode : qui s’étonnera qu’il ait pu devenir un classique de son vivant ?
Le dramaturge
À vingt-six ans, dans la célèbre préface de Cromwell, Victor Hugo jette les bases d’un genre nouveau : le drame romantique. Dans ce texte, le jeune homme ambitieux remet en cause les règles bien établies du théâtre classique, et introduit les thèmes romantiques sur la scène : multiplication des personnages, des lieux, mélange des registres — le vulgaire et le recherché, le sublime et le grotesque – et met ainsi davantage de vie dans un théâtre trop compassé. Revers de la médaille : Cromwell, pièce aux 6000 vers et aux innombrables personnages n’est pas jouée — « injouable » disent certains…
C’est grâce à Hernani que le dramaturge accède véritablement, en 1830, à la célébrité et prend une place déterminante parmi les modernes. Les années suivantes, Hugo se heurtera aux difficultés matérielles (scène à l’italienne, peu propice aux spectacles d’envergure) et humaines (réticences des Comédiens Français devant les audaces de ses drames). Il alternera triomphes (Lucrèce Borgia) et échecs (Le Roi s’amuse), avant de décider, avec Alexandre Dumas, de créer une salle dédiée au drame romantique : ce sera le Théâtre de la Renaissance où il fera donner, en 1838, Ruy Blas.
En 1843, l’échec des Burgraves l’affecte durement. Hugo désespère de parvenir à un théâtre à la fois exigeant et populaire. Le dramaturge, frappé en outre par le deuil (Léopoldine meurt cette même année), délaisse la scène.
Victor Hugo marquera son retour au théâtre avec l'écriture, à partir de 1866, de plusieurs pièces, dont la série du Théâtre en liberté.
Le poète
À vingt ans, Hugo publie les Odes, recueil qui laisse déjà entrevoir, chez le jeune écrivain, les thèmes hugoliens récurrents : le monde contemporain, l’Histoire, la religion et le rôle du poète, notamment. Par la suite, il se fait de moins en moins classique, de plus en plus romantique, et Hugo séduit le jeune lecteur de son temps au fil des éditions successives des Odes (quatre éditions entre 1822 et 1828).
En 1828, Hugo réunit sous le titre Odes et Ballades toute sa production poétique antérieure. Fresques historiques, évocation de l’enfance ; la forme est encore convenue, sans doute, mais le jeune romantique prend déjà des libertés avec le mètre et la tradition poétique. Cet ensemble permet en outre de percevoir les prémisses d’une évolution qui durera toute sa vie : le catholique fervent s’y montre peu à peu plus tolérant, son monarchisme qui se fait moins rigide et accorde une place importante à la toute récente épopée napoléonienne ; de plus, loin d’esquiver son double héritage paternel (napoléonien) et maternel (royaliste), le poète s’y confronte, et s’applique à mettre en scène les contraires (la fameuse antithèse hugolienne !) pour mieux les dépasser :
« Les siècles, tour à tour, ces gigantesques frères, Différents par leur sort, semblables en leurs vœux, Trouvent un but pareil par des routes contraires. »
Puis Hugo s’éloigne dans son œuvre des préoccupations politiques immédiates auxquelles il préfère — un temps — l’art pour l’art. Il se lance dans les Orientales (l’Orient est un thème en vogue) en 1829, (l’année du Dernier jour d’un condamné).
Le succès est important, sa renommée de poète romantique assurée et surtout, son style s’affirme nettement tandis qu’il met en scène la guerre d'indépendance de la Grèce (l’exemplarité de ces peuples qui se débarrassent de leurs rois n’est pas innocente du contexte politique français) qui inspirera également Lord Byron ou Delacroix.
La première maturité
Dès les Feuilles d’automne (1832), les Chants du crépuscule (1835) Les Voix intérieures (1837), jusqu’au recueil les Rayons et les ombres (1840), se dessinent les thèmes majeurs d’une poésie encore lyrique — le poète est une « âme aux mille voix » qui s’adresse à la femme, à Dieu, aux amis, à la Nature et enfin (avec les Chants du crépuscule) aux puissants qui sont comptables des injustices de ce monde.
Ces poésies touchent le public parce qu’elles abordent avec une apparente simplicité des thèmes familiers ; pourtant, Hugo ne peut résister à son goût pour l’épique et le grand si bien que, dès le premier vers des Feuilles d'automne, on peut lire le fameux :
« Ce siècle avait deux ans ! Rome remplaçait Sparte Déjà Napoléon perçait sous Bonaparte »
On le voit, Hugo s’applique d’emblée à ancrer le poète dans l’Histoire. Il ne l’en fera jamais sortir, tout au long de son œuvre.
Le romancier (l’exil)
À partir de l'exil commence une période de création littéraire qui se caractérise par sa richesse, son originalité et par sa puissance. C'est alors que naîtront certains des plus fameux poèmes de la langue française (l'Expiation dans les Châtiments, Booz endormi dans la Légende des siècles, pour ne citer que ces deux exemples).
Les Châtiments sont des vers de combat qui ont pour mission, en 1853, de rendre public le "crime" du « misérable » Napoléon III : le coup d'État du 2 décembre. Prophète des malheurs qui attendent Napoléon III, exécuteur du neveu honni, Hugo s’y fait cruel, satirique, voire grossier pour châtier "le criminel". Mais Hugo se fait aussi poète de temps meilleurs comme par exemple dans Stella ; le poète prend alors des tons quasiment religieux. Quant à la "forme" des Châtiments, elle est d'une extrême richesse puisque Hugo recourt aussi bien à la fable, qu'à l'épopée, à la chanson ou à l'élégie, etc.
Quelques années plus tard, Hugo déclare, à propos des Contemplations qui paraissent en 1856 : « Qu’est-ce que les Contemplations ? — Les mémoires d’une âme » Apothéose lyrique, marquée par l’exil à Guernesey et la mort (cf. Pauca Meae) de la fille adorée : exil affectif, exil politique : Hugo part à la découverte solitaire du moi et de l’univers. Le poète, tout comme dans les Châtiments, se fait même prophète, voix de l’au-delà, voyant des secrets de la vie après la mort et qui tente de percer les secrets des desseins divins. Mais, dans le même temps, les Contemplations, au lyrisme amoureux et sensuel, contient certains des plus célèbres poèmes inspirés par Juliette Drouet. Les Contemplations : œuvre multiforme donc comme il convient aux « mémoires d’une âme ».
Enfin, la Légende des siècles, son chef-d’œuvre, synthétise rien moins que l’histoire du monde en une immense épopée parue en 1859 ; « L’homme montant des ténèbres à l’Idéal », c'est-à-dire la lente et douloureuse ascension d’humanité vers le Progrès et la Lumière.
En juin 1878, Hugo fut victime d'une congestion cérébrale qui mit pratiquement fin à son activité d'écriture. Toutefois de très nombreux recueils, réunissant en fait des poèmes datant de ses années d'inspiration exceptionnelle (1850-1870) continuaient de paraître régulièrement (La Pitié suprême en 1879, L'Âne, Les Quatre Vents de l'esprit en 1881, la dernière série de la Légende des siècles en 1883...), contribuant à la légende du vieil homme intarissable jusqu'à la mort.
Une place à part dans son siècle
Tantôt lyrique, tantôt épique ; combattant infatigable et père vaincu ; tour à tour classique et audacieux, Hugo est tout cela à la fois et davantage : celui qui a profondément ému ses contemporains (qui ne connaît le célébrissime Demain, dès l’aube ?), exaspéré les puissants et inspiré les plus grands poètes de son temps et des temps à venir.
Sa pensée politique
A partir de 1849, Victor Hugo consacre un tiers de son œuvre à la politique, un tiers à la religion et le dernier à la philosophie humaine et sociale. La pensée de Victor Hugo, complexe et parfois déroutante, refuse toute condamnation des personnes et tout manichéisme, mais n'en est pas moins sévère pour la société de son temps.
Politique intérieure
Réformiste, il souhaite changer la société. S'il justifie l'enrichissement, il dénonce violemment le système d'inégalité sociale. Il est contre les riches qui capitalisent leurs gains sans les réinjecter dans la production. L'élite bourgeoise ne le lui pardonnera pas. De même, il s'oppose à la violence si celle-ci s'exerce contre un pouvoir démocratique mais il la justifie (conformément d'ailleurs à la déclaration des droits de l'homme) contre un pouvoir illégitime. C'est ainsi qu'en 1851, il lance un appel aux armes — « Charger son fusil et se tenir prêt » — qui n'est pas entendu. Il maintient cette position jusqu'en 1870. Quand éclate la guerre franco-allemande, Hugo la condamne : guerre de « caprice » et non de liberté. Puis, l'Empire est renversé et la guerre continue, contre la République ; le plaidoyer de Hugo en faveur de la fraternisation reste sans réponse. Alors, le 17 septembre, le patriote prend le pas sur le pacifiste : il publie cette fois un appel à la levée en masse et à la résistance. Les républicains modérés sont horrifiés : pour ceux-ci en effet, mieux vaut Bismarck que les « partageux » ! Le peuple de Paris, quant à lui, se mobilise et l'on s'arrache les Châtiments.
La peine de mort
Hugo est un farouche abolitionniste. Dans son enfance, il a assisté à des exécutions capitales et toute sa vie, il luttera contre. Le dernier jour d’un condamné (1829) et Claude Gueux (1834), deux romans de jeunesse, soulignent à la fois la cruauté, l’injustice et l’inefficacité du châtiment suprême. Mais la littérature ne suffit pas, Hugo le sait. Chambre des Pairs, Assemblée, Sénat : Victor Hugo saisira toutes les tribunes pour défendre l’abolition :
« La peine de mort est le signe spécial et éternel de la barbarie. » (Voir la transcription du Discours de Victor Hugo effectué le 15 septembre 1848 devant l'assemblée Constituante.)
La Commune
En accord avec lui-même, Hugo ne pouvait être communard :
« Ce que représente la Commune est immense, elle pourrait faire de grandes choses, elle n'en fait que des petites. Et des petites choses qui sont des choses odieuses, c'est lamentable. Entendons-nous, je suis un homme de révolution. J'accepte donc les grandes nécessités, à une seule condition : c'est qu'elles soient la confirmation des principes et non leur ébranlement. Toute ma pensée oscille entre ces deux pôles : « civilisation-révolution ». La construction d'une société égalitaire ne saurait découler que d'une recomposition de la société libérale elle-même. »
Pourtant, Victor Hugo défend la grâce du jeune officier protestant devenu Ministre de la guerre de la Commune Louis-Nathaniel Rossel face à Adolphe Thiers. Un jeune homme qu'il estime et juge différent des autres communards. Devant la répression qui s'abat sur les communards, le poète dit son dégoût :
« Des bandits ont tué 64 otages. On réplique en tuant 6 000 prisonniers ! »
La question sociale
Dénonçant jusqu'à la fin la ségrégation sociale, Hugo déclare lors de la dernière réunion publique qu'il préside : « La question sociale reste. Elle est terrible, mais elle est simple, c'est la question de ceux qui ont et de ceux qui n'ont pas ! ». Il s'agissait précisément de récolter des fonds pour permettre à 126 délégués ouvriers de se rendre au premier Congrès socialiste de France, à Marseille.
Discours
Victor Hugo a prononcé pendant sa carrière politique plusieurs grands discours ; la plupart d'entre eux sont regroupés dans Actes et paroles :
Contre la misère (Discours sur la misère, 9 juillet 1849) ;
Sur la condition féminine (aux obsèques de George Sand, 10 juin 1876) ;
Contre l'enseignement religieux et pour l'école laïque et gratuite (Discours à propos du projet de loi sur l’enseignement, 15 janvier 1850
Plusieurs plaidoyers contre la peine de mort (Que dit la société ? « Tu ne tueras pas ». Comment le dit-elle ? En tuant !);
Plusieurs discours en faveur de la paix (Discours d’ouverture du Congrès de la paix, 21 août 1849);
Pour le droit de vote universel ;
Sur la défense du littoral.
Contre l'invalidation de l'élection de Garibaldi à l'assemblée nationale en 1871, qui fut à l'origine de sa propre démission (Contre l'invalidation de Garibaldi, Discours à l'assemblée nationale, 8 mars 1871, Grands moments d'éloquence parlementaire)
23 Février 1955 : Décès de Paul Claudel, dramaturge et poète français (° 6 août 1868).
Paul Claudel
Né le 6 août 1868 à Villeneuve-sur-Fère (Aisne) — mort le 23 février 1955 à Paris) était un diplomate, poète, dramaturge et essayiste français, qui fut membre de l'Académie française. Biographie Paul Claudel reçut en 1886 la révélation d'Arthur Rimbaud par Les Illuminations. Il qualifia Rimbaud de « mystique à l'état sauvage », (il laissera une trace éclatante de ce passage dans Tête d'or).
Paul Claudel connut une révélation lors d'une messe de Noël à Notre-Dame de Paris en 1886. Sa foi catholique est visible dans son œuvre, notamment dans la pièce Le Soulier de satin. Cette communion de Claudel avec Dieu a donné aussi naissance à près de quatre mille pages de textes. Il y professe un véritable amour de Dieu et de la Création, dans son mystère et dans sa dramaturgie.
Diplomate, il exerce partout dans le monde.
Il est consul à Prague, Francfort , Hambourg.
Ministre plénipotentiaire à Rio de Janeiro, à Copenhague.
Ambassadeur de France à Tōkyō de 1921 à 1927, Washington de 1927 à 1933, et finit sa carrière à Bruxelles en 1935.
Paul Claudel fut élu à l'Académie française en 1946, au fauteuil 13, succédant à Louis Gillet. Après sa disparition, il y fut remplacé, en 1956, par Wladimir d'Ormesson.
Il était le frère cadet de la sculptrice Camille Claudel. D'origine bourgeoise provinciale, Paul Claudel est né à Villeneuve-sur-Fère, en 1868, sur les confins de la Champagne et des Ardennes. De famille catholique, l'enseignement laïque lui fait perdre la foi qu'il retrouvera, à l'âge dix-huit ans, le jour de Noël, le 25 décembre 1886, dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, lors d'une illumination subite. Sa vie de diplomate, de 1893 à 1936, le conduit à séjourner presque constamment à l'étranger dans divers pays, consul de France à Prague, Francfort, Hambourg, ministre plénipotentiaire à Rio de Janeiro, à Copenhague, ambassadeur de France à Tōkyō, à Washington, enfin à Bruxelles, de 1933 à 1955, où se terminera sa brillante carrière.
Sa vie littéraire conduite parallèlement s'épanouira glorieusement, au terme de son rôle de diplomate, dans sa propriété de Brangues, aux confins de la Savoie et du Dauphiné. Ses conceptions, en étroit rapport avec les idées religieuses, l'incitent à préciser le rôle du poète dont le langage doit traduire l'unité fondamentale du monde des choses et de l'esprit, correspondant à une véritable co-naissance abolissant la contradiction objet-sujet. C'est dire l'indéniable dimension philosophique de son œuvre, qui reste à redécouvrir sous cet aspect.
Il est enterré dans le parc du château de Brangues; sa tombe porte cette curieuse épitaphe: "Ici repose les restes et la semence de Paul Claudel".
Ses œuvres
Théâtre
1890 : Tête d'or (première version)
1892 : La Jeune Fille Violaine (première version)
1893 : La Ville (première version)
1894 : L'Échange et Tête d'Or (deuxième version)
1901 : La Jeune Fille Violaine (deuxième version)
1901 : Le Repos du septième jour
1911 : L'Otage, drame en trois actes
1912 : L'Annonce faite à Marie
1917 : L'Ours et la Lune
1918 : Le Pain dur, drame en trois actes
1919 : Les Choéphores d'Eschyle
1920 : Le Père humilié, drame en quatre actes
1920 : Les Euménides d'Eschyle
1920 : Protée, drame satirique en deux actes (première version)
1929 : le Soulier de satin ou Le pire n'est pas toujours sûr, action espagnole en quatre journées
1933 : Le Livre de Christophe Colomb, drame lyrique en deux parties
1939 : Jeanne d'Arc au bûcher
1939 : La Sagesse ou la Parabole du destin
1942 : L'Histoire de Tobie et de Sara, moralité en trois actes
1949 : Protée, drame satirique en deux actes (deuxième version)
1948 : Le Partage de midi, drame (deuxième version)
Poésie
1896 : Connaissance de l'Est
1905 : Poèmes de la Sexagésime
1907 : Processionnal pour saluer le siècle nouveau
1915 : Corona benignitatis anni dei
1919 : La Messe là-bas
1922 : Poèmes de guerre (1914-1916)]]
1925 : Feuilles de saints
1942 : Cent phrases pour éventails
1945 : Visages radieux
1949 : Accompagnements
Essais
1928 : Posirions et propositions, tome I
1929 : L'Oiseau noir dans le soleil levant
1934 : Posirions et propositions, tome II
1935 : Conversations dans le Loir-et-Cher
1936 : Figures et paraboles
1940 : Contacts et circonstances
1942 : Seigneur, apprenez-nous à prier
1946 : L'Œoeil écoute
1949 : Emmaüs
1950 : Une voix sur Israël
1951 : L'Évangile d'Isaïe
1952 : Paul Claudel interroge l'Apocalypse
1954 : Paul Claudel interroge le Cantique des Cantiques
1956 : Conversation sur Jean Racine
1957 : Sous le signe du dragon
1958 : Qui ne souffre pas... Réflexions sur le problème social
1958 : Présence et prophétie
1959 : La Rose et le rosaire
1959 : Trois figures saintes pour le temps actuel
Le Poète et la Bible, volume 1, 1910-1946, et volume 2, 1945-1955 - éd. Gallimard - 1947 pages
Mémoires, journal
1954 : Mémoires improvisés. Quarante et un entretiens avec Jean Amrouche
1968 : Journal. Tome I : 1904-1932
1969 : Journal. Tome II : 1933-1955
Correspondance
1949 : Correspondance de Paul Claudel et André Gide (1899-1926)
1951 : Correspondance de Paul Claudel et André Suarès (1904-1938)
1952 : Correspondance de Paul Claudel avec Gabriel Frizeau et Francis Jammes (1897-1938), accompagnée de lettres de Jacques Rivière
1961 : Correspondance Paul Claudel et Darius Milhaud (1912-1953)
1964 : Correspondance de Paul Claudel et Lugné-Poe (1910-1928). Claudel homme de théâtre
1966 : Correspondances avec Copeau, Dullin, Jouvet. Claudel homme de théâtre
1974 : Correspondance de Jean-Louis Barrault et Paul Claudel
1984 : Correspondance de Paul Claudel et Jacques Rivière (1907-1924)
1990 : Lettres de Paul Claudel à Élisabeth Sainte-Marie Perrin et à Audrey Parr
1995 : Correspondance diplomatique. Tokyo (1921-1927)
1995 : Correspondance de Paul Claudel et Gaston Gallimard (1911-1954)
2005 : Correspondance de Paul Claudel avec les ecclésiastiques de son temps. Volume I, Le sacrement du monde et l'intention de gloire (éditée par Dominique Millet-Gérard). Paris : Champion, coll. « Bibliothèque des correspondances, mémoires et journaux » n° 19, 2005. 655 p., 23 cm. ISBN 2-7453-1214-6.
2005 : Une amitié perdue et retrouvée : correspondance de Paul Claudel et Romain Rolland (édition établie, annotée et présentée par Gérard Antoine et Bernard Duchatelet). Paris : Gallimard, coll. « Les cahiers de la NRF », 2005. 479 pp., 21 cm. ISBN 2-07-077557-7.
Décoration Grand-croix de la Légion d'honneur
Citations
La tolérance, il y a des maisons pour cela » dit-il un jour à Jules Renard, mais cette phrase est aussi attribuée à Georges Clemenceau.
« L'Écriture n'est pas la propriété des spécialistes, c'est un jardin public où tous les chrétiens ont le droit de se promener »
« ... pourquoi est-ce que j'ai fait tout cela, que Dieu m'a commandé, tout cela que personne ne lit, à quoi personne ne s'intéresse, encore moins les chrétiens et les prêtres que les autres ? »
Sur un livre de Claudel : « Cette chose me fait prier. »
« Si l'ordre est le plaisir de la raison, le désordre est le délice de l'imagination. »
Anecdote
En 1942, Paul Claudel protestera auprès de l'archevêque de Paris contre la solennité des obsèques d'Alfred Baudrillart, données à Notre-Dame à « l'émule de Cauchon ».
A découvrir
Camille et Paul : La passion Claudel, Dominique Bona, Grasset, 2006 (ISBN 2246706610)
Liens externes
http://www.paul-claudel.net/
Site d'un établissement scolaire parisien qui porte le nom de Paul Claudel : http://www.paulclaudel.fr/
Émissions de Radio France : http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/dossiers/2005/claudel/emissions.php
Claudel, Rolland : « Une amitié perdue et retrouvée » Regards croisés sur l’amitié épistolaire de deux auteurs majeurs de la littérature française du XXe siècle : Paul Claudel et Romain Rolland. Une émission de Canal Académie.
http://www.canalacademie.com/article699.html
22 Février 1857 :Naissance de Lord Robert Baden-Powell, britannique, fondateur du scoutisme († 8 janvier 1941)
Robert Baden-Powell
Le Britannique Lord Robert Stephenson Smyth Baden-Powell of Gilwell (22 février 1857, Londres – 8 janvier 1941, Kenya), 1er baron Baden-Powell, fut le fondateur du scoutisme.
Biographie
Enfance
Robert Stephenson Smyth Baden-Powell, dit « BP » (prononcer Bipi), est né le 22 février 1857 dans le quartier de Paddington à Londres. Il est le huitième des 10 enfants (dont 3 morts en bas âge) du Révérend Baden Powell, professeur de mathématiques à l'université d'Oxford, et d'Henriette Grâce Powell. Il est prénommé Robert Stephenson Smyth, du nom de son parrain Robert Stephenson (fils de George Stephenson), et des ses grands-parents maternels (dont l'amiral William Henri Smyth, qui est aussi géographe et astronome). Son père décède alors qu'il a 3 ans.
Baden-Powell fait ses études à Chartehouse, collège réputé pour sa discipline. Baden-Powell est un adepte de l’école buissonnière et se cache régulièrement dans le bois derrière l’établissement scolaire. Il y développe son sens de l’observation. Ses frères l’emmènent régulièrement explorer la campagne, camper et naviguer.
Il n'a jamais été un très bon élève et rate ses examens d’entrée à l'université. Il se présente alors à l’école militaire et obtient la seconde place au concours d’entrée, à 19 ans (1876).
Carrière militaire
Il intègre le 13e Hussards, un régiment de cavalerie, et est dispensé de suivre les stages de l'école d'officiers. En 1877, il est envoyé comme sous-lieutenant en Inde (alors colonie britannique). C'est pendant ses loisirs qu'il s'intéresse plus particulièrement au travail des éclaireurs, et qu'il se rend compte de leur importance dans les opérations militaires.
À l'âge de 26 ans, il est promu capitaine. Son régiment est déplacé en Afrique du Sud, où il a l'occasion d'entrer en contact avec des « éclaireurs » indigènes pour lesquels il a beaucoup d'admiration. Il se perfectionne ainsi dans l'art de l'approche et de l'exploration. C'est en Afrique qu'il a pour la première fois la possibilité de former des éclaireurs militaires selon ses méthodes : il les forme en petites unités ou patrouilles, chacune sous les ordres d'un chef, et attribue aux plus méritants un insigne dont le dessin s'inspire du point Nord de la boussole, très similaire à ce qui deviendra le badge du scoutisme mondial.
Il a une brillante carrière militaire, respecté et obéi parce qu’il est un chef qui donne l'exemple. Il passe par les Indes où il devient, entre-autres, instructeur, l’Afghanistan, les Balkans, Malte, la Russie (comme agent de renseignement) et surtout en Afrique du sud.
L'événement qui le rend célèbre dans tout l'empire britannique est le sauvetage de la petite ville de Mafeking en 1899, durant la guerre des Boers (contre les Hollandais). Avec beaucoup d'astuce et de courage communicatif, il réussit à sauver la ville qui est assiégée depuis 217 jours par des troupes ennemies quatre fois plus nombreuses. Il utilise les jeunes de la ville comme estafettes (pour transmettre des messages à pied et à vélo), comme observateurs, sentinelles ou éclaireurs. (cf. siège de Mafeking).
À la libération de la ville, le 16 mai 1900, il est acclamé comme un héros et nommé major-général. Il prouva que des jeunes étaient tout à fait capables de réussir une mission, pourvu qu'on leur fasse confiance. Il publie ses observations sous le nom de Scouting (L’art des éclaireurs) dans un petit fascicule destiné aux militaires appelé : Aids to scouting
Création du scoutisme
À son retour au Royaume-Uni, il est accueilli triomphalement. Il constate que Aids to scouting a un immense succès auprès des garçons britanniques et est utilisé par des éducateurs. Il reçoit même beaucoup de courriers de garçons lui demandant des conseils. Marqué par la jeunesse britannique des quartiers désœuvrés, souvent en mauvaise santé et délinquante, il décide de mettre en pratique tous les principes qu’il a observés à la guerre au service de jeunes garçons et dans une optique de paix.
« À la fin de ma carrière militaire, dit Baden-Powell, je me mis à l'œuvre pour transformer ce qui était un art d'apprendre aux hommes à faire la guerre, en un art d'apprendre aux jeunes à faire la paix ; le scoutisme n'a rien de commun avec les principes militaires. »
En 1907, alors âgé de 50 ans, il organise un camp de quinze jours avec une vingtaine de garçon de différentes classes sociales sur l'île de Brownsea. Il y teste ses idées d'éducation par le jeu, d'indépendance et de confiance.
À la suite de ce camp, Sir William Smith (fondateur des boy’s brigade) lui demande d’écrire un ouvrage sur la manière dont le scouting pouvait être adapté à la jeunesse qu’il appelle : Scouting for boys (Éclaireurs).
Avec ce livre, il tente de lancer un nouveau mouvement autonome. Il crée la base du scoutisme avec les cinq buts :
Santé, Sens du concret, Personnalité, Service, Sens de Dieu. Ainsi que les dix articles de la loi scoute et la promesse scoute qui n'imposent aucune interdiction mais proposent une hygiène de vie que chaque adhérent promet d’essayer de mettre en pratique (faire de son mieux).
C’est en 1909, que les premières compagnies de guides apparaissent organisées par Agnès Baden-Powell.
En 1910, il différencie trois classes d’âge :
Les Louveteaux (8-11 ans)
Les Éclaireurs (12-17ans)
Les Routiers (17 ans et +)
En 1918, il publie une revue intitulée Girl guiding edition. Il appelle le mouvement féminin les Guides plutôt que scoutes ou éclaireuses car il estime que leur rôle n’est pas d’éclairer mais de guider. « Une femme qui est capable de se tirer d’affaire toute seule est respectée aussi bien par les hommes que par les femmes. Ils sont toujours prêts à suivre ses conseils et son exemple, elle est leur guide. »
En 1910, sur les conseils du roi du Royaume-Uni Édouard VII, il démissionne de l’armée pour prendre la direction du mouvement qu’il vient de lancer.
En 1912, il se marie avec Olave Saint Claire Soames, qui devient Chef-guide mondiale.
Le mouvement prend vite beaucoup d'importance, et se développe dans de nombreux pays du monde. Le Jamboree de 1920 réunit pour la première fois des scouts de 21 pays. Baden-Powell y fut nommé World Chief (chef scout mondial).
En 1927, il est anobli par le roi Georges V. Il prend le nom de Lord Baden-Powell of Gilwell, du nom d'une propriété qu'il a reçue de la famille McLaren pour en faire un centre de formation des chefs.
Aujourd'hui, il y a plus de 28 000 000 de scouts dans plus de 216 pays du monde entier.
Dernier mot
Baden-Powell et son épouse passent beaucoup de leur temps à parcourir le monde pour soutenir le scoutisme dans son développement, et participent aux cérémonies de création du mouvement dans de nouveaux pays. À la fin de sa vie, il se retire au Kenya et fait parvenir aux scouts du monde entier son dernier message :
« Ceci est juste un petit mot d'adieu, pour vous rappeler, quand j'aurai disparu, que vous devez tâcher dans la vie d'être heureux et de rendre les autres heureux. Que cela paraît facile et agréable, n'est-ce pas ? C'est tout d'abord par la bonne action quotidienne que vous apprendrez à apporter le bonheur aux autres. La meilleure manière d'atteindre le bonheur est de le répandre autour de vous. J'ai eu une vie très heureuse, et j'aimerais qu'on puisse en dire autant de chacun de vous. Je crois que Dieu vous a placé dans ce monde pour y être heureux et jouir de la vie. Ce n'est ni la richesse, ni le succès, ni l'indulgence envers soi-même qui créent le bonheur. L'étude de la nature vous apprendra que Dieu a créé des choses belles et merveilleuses afin que vous en jouissiez. Contentez-vous de ce que vous avez et faites-en le meilleur usage possible. Regardez le beau côté des choses et non le plus sombre.
Essayez de laisser ce monde un peu meilleur qu'il ne l'était quand vous y êtes venus et quand l'heure de la mort approchera, vous pourrez mourir heureux en pensant que vous n'avez pas perdu votre temps et que vous avez fait « de votre mieux ».
Soyez prêts à vivre heureux et à mourir heureux. Soyez toujours fidèles à votre promesse même quand vous serez adultes.
Que Dieu vous aide. Votre ami
Baden-Powell »
Il meurt le 8 janvier 1941 au Kenya où il est enterré. Sur sa tombe est gravé un symbole, le signe « fin de piste ».
Lady Baden-Powell continua son rôle de lien entre les éclaireuses du monde entier. Elle est décédée le 25 juin 1978 en Angleterre.
Éclaireurs
Éclaireurs (Scouting for Boys en anglais) est un ouvrage écrit par Robert Baden-Powell sur le fondement du scoutisme.
Dans ce livre qui se veut didactique, Baden-Powell s'adresse aux chefs scouts, ou potentiels chefs afin de leur fournir une aide et un soutien dans leur tâche. À chaque chapitre, appelés bivouac, il explique certains éléments de la méthode scoute : de la loi et la promesse, aux activités de jeu en passant par les techniques de constructions, de secourisme ou d'approche.
Baden-Powell a écrit la première version du livre en 1908. Il l'a fait à la suite de son expérience sur Brownsea Island, où a eu lieu le premier camp scout. Par ce livre, il donnait aux chefs scouts quelques recettes pour bien animer sa troupe ou sa patrouille.
Il existe plusieurs éditions du livre. En effet, suite au succès du scoutisme et sa rapide expansion, il a fallu rajouter certaines choses, en supprimer, et en modifier.
Promesse (scoutisme)
Dans le scoutisme, la promesse est l'engagement que prend le jeune devant ses pairs pour marquer son adhésion à la loi et aux valeurs du mouvement. Elle fait partie des constantes de toutes les branches du scoutisme. Seule la forme change d'un mouvement à l'autre. Elle fait déjà partie, avec la loi, la vie en patrouille et les activités de grand air des principes édictés par Robert Baden-Powell dans son livre "Éclaireurs" édité dès 1908.
«Sur mon honneur, je promets de faire tous mes efforts pour :Remplir mes devoirs envers Dieu et envers le Roi, aider mon prochain en toutes circonstances et observer la Loi Scoute. »
Le texte rédigé par BP (article 2 de la constitution de l’OMMS) est issu d'un contexte et d'une époque particulière. Aujourd'hui, chaque mouvement a adapté ce texte en fonction de sa situation nationale et religieuse.
«Soyez toujours fidèles à votre Promesse scoute même quand vous aurez cessé d'être un enfant - et que Dieu vous aide à y parvenir !» sont les derniers mots de la lettre d'adieu que Baden-Powell adresse à l'ensemble des éclaireurs.
21 Février 1804 : Grande-Bretagne : première circulation sur des rails près de Merthyr Tydfil au pays de Galles d'une locomotive à vapeur construite par Richard Trevithick.
Richard Trevithick
Richard Trevithick, (13 avril 1771 - 22 avril 1833) est né à Camborne dans la région minière des Cornouailles d’un père ingénieur. Il a pour voisin William Murdoch, le pionnier des wagons à vapeur. Ses expériences sur la vapeur comme moyen de propulsion d’un véhicule sur route sont source d’inspiration pour Trevithick. Il prend une part active dans les efforts locaux de briser le monopole instauré par James Watt et sa machine à vapeur par la conception d'une nouvelle machine.
En 1800, il construit une machine à haute pression plus puissante et plus économique que celle de Watt. Elle connaît un grand succès en Cornouailles et dans le sud du Pays de Galles.
Après une série d’expériences entre 1801 et 1803, Trevithick prend une patente pour trois véhicules à vapeur à haute pression qui circulent sur route à Londres, Camborne et Coalbrookdale. En 1801, sa première « voiture à vapeur » connue sous le nom de « Puffing Devil » est l’un des premiers véhicules à se mouvoir par sa propre puissante et à transporter des passagers. Cet ancêtre de la voiture automobile est présenté au public à la veille de Noël, conduite par le cousin de l’inventeur, Andrew Vivian. En 1803, il présente un nouveau véhicule qui enthousiasme le public londonien, mais ce mode de transport est rapidement abandonné car il se révèle bien trop onéreux par rapport à la traditionnelle calèche.
En 1804, il construit une locomotive à vapeur pour les mines de Pen-y-Darren, près de Merthyr Tydfil. Le 21 février 1804, elle remorque sans encombres 10 tonnes de fer et cinq wagons chargés de 70 hommes. sur une voie longue de 9 miles et demi, à la vitesse de 8km/h (le trajet se fait en quatre heures et cinq minutes), et ce, malgré quelques problèmes techniques (les rails qui se brisent au passage du convoi). Une seconde locomotive fut construite pour Christopher Blackett à Wylam, mais elle ne fut jamais utilisée.
Sa troisième locomotive, la « M’attrape-qui-peut » (Catch-me-who-can) est présentée à Londres, près d’Euston, sous la forme d’une attraction. Le public a la possibilité de voyager dans des wagons tirés par la locomotive sur un trajet circulaire. Ce coup de publicité avait pour but de convaincre les investisseurs du potentiel de l’invention, afin de créer un réseau ferroviaire qui dépassait le simple cadre de la mine. L’idée est abandonnée suite au refus d’investisseurs de financer la construction de ce type de locomotive pourtant plus moderne que celle de Pen-y-Darren. Elle comportait en effet un cylindre vertical qui rejoignait directement les roues sur l’un des côtés.
Sur sa terre natale des Cornouailles, Trevithick était « le Géant des Cornouailles », surnom acquis grâce à sa réputation de grand travailleur et d’innovateur. Trop moderne par rapport à son temps, Trevithick reste incompris par ses contemporains. D’autant qu’ailleurs, il est vu comme un inventeur incapable de se consacrer à un seul projet. Il papillonne d’une idée à l’autre, sans avoir la ténacité de surmonter les inévitables progrès techniques ou financiers.
La plupart de ses idées furent reprises par d’autres alors que lui-même abandonnait tout pour partir à l’aventure en Amérique du Sud. En 1816, il se rend au Pérou pour travailler comme ingénieur des mines. Son succès est de courte durée, et en 1826, la guerre civile l’oblige à rentrer en à Dartford, en Angleterre, ruiné. Au cours de son voyage, il rencontre Robert Stephenson à Colombia. Si les retrouvailles sont joyeuses, les deux hommes ont cependant peu à se dire.
Richard Trevithick meurt dans la pauvreté, ignoré de tous, alors qu’il peut être considéré comme le pionnier de la voiture et du chemin de fer.
Son fils, Francis Trevithick, devient le premier superintendant de la London & North Western Railway Company.
James Watt (19 janvier 1736 - 19 août 1819) était un mathématicien et ingénieur écossais dont les améliorations à la machine à vapeur furent une étape clé dans la révolution industrielle.
Il naquit à Greenock, en Écosse, devint fabricant d’instruments pour l’Université de Glasgow puis s’installa à Birmingham, en Angleterre, où il fut un membre clé de la Lunar Society. Beaucoup de ses publications se trouvent à la Birmingham Central Library (Bibliothèque Centrale de Birmingham).
Machine à vapeur
La machine à vapeur est une invention dont les évolutions les plus significatives datent du VXIIIe siècle. C'est un moteur thermique à combustion externe, il transforme l'énergie thermique que possède la vapeur d'eau fournie, par une ou des chaudières, en énergie mécanique. Comme première source d'énergie d'origine mécanique constructible et maîtrisable par l'Homme (contrairement à l'énergie de l'eau, des marées ou du vent, qui nécessite des sites spéciaux, que l'on ne peut actionner facilement à la demande), elle a eu une importance majeure, lors de la Révolution industrielle. Mais au XXe siècle, elle a été supplantée par la turbine, le moteur électrique et le moteur à explosion.
20 Février 1898 : Naissance d’Enzo Ferrari, constructeur automobile. italien, († 14 août 1988).
Enzo Ferrari
Enzo Ferrari est le fondateur de la firme Ferrari qui construit depuis 1947 des voitures de sport prestigieuses.
Il est né le 18 février 1898 à Modène (Italie) et est décédé à Modène le 14 août 1988. Son père, Alfredo, était né à Capri et avait créé un atelier qui construisait du matériel destiné aux chemins de fer. Enzo détestait l’école, d’ailleurs il redouble deux fois, et préfère travailler comme journaliste pour la Gazzetta dello Sport pour laquelle, dès 16 ans, il écrit les premiers comptes-rendus depuis le stade de Modène.
La famille Ferrari est aisée, et c’est l’une des premières à posséder une voiture. Enzo Ferrari se rend pour la première fois sur un circuit, le 6 septembre 1908 pour assister à la Coppa Florio, où il est subjugué par le pilote Felice Nazzaro au volant d’une Fiat 130 HP.
La Grande Guerre apporte la désolation dans la famille Ferrari, avec la mort de son père et de son frère. Enzo lui-même, engagé en 1917, est affecté au ferrage des mulets, où il contracte une grave pleurésie.
Sa carrière de pilote de course
Après la guerre, en novembre 1918, Enzo Ferrari tente sans succès de se faire embaucher par Fiat à Turin, mais, avec la levée du décret interdisant la circulation des voitures privées, le 1er janvier 1919, l’industrie automobile repart, et Enzo est embauché par une entreprise mécanique qui transforme les camions des surplus militaires Lancia en voitures de tourisme. Il a la charge de livrer les châssis destinés à une carrosserie de Milan.
Lors de ses déplacements à Milan, il fait la connaissance de Ugo Sivocci, un jeune pilote, ancien cycliste, et grâce à lui, il est engagé comme pilote d’essai par la CMN un peu avant Pâques 1919. Il s’installe en plein centre de Milan, où il fréquente des pilotes et des constructeurs et attend la reprise des compétitions automobiles, ce qui aura lieu dès le 24 août 1919 au Danemark, course remportée par l’italien Fernandino Minoia.
Les courses redémarrent aussi en Italie. Pour participer à la course de Parme-Poggio di Berceto, le 5 octobre 1919, Enzo s’achète une CMN 15/20, convainc son ami Nino Beretta d’être son coéquipier, et arrive quatrième de sa catégorie et onzième de la course, derrière le grand pilote Antonio Ascari, vainqueur absolu au volant d’une Fiat Grand Prix 1914 à 83,275 km/h de moyenne.
Enzo n’a que 21 ans, possède une voiture performante et c’est l’un des nouveaux pionniers de la course automobile, et il vit sa passion. Dès le 23 novembre, après la course Parme-Poggio di Berceto, il participe à la Targa Florio, où il se placera neuvième.
L’année suivante, en 1920, il pilote une Isotta Fraschini 4500 Grand Prix 1914, avant d’entrer comme pilote de course chez Alfa Romeo. Sur une Alfa Romeo 20/40 bibloc, il se place deuxième à la Targa Florio.
En 1921, il se place à la troisième place de la course de Parme-Poggio di Berceto et gagne la Coppa delle Alpi à Ravenne. Il est de nouveau victorieux en 1923. Cette année-là, il est présenté aux Baracca, vieille famille de la noblesse italienne, dont le fils Francesco Baracca a été l’as des as dans l’aviation italienne. La comtesse Paolina lui offre le « cheval cabré » qui frappait autrefois le fuselage de l’avion de son fils, abattu au-dessus de Montello.
En 1924, Enzo obtient la plus belle victoire de sa carrière, en remportant la coupe Acerbo de Pescara, au volant d’une Alfa Romeo RL, en battant les puissantes Mercedes. Ce jour là, il reçut le titre de Cavaliere.
Après une interruption de 3 ans entre 1924 et 1927, Enzo Ferrari reprend la course automobile, mais avec des résultats moins prestigieux, car de nouveaux champions sont apparus. En 1931, il connaît un de ses plus beaux succès en terminant deuxième du circuit des trois provinces contre Tazio Nuvolari, le fou volant de Mantoue.
Peu après il décidera, de manière irrévocable, de mettre un terme à sa carrière de pilote de course automobile. Enzo Ferrari termina sa carrière de pilote de course au sein de la firme Alfa Romeo mais il continuera en tant que directeur sportif jusqu’en 1939.
Sa carrière de constructeur
Chez Alfa Romeo, il s’occupait aussi de nombreuses tâches, comme des rapports avec les fournisseurs. En 1923, la nouvelle Alfa Roméo P1 ayant déçu, il va convaincre Luigi Bazzi et Vittorio Jano, deux des meilleurs techniciens de Fiat de travailler pour Alfa Romeo.
Parallèlement, le 1er décembre 1929, avec deux associés Alfredo Caniato et Mario Tadini, et l’approbation d' Alfa Romeo, il fonde à Modène une société sportive, la Societa anonima Scuderia Ferrari, dont l’activité était de seconder les propriétaires privés et pilotes de haut niveau de voitures Alfa Romeo. Filiale, dans un premier temps, d’Alfa Romeo, elle en devient indépendante en 1940. En 1933, les ateliers déménagent de Modène vers Maranello en Émilie-Romagne.
Par son charisme et ses dons d’organisateur, il parvient à gagner la confiance de plusieurs grands pilotes qui accepteront plus tard de courir pour l’écurie officielle du Commendatore, comme Tazio Nuvolari, en 1930, qui gagne, dès le premier mois, 3 victoires avec une Alfa Romeo P2. La saison se solde pour l’écurie par 22 participations, 50 pilotes inscrits et 8 victoires.
Pour l’année 1931, qui voit l’apparition du cheval cabré sur la carrosserie des voitures, l’écurie engage 10 voitures aux Mille Miglia et remporte la deuxième place, puis plusieurs victoires sur des circuits de montagne, avec deux succès de Tazio Nuvolari, la coupe Acerbo remportée par Compagnoni et la coupe de la Consuma remportée par Tazio Nuvolari. Enzo Ferrari compte désormais dans la course automobile.
En 1932, le comte Carlo Felice Trossi, excellent pilote amateur, rachète les parts d’Alfredo Caniato et devient président de l’écurie Ferrari. La « Scuderia Ferrari » remporte la Targa Florio (Nuvolari-Borzacchini), la coupe Messina (Ghersi), les 24 heures de Spa (Brivio-Siena), la coupe Acerbo (Nuvolari) et la coupe Gallenga (Trossi).
1933 est l’année où le constructeur Alfa Romeo, qui vient d’être racheté par l’état italien, se retire de la compétition et refuse de fournir à Enzo les nouvelles Alfa Romeo P3. Enzo décide alors de faire modifier par ses techniciens les Alfa Romeo 8C Monza et Mille Miglia avec lesquelles il a triomphé l’année précédente. La cylindrée est portée à 2,6 L. En monoplace, il utilise une Duesenberg flambant neuve équipée d’un moteur 8 cylindres de 4 L. La « Scuderia Ferrari » gagne des courses avec les vieilles Alfa Romeo 8C : le Grand prix de Tunisie (Nuvolari), les Mille Miglia (Compagnoni), le circuit Bordino d’Alessandria, l’Eifel et le Grand prix de Nîmes.
Mais 1933 est aussi l’année où apparaît un nouveau sérieux concurrent le français Bugatti, et où la tension devient forte entre Enzo et Tazio Nuvolari qui finit par partir chez Ernesto Maserati le 2 juillet, suivi par un autre pilote Borzacchini. Cependant Enzo finit par obtenir les fameuses Alfa Romeo P3, et embauche de grands pilotes Luigi Fagioli et Giuseppe Campari, qui va trouver la mort dans un grave accident sur le circuit de Monza, mais Luigi Fagioli additionne les victoires et l’année se conclue sur un bilan positif.
En 1934, Luigi Fagioli quitte Enzo pour Mercedes, mais arrivent deux nouveaux coureurs Achille Varzi, qui venait de Bugatti, et Guy Moll. Les Alfa Romeo P3, améliorées par les techniciens dirigés par Luigi Biazzi, font toujours preuve de compétitivité. Achille Varzi, gagne le championnat d’Italie avec 9 victoires sur Alfa Romeo, dont le Mille Miglia. Il devient aussi célèbre que Tazio Nuvolari, et leur rivalité devient légendaire. Cependant les Mercedes deviennent de plus en plus performantes, mais le pilote Guy Moll trouve la mort.
En 1935, le pilote Tazio Nuvolari revient chez Enzo, il conduit une nouvelle voiture monoplace extrêmement puissante, la Bimotore équipée d’un moteur 16 cylindres. Entièrement conçue à Modène, elle peut être considérée comme la première voiture signée Enzo Ferrari. Cependant, son poids excessif et des problèmes de pneumatiques la rendent peu performante, et les vieilles Alfa Romeo P3 conduites par Tazio Nuvolari assurent les victoires.
L’année 1936 est, pour Enzo Ferrari, une année de consolidation. Grâce à ses pilotes Tazio Nuvolari et Nino Farina, il représente avec succès Alfa Romeo sur les circuits, il a construit une monoplace à laquelle il peut donner son nom, et peut tenir tête aux constructeurs allemands Mercedes et Auto Union. Il acquiert une réputation d’homme coriace, têtu, volontaire, qu’il ne démentira jamais par la suite…
L’époque fasciste et la guerre
En 1937, l’État Italien dirigé par Benito Mussolini tente d’instrumentaliser la « Scuderia Ferrari » pour la mettre au service de sa politique étrangère. Le constructeur Alfa Romeo monte à 80 % son contrôle et rapatrie de Portobello à Milan le département course. Enzo perd son autonomie et se recentre sur le développement de nouveaux moteurs de petite cylindrée pour la future Formule de Grand prix. L’équipe continue à gagner des courses comme les Mille Miglia (Pintacuda et Mabelli) mais connaît aussi de cinglantes défaites face aux constructeurs allemands. La pression des dirigeants fascistes devient très pesante, et la première victime est Vittorio Jano le concepteur des Alfa P2 et P3.
L’année 1938 commence par la création du département Alfa Corse qui absorbe la « Scuderia Ferrari » et tout est déménagé de Modène à Milan. Parmi les projets celui de quatre petites monoplaces avec moteur à huit cylindres d’une cylindrée de 1,5 L, futures 158 plus connues sous le nom d'Alfetta, projet élaboré par Enzo Ferrari, l’ingénieur Gioachino Colombo, futur concepteur du fameux moteur 12 cylindres en V, Alberto Massimino et Luigi Bazzi. Enzo Ferrari a tout vendu à Alfa Romeo et accepté une clause de non concurrence contre une importante somme d’argent.
En 1939, Enzo Ferrari quitte Alfa Romeo en déclarant : « je ne souhaite pas abdiquer mes convictions », le Commendatore ne supportait plus de se sentir entravé et souhaitait retrouver sa liberté. De retour à Modène, Enzo réoccupe ses locaux et fonde la société « Auto Avio Construzioni » spécialisée dans la fabrication de pièces mécaniques pour avions et automobiles. Un petit groupe de ses anciens mécaniciens le rejoint et le groupe commence parallèlement à travailler sur un nouveau projet de voiture de course, la 815...
L’après-guerre
Les affres de la Seconde Guerre mondiale pèsent lourdement sur le rêve d’Enzo, puisque ses ateliers devront fabriquer des machines-outils. Ils ne pourront renaître à l’automobile qu’en 1945 et verront naître leur première voiture véritablement Ferrari qu’en 1947, avec la Ferrari 125 S, première voiture portant le célèbre emblème du cheval noir cabré sur fond jaune, qui désormais s’affichera sur chaque véhicule sorti de ses ateliers.
Cet emblème était à l’origine peint sur la carlingue de l’avion de chasse de Francesco Baracca, pilote héroïque et as de l’aviation de la Première Guerre mondiale. Ce cheval noir sur fond jaune a été le porte-bonheur prédit par la comtesse Paolina Baracca. Le jaune est la couleur de la ville de Modène. C’est ainsi que naquit l’emblème mythique de Ferrari. La couleur rouge typique des carrosseries des voitures Ferrari vient quant à lui du fait que dès le début du siècle, le rouge était la couleur nationale attribuée aux véhicules italiens de Grand Prix.
La première victoire de Ferrari a eu lieu dès le 25 mai 1947, sur le circuit de Rome, avec comme vainqueur le pilote Cortese, au volant d’une Ferrari 125 S (une 815). C’est le début de la gloire pour Enzo Ferrari.
La première victoire en championnat du monde a eu lieu en 1951 au Grand Prix de Grande-Bretagne. Cette victoire marqua le début des nombreux succès des Ferrari sur tous les circuits du monde.
En 1955, son fils Dino meurt à l'âge de 24 ans, d’une leucémie. Effondré par ce deuil, « Il commendatore » faillit tout arrêter. Mais la mise en œuvre du V6 dessiné par son fils le remotivera. Mais il aura tendance à rester cloîtré dans son bureau ou chez lui tout en restant en étroit contact avec son écurie. Il a constitué, année après année, le palmarès le plus prestigieux du sport automobile.
En 1969, après plusieurs années d'insuccès, Fiat rentre à 50 % dans le capital de Ferrari, et apporte les solutions financières pour relancer le dynamisme du constructeur et retrouver le chemin de la victoire.
Malgré un itinéraire de courses jonchées de vies brisées et de pilotes morts sur les circuits, Enzo Ferrari avait le don de stimuler la concurrence entre ses pilotes. On le disait plus préoccupé par les mécaniques que par les hommes.
Avant sa mort, on apprend que Piero Lardi, directeur administratif de la Scuderia, est son fils caché ! Dino mort, ce dernier assure la relève.
FerrariFerrari est un constructeur automobile italien. La marque est emblématique, mondialement célèbre et véhicule une image de l'Italie imprégnée par le luxe et le prestige.
L'entreprise, fondée en 1945 par Enzo Ferrari, est spécialisée dans la fabrication de voitures de sport haut de gamme et performantes. Son créateur, après avoir été le directeur de course d'Alfa Romeo en Formule 1, décida de créer sa propre marque, dont le siège est à Maranello.
La marque au cheval cabré a marqué l’histoire autant dans le domaine du sport automobile où son rouge vif déchaîne les foules de tifosi que dans le domaine du luxe où la qualité de sa production a conquis les plus riches. Cet emblème était à l'origine peint sur la carlingue de l'avion de chasse de Francesco Baracca, pilote héroïque et as de l'aviation de la Première Guerre mondiale. Le jaune est la couleur de la ville de Modène.
19 Février 1473 : Naissance de Nicolas Copernic, astronome polonais.
Nicolas Copernic (pol. Mikołaj Kopernik, de son nom latin Nicolaus Copernikus, né le 19 février 1473 à Toruń,(Toruń (en allemand :Thorn) est une ville en Pologne. Elle doit ses origines à l'ordre des chevaliers teutoniques qui y construisit un château pour l'État teutonique au milieu du XIIIe siècle, pour servir de base à la conquête et à l'évangélisation de la Prusse. Elle a rapidement eu un rôle commercial au sein de la ligue hanséatique et nombre des imposants édifices publics et privés des XIVe et XVe siècles qui subsistent dans la vieille ville comme dans la ville nouvelle témoignent de son importance. La ville est inscrite à la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO . Mort le 24 mai 1543 à Frombork (al. Frauenburg)) – chanoine, médecin et astronome ; l'auteur célèbre de la théorie selon laquelle le Soleil se trouve au centre de l'Univers (héliocentrisme), et la Terre, que l'on croyait auparavant centrale, tourne autour de lui.
Ses études
Né dans une famille de marchands et de fonctionnaires, il est adopté par son oncle maternel, l'évêque de Cracovie Lukas Watzelrode (ou Lucas Watzenrode) à la suite du décès de son père (vers 1483). La nationalité de Copernic est, depuis le XIXe siècle, sujet à controverses (cf. l'article en anglais Copernicus' nationality). Aujourd'hui, il est souvent qualifié comme Polonais, en partie sur la base de son lieu de naissance; toutefois, lors de son vivant, la nationalité jouait un rôle secondaire et en réalité, Copernic aurait pu se considérer comme étant Allemand et Polonais en même temps.
Celui-ci veille bien sur son neveu et s'assure qu'il fréquente les meilleures écoles et universités ; en 1491 il devient étudiant à l'Académie de Cracovie (actuellement l'Université Jagellonne) où il étudie les arts sans toutefois obtenir de diplôme.
Avant de quitter Toruń, son oncle le nomme chanoine de Frombork ; on lui attribue surtout les responsabilités financières mais aucune responsabilité religieuse. Par la suite il se rend en Italie où il étudie le droit canonique et la médecine à l'université de Bologne, puis l'astronomie dans les cours de Domenico Maria Novara : Novara est un des premiers scientifiques à remettre en cause le système géocentrique de Ptolémée.
L'intérêt de Copernic pour la géographie et l'astronomie est encouragé par son professeur. Les deux hommes observent ensemble de nombreuses occultations, éclipses de lune, ainsi que l'occultation de l'étoile Aldébaran le 9 mars 1497 à Bologne.
Le professeur
Il devient professeur de mathématiques et conférencier sur l'astronomie à Rome en 1500 avant de retourner l'année suivante à Frombork. Il retourne finalement en Italie pour finir ses études à la faculté de droit et de médecine de Padoue (l'université où Galilée enseignera cent ans plus tard).
Après ses études, il fait construire un observatoire à Frombork, où il entame ses recherches en astronomie pendant plusieurs années.
Ses activités diverses
À son retour en Pologne Copernic vit dans un palais chez son oncle à Lidzbark Warminski. Il s'occupe principalement des affaires du diocèse et à ce titre, prend part au conflit contre les chevaliers teutoniques.
Copernic possède une très bonne connaissance du latin, comme tous les érudits de son temps : il publie donc son premier livre, une traduction de lettres latines sur la morale, dont l'auteur original est un byzantin du VIIe siècle, Thophylacte de Simocatta. Il passe sept années de sa vie pour écrire De Hypothesibus Motuum Coelestium a se Contitutis Commentariolus (connu sous le titre de Commentariolus), un court traité d'astronomie qu'il termine vers 1515.
Ce traité ne sera toutefois pas publié avant le XIXe siècle. C'est dans cet ouvrage, qu'il énonce pour la première fois les principes de l'astronomie héliocentrique, ce qui bouleversera énormément la communauté scientifique de son temps.
C'est également vers le même temps que Copernic participe au Ve concile du Latran sur la réforme du calendrier; il écrit plus tard, vers 1517, un traité sur la monnaie et ensuite son œuvre principale De Revolutionibus Orbium Coelestium, Des révolutions des sphères célestes, achevé vers 1530. Cette œuvre magistrale ne sera publiée, par un imprimeur luthérien de Nuremberg, que le 24 mai 1543, peu de temps avant la mort de Copernic. Elle n'aurait sans doute jamais été publiée sans l'intervention enthousiaste d'un jeune professeur de mathématiques, Georg Joachim Rheticus.
La révolution « copernicienne »
Avant Copernic, la façon de voir le cosmos reposait sur la thèse aristotélicienne que la Terre est au centre de l'univers et que tout tourne autour d'elle : « l'univers géocentrique ». Cette thèse (le géocentrisme) demeura la doctrine établie jusqu'à la Renaissance.
On désigne sous l'expression révolution copernicienne la transformation des méthodes scientifiques et des idées philosophiques qui a accompagné le changement de représentation de l'univers du XVIe au XVIIIe siècle, faisant passer les représentations sociales accompagnant les représentations mentales de l'univers, d'un modèle géocentrique, selon Ptolémée (IIe siècle, déjà adopté au IVe siècle av. J.-C. par la plupart des Grecs), au modèle héliocentrique défendu par Nicolas Copernic, perfectionné par Johannes Kepler, Galilée, et Isaac Newton.
La révolution copernicienne, au sens propre, consistait à expliquer le monde, et les objets qui le composent, par la gravitation, appelée loi universelle de la gravitation en raison de son caractère considéré comme général à l'époque.
Le système et les théories de Copernic
Le système de Copernic repose sur l'observation que la Terre tourne sur elle-même et fait un tour sur son axe en une journée, ce qui explique dans un premier temps le mouvement diurne de la sphère céleste en un jour.
Il prétend également que la Terre fait le tour du Soleil (héliocentrisme) (et non l'inverse) en un an.
Il affirme de plus que les autres planètes, comme la Terre, tournent toutes autour du Soleil. Copernic avance également le fait que l'axe de la terre oscille comme celui d'une toupie, ce qui explique la précession.
La théorie de Copernic contredit la théorie de Ptolémée : Copernic conserve toutefois certains éléments de l'ancien système : ainsi l'idée des sphères solides, ou la sphère des fixes physique, est-elle conservée par Copernic.
Le nouveau système proposé par Copernic a certains avantages sur celui de son prédécesseur. Il explique, entre autres, le mouvement journalier du soleil et des étoiles par la rotation terrestre. Le mouvement du soleil au cours de l'année est aussi expliqué par le nouveau système.
Il a également l'avantage d'expliquer le mouvement rétrograde des planètes externes, (Mars, Jupiter, Saturne). Sa théorie prend également en compte les planètes internes, Vénus et Mercure, qui sont situées plus près du Soleil que la Terre.
Copernic avance aussi une théorie sur l'ordre des planètes, leurs distances et, par conséquent, la période de leur révolution. En effet, Copernic contredit Ptolémée en affirmant que plus l'orbite d'une planète est grande, plus il lui faudra de temps pour faire une révolution complète autour du Soleil. Cette théorie sera plus tard approfondie par Johannes Kepler et Isaac Newton.
Les réticences
Au XVIe siècle, on croit fermement que la Terre est immobile, et la théorie du géocentrisme est la règle universelle. Le psaume 93 (92) dans la Bible indique à cette époque : « Tu as fixé la terre, ferme et immobile », (cette formulation a aujourd'hui changé : « Oui, le monde reste ferme, inébranlable ») On accepte mal que la terre soit mobile. Les chercheurs et scientifiques du XVIe siècle acceptent certains éléments de la théorie, en revanche la base de l'héliocentrisme est rejetée.
Seulement une dizaine de chercheurs de son époque lui accorde un appui. Mais ces chercheurs travaillent souvent à l'extérieur des universités (subventionnées), dans des cours royales ou impériales, ou encore même tout près de l'Église. Les plus célèbres sont Galilée, Léonard de Vinci (ses correspondances privées en font état au travers de messages codés) et l'astronome allemand Johannes Kepler.
Toutefois en 1588, bien après la mort de Copernic, on arrive à un certain compromis. L'astronome danois Tycho Brahé soutient une théorie qui garde la terre immobile mais qui prévoit que toutes les autres planètes tournent autour du Soleil pendant que celui-ci tourne autour de la Terre. Le système de Copernic sera condamné en 1616, et Galilée qui reste un fervent défenseur de la théorie copernicienne sera condamné par un tribunal ecclésiastique en 1633. L'acceptation de la nouvelle théorie est lente.
Près de cent ans après la parution du livre Des révolutions des sphères célestes, réticences et hésitations existent toujours. Si certains philosophes jésuites sont profondément convaincus, certains sont même disciples de Copernic, d'autres acceptent plutôt le système de Tycho Brahé.
Il faut attendre la fin du XVIIe siècle pour voir se réconcilier la plupart des savants de l'Europe, grâce à la mise en place de la mécanique céleste d'Isaac Newton. Outre la Grande-Bretagne, la France, les Pays-Bas et le Danemark, le reste de l'Europe garde sa position anti-copernicienne pendant encore un siècle.
C'est en 1830 que l'Église accepte l'idée que la Terre tourne autour du Soleil.
L'influence de Copernic
Copernic a retardé de plusieurs années la parution de l'œuvre de sa vie. Ses croyances et la peur des foudres du Vatican et de Wittenberg en sont les principales raisons. Ce texte ne sera publié que le jour de sa mort.
Il n'oublie pas une dédicace au pape Paul III dans son œuvre rédigée en latin où il revendique le droit à la liberté d'expression. Copernic aura su libérer ses contemporains scientifiques et chercheurs de leurs préjugés théologiques, il amène aussi les théologiens à prendre une certaine distance vis-à-vis de l'interprétation trop stricte des textes sacrés.
À partir de Copernic la science et la religion vont prendre des routes différentes.
L'astéroïde 1322 Coppernicus a été nommé en son honneur (Coppernicus est une des épellations allemandes).
Bibliographie
Œuvres complètes, en cours d'édition à Berlin depuis 1974 : Nicolaus Copernicus-Gesamtausgabe.
Vol. 1, De Revolutionibus : Faksimile des Manuskriptes ; hrsg. von Heribert M. Nobis. Hildesheim : A. Gerstenberg, 1974. ISBN 3-8067-0331-0.
Vol. 2, De revolutionibus libri sex [kritischer Text] ; hrsg. von Heribert Maria Nobis und Bernhard Sticker. Hildesheim : Gerstenberg, 1984. ISBN 3-527-28326-9.
Vol. 3-1, Kommentar zu De revolutionibus ; hrsg. von Heribert Maria Nobis und Felix Schmeidel. Berlin : Akademie Verlag, 1998. ISBN 3-05-003123-9.
Vol. 5, Opera minora ; hrsg. von Stefan Kirschner und Andreas Kühne. Berlin : Akademie Verlag, 1994. ISBN 3-05-003498-X.
Vol. 6-1,Documenta copernicana. Briefe ; hrsg. Andreas Kühne, mit Friederike Boockmann und Stefan Kirschner. Berlin : Akademie Verlag, 1994. ISBN 3-05-002594-8.
Vol. 6-2,Documenta copernicana. Urkunden, Akten und Nachrichten ; hrsg. Andreas Kühne und Stefan Kirschner. Berlin : Akademie Verlag, 1996. ISBN 3-05-003009-7.
Vol. 8-1,Receptio copernicana ; hrsg. Heribert Maria Nobis und Anna Maria Pastori. Berlin : Akademie Verlag, 2002. ISBN 3-05-003433-5.
Vol. 9,Biographica copernicana ; hrsg. Andreas Kühne, Stefan Kirschner, mit einem Katalog der frühen Copernicus-Porträts von Gudula Metze. Berlin : Akademie Verlag, 2004. ISBN 3-05-003848-9.
Koyré (Alexandre), La révolution astronomique : Copernic, Kepler, Borelli. Paris, Hermann, 1961. (Histoire de la pensée ; 1).
Hallyn (Fernand), La structure poétique du monde. Copernic, Kepler.
Paris, Seuil, 1987. (Des travaux). ISBN 2-02-009802-4.
Kuhn (Thomas) : La Révolution copernicienne, trad. Avram Hayli. Paris, Livre de Poche, 1992. ISBN 2-253-05933-1.
Szczeciniarz (Jean-Jacques), Copernic et le mouvement de la terre. Paris, Flammarion, 1998. ISBN 2-08-211567-4.
Liens externes
Biographie de Copernic
Galilée Copernicien En 1616, l’astronome Galilée (1564-1642) affirme que la Terre tourne autour du soleil et non l’inverse. Il adhérait à la thèse copernicienne depuis vingt ans déjà mais il a attendu de pouvoir le prouver pour l’écrire...
18 Février 1455 : Décès de Fra Angelico (Il Beato Fra Giovanni Angelico da Fiesole), artiste italien (° 1395)
Fra Angelico
Guido di Pietro, en religion Fra Giovanni, dit Fra Angelico(Le Frère des Anges) ou parfois le peintre des Anges (Vicchio di Mugello 1387 - Rome 18 février 1455) est un peintre toscan (Italie) du Quattrocento. Fra Angelico a été béatifié par Jean-Paul II en 1984.
Religieux dominicain, il a cherché à associer les principes picturaux de la Renaissance - constructions en perspective et représentation de la figure humaine - avec les vieilles valeurs médiévales de l'art : sa fonction didactique et la valeur mystique de la lumière.
Biographie
Guido di Pietro est né en 1387 dans la petite ville de Vicchio di Mugello de parents inconnus et fut baptisé Guido ou Guidolino.
Fra Angelico entre dans l'ordre des "Dominicains observants", une branche dominicaine minoritaire, dans laquelle s'observe la règle originelle de saint Dominique, qui requiert la pauvreté absolue et l'ascétisme. À partir de 1423 (année où il peint un crucifix pour l'hôpital de Santa Maria Nuova), il est nommé "frère Jean des frères de Saint Dominique de Fiesole", et c'est seulement après sa mort qu'il est appelé Beato Angelico (Bienheureux Angelico). C'est Giorgio Vasari, dans ses Vies qui ajoute à son nom l'adjectif Beato, utilisé auparavant par fra Domenico da Corella et par Cristoforo Landino (doute sur la traduction : usato in precedenza da fra Domenico da Corella e da Cristoforo Landino).
Premières œuvres Son éducation artistique se déroule à Florence à l'époque de Lorenzo Monaco et Gherardo Starnina. Du premier, il reprend l'usage de couleurs accentuées et peu naturelles, mais aussi une lumière très forte qui annule les ombres et participe au mysticisme des scènes sacrées, thèmes qu'on retrouve dans sa production de miniatures et dans ses premières compositions.
En 1417 il est nommé dans des documents "Guido di Pietro le peintre".
En 1418, peu avant de prononcer ses vœux dans le couvent de Saint Dominique à Fiesole, il réalise la décoration d'un autel pour la chapelle Gherardini de l'église Saint Stéphane à Florence.
Le Triptyque de Saint Pierre Martyre, commandé par les sœurs de Saint Pierre Martyre est daté d'environ 1425.
Entre 1428 et 1430 il peint la première des trois compositions pour les autels de l'église de Saint Dominique à Fiesole : la Pala di Fiesole. Cette œuvre a été remaniée par Lorenzo di Cedri. Sont de lui l'architecture, le baldaquin et l'agrandissement du sol.
Entre 1430 et 1433 il réalise Le Jugement Dernier, encore très influencé par le style de Lorenzo Monaco, mais le rythme des plans démontre un intérêt naissant pour l'organisation en perspective de l'espace. En 1430 il peint l'Annonciation (musée du Prado), avec cinq histoires de la Vierge dans la prédelle (seconde table pour l'église de Saint Dominique à Fiesole). Une œuvre où apparaissent des nouvelles techniques inspirées par Masaccio. Pour la première fois est utilisée une lumière diaphane qui enveloppe la composition, exaltant les couleurs et les masses plastiques des figures, et unifie l'image.
En juillet 1433, La guilde des drapiers de Florence confie à Angelico la réalisation d'un tabernacle.
Entre 1434 et 1435 il peint une tempera sur bois, L'imposition du nom à saint Jean-Baptiste, partie d'une prédelle non identifiée. La scène est placée dans une cour construite avec une perspective d'une extrême précision et à l'aide d'un portail utilisé comme entonnoir perspectif.
À partir de 1440, Cosme de Médicis lui confie la décoration du couvent San Marco, pièces et cellules individuelles des moines.
Rome
En 1445, après le retentissement de ses premiers travaux, il est invité à Rome par le pape Eugène IV qui régna de 1431 à 1447.
Il peint la Cappella del Sacramento qui fut plus tard détruite par Paul III. En juin 1447 il se rend à Orvieto pour peindre la nouvelle chapelle de la cathédrale en collaboration avec son élève Benozzo Gozzoli. Les fresques seront terminées par Luca Signorelli.
(En 1450 il est nommé archiprêtre de Florence). Il retourne alors à Rome pour peindre la chapelle de Nicolas V et meurt à Rome en 1455. Il est enterré à Rome dans l'église Sainte-Marie-sur-Minerve.
Fra Angelico a été béatifié par Jean-Paul II en 1984 et proclamé Saint patron des artistes.
Florence
En 1450 Fra Angelico est nommé prieur du couvent San Marco. La même année, il est nommé archiprêtre de Florence.